Le prix Niepce aux paysages contemporains de Nefzger

Pêcheur au bassin de Mardyck (Jürgen Nefzger).

Jürgen Nefzger à Dunkerque, 2007 (Thomas Hubert).Jürgen Nefzger, soixante-huitard (il est né en 68 à Fürth, Allemagne), a reçu le prix Niepce, le plus prestigieux de la photographie en France, doté de 8000 euros. Diplômé de l'Ecole nationale de la Photographie d'Arles, Nefzger, selon la formule usitée et bizarre, « vit et travaille » à Paris depuis les années 1990.

Son axe de recherche est de se tenir sur une voie documentaire essentiellement consacrée au paysage contemporain. Son premier acte photographique « La Forteresse » (1994/95) est d'explorer une zone de blockhaus du mur de l'Atlantique dans l'estuaire de la Gironde, essai conscient d'une histoire que le jeune Allemand partagera désormais de plus près avec son pays d'adoption.

Extrémité du môle 1 au port est de Dunkerque, 2007 (Jürgen Nefzger/Courtesy Galerie Françoise Paviot).Ceci fait, tous les travaux qui vont suivre s'attachent aux zones urbaines, périurbaines et rurales en mutations rapides. La rigueur de cadrage et la précision des vues que l'on peut attribuer à un certain héritage de l'école allemande dite « nouvelle objectivité » et à son outil la chambre photographique n'empêchent pas une certaine distance avec son sujet. Une distance de soupçon et de défiance.

Ainsi, dans Fuffly Clouds (Prix du public du Jeu de Paume en 2006) fait-il le tour de l'Europe pour constater les installations nucléaires dans leur environnement, leurs situations bien centrales et l'insouciance, souvent risible (avec quelques frissons), du voisinage.

Glacier d'Aletsch, Wallis Suisse, 2006 (Jürgen Nefzger).Tout en restant dans des formes plasticiennes aux couleurs paisibles, en grands formats de tirages et toujours sans « l'air d'y toucher », son regard s'infléchit vers un constat plus critique et plus sérieux comme dans la série Pantha Rhei (Platon), où il rend visible la fonte des glaciers dans les Alpes.

Et à Dunkerque, lieu de sa dernière grande exposition, quand l'inexorable poussée urbaine transforme les femmes et les hommes en pionniers de nouveaux territoires, ni plus dans la ville ni au-delà. Le contrôle technique et artistique de la photographie de Jürgen Nefzger n'inclut pas aussi la confiance en l'architecture.

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39 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de mioumiou

De mioumiou

22H38 | 06/06/2008 | Permalien

Pour donner mon avis de péquenot, bah je les trouve polutôt bof ses photos …

Portrait de malahika

à mioumiou Portrait de mioumiou De malahika

23H21 | 06/06/2008 | Permalien

Effectivement, ce n'est qu'un avis de péquenot. C'est un regard sur le monde. Dans ses images, on peut percevoir un léger décalage qui nous oblige à reconsidérer notre vision du monde. Merci l'artiste.

Portrait de ras-la-patience

à malahika Portrait de malahika De ras-la-patience

10H15 | 07/06/2008 | Permalien

toute photo est un regard sur le monde.

Portrait de PB2N

à mioumiou Portrait de mioumiou De PB2N

06H48 | 07/06/2008 | Permalien

KANT disait « L'art est la belle représentation d'une chose et non la représentation d'une belle chose ».

Et c'est vrai qu'il fait de belles photos Nefzger !

Portrait de cosby

à mioumiou Portrait de mioumiou De cosby

10H29 | 07/06/2008 | Permalien

Je vous rejoins aussi mioumiou, je suis photographe amateur et je trouve ces photos vraiment très moyennes.
Elles ne suscitent aucune émotion particulière, sont fades, souvent mal cadrées (horizon pas tout à fait horizontal, etc), des défauts qui sont généralement ceux d'un débutant.
Il y a des façons autrement plus pertinentes de photographier l'urbain, le nucléaire et l'emprise de l'homme sur la nature.

