
Le sombre Sobol a-t-il plagié les photos du morose Petersen ?
En juillet, aux Rencontres d'Arles, lors d'une soirée de projection au Théâtre antique, les amateurs et connaisseurs s'interrogent. Sur le grand écran défilent quelques photographies du Danois Jacob Aue Sobol. Il vient de recevoir le quinzième Leica European Publisher's Award for Photography.
En français : sept éditeurs européens de livres photographiques, réunis le 1er mai à Manchester, ont décidés de lui décerner ce prix pour son projet intitulé Tokyo. A la clé, soutenu par Leica, un ouvrage commun au sept maisons et un appareil avec ses initiales.
Les amateurs et connaisseurs se regardent et s'interrogent. Ne s'est pas t-on trompé dans la programmation ? Ces images ne sont-elles pas plutôt d'Anders Petersen ? Non, et c'est bien le cas mis en toute lumière par la sortie ce mois-ci du recueil d'images de Sobol « Tokyo », chez Actes sud.
Une photographie pessimiste dans son inspiration et sa résolution
C'est vrai que les coïncidences sont troublantes. Quelques exemples.
Sur le carrelage, souris de Sobol et poulpe de Petersen.

Dans les bras, chat de Sobol et chat de Petersen.

(Chère Camille, ma voisine, je sens que vous voulez savoir si la version féminine de cet animal est aussi présente. Oui, elles foisonnent, et en gros plans).
Assiette de Sobol, et assiette de Petersen.

Les thons de Sobol et les pains de Petersen.

Qu'en conclure ? Qu'il n'y a rien là d'étonnant : ces deux artistes pratiquent une photographie « documentaire », sur des milieux clos, bloquée dans la négation de l'espace social, pessimiste dans son inspiration et sa résolution, réduite à jamais plus de deux personnes dans le cadre, ne consignant que des moments très privés, c'est une recette génératrice des mêmes effets.
On peut faire aussi l'hypothèse plus savante d'une école nordique de la photographie ou d'une variaton photographique du Dogme95, le manifeste de cinéma édicté par le réalisateur danois Lars von Trier et ses compères, ce qui expliquerait ce réalisme brutal.
Strömholm photographie Paris, sans les flons-flons de Doisneau
Anders Petersen n'est pas danois, mais suédois. Né en 1944 à Stockholm, il est l'élève de Christer Strömholm, autre suédois. Ce dernier est considéré comme un photographe majeur. Il donne notamment dans les années 50 et 60, une vision expressionniste retenue de Paris, à l'opposé des flons-flons de Doisneau.
Entre Pigalle et la place Blanche, il produit une partie essentielle de son œuvre, documentaire, respectueuse des personnages marginaux qu'il côtoie, relativement triste et discrète. Petersen est de cette veine.
En 1967, il s'installe à Hambourg et pendant trois ans investit un bar dans le quartier chaud. Cette période aboutit à un livre « culte », « café Lehmiz ». Depuis, de ville en ville, petites ou grandes (la dernière étant Sète), il se pose en général dans un troquet, se trouve des copains, se fait inviter chez eux, et tire des scènes où l'exhibition est au centre du métier
.
Ces tirages argentiques, en 35mm, ont le noir rugueux et le blanc granuleux. Ce n'est pas triste, c'est désespéré. Ajoutez à ses photos domestiques, intimes, de Petersen ses vues, en extérieur, de déchets alimentaires ou de personnes aux attitudes en déséquilibre défavorables, angoissés. Vous aurez compris que le monde de Petersen ne peut être qu'un univers glauque et mortifère. On peut y adhérer ou non.
Petersen collectionne les prix. Il est représenté par la galerie Vu et édité fidèlement par « Images en manœuvres ». Dernier titre : « Sète » paru en juin de cette année. Il n'y a pas d'autres errances photographiques aussi sombres et durables que la sienne.
Sobol, d'un campement polaire jusqu'à Tokyo
Enfin, il y a peut-être celle, débutante, de Jacob Aue Sobol. Né en 1974 à Copenhague, il est l'élève de l'école danoise de photographie documentaire Fatamorgana. En 2000, il résidera pendant trois ans dans l'est du Groenland, chez sa petite amie Sabine. En 2004, un livre (au titre éponyme) est publié sur cette histoire et récompensé par le Deutsche Börse Photo Prize. Il est également primé en 2006 au Wold Press Photo (ça vaut ce que ça vaut…) et rentre en 2007 comme nominé à l'agence Magnum.
