
Photo : Julius Mwele, d'un bidonville kenyan au prestigieux prix Bayeux
Le jury international du 15e prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre (à l'écrit et à l'image) a rendu samedi les résultats de ses délibérations.
Dans la catégorie des jeunes reporters photographes, c'est le Kenyan Julius Mwelu qui a obtenu le 1er prix avec ses photographies sur les violences post-électorales au Kenya fin 2007 et début 2008 (bilan officiel : près de 500 morts, plus de 250 000 personnes déplacées).
Julius Mwele n'est pas devenu un professionnel par les routes balisés du métier. Il est issu du projet Shootback : en aôut 1997, la photographe américaine Lana Wong et une figure footballistique de la jeunesse kenyane, Francis Kimazi, débute cette aventure avec des enfants du « célèbre » bidonville Mathare à Nairobi.
Pendant deux ans, des filles et des garçons de 12 à 17 ans photographient leur vie quotidienne avec des appareils sommaires. Ceci pourrait être le départ (et l'arrivée) d'une expérience comme il y en a des centaines dans le tiers-monde.
Mais ces activités photographiques investissent si bien les différents aspects sociaux, écologiques, sanitaires, familiaux… que l'expérience est remarquée comme autant de témoignages exceptionnels issus d'une photographie spontanée et collective.
Le soldat harassé, valeur sûre des jurys de photoreportage
De grandes institutions culturelles ne se trompent pas en exposant ces travaux dès 1998. Aujourd'hui Shootback, actuellement dirigé par Peter Ndolo (22 ans) s'élargit à la création et formation vidéo et documente toujours sur la vie quotidienne des bidonvilles à Nairobi notamment par le biais d'une télévision.
Julius Mwele était présenté à ce concours par le média Irin (réseaux intégrés d'informations régionales) rattaché (mais indépendante) du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU.
Mais le premier lauréat professionnel (catégorie grand reportage) de ce 1e prix est Balasz Gardi, de l'agence VII. Voici la photo primée extraite de son reportage, intitulée « La Vallée » en Afghanistan.

Cela ne vous rappelle rien ? Celle-ci, de Tim Hetherington qui a eu le grand prix cette année au World Press Photo. C'était aussi en Afghanistan. Décidément, les nouvelles positions de tireur couché intéressent photographes et jurys…
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► Traversées mondaines. et frivoles de l'art contemporain.




















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De jyeden
khmer vert ( age des caverne, pierr... | 20H26 | 12/10/2008 |
et bien c'est cool
pendant que certains se font tuer d'autres deviennent célèbres ou font du frric
je sais bien qu'il quelqu'un pour informer, prendre des photos, eviter que les gouvernements ne donnent une idée fausse des opérations militaires (comme la couveerture mediathique en irak avec les journaliste « enbed »
je ne peux m'empécherr de penser que certains ont le beau role
ou que certains ont le mauvais
à jyeden
De compte supprimé 13
11H55 | 13/10/2008 |
rien ne vous empêche de prendre des boitiers et des objectifs, puis de vous rendre dans quelques zones de conflits pour « avoir le beau rôle et vous faire du fric ».
il vous suffit de possèder un passeport, du talent, du courage et parfois un mouchoir blanc.
De ÂneOnyme
cherche sa carotte | 21H33 | 12/10/2008 |
Si pour toi le beau rôle c'est d'être présent au même moment, au même endroit, sur le même champ de bataille à prendre les mêmes risques que les personnes prisent en photo, on peut se demander si les seuls à avoir le beau rôle ce serait pas nous qui regardons les-dites photos.
De Susanna
13H09 | 13/10/2008 |
Ras-le-bol du photojournalisme, de ses porte-paroles dévoués pleurant la misère (Perpignan, oh la la…) et du manque de réflexion des professionnels dans leur ensemble.
Le rapprochement que vous faites entre ces deux images est parfaitement éclairant. On peut aussi lire avec profit le texte d'Olivier Chanarin sur le déroulement du World Press.
Facilité, démagogie, simplification.