Portrait de Raven

à cosby Portrait de cosby De Raven

Photographe | 22H30 | 07/06/2008 | Permalien

« fades, souvent mal cadrées (horizon pas tout à fait horizontal, etc), des défauts qui sont généralement ceux d'un débutant »
ça, c'est un commentaire de débutant. et je serais curieux de savoir sur quelle(s) images(s) l'horizon n'est pas tout à fait droit. comme ça, pour ma culture personnelle.
mal cadré ? ah bon. c'est-à-dire ?
fades ? non. juste qu'il existe autre chose que la saturation dans le monde merveilleux de la photo.
« Il y a des façons autrement plus pertinentes de photographier l'urbain, le nucléaire et l'emprise de l'homme sur la nature. »
des exemples ou c'était juste histoire de dire quelque chose ?

personnellement, je ne suis pas totalement séduit par le boulot de ce mec.
mais de là à dire n'importe quoi…

Portrait de brogilo

à cosby Portrait de cosby De brogilo

in angulo | 13H24 | 08/06/2008 | Permalien

Des horizons pas tout à fait horizontaux pour Cosby :


Nicolas de Staêl.


Nicolas de Staël.


Cézanne.


Monet.

Portrait de déluge

à brogilo Portrait de brogilo De déluge

menuisier | 21H38 | 08/06/2008 | Permalien

Pour Monet, l'abscence d'horizon lui convient mieux je trouve : Les Nymphéas sont à la fois plus lyriques et beaucoup plus étranges.

Encore des tours vers l'arrière plan ?

Portrait de brogilo

à déluge Portrait de déluge De brogilo

in angulo | 12H50 | 09/06/2008 | Permalien

Cher Cybernautonier, tu serais bien aimable de ne pas te moquer de la cataracte du pépé :

Blague à part, 100% d'accord avec toi pour les nymphéas.

Par contre, Claude Monet sous-traitant pour Parousnik, alors là, j'ai des doutes…

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 23H59 | 06/06/2008 | Permalien

Faudrait voir les originaux pour pouvoir dire quelque chose.
Il s'est attaqué aux paysages urbains, fallait oser !

Portrait de Jihad

De Jihad

Contractuel de la fonction publique... | 01H33 | 07/06/2008 | Permalien

Bonjour tout le monde

Une photo n'est pas forcément une quête du beau, mais une recherche graphique avant tout. Il faut un sens à la photo, et c'est pour cela que certaines ne se révèlent que parmi d'autres. Et c'est dans ce dernier cas que se pose le travail de Jürgen Nefzger, tout du moins je le pense. Il y a un contexte, un ensemble et un discours derrière ses photos, comme s'il voulait constater quelque chose à laquelle on ne fait pas attention tous les jours. C'est un assez beau travail, au moins auquel je suis sensible (car photographe amateur).

Portrait de ras-la-patience

à Jihad Portrait de Jihad De ras-la-patience

10H17 | 07/06/2008 | Permalien

à mon humble avis ; nous sommes TOUS des photographes amateurs…

Portrait de cosby

à ras-la-patience Portrait de ras-la-patience De cosby

10H34 | 07/06/2008 | Permalien

Oui bien sur mais entre un type qui s'équipe (reflex etc) et qui passe une bonne partie de son temps libre à chercher des thèmes, des lieux originaux, des situations intéressantes avec une volonté de qualité dans le moindre détail, et un gus qui photographie sa grand mère avec son téléphone portable je suis désolé mais il y a quand même de la marge.

Portrait de Raven

à cosby Portrait de cosby De Raven

Photographe | 22H36 | 07/06/2008 | Permalien

aucune marge au contraire.
comme si l'équipement, le temps passé à faire des images et la volonté de qualité étaient un préalable au talent…
ils peuvent éventuellement en découler, mais certainement pas en être la condition nécessaire et suffisante.