Déjà, dans « Sabine », Sobol montre une certaine propension à une photographie de promiscuité. Mais il habite un campement polaire, Tineteqilaaq, où les plaisirs sont rares, les espaces réduits et dehors, c'est la banquise. A l'intérieur, on y découvre TOUS les aspects d'une vie quotidienne. A l'extérieur, c'est du Nanouk l'esquimau, Flaherty avec un peu plus d'abstraction poétique. A Tokyo, où il réalise le travail primé par le jury du prix Leica, changement de décor, et c'est là où Sobol rejoint plus précisément Petersen.
On a pu voir, dans cette histoire, la filiation ténue entre Sobol et Petersen. On verra dans les prochains travaux de Sobol si cela ne se résume pas à un clonage artistique. Mais quid des « éditeurs européens“n qui ont attribué un prix de valeur à une photographie qui existe déjà. en plus achevée ? Est-ce, pour la marque Magnum, et la promesse de bonnes ventes sur du trashy japonisant.
Et que dire de ce livre, dont la mise en page à fond perdu (sans marges) ressemble à celles des ouvrages de Petersen (frenchkiss) parus chez ‘Images en Manœuvres’ ? A la différence près du format, c'est de la copie.
Le jury était constitué des sept éditeurs suivants : (Actes Sud, France) (Apeiron, Grèce) (Dewi Lewis Publishing, Royaume-Uni) (Editions Braus, Allemagne) (Lunwerg Editores, Espagne) (Mets & Schilt, Pays-Bas) (Peliti associati, Italie).
► Tokyo de Jacob Aue Sobol - éd. Actes Sud - 23x32cm - 35€.
► Frenck Kiss d'Anders Petersen - éd. Images en maneouvre - 16x24cm - 28€.
► Sète #08d'Anders Petersen, - éd. Images en maneouvre - 21x24,5cm - 25€.
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► Traversées mondaines. et frivoles de l'art contemporain.



















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De compte supprimé17
18H13 | 29/11/2008 |
J'ai pas trop d'avis sur la question si question il y a mais je sais qu'après avoir vu les photos, j'ai eu comme une envie d'aller me jeter dans le puits…
Mais je vais profiter de ce que je n'ai rien à dire pour placer un lien ami :
http://www.philip-photos.com/
à compte supprimé17
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 18H29 | 29/11/2008 |
Ça me fait le même effet, si ça peut vous consoler. J'ai vu l'expo d'Arles - il y avait pourtant d'excellents photographes aussi - pas uniquement ce genre-là. J'avais été particulièrement frappée par l'un d'entre eux (sais plus son nom)- il arrivait à rendre un défaut physique non pas repoussant, mais au contraire très agréable à regarder. A mon avis du moins, ça doit être bien plus difficile à faire que ce qu'on voit ci-dessus !
à Di
De compte supprimé17
18H44 | 29/11/2008 |
Bon ! Ben il n'y aura pas de place pour tout le monde dans le puits ! ! -)
à compte supprimé17
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 20H48 | 29/11/2008 |
Pas grave, il y a plein de ponts !
à Di
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 10H11 | 30/11/2008 |
« plus difficile à faire que ce qu'on voit ci-dessus »
Sauf pour le petit portrait tout en haut à droite (Tokyo) que je trouve totalement magnifique.
à compte supprimé17
De AlfredoGarcia
Rien | 18H51 | 29/11/2008 |
Moi j'aime assez le travail de tout les deux, il y a une étrangeté dans la routine qui m'attire….
re-édit ; allez tient un point en commun
De AlfredoGarcia
Rien | 18H23 | 29/11/2008 |
Par vos exemples j'ai du mal à voir où est le plagiat.
Une souris écrasée ne dit pas de tout la même chose qu'un poulpe à terre (carrelage inclusive).
