
A Arles, les intrigantes expérimentations de George Tony Stoll

L'exposition de George Tony Stoll présentée à l'atelier des Forges, dans l'infini Parc des Ateliers actuellement en déconstruction, réunit des photographies et des peintures textiles issues d'une œuvre souvent considérée comme radicale et sibylline.
Invité par Christian Lacroix, qui décrit son travail comme « plein de risques et de charmes, au sens antique de sortilèges », cet artiste pluridisciplinaire présente ici une sélection d'images qui illustrent ses recherches de ces dernières années.
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Dans un entretien accordé à l'issue de la visite de son exposition, Stoll souligne presque d'emblée l'importance d'une certaine littérature dans la constitution de son regard : « Beckett, en particulier ; il a ouvert un champ qui peut, littéralement, contenir le monde entier. »
C'est dans ce nouveau champ des (im)possibles que s'opère le travail de Stoll, un champ qu'il dénomme « territoire de l'abstraction », et où peut s'opérer l'invention d'images nouvelles, souvent surprenantes et énigmatiques, des photographies qui, dit-il, « sont autre chose que des photographies ».
Contrastant avec l'amateurisme volontaire des prises de vues, toujours réalisées avec des compacts argentiques basiques et un flash qui semble immobiliser des micro-instants de performances, la construction des images à l'intérieur du cadre photographique acquiert une dimension magistrale, accentuée par les tirages grand format accrochés très en hauteur.
Plus que des portraits, des expériences intimes et universelles
« La photographie », explique George Tony Stoll, qui a commencé sa carrière artistique en étant peintre, « doit provoquer le même stimulis que certains tableaux. »
Au sein de ces images se croisent des personnages dans des positions inusitées, des lieux atypiques (un espace traversé par un bandeau de couleur, un mur de verre), et des sculptures à la pesanteur interrogative, comme la récurrente montagne de papier avec laquelle parfois des corps interagissent.
Il ne s'agit jamais de donner à voir des portraits d'individus, mais toujours plus largement des expériences à la fois intimes et universelles, au croisement de la fiction et du réel qui, à l'instar des textes de Beckett, parlent de la profonde incongruité de l'existence.
Une « odyssée radiophonique » qui éclaire sont travail photographique
Dévisagés, les corps que Stoll encadre semblent en proie à une impossible élévation, soumis à une gravité toujours en décalage avec l'équilibre fragile qui semble les tenir, sur le fil, dans des positions verticales très incertaines.
Dans le « Portrait Red/Magenta #1 », le visage d'un homme assis est remplacé par un ovale de couleur primaire, annulant toute possibilité de présentation d'un véritable « portrait », et donnant ainsi à cette image le statut de phénomène plutôt que de présentation. Stoll souligne d'ailleurs l'importance de la notion de représentation dans son œuvre.
Pas (seulement) photographe, Stoll applique ses recherches à d'autres supports (peinture, peinture de laine, vidéo, écriture) et a récemment réalisé une « odyssée radiophonique » dans le cadre d'une résidence à Stuttgart. Intitulée « Pink Odyssée », elle éclaire largement son travail photographique ; on y entend un personnage seul décrire les « apparitions » auxquelles sa perception est sujette, et qu'il observe.
Cette création illustre la nécessité pour Stoll de créer des images en représentant des scènes préalablement imaginées. Les lieux choisis, souvent pour leur étrangeté, n'ont pas d'histoire : seules ces apparitions le transforment.
Quand à Georges Tony Stoll, la question qu'il se pose est celle qu'il voudrait que le public se pose aussi face à ces compositions déroutantes : « Que se passe-t-il après la surprise ? “
► Georges Tony Stoll exposition à l'Atelier des Forges (anciens ateliers SNCF), dans le cadre des Rencontres Internationales de la photographie d'Arles.
Photographies Georges Tony Stoll by courtesy of galerie Cent Huit.
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► Traversées mondaines. et frivoles de l'art contemporain.




















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De Di
mère déchlorurée (papotable) | 11H02 | 10/07/2008 |
J'ai vu cet expo hier, à Arles. On y découvre beaucoup d'artistes très talentueux. Pour être tout à fait franche, les images de Tony Stoll sont loin d'être mes préférées - je trouve dommage que vous ne parliez que de lui.
à Di
De Dorothée Smith
(auteur)
étudiante | 11H11 | 10/07/2008 |
merci pour votre commentaire ; ce blog étant, pour la semaine, consacrée aux Rencontres, d'autres expositions seront ici chroniquées dans les jours qui viennent.
à Dorothée Smith
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 14H07 | 10/07/2008 |
Je suivrai donc tout ça avec attention ! Merci !
à Dorothée Smith
De annBou
poète | 19H43 | 10/07/2008 |
Merci pour cette mise en perspective, excellent guide de la béotienne que je suis.
J'apprécie votre style clair, votre mise en lumière du travail de vos pairs (si j'ai bien compris : élève en photographie ? ) et si vos photos sont à la hauteur de la façon dont vous parlez de celles des autres : j'aimerais bien les voir un de ces 4.
En tous cas cet article « donne à voir » ce grand rendez vs de la photo
à Dorothée Smith
De annBou
poète | 19H43 | 10/07/2008 |
Merci pour cette mise en perspective, excellent guide de la béotienne que je suis.