Portrait de Jihad

à Raven Portrait de Raven De Jihad

Contractuel de la fonction publique... | 02H46 | 08/06/2008 | Permalien

Bien au contraire, une grande marge (histoire de renchérir).
Le talent ne suffit pas à définir un artiste ou une oeuvre d'art. Il y a du travail derrière. Les idées ne suffisent pas, quelque soit le moyen d'expression…

Et puis le « talent de photographe » n'existe pas. Ce n'est pas inné. Il n'y a pas de nitrate d'argent dans le génome !
Alors oui, je pense pouvoir l'affirmer, le talent peut se révéler ou s'épanouir une fois le matériel acquis.
On a souvent vu des gens à qui l'on offrait un chevalet et devenir à force de travail de véritables Picasso en herbe.

Portrait de Raven

à Jihad Portrait de Jihad De Raven

Photographe | 11H38 | 08/06/2008 | Permalien

ça c'est la version grand public du discours des marchands de pixels.
mais non, ça ne marche pas : le talent est indépendant du matériel.
à chacun de trouver le mode d'expression qui lui convient le mieux. et si c'est un polaroïd d'occasion, ou le dernier numérique à la mode, ça ne changera strictement rien.
à force de travail, on s'améliore, certes. mais c'est valable pour n'importe quel boîtier. du plus simple au plus compliqué. il ne faut pas tout mélanger…

« On a souvent vu des gens à qui l'on offrait un chevalet et devenir à force de travail de véritables Picasso en herbe. »
qui par exemple ?
et puis le talent n'est pas la maîtrise. là encore, il ne faut pas confondre.
faute de quoi on finirait par croire que les musées sont remplis de cartes postales grand format…

Portrait de Jihad

à Raven Portrait de Raven De Jihad

Contractuel de la fonction publique... | 04H39 | 10/06/2008 | Permalien

Un peu rude l'argumentation. Elle ne démontre rien.

Le talent est certes indépendant du matériel, en soi. Mais sans matériel, même si le talent est là, il ne se manifestera que difficilement.

« à force de travail, on s'améliore, certes. mais c'est valable pour n'importe quel boîtier. du plus simple au plus compliqué. il ne faut pas tout mélanger… »
Ce n'est malheureusement pas que du boitier dont je parlais lorsque j'évoquais le travail en général. Il y a tant d'autres choses que le simple paramètre « boitier » dans la conception d'une photo.

« “On a souvent vu des gens à qui l'on offrait un chevalet et devenir à force de travail de véritables Picasso en herbe.”
qui par exemple ? »

Tu veux des noms ? Pourquoi ? La notoriété est forcément l'apanage des talentueux ?

« le talent n'est pas la maîtrise. »
Certes. Ou plutôt devrions-nous dire, le talent n'est pas QUE la maitrise. Selon moi, la maitrise de son talent est un talent en lui-même.

Portrait de Raven

à Jihad Portrait de Jihad De Raven

Photographe | 12H32 | 10/06/2008 | Permalien

« Selon moi, la maitrise de son talent est un talent en lui-même. »
ça n'a pas beaucoup de sens.
maîtriser une technique, oui. maîtriser un talent, je ne vois pas… à moins de confondre technique et talent justement.
la maîtrise technique est totalement indépendante du talent. elle n'a d'intérêt, en termes créatifs, que si elle est mise au service d'un talent, fût-il modeste. seule, elle n'est rien que la capacité à utiliser correctement un matériel. c'est aujourd'hui à la portée du plus grand nombre ; qu'on me montre tout ce talent que j'ignore.

« Tu veux des noms ? Pourquoi ? La notoriété est forcément l'apanage des talentueux ? »
pourquoi introduire la notion de notoriété quand je ne l'ai pas fait ? juste pour essayer de discréditer mon propos ?
je ne demande qu'un exemple (puisque tu en as souvent vu, ça devrait être commode) de ce que tu appelles « picasso en herbe ». leur notoriété éventuelle m'indiffère au plus haut point.

Portrait de brogilo

à cosby Portrait de cosby De brogilo

in angulo | 12H45 | 09/06/2008 | Permalien

@ cosby

On peut faire de très jolies choses aussi avec une grand-mère, la preuve :

Vous remarquerez les lignes à l'arrière-plan du tableau.
Je sais ce que vous allez me dire : « ça penche du côté où ça va tomber »…
Eh bien non, ça ne tombe pas et même c'est essentiel à l'équilibre du tableau.

