
400 euros pour le cliché le moins cher du salon Paris Photo

Le salon Paris-Photo s'ouvre ce jeudi et se ferme dimanche 16. Pour sa douzième édition, il aligne 86 galeries internationales de photographie et 21 éditeurs. En tout, 19 pays sont représentés, et la participation étrangère atteint 78% des oeuvres proposées.
La manifestation mêle photographie du XIXe siècle à des clichés « modernes et contemporains ». Thème choisi cette année : le Japon. Dans ce lieu marchand installé au Caroussel du Louvre, collectionneurs européens et internationaux se pressent depuis douze ans.
Vont-ils accourir cette année comme les précédentes et les prix vont-ils grimper, se stabiliser ou s'effondrer ? En attendant le bilan, on a voulu chercher, pauvre de nous à l'esprit décroissant, la photo la moins chère du Salon. Et puis c'est plus facile, les photos à partir de 5 000 jusqu'à plus de 100 000 euros sont plus nombreuses.
Ne vous précipitez pas, elle est déjà vendue
Alors, la voilà. Elle s'appelle « Pieds sous la couette », c'est un anonyme des années 40. Son format est d'environ 9X13 cm. Elle est vendue 400 euros par la galerie Lumière des roses, de Montreuil (93) sise au salon allée Soufflot M1.
Tu trouves pas que c'est quand même cher, oncle Louis ?
- « C'est le prix de son aura.
- Kesaco ?
- C'est une trame singulière d'espace et de temps : l'unique apparition d'un lointain, si proche soit-il »
- C'est pas de Walter Benjamin, ça ?
- Je veux, mon neveu. »
Ne vous précipitez pas. Elle vient d'être vendue ce matin dès l'ouverture (pour un cadeau de mariage) et est remplacée, au pied levé, par quatre chatons japonais…
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► Traversées mondaines. et frivoles de l'art contemporain.




















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De Photoculteur
Curieux | 21H22 | 13/11/2008 |
Ce n'est pas la photo la moins cher en rapport qualité - prix en tout cas. 400 euros c'est le prix de 100 kilos de photos comme ça, anonymes, dans une foire aux vieux papiers : le marchand doit encore rire de sa bonne blague, autrement plus rentable que la Bourse.
De aristophane
10H18 | 14/11/2008 |
Le snobisme des fricomédiocrites est sans limites !
Il y a vraiment des gens qui ne savent quoi faire de leur argent.
Qu'est-ce que l'art ?
Une vieille photo jaunie ?
Un bidet d'usine ?
Noir c'est noir ?
Tiens, je vais retourner aux Offices ,j'avais vu des tableaux d'un type qui s'appelait Botticelli et qui se débrouillait pas mal avec ses pinceaux.
A moins que je relise l'histoire de la révolution française chez moi, au coin du feu, rien que pour rigoler.
clic !
De cassino
Auteur | 17H26 | 14/11/2008 |
On pourrait se poser la question : est-ce qu'une photo est destinée à être vendue ?
A partir du moment où une photo est une œuvre reproductible à l'infini, sa valeur marchande se limite au coût du papier. En revanche un inversible ou une photo numérique destinée à être publiée ou projetée a une valeur car elle est destinée à être vue par des milliers de personnes. C'est ça la véritable notion de droit d'auteur en photographie. Vendre une photo à une personne c'est aussi ridicule qu'un musicien qui ne ferait qu'un seul pressage de disque pour le vendre qu'à une seule personne (ce que Jean Michel Jarre avait fait au début de sa carrière pour le fun)
à cassino
De Al-Ice
-_-' | 20H03 | 14/11/2008 |
hum… pour qu'un tirage soit considéré comme une oeuvre d'art son nombre d'exemplaires est limité (30 maximum en général). C'est le même schéma concernant les lithographies, les gravures etc.
Après bien sûr, certain ont joué sur la taille des tirages, d'autres sur la signatures, puis des petits malins ont décidé de vendre aussi des « vintages » qui sont des tirages ratés ou des épreuves destinés aux maquettes de journaux. N'est pas oeuvre d'art n'importe quel tirage mais de sa qualité et de son nombre d'exemplaires dépend sa valeur et sa qualité d'oeuvre d'art ou non. Si tel n'étais pas le cas, nombre de gravures et estampes, de lithographies n'en seraient pas non plus. Allez donc dire ça à Warhol et Miro.
J'ajouterai que le tirage, comme à présent le développement des images numériques, est indispensable à l'interprétation d'une photographie et son rendu final car de l'exposition du papier par le maniement de la lumière dépend la révélation des éléments de la scène photographiée. C'est comme le choix des pigments par le peintre.