Entre un « voyou » qui tient un chat, et une fille en pose « sensuel » qui écrase un chat (il n'est pas content le minou) il y a la distance entre moi qui parle au portable, et James Dean qui parle au téléphone.
Sous l'assiette de Petersen manque un détail qui est le point central de celui de Sobol.
Les thons de Sobol sont posés dans une organisation digne d'une bande de scouts pendant que les sardines de Petersen sont en débandade de cours de récrée.
Enfin, les traitements des couleurs (soient-elles le noir et le blanc) ne sont pas les même, et ne disent pas la même chose. Petersen est plus nuancé, plus tranquille, Sobol est nerveux, éclaté.
à AlfredoGarcia
De BATTANTE
02H38 | 30/11/2008 |
AlfredoGarcia, je suis d'accord avec vous. Je pense qu'il ne faut pas parler de plagiat, mais plutôt d'inspiration. A l'exposition Picasso, personne n'a accusé Picasso d'avoir plagié les autres peintres. Les gens disaient qu'il s'en était inspiré pour en donner une version à la fois identique et totalement différente. A mon avis, ce qui vaut pour la peinture vaut également pour la photographie. Je vois cela plutôt comme un hommage au travail de l'autre que comme un plagiat.
à BATTANTE
De AlfredoGarcia
Rien | 15H40 | 30/11/2008 |
Je suis d'accord, le plagiat est lorsqu'on ne peut plus regarder un tableau de Mondrian sans penser à L'Oréal
,
ou d'une autre façon lorsqu'on ne peut plus écouter Peer Gynt - Grieg sans penser à des banques
De Pollo
sort de chez Volkswagen | 18H40 | 29/11/2008 |
J'ai vu des plagiats bien plus évidents. Non, franchement, c'est insignifiant ; disons qu'ils shootent tous les 2 en noir et blanc. Qui a eu l'idée en premier ?
De jpbe
20H40 | 29/11/2008 |
très très franchement et en dehors d'une infime minorité le nombrilisme des artistes (de toutes sortes) me gonfle vraiment…
De DBL8
Retraité | 10H46 | 30/11/2008 |
Le plagiat n'est pas la copie parfaite !
Là à mon avis c'est flagrant !
L'un c'est « inspiré » de l'autre sans vergogne.
Il y aura toujours des … « artistes ? » en manque d'inspiration qui agiront de la sorte, à moins que cela ne soit inconsciemment, après avoir vue des photographies il y a quelques temps et… miracle il a UNE idée !
De jyr
ou jean-yves rousson..artiste? | 22H55 | 29/11/2008 |
moi je suis un plagieur et j'aime cela..mais je voudrais bien savoir qui peux se pretendre vierge de tte memoire visuel..
lui ne plagie pas..
http://zigoto-mania.over-blog.com/
et de plus il est beau
à jyr
De DBL8
Retraité | 10H49 | 30/11/2008 |
Il y a une différence entre faire des prises de vues « s'inspirant » de … et en faire une expo ! !
Bien sûr que nul n'est vierge de … tout du moment où il a un vécu. Encore faut-il le reconnaitre comme vous venez de le faire.
je m'inspire aussi de ce qu'on fait d'autre personne avant mois, mais comme vous je le reconnais !
GROSSE différence !
De passager
clandestin | 00H03 | 30/11/2008 |
N'est-ce pas le problème de toute la photographie contemporaine ? Quelques courants et tous les photographes se ressemblent. Je connais au moins 12 Alec Soth (rien qu'à Minneapolis) et 8 Lise Sarfati, un nombre incalculable de Becher ou de Stephen Shoren, Dijkstra etc. Il faudrait se demander quelle est la politique des galeries ou des agences ou bien fermer toutes les écoles de photo. Le formatage est la plaie de notre époque.
à passager
De DBL8
Retraité | 10H54 | 30/11/2008 |
»…le problème de toute la photographie contemporaine … »
S'il n'y avait QUE pour la photographie…, tout artiste c'est plus ou moins inspiré de … regardez les tableaux au Louvre, ou ailleurs. Les conférenciers(es) le disent.
N'avons-nous pas essayé de faire du grain lors de nos développements ? NB bien sûr.