Portrait de Susanna

De Susanna

08H01 | 07/06/2008 | Permalien

En effet, « c'est un assez beau travail », comme l'écrit le monsieur avant moi, et c'est ce qui m'ennuie un peu. Car je n'ai pas impérieusement besoin d'un « assez beau travail ».

Portrait de ballerina

De ballerina

Prof Paris | 08H55 | 07/06/2008 | Permalien

Je découvre ici Jürgen Nefzger. Ses photos sont-elles exposées quelque part en ce moment ?
Pas vraiment d'accord avec Susanna. Une photo qui témoigne et dit le monde, ses difficultés, aberrations, souffrances, paradoxes, peut aussi être « du beau travail »…
Merci Louis Mesplé !

Portrait de ras-la-patience

De ras-la-patience

10H23 | 07/06/2008 | Permalien

je trouve ce travail assez banal, un prix pour ça ? que présentaient les autres concurrents ? qui faisait partie du jury ?

Portrait de Louis Mesplé

De Louis Mesplé (auteur)

Consultant photo | 10H45 | 07/06/2008 | Permalien

Le jury du Prix Nièpce était présidé par Sylvie Aubenas, directeur du département des Estampes et de la Photographie à la Bibliothèque nationale de France et vous trouverez sur le site des Gens d'Images, organisateurs de ce Prix toutes les infos sur ce concours.Et sur celui officiel et bien fait de Nefzger (cliquer sur son nom en tête de l'article) toutes ses autres séries photographiques et sa bibliographie.

Portrait de ras-la-patience

à Louis Mesplé Portrait de Louis Mesplé De ras-la-patience

17H19 | 08/06/2008 | Permalien

merci pour votre réponse

Portrait de EZ

De EZ

la grande vadrouille | 11H01 | 07/06/2008 | Permalien

Je trouve la série présentée magnifique.
Avec une préférence pour les golfeurs.

Portrait de Victor Kaplan

De Victor Kaplan

enseignant | 11H42 | 07/06/2008 | Permalien

Puis-je me permettre ?
Vous notez cette formule « usitée et bizarre, “vit et travaille” à Paris depuis les années 1990. »
Sur le coup, j'ai cru que nous allions enfin nous extraire du charabia « art contemporain ». Et puis patatras : « Son axe de recherche est de se tenir sur une voie documentaire essentiellement consacrée au paysage contemporain. Son premier acte photographique “La Forteresse” (1994/95) est … »
Dommage.

Portrait de sanlucar

De sanlucar

13H26 | 07/06/2008 | Permalien

bof ça m'emballe pas ; très banales ces photos

Portrait de PB2N

à sanlucar Portrait de sanlucar De PB2N

14H19 | 07/06/2008 | Permalien

Peut être parce que contemporaines. Imaginez les dans une cinquantaine d'années … Je pense, ce n'est que mon avis, qu'elles auront probablement la force de celles de Doisneau que nous admirons aujourd'hui et qui pouvaient être banales pour les contemporains de l'époque.
Revoyez les photos de Doisneau d'Ivry sur Seine début des années soixante.

Portrait de Susanna

De Susanna

14H29 | 07/06/2008 | Permalien

Les réactions d'humeur sur le lauréat sont superflues.
En revanche, les remarques portant sur les stéréotypes du vocabulaire académique me semblent appropriées. Quand on s'exprime par clichés, il ne faut pas s'étonner que les photographes fassent leur métier aussi platement.

Portrait de Octagoon

De Octagoon

14H37 | 07/06/2008 | Permalien

Jürgen mérite largement ce prix. Allez donc sur son site internet pour juger de la globalité de son travail et de constater à quel point celui-ci est d'une rigueur implacable (sur Marne La Vallée en autre). On peut aimer ou ne pas aimer, de la à écrire que c'est banal, je vous trouve trop sévère. Internet n'est pas le meilleur support d'appréciation pour ce type de photographie. Je vous encourage tous à vous frotter à la réalisation de ce genre d'image, pour peu que vous disposiez d'une chambre, de patience et d'une bonne dose de réflexion… nous en reparlerons.

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