« un inversible ou une photo numérique destinée à être publiée ou projetée »
et voilà, ici, vous vous contredisez tout seul. Je m'explique :
- un inversible n'est qu'un « négatif positif » c'est juste le développement chimique qui change et on peut projeter un négatif comme faire un tirage d'inversible ou d'une photographie numérique… pour le vendre ensuite.
- une image publiée n'est pas forcément une oeuvre d'art, pensez à tous vos catalogues Carrefour, aux journaux gratuits, aux publications internes, et j'en passe. Par ailleurs, de par la multiplicité de la publication, on ne peut jamais parler d'oeuvre d'art quant à une image publiée.
Attention je ne dénigre absolument pas la projection en tant qu'oeuvre d'art, d'autant plus que je suis une passionnée de l'immatériel et de la performance. Mais il ne faut pas faire d'amalgame ni tout mélanger.
Et non, ce n'est pas « ça » la véritable notion de droit d'auteur en photographie.
Bref, je veux bien continuer d'en débattre, mais je vous préviens, j'ai quelques connaissances dans ce domaine. Y compris quelques textes de lois qui ont statué sur la photographie en tant qu'oeuvre d'art si vraiment, vous ne me croyez pas. : )
à Al-Ice
De Louis Mesplé
(auteur)
Consultant photo | 02H33 | 15/11/2008 |
Merci.
à Al-Ice
De cassino
Auteur | 19H54 | 16/11/2008 |
Loin de moi l'idée qu'un tirage photographique ne peut pas être considéré comme une œuvre d'art mais ce n'est pas une œuvre unique, seul le négatif l'est. Une lithographie est au départ une œuvre picturale élaborée à partir de rien, comme une peinture, elle est donc très différente de la photo. Toutes les photos publiées ne sont pas des œuvres d'art loin s'en faut, mais la rémunération d'une photo du catalogue de la Redoute correspond au travail effectué plus qu'à une rémunération de droit d'auteur.
Je ne suis pas du tout d'accord avec vous quand vous dites : « le tirage est indispensable à l'interprétation d'une photographie et de son rendu ». Il faudrait rappeler que photographie vient du grec et veut dire dire -lire avec la lumière-, or que je sache aucune lumière ne traverse un document opaque, ce n'est qu'à la projection que la lumière d'une photo sera restituée dans son intégralité.
à cassino
De CommeCa
Précaire (nouveau mot pour pauvre) | 10H55 | 17/11/2008 |
Votre grec à quelques problèmes : le préfixe « photo » : qui procède de la lumière et le suffixe « graphie » : qui écrit, qui aboutit à une image. Il ne s'agit pas de lire donc, mais d'écrire (et à moins d'avoir un super-pouvoir, photos, tableaux, romans, ne sont pas lisibles dans le noir, souriez, c'est pour rire).
Seul donc le négatif projeté … vous oubliez qu'un négatif, projeté ou pas, ça ne donne jamais qu'un négatif ; chose pas très lisible pour l'oeil non exercé… Que faire des plaques de verre, ou de métal des temps ancien de la photo, qui pour le coup sont uniques mais non reproductibles et (scandale) parfois positif ? Ne parlons pas du numérique …
Pour faire une comparaison osée (osons ! ) le négatif sera la partition, et le tirage la musique. Selon le chef d'orchestre, les interprètes, la qualité du studio, tout ce qu'on veut, nous n'aurons pas la même musique. En photographie c'est un peu la même chose. Si le photographe est celui qui s'occupe de la prise de vue, le tireur est celui qui s'occupe du tirage (ce peut être le même). Et un tirage ça ne se fait pas comme ça, en deux coups d'oxydoréduction. C'est un travail complexe, long, parfois fastidieux. Généralement, les grands photographes ont les moyens d'avoir leur tireur. Long travail d'échanges entre l'un et l'autre pour choisir si un noir doit être plus profond, un visage un peu « débouché », la tonalité de l'épreuve, etc … passons. A la fin on arrive à un tirage original, ou épreuve. Résultat du choix du photographe, des propositions d'interprétations du tireur : un objet unique. Car même tirer en quelques exemplaires (et des tirages originaux -paradoxalement - fait en grande quantité ça n'existe pas ! ), chaque épreuves sera, légèrement, différente. La photographie comme art reproductible est un mythe, une possibilité technique jamais mise en oeuvre. Le tirage est donc bien une oeuvre unique, et son négatif sa matrice si l'on veut.
à cassino
De aristophane
21H36 | 14/11/2008 |
Complètement d'accord !
Autant que je me souvienne, n'y a t-il pas eu un Japonais qui voulait faire brûler ses tableaux à sa mort ?
