Argentine, Algérie : ils ne sont plus sur la photo

« Les morts meurent une fois, les disparus tous les jours », a dit Ersnesto Sabato, écrivain argentin ; et l'Argentine est une terre de disparus. Entre 1976 et 1983, 30 000 personnes sont « effacées » par la dictature militaire après enlèvements, détentions et tortures. Sur un pays d'environ trente millions d'habitants, c'est beaucoup. Une population mutilée, une génération décimée, des familles amputées.

En 1969, Gustavo Germano (né en 1964 dans la province d'Entre Rios), pose avec ses trois frères. En 2006, devenu reporter photographe, il recompose la scène… moins un frère. Eduardo fut assassiné par la police argentine en 1976. Il avait 18 ans.

Sur plusieurs cas de disparition, Germano va opérer de la même sorte. Chercher dans les albums de famille d'il y a trente ans une photo de groupe, prise lors d'un fait joyeux et paisible, et refaire la prise de vue dans la distance, le décor et les attitudes identiques, naturelles.

Les photos ensuite juxtaposées, rappellent terriblement, par les « trous » immanquablement créés, les absents. Jusqu'à l'obsession de leur présence. Ainsi Gustavo Germano réalise les portraits des disparus. Quand à leurs proches vivants, les signes, sur leurs visages, du passage ordinaire du temps ne sont pas les seuls à affleurer…

« Le vrai d'une photo provient d'une relation avec le temps »

La photographie est le territoire bien connu de l'apparition/disparition. De pompeux colloques nous y ramènent régulièrement. Gustavo Germano choisit en exergue de son travail un extrait de texte du critique d'art et écrivain John Berger (« Et nos visages, mon cœur, fugaces comme des photos », éd. Champ Vallon) pour résumer le processus photographique :

« Le vrai d'une photo est invisible, parce qu'il ne provient pas d'une relation avec la forme, mais avec le temps. Les objets enregistrés sur une quelconque photo (du plus choquant au plus commun) transmettent à peu près le même poids, la même conviction.

“Ce qui varie, c'est l'intensité avec laquelle il (le temps] rend conscient les pôles d'absence et de présence.”

Ces photographies sont regroupées dans une exposition itinérante “Ausencias” (Absences) produite par la Fondation “Casa Amèrica Catalunya” (G.Germano vit à Barcelone). Chaque diptyque est documenté par un texte qui donne tous les détails historiques et le contexte de la disparition. Malgré le nombre restreint à ce jour de cas recensés (15), cette exposition aussi émouvante connaît, à Madrid, une grande fréquentation.

Le 26 février, à Buenos Aires, au centre culturel de la Recoleta, la présidente de l'Argentine, Christina Fernandez de Kirchner, l'inaugurera. Ces portraits photographiques de disparus sont désormais constitutifs du “traumatisme fondateur de l'identité argentine contemporaine”. (Voir la vidéo, en espagnol.)


Un autre travail photographique évoque le sort des personnes effacées par l'Histoire, en Algérie cette fois. Le 4 décembre, lors de la visite présidentielle de Nicolas Sarkozy en Algérie, Amnesty International France lui avait adressé une lettre publique pour demander “vérité et justice pour les disparus en Algérie”.

La lettre débute ainsi :

 » Vous le savez, Monsieur le Président, de 1992 à 1998, des milliers de personnes ont « disparu » après leur arrestation par des membres des forces de sécurité ou des milices gouvernementales.

« Beaucoup ont été interpellées parce que les forces de sécurité les soupçonnaient d'être liées à des groupes armés, ou d'être des sympathisants du FIS.

“D'autres ont simplement été dénoncées ou ont ‘disparu’ sans raison apparente, ‘sacrifiées’ sur l'autel de la lutte contre le terrorisme.”

La supplique continue longuement, en s'inquiétant de cas de disparitions récentes. C'est ce qu'on appelle pudiquement une “sale guerre”, que mènent, comme en Argentine il y a trente ans, des psychopathes accrédités contre leurs compatriotes.