De La framboise enragée
( kärcher fruitier ) | 11H26 | 30/11/2008 |
Qu'est-ce qui ressemble le plus à une photographie banale qu'une autre photographie ?
Ne parlons pas de plagiat, mais de duplication de la médiocrité : -)))
à La framboise enragée
De la panthère verte
10H05 | 01/12/2008 |
« duplication de la médiocrité »
une fois de plus, notre framboise avariée juge se croit qu'elle croit connaitre au lieu de se contenter de sa sphère de compétences : les jeux de rôles et les révisions du bac…
De Susanna
11H38 | 30/11/2008 |
Oui, oui, il y a une ressemblance évidente, mais tous ces types qui travaillent sur l'hallucination ne se ressemblent-ils pas tous ? Ce n'est d'ailleurs pas la première suspicion de plagiat dans ce registre d'images (des noms ? …) mais s'agit-il de plagiat ou de types qui se regardent les uns les autres en se tirant la bourre ?
A Paris Photo, j'ai d'abord pris un Japonais qui s'inspirait de Moriyama pour Moriyama. Tout y était, le chien compris - mais il y a à présent des chiens chez Petersen…
Et Petersen lui-même, ne s'inspire t-il pas de très près de d'Agata qui, jeune photographe, n'a jamais caché son admiration pour Petersen (qui faisait moins dans le charbonneux de travers à l'époque du Café Lehmitz…).
C'est un serpent qui se mord la queue, cette question. Je n'ai pas été impressionnée quand j'ai vu le livre de Sobol : trop de clichés, trop de tics, même si, comme tous les photographes de cette tendance, Sobol est indubitablement habile.
Le travail récent de Petersen n'est pas plus excitant. Il est certes impressionnant dans le geste et l'aptitude du photographe à recréer son monde à peu près partout où il va, mais cette répétition de filles à moitié déshabillées, de coups de flashes brutaux, d'images gesticulantes et sans épaisseur est aussi extrêmement fatigante.
Au-delà de ces noms et de cette affaire, il faudrait peut-être se demander pourquoi une certaine arrière-garde de la photographie se laisse si facilement impressionner (épater plutôt) par ce genre de travaux.
Les gens de Magnum, qui ne sont certes pas visionnaires (ça se saurait), se sont empressés d'embaucher Sobol, d'autres lui ont donné un gros prix pour faire son livre. Mais cette photographie-là, à travers ses déclinaisons plus ou moins variées et ses auteurs interchangeables est-elle capable de nous parler du monde ?
Il y a eu cette année des travaux moins spectaculaires mais infiniment plus riches. Comment se fait-il que ce qui ressorte toujours, ce soit ces gesticulations stéréotypées ?
De argiope
chatouille ou pique, c'est selon | 13H26 | 30/11/2008 |
Cette question me rappelle un peu le récent article sur la couleur magenta dont l'usage a été breveté par Deutsche Telekom. Cette dangereuse tendance possessive, dictée par l'égoïsme ou l'appât du gain, ne peut aboutir qu'à l'appauvrissement culturel (ou scientifique, voir le brevetage du vivant).
Et si les milliers de Nativités représentées au cours des siècles étaient toutes considérées comme plagiat de la première datant du 4e siècle ?
Et si en 1450 Piero della Francesca avait breveté l'usage des règles de la perspective qu'il avait découvertes et appliquées en premier ?
La différence essentielle entre le vol d'un objet et le « vol » d'une idée, c'est que dans le second cas, l'idée existe à deux exemplaires, et a plus de chances de progresser.
Vive le partage des idées, seul moyen de les faire évoluer.
De Jaycib
Unsafe at any speed | 20H28 | 30/11/2008 |
Borges : tout bon auteur invente ses précurseurs…
De Octave.Romel
Auteur | 22H27 | 30/11/2008 |
J'invite ceux qui s'interrogent a consulter les travaux de Wols, de son vrai nom Alfred Otto Wolfgang Schulze, précurseur de tout ceux cités dans l'article et commentaires. Pour conclure que la photographie européenne ( mis a part quelques grands talents outre Rhin )ne fait que s'auto-plagier depuis 80 ans. Quelques artistes majeurs comme Walker Evans ou Wols ne se nourrissaient pas que de photographie. C'est depuis les pays émergents que vient déja le nouveau souffle plutôt qu'en Europe ou rien ne renaitra tant que les grands prix occidentaux et leurs circuits seront maquereautés exclusivement par quelques agences ( magnum, contact, vu, MEP, visa, arles )qui ne cessent de se célébrer en « Famille ». l'expression photographique occidentale s'en trouve dégénérée, par consanguinité, comme Sobol apres Petersen, apres Wols…
à Octave.Romel
De DBL8
Retraité | 10H35 | 01/12/2008 |
EXACT ! !