Evidemment, les reporters risquent leur vie, mais si vous connaissez certains de ces types, vous savez aussi que leur ego XXL sort regonflé des épreuves et que la seule vérité qui compte pour eux est celle des prix. Ces gens adorent les prix.
à Susanna
De Vatin François
human being | 08H20 | 16/10/2008 |
J'ajouterais que ces photos ne signifient pas grand chose de la réalité, elle peuvent même la détourner (on se souvient de cette « madonne » algérienne pendant les massacre du GIA, dont le commentaire était faux). On dramatise facilement des situations impliquant des soldats, mais peut être le premier est en train de piquer un roupillon, et le deuxième un lendemain de cuite ou une poussière dans l'oeuil. On fait dire ce que l'on veut d'un cliché…
De philippey
Photographe | 17H45 | 13/10/2008 |
La misère et la violence en Afrique sont un peu la vache à lait des photojournalistes. Je ne veux pas débattre ici de la facilité ou la difficulté du sujet. Le vrai problème est plutôt que si peu semblent s'investir dans la documentation d'une autre vision de l'Afrique. Le continent n'est pas seulement une terre de violence et de misère. Son gros problème est d'être victime d'un « déficit d'image » : quand nous ne voyons l'Afrique qu'au travers de ces images misérabilistes, les africains, eux, ne voient l'occident qu'au travers des superproductions hollywoodiennes.
L'important n'est pas tant de débattre des valeurs du photojournalisme que de s'investir pour redresser la balance très déficitaire de l'imagerie africaine moderne.
De lamichael
19H42 | 14/10/2008 |
Trouvez pas que la tenue de leurs police ressemble étrangement aux notres ?
hormis la couleur,noir chez nous et kaki chez eux.
(rien de raciste a mes propos ! )
De Box
Journaliste | 18H27 | 14/10/2008 |
Tout n'est pas faux dans les commentaires qui précèdent. Certains d'entre eux, toutefois, fleurent un brin la jalousie, quand ce n'est pas la mauvaise foi. Dire des photojournalistes qu'ils ne font, clichés aidant, qu'à entretenir leur ego XXL et ne courir qu'après des prix (combien de prix significatifs pour combien de centaines de photojournalistes ? ) me paraît une singulière déformation d'une réalité beaucoup moins gratifiante (quant aux royalties qu'ils peuvent en tirer, mieux vaut ne pas en parler (nul n'a signalé que Françoise Demulder, lauréate du World Press, venait de mourir dans la misère, uniquement aidée par quelques confrères). Seule la réflexion de philippey est sensée : pourquoi, en effet, ne pas tenter de montrer un autre visage de l'Afrique, plus proche du quotidien, plus rassurant, plus « positif » ? Certes, mais je mets alors au défi qui que ce soit de trouver un magazine, français ou étranger, pour publier ce genre d'images. Si vous en trouvez un, vite, signalez-le vite !
Il me semble un peu trop facile de vilipender ces photojournalistes, dont le travail, toujours ingrat, souvent dangereux, toujours très peu rémunérateur, est là pour nous rappeler un élément essentiel et intangible : sur 54 pays africains, 54 sont en crise (même si le taux de croissance annuel de l'ensemble de ce continent avoisine les 7% - mais à combien d'oligarques seulement profitent-ils ? ), et bon nombre d'entre eux sujets à des guerres civiles chroniques. Telle est la réalité, hélas, et s'il ne se trouve plus personne pour en témoigner, par écrit ou par photo, ce sera un silence encore plus pesant que celui d'aujourd'hui qui étouffera l'Afrique.
De philippey
Photographe | 21H18 | 14/10/2008 |
Box fait ici une analyse très intéressante, mais n'oublions pas que les moyens de communication à notre disposition aujourd'hui nous permettent de palier (quelque peu) aux carences des médias internationaux. Les magazines papier sont de toute façon voués à une mort lente et pénible. Les radios hertziennes vont suivre. Internet offre la possibilité à tout un chacun de présenter une autre vision de l'Afrique. Il est à la portée de quiconque (ou presque) de créer son blog, site, voire une radio ou même une chaîne de TV en ligne. Investissons nous !
www.