Les dernières images familières vues et emportées par l'absent

Peu de temps avant est paru en Angleterre, édité par Autograph ABP, “Devoir de mémoire/A Biography of Disappearance”. C'est un livre où un photographe, Omar D., fameux portraitiste et paysagiste de l'Algérie, part chercher, dans l'univers des disparus, les dernières images familières vues et emportées par l'absent.

Au passage, il effleure l'angoisse des parents, soumis aux questions quotidiennes, permanentes, culpabilisante : où est-il ? Est-il encore en vie ? A-t-on vraiment bien cherché dans les commissariats et casernes ? “Devoir../A Biography…” est conçu comme un ouvrage d'art contemporain : planches compactes de photos d'identités, photos pleines pages, un texte d'analyse, sobre, dans le courant des images, mélange des statuts des photographies, de documents, etc.

Le nom du disparu et sa date de disparition sont les seules références aux suites de clichés. Cette forme élégante d'information et de relation visuelle avec une abomination est une belle preuve de vie face aux “escadrons de la mort”.

Un premier commentaire : pourquoi ce livre n'est-il pas sorti en France ? ► Ausencia exposition de Gustavo Germano - à la Casa America Madrid, plaza de la Cibeles 2, 28014 Madrid - jusqu'au 31 janvier - Renseignements : 00-34-91-595-48-00 - plan.
► Catalogue “Ausencia, Gustavo Germano, fotografias” - éditions Casa Editorial Km 13.774.
“Devoir de mémoire/A Biography of Disappearance” - éd. Autograph ABP, publié avec le soutien de Arts Council England - 190 pages, 21x26 cm, prix nc - contact. Texte inclus (anglais et français) : “Les disparitions comme expression des rapports d'autorité non institutionnels”, par Laouari Addi, professeur de sociologie à l'université Lumière (Lyon).

22 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Infovite

De Infovite

Plébéien. | 10H53 | 20/01/2008 | Permalien

Des photos qui rendent visible et perceptible la folie meurtrière des hommes.
Une « photographie » de notre Monde qui angoisse par la cruauté de sa vérité trop souvent effacée au nom du Présent !
Ne jamais oublier et comprendre les responsabilités de toutes ces « absences » et ce pour rendre justice à toutes ces familles au nom de l'Amour et de la Justice !
http://info-espress.over-blog.com/

Portrait de caro

De caro

délinquante avérée | 11H23 | 20/01/2008 | Permalien

« Chercher dans les albums de famille d'il y a trente ans une photo de groupe, prise lors d'un fait joyeux et paisible, et refaire la prise de vue dans la distance, le décor et les attitudes identiques, naturelles. »

Ce qui m'a beaucoup touchée, ce sont les yeux des vivants, d'une tristesse infinie. Comment faire le deuil d'une personne disparue, quand on ne sait pas ce qui lui est arrivé ?

Je voudrais suggérer aux photographes de faire la même exposition sur les expulsés en France. Certes, et heureusement, ils ne sont pas tués (physiquement), mais leur absence sur des photos de famille serait bien perceptible, des pères enlevés à leurs enfants, des frères et soeurs séparés, des maris ou des femmes se retrouvant seul-e-s.

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 11H57 | 20/01/2008 | Permalien

Merci beaucoup, Louis Mesplé, pour ce très beau sujet.
En regardant les photographies que vous nous montrez, je me faisais la réflexion que ces absences ô combien représentées se trouvent exactement à l'opposé du soviétisme photographique.
Où la propagande soviétique reconstruisait le temps, ces images (en particulier celles d'Argentine, terribles sous leur abord paisible) montrent la présence du temps d'hier à l'intérieur de celui d'aujourd'hui.
D'ailleurs, je partage tout à fait ce que dit Caro à ce sujet : la présence paradoxale des disparus se trouve douloureusement dans le regard des survivants.
Pour ce qui concerne les images d'Algérie, je suis sans doute un peu plus gêné, et notamment gêné par la nature de l'émotion qu'elles suscitent en moi, par l'aspect directement artistique du travail d'Omar D.