Ayant participé (un peu) à des concours, il est vrai qu'il y a (avait) magouille pour l'attribuions des prix.
Et les pressions étaient légions sous prétexte que machin était très connu !
Rien ne change en ce bas monde.
De jyr
ou jean-yves rousson..artiste? | 12H39 | 01/12/2008 |
mon dieu mon dieu..c'etait mieux avant..vive la retraite
De Norkhat
16H26 | 01/12/2008 |
Octopuses should prevail over rats.
De louise chapalain
étudiante | 17H29 | 01/12/2008 |
On ne peut pas le nier : formellement, autant que dans la démarche et la technique, les
images sont réellement similaire.Mais le débat sur plagiat déplace le sujet de
la qualité plastique et intentionnelle de l'oeuvre.
A quoi bon épiloguer sur cette possible copie ?
Sortons plutôt de l'idée - depuis longtemps révolue dans le milieu de l'art- selon
laquelle l'auteur est un« génie-créateur unique et universel à l'inspiration quasi-mystique et n'ayant de référence que lui même : ça n'a jamais été le cas et ne le sera jamais.
Si tant est que Sobol ait trivialement copié Petersen, cela remet-il en question la sincérité de son travail ?
J'ai dans l'idée qu'au contraire, celà renforce sa démarche documentaire ?
Certes, il ne faut pas tomber dans un relativisme absolu.
Celà dit on ne consacre plus un artiste par sa singularité mais par la cohérence de son discours avec sa réalisation .
De Susanna
23H56 | 01/12/2008 |
Croyez-vous que la « sincérité » de l'auteur le dispense d'un minimum d'originalité et de pensée ? (Car il y a peu de pensée dans ce travail et ses consanguins.)
Que, parce que sa « démarche » est « documentaire » il accède à une forme de vertu ? Et que recouvre ce terme, « documentaire », revenu en grâce depuis quelques années et utilisé par les uns et les autres comme caution morale sans même avoir été défini - ou alors après une lecture hâtive du grand livre d'Olivier Lugon - ? …
Quant au « relativisme », voilà l'argument passe-partout qui ficelle le paquet.
Ceci dit, on n'est effectivement pas obligé de prononcer le mot plagiat. En ce qui me concerne, je vois plutôt dans cette affaire un symptôme navrant.
Quoiqu'ils soient responsables de leur pratique, c'est moins les photographes opportunistes que je critique ici que les organes de diffusion et les galeristes, qui vont au plus vendable. On voit ici comment, parce qu'il y a un espace (« il nous faut une tête nouvelle »), un travail habile se trouve propulsé. Les exemples récents sont nombreux.
Aux yeux de ceux qui découvrent la photographie, ils passent comme ce jeune photographe, ou X, ou Y, pour les inventeurs de formes que d'autres ont pourtant défriché avant, à leur rythme, avec plus d'exigence et le sens du déséquilibre - autant de vertus qui n'en sont plus à l'heure de conclure une vente.
De Susanna
23H58 | 01/12/2008 |
Désolée : « ont pourtant défrichées ».
De Romeowyn
lettrée perdue dans les langues mor... | 02H06 | 02/12/2008 |
Je n'y vois rien que des références… Assumées, apparemment. Si les sujets sont semblables, la composition et le traitement de l'image n'ont rien à voir. Un peu facile de s'arrêter à « c'est une photo en noir et blanc où l'on voit un animal mort sur du carrelage. »
Pour moi, c'est niet.
Théophile Gautier a-t-il été condamné pour plagiat de la bible en publiant « Le roman de la momie » ? Il ne me semble pas.