à cassino
De CommeCa
Précaire (nouveau mot pour pauvre) | 12H18 | 15/11/2008 |
J'avoue ne pas trop bien comprendre le subtil mélange de genres, et votre conclusion sur la « notion » du droit d'auteur.
N'allons pas chercher midi à quatorze heures : le droit d'auteur n'est pas une notion, mais les textes de lois qui sont en France Le code de la propriété intellectuelle - très souvent confondu - et c'est dommage - avec le copyright anglo-saxon. Ce sont donc des textes qui disent ce qu'est une photographie, une oeuvre originale, les conditions, devoirs, obligations, … , aux photographes pour produire leur travail comme pour en vivre (si c'est encore aujourd'hui possible …). Le code de la propriété intellectuelle s'applique à tous.
La photographie est un médium de la reproduction ? En théorie. Mais, les journaux, reproduisent aussi des dessins, des oeuvres d'art… « L'origine du monde » se trouvant reproduite en catalogue, carte postales, etc, … la toile en perd-t-elle pour autant son originalité ? son statut d'oeuvre ? En photographie c'est la même chose. L'original - le négatif, le positif, le fichier DNG - est l'oeuvre. Des tirages originaux, seront l'oeuvre : petite série, épreuves de qualités, certificat d'authenticité, … . La même photographie dans un journal ne sera que la reproduction de l'oeuvre. Dans les deux cas, mais pour des sommes et des contraintes différentes, la photographie, le photographe et son « utilisateur » seront soumis au code de la propriété intellectuelle, ou droits d'auteur.
En espérant n'avoir pas été trop confus …
De Humain
18H09 | 14/11/2008 |
Je propose une photo de moi, à cinq ans sur la plage.
Mille Euros.
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 20H07 | 14/11/2008 |
C'est vrai que c'est cher, d'autant que cette photo, ce n'est pas le pied.
De fermtag
03H04 | 15/11/2008 |
N'empêche que les goûts et les couleurs… : j'aime beaucoup cette photo. Ça paraît simple une fois qu'on la voie, mais fallait bien quelqu'un pour penser à la faire.
C'est ce qui différencie les photographies des professionnels (qui apprennent moulte techniques et acquiers les leurs pour réaliser de beaux clichés ! ) de celles des amateurs (oncle Henri au Trocadéro devant la tour Eiffel) !
Quant au prix, c'est une autre affaire, mais au passage, je ne pense vraiment pas qu'on en trouve des tonnes à recycler dans les greniers ayant cette qualité.
De ljos
photographe / géologue | 11H13 | 15/11/2008 |
petite question :
- est ce que vous êtes allé à la FIAC pour chercher l'oeuvre d'art la moins chère ?
sûrement beaucoup plus que 400€ …
alors pourquoi la photo (les photographes) ne pourrait-il pas profiter de la manne artistique ? sous prétexte qu'on peut les reproduire à l'infini … sauf qu'on est limité à 30ex … que la plupart des photographes sérieux se limitent à 15ex … voir … 1 ou 2 pour certains … et là effectivement, le prix grimpe en flèche.
400€ ? tarif tout à fait classique pour une galerie d'art … le moindre photographe un peu connu vous vendra à + de 500-600€ son tirage 40x60cm …
… moi je ne suis pas connu alors je les vends pas cher … c'est comme ça que ça marche le marché de l'art … en fonction de l'offre et de la demande …
vous payez bien votre litre de pétrole largement plus cher qu'il y a 10 ans … même principe … mais là vous n'avez pas le choix.
Vous voulez avoir une photo encadrée pour pas très cher ? simple ! ! n'allez pas à un des salons les plus reconnus … cherchez sur le net un photographe de talent, il y en a plein … fréquentez les petits festivals photo partout en France … vous trouverez des oeuvres magnifiques pour 100-200€ …
Mais bon … il faut accepter d'être modeste et de pas pouvoir dire à son ami « je l'ai aaachetéééé au saaaalon de la phoootooo » … perso c'est pas là qu'il me viendrait à l'idée d'acheter un tirage.
Sinon pour plus de modestie, il y a le Festival International de la Photo de Nature à Montier en Der (52) le we prochain … un « petit » festival (35 000 visiteurs), avec les plus grands noms de la photo animalière et de paysage … et aussi qqes petits noms de très grands talents … mais c'est pas à Paris et c'est pas le Salon de la Photo …
à ljos
De Al-Ice
-_-' | 11H29 | 15/11/2008 |
Tout à fait d'accord.
Ceci dit le Salon de la photo, ce n'est pas Paris Photo. Le premier se déroule porte de Versailles et est une démonstration commerciale pour le grand public, le second est au Carroussel du Louvre et regroupe les meilleures galeries internationales.