Portrait de Jonas2

De Jonas2

Les mouches ne me trouveront pas as... | 11H59 | 20/01/2008 | Permalien

Les idées géniales ressemblent souvent à des idées simples.
Le travail remarquable de Gustavo Germano entre dans cette catégorie. Il sculpte le temps à la manière d'un tailleur de pierre. C'est finalement ce qu'il enlève du bloc qui est le plus important.
A ceci près que les absents restent bien présents dans le regard des survivants.
C'est émouvant et c'est beau.

Portrait de dulconte

De dulconte

Mordu par un fachogarou | 13H38 | 20/01/2008 | Permalien

Merci pour la présentation de cette expo, j'irai voir tout cela fin février au centre Recoleta.
Depuis que je suis arrivé en Argentine, le thème des disparus est le thèmes le plus marquant. Tous les Argentins ont un parent, un voisin qui est disparu ou qui connait un disparu.
Le plus terrifiant est encore la disparition des femmes enceinte. Les Argentins estime qu'environ 500 enfants sont né dans les centres de tortures de la dernière dictature. Ces enfants ont été volés par les militaires, les donnant souvent en adoption à leurs amis, les gardant pour eux même, mais aussi parfois les donnant à des couples ignorant totalement leur origine. Un peu plus de 80 de ces enfants ont été retrouvé à ce jour, avec souvent des histoires terribles à la clefs. Comment se reconstruit-on à plus de 30 ans quand on découvre que sa vie n'a été qu'un mensonge jusqu'à ce jour, que ceux que l'on croyait ses parents sont en fait les assassins de vos vrais parents !

Portrait de le vilain petit canard 66

à dulconte Portrait de dulconte De le vilain petit canard 66

montagnard à palmes | 09H38 | 22/01/2008 | Permalien

Vous avez mille fois raison j » avais vu un docu sur ce sujet il y a pas mal de temps, c'était terrifiant, une horreur absolue.

Portrait de le vilain petit canard 66

à dulconte Portrait de dulconte De le vilain petit canard 66

montagnard à palmes | 09H41 | 22/01/2008 | Permalien

Vous avez mille fois raison j » avais vu un docu sur ce sujet il y a pas mal de temps, c'était terrifiant, une horreur absolue.

Portrait de aeros

De aeros

13H42 | 20/01/2008 | Permalien

 » Amnesty International France lui avait adressé une lettre publique pour demander « vérité et justice pour les disparus en Algérie ».

La lettre débute ainsi : Vous le savez, Monsieur le Président, de 1992 à 1998 »

heuuu ? keske sarkozy ( l état français) a à voir avec cette période ?

je veux bien que la France ait des relations pas claire avec ce genre de « pays » mais les disparus algériens des années 90 ? ? ? ?

c est pousser le bouchon un peu loin…

la France n est pas responsable de ttes les atrocités du monde…les arabes s en sortent trés bien seuls…

d ailleurs les algériens en redemandent :

« J'en ai marre de ces voyages [au retour d'Algérie] où tout ce qu'on nous montre est faux. On croit que ces gens-là nous applaudissent, en fait ils ne veulent que des visas. » (SOURCE : Rama Yade, « Le Monde » du 12/12/07.)

http://bombistan.blogspot.com/

Portrait de caro

à aeros Portrait de aeros De caro

délinquante avérée | 14H10 | 20/01/2008 | Permalien

La France n'aurait donc rien à faire des disparus ? que ce soit en Algérie, en Argentine ou ailleurs, les disparitions doivent nous interpeler enfin, si nous sommes des humains !