J'apprécie votre style clair, votre mise en lumière du travail de vos pairs (si j'ai bien compris : élève en photographie ? ) et si vos photos sont à la hauteur de la façon dont vous parlez de celles des autres : j'aimerais bien les voir un de ces 4.
En tous cas cet article « donne à voir » ce grand rendez vs de la photo
De pikasso02
11H05 | 10/07/2008 |
Je suis persuadé que son travail sur les apparitions qu'il décrit est de loin plus intéressant que ces images qui n'ont rien de « déroutantes ». Originales, oui ! Mais qui aujourd'hui n'est pas capable de produire une image originale. L'entendre parler lui permet sans doute de traduire ses photos intérieures.
De Dorothée Smith (auteur)
étudiante | 11H13 | 10/07/2008 |
cher pikasso, vous pouvez écouter cette création radiophonique sur ce site : http://www.touslespodcasts.com/annuaire/musique/autres/1192-episode22584…
à Dorothée Smith
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 12H04 | 10/07/2008 |
L'image n'a pas besoin de paroles, quand elle est bonne. Elle se suffit à elle-même et c'est elle qui « parle ».
à Dorothée Smith
De pikasso02
16H09 | 10/07/2008 |
Merci Dorothée Smith pour l'info.
Mon pseudo est pikasso02.
http://pikasso02.skyrock.com/
De kelio
consultant | 12H02 | 10/07/2008 |
oui c'est absolument génial cette expo
quelle idée de mettre un bout de carton rose-mauve devant le visage ! c est saisissant ! quel génie !
et ces deux ampoules qui pendent ! incroyable complètement hallucinant
et vous verrez que certains vont critiquer
à kelio
De GanzGenau
Berlinois à quatre mains | 12H22 | 10/07/2008 |
Vous vous trouvez drôle ? Vous avez plutôt l'air de ne rien comprendre du tout, et le pire c'est que vous en êtes fier.. Passez votre chemin et épargnez-nous des commentaires aussi fermés.
à GanzGenau
De compte supprimé 20
20H53 | 11/07/2008 |
oulala désolé ganzgenau, faudrait que tu nous explique, parce que si tous ceux qui capte pas passe leur chemin y vas plus y avoir degun !
De El Niño
13H04 | 10/07/2008 |
Kelio, je suis dac avec toi, effectivement, ces photos sont saisissantes !
On dirait vraiment qu'il nettoie son atelier le bougre ! Ou peut être déménage-t-il quelques cartons en trop ? En plus, il a l'air de faire drôlement chaud !
Allez je sors…
De Sinouhé
16H44 | 10/07/2008 |
il illustre bien le rien a dire de l'art actuel… Bravo
De pikasso02
16H55 | 10/07/2008 |
J'aimerais compléter ce que j'ai écrit ci-avant. L'important pour un photographe aujourd'hui est de pouvoir exposer ses oeuvres, qu'elles plaisent ou déplaisent, l'artiste s'en moque. Se dire que cela est impossible dans certains coins de la planète, donne déjà des bons points à ces expositions.Le photographe qui prend des photos et ne les exposent pas, n'est pas un artiste. Vous me direz, qu'est-ce que cela a à voir avec cette exposition ? Cet artiste ne me touche pas. Mais la ballade dans l'expo doit être bien sympa. Le temps de la photo pour la photo est révolu. C'est la vie qui essaye de devenir art. C'est cela l'art d'aujourd'hui. Imaginez un pays où nous ne puissions plus prendre de photos ! Je trouve dans ces photos, un humour que certains peuvent apprécier, comme ceux qui aiment Magritte. Bonsoir !
http ; //pikasso02.skyrock.com/
De compte supprimé 13
16H57 | 10/07/2008 |
si j'en juge par les 2 photos derrière lui (sur la première) ou par la photo avec la sorte d'imper en plastique rose, ses recherches n'ont pas été très lointaines… un Abu Ghraib de récupération.
ses images sont tout sauf « nouvelles'.
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 20H22 | 10/07/2008 |
Oui, exposer, c'est bien, mais pour en vivre, de ses photos, il faut tout de même qu'il arrive à les vendre… Cet artiste dit utiliser toujours un appareil photo basique - c'est très bien, mais ce n'est pas non plus une excuse. Un très bon photographe peut produire d'excellentes photos avec un appareil basique et un mauvais photographe peut toujours avoir le meilleur Canon ou Nikon qui existe, s'il ne maîtrise pas l'art de la lumière, ses photos seront toujours quelconques.
Certains des d'artistes exposés sont vraiment très bons - J'espère que nous les verrons sur Rue89 !
De uclu
10H46 | 11/07/2008 |
Pourquoi , rien sur l'actualité d'Avignon et le théâtre ?
De papy55
prof. en province | 12H56 | 11/07/2008 |
Au risque de me faire insulter, à la vue des quelques images du diaporama et d'une lecture rapide de l'article qui l'accompagne, j'ai du mal à apprécier le talent de l'artiste…. !
Peut-être qu'une visite de l'exposition dans un cadre adéquat me ferait changer d'avis.
Encore une fois, vous voudrez bien me pardonner mon inculture !
De compte supprimé 20
19H18 | 11/07/2008 |
je tire mon chapeau parce que le plus dur (et ça c'est du boulot) ça a du être de vendre son truc.
c'est carrément triste cet échantillon