La France a gardé des relations « privilégiées » avec l'Algérie, ancien département. Je vois que Rama Yade a tout compris de ces relations … surtout quand il est question de gaz algérien et autres accords économiques ! et elle dit « ces gens là » ! c'est d'une délicatesse ! Je crois qu'elle est bien à sa place avec hortefeux

Portrait de thierry reboud

à caro Portrait de caro De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 14H15 | 20/01/2008 | Permalien

Salut Caro, ça faisait une paye !
Je crois que tu t'énerves pour rien : Aeros, eh bien… c'est Aeros, quoi ! En général, c'est bien faisandé derrière les oreilles, si tu vois ce que je veux dire.

Portrait de caro

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De caro

délinquante avérée | 15H39 | 20/01/2008 | Permalien

salut Thierry

Es-tu allé faire un tour sur le site proposé par aeros ? C'est puant d'anti-islamisme primaire. Cela m'amène à me domander :

- est-ce que les riverains qui ont fermé nos posts sont anti-islamistes primaires ?

- est-ce que les riverains ont lu et compris à quel point aeros est raciste ? enfin, ça dépend envers qui. Il doit adorer la belle Rama (ge) Yade, mais doit détester les Algériens

Portrait de dulconte

à caro Portrait de caro De dulconte

Mordu par un fachogarou | 16H10 | 20/01/2008 | Permalien

Je crois plutôt qu'un petit groupe aero, duduche, france renouveau etc… font un forcing pour fermer tout ce qui s'oppose à leur vision des choses (racisme, anti-sémitisme, anti-arabe, fachiste etc…)

Je pense qu'en prime ils se sont fait plusieurs comptes et ainsi passe leur temps à fermer les commentaires, qui s'opposent à eux.

Dés que je réponds à ce genre d'individu je suis sur que mes messages, du moins un temps, seront refermés. C'est d'ailleurs pour cela que je suis opposé au système de fermeture des messages (en général j'essaye d'ouvrir tous les messages fermés).

Portrait de Succédané

à dulconte Portrait de dulconte De Succédané

Qui n'est pas mais pourrait l'être | 17H27 | 20/01/2008 | Permalien

D'accord avec vous sur le repli des commentaires, j'en ai aussi été victime plusieurs fois.
Pour ces censeurs moralisateurs d'un nouveau genre il est facile avec quelques « naze » de faire chuter la moyenne aux 2 ronds fatidiques.
Rue 89, comment améliorer le système ?

Portrait de thierry reboud

à caro Portrait de caro De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H12 | 20/01/2008 | Permalien

Ben non, Caro, j'y suis point allé. J'imagine trop facilement à quel point ça doit puer du bec et, que veux-tu, j'ai le tarin délicat. Pendant un temps, l'Aeros proposait également un lien vers un blog intitulé national-je-ne-sais-plus-quelle-connerie-point-con. Ces trucs-là, ça ne se cache même plus. Un signe des temps, je suppose.

Pour ce qui est des commentaires refermés, ne t'en soucie pas plus que ça ne le mérite : seuls ces parfaits crétins ignorent encore qu'on peut les rouvrir pour les lire. (Attention : ne me fais pas dire que j'ai traité Aeros de parfait crétin. Si ? Je l'ai fait ? Oups, désolé.)

EDITER : Je n'avais pas encore lu la réponse de Dulconte (salut, Dulconte, ça va à BA ? ). Je crois qu'il a parfaitement raison.

Portrait de dulconte

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De dulconte

Mordu par un fachogarou | 19H46 | 20/01/2008 | Permalien

Il fait une chaleur que ne renierai Lucifer, sinon tout va bien : )

Portrait de aeros

à aeros Portrait de aeros De aeros

12H52 | 21/01/2008 | Permalien

encore une toute fraiche…

« La circulation humaine entre l'Algérie et la France gagne en densité. Les demandes de visas adressées par les nationaux aux consulats français repartent à la hausse. »
http://bombistan.blogspot.com/2008/01/algrie-la-demande-de-visas-en-haus…

y st pas rancuniers « ces gens là »…

Portrait de vol19

De vol19

ailleurs | 17H17 | 20/01/2008 | Permalien

De curieuses polémiques…

Oui, la démarche de l'artiste est intéressante car ce jeux de photographies permet à un groupe familial de symboliser la disparition.

Contrairement à un « décès ordinaire », accidentel, l'absence de corps, d'enterrement empêche de faire le travail de deuil. Dans le groupe familial, sur un niveau inconscient collectif et individuel, l'absent est encore là. Son absence/présence se transmet dans la filiation, une, voire, deux générations plus tard, finissant par constituter dans l'imaginaire de la descendance une sorte de « crypte ». Si le « travail » d'explicitation n'est pas fait par les personnes, dans certaines situations de la vie, cet « évènement » peut affecter la psyché de l'individu ou de la famille d'une manière significative, ceci même si l'évènement est très ancien et n'est même pas vécu à la génération de la personne concernée.

Celà semble étrange, c'est en tout cas,ce que l'expérience de ce que l'on appelle la « psychanalyse de groupe » peut permettre d'expérimenter et de théoriser.

Le problème est accru si, comme dans les cas énoncés ici, ces disparitions sont collectives et liées au politique. Cette trahison est particulièrement violente, en regard à la confiance qui peut être attribué au pouvoir, aux institutions, au lien à la collectivité… et en même temps, ces sacrifiés font, malgré tout, liens pour ceux qui ont vécu la même expérience, ce qui probablement « clive » la manière de se représenter la société. Puis, il se pose aussi le problème de la reproduction de la violence, de la « circulation du sacrifice », « qui payera la prochaine fois ? » comme l'a montré les travaux de René Girard.

Ce n'est pas parceque on en parle pas des sacrifiés que celà n'a pas d'incidences surtout, vous imaginiez, si l'on peut croiser les anciens bourreaux ou les descendants au coin de la rue… celà se traduit autrement… Le cas de l'Argentine, de l'Algérie aujourd'hui mais hier l'Espagne qui a bien du mal à affronter le problème (et que ce passera t-il hors euphorie de la croissance ? )
En France, en Allemagne,Grande-Bretagne, à un degré différent ne pas oublier l'effet de la première guerre… dont comme les médias viennent d'ailleurs de le rappeller, un des derniers survivants est mort aujourd'hui à 110 ans.

Non, le temps humain ne se construit pas que dans l'instant même à l'heure d'internet … la mémoire, ça traine, surgit sans prévenir.

Ces expériences artistiques montrent en tout cas une fois de plus une vitalité actuellement en Amérique du Sud bien supérieure à notre cher pays…

Portrait de dulconte

à vol19 Portrait de vol19 De dulconte

Mordu par un fachogarou | 20H03 | 20/01/2008 | Permalien

Il manque un facteur à votre analyse qui rend le cas argentin encore plus complexe et plus horrible, le fait qu'il y ait des disparus vivants.
Et dans de nombreux cas ces disparus ne savent même pas que leur famille les recherche encore plus de 30 ans après. Je parle bien sur de ces enfants qui sont nés en captivité ou enlevé avec leur parents et qui ont été adopté, comme je le raconte au dessus. L'ex préfet Febres,a très probablement été assassiné afin qu'il ne puisse pas révélé la liste des « adoptants » des enfants des ex détenus de la ESMA(l'école de Mécanique de la marine argentine qui fut un des pire centre de détention et de torture). Il avait dit peu de temps avant sa mort que le jour ou il parlerait il lèverai énormément de souffrance. Il a été assassiné deux jours avant de faire une déclaration au tribunal…

JE vais aller voir l'expo quand elle arrivera à Buenos Aires, mais ce que j'ai déjà au travers de cette article est fort. Le regard des argentins sur ces photos serra quelques choses d'important.

Portrait de vol19

De vol19

ailleurs | 21H41 | 20/01/2008 | Permalien

@Dulconte
oui, à vous lire, pour les familles de disparus argentins cette dimension-là me semble au delà des mots, horrible, complexe, et toute tentative de théorisation est probablement vaine.

Le travail artistique présenté semble intéressant de part la tentative de mise en mots et de la mémoire qu'il appelle.

Portrait de dulconte

à vol19 Portrait de vol19 De dulconte

Mordu par un fachogarou | 04H01 | 21/01/2008 | Permalien

Pagina12 est un peu l'équivqlent de libération en Argentine, depuis qu'il existe (15 ans), il offre un espace gratuit à toutes les familles de disparus qui le désir. Cela donne de tout petit encarts en bas de page pour rappeler la mémoire de tel disparu, de tel famille de disparus, ils sont toujours accompagnés d'une photos, photo de jeune hommes, de jeunes femmes, de couples, parfois même d'enfant que la terreur d'état à disparu entre 76 et 83.
C'est terriblement fort, terriblement dérangeant, tout comme les photos présentées dans cet article et cette expo.
L'Argentine n'est pas la pays ou la terreur d'état a été le pire, mais comme pour le Chili, les populations plus urbaines ont réagit de manière plus forte face à ces disparitions, ces assassinats. Si l'on prend des pays comme le Paraguay personne ne sais bien combien de personnes ont disparus.
Le pire alors qu'environ 30 000 personnes ont disparus pendant l'ultime dictature j'ai rencontré des personne qui m'ont affirmé qu'en fait c'était moins de 8 000 disparitions, comme si ce chiffre moindre dédouanait les militaires des assassinats sommaires et des tortures systématiques.

Portrait de Network 23

à dulconte Portrait de dulconte De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 20H57 | 21/01/2008 | Permalien

Le chiffre d'environ 8,000 disparus provient du rapport de la CONADEP du début des années 1980. Pour des raisons évidentes tenant à la nature du crime lui-même, il est difficile d'évaluer le nombre total de victimes, habituellement estimé à environ 30 000 (cf. par exemple http://es.wikipedia.org/wiki/Guerra_sucia_en_Argentina#Las_v.C3.ADctimas)
On retrouve les mêmes problèmes au niveau de l'estimation du nombre de personnes torturées au Chili (rapport Valech, qui a notoirement sous-estimé le chiffre réel, en imposant des conditions drastiques pour se faire recenser, allant jusqu'à des absurdités telle qu'il fallait à quelqu'un vivant à la campagne se déclarer victime au commissariat local… à leurs bourreaux, donc…)

Merci pour cet article, qui conjugue réappropriation de l'histoire et trace une esquisse de liens entre les « disparus » argentins & algériens. Les mêmes méthodes, apparues à Alger en 1961…

Un bémol : qualifier les tueurs de « psychopathes », c'est couper un peu vite le long débat sur les causes et motivations des bourreaux.

Ou alors il faudrait peut-être penser à analyser de manière clinique l'une des plus grandes pathologies du XXe siècle : les cours de « guerre contre-insurrectionnelle » donnés par Bigeard ou à Fort Braggs, la théorisation de la « subversion » par des disciples de Maurras & anciens de l'OAS exilés en Argentine (la Cité catholique - http://en.wikipedia.org/wiki/Cit%C3%A9_catholique)…

Portrait de paulber

De paulber

20H27 | 21/01/2008 | Permalien

Commentaires intéressants d'autant plus qu'ils révèlent le courage politique dans certains pays alors que dans d'autres comme le Mexique (un cas que je connais bien pour y avoir habité de 1966 à 1968), rien n'a été fait. Il ne fait absolument aucun doute que Sarkozy et son « pathétique » ministre des affaires étrangères souffrent d'une ignorance crasse pour recommander l'adhésion du Mexique au G8. Le Mexique est l'un des pays les plus corrompus, pourris et dangereux du monde. Son « élite » politique se remplit les poches depuis et pendant des années pour ensuite acheter des maisons (mansions comme on les appelle aux USA) à Miami et autres villes mondaines…. Le Mexique est la nouvelle Afrique ! ! ! Croyez-moi, je sais ce que je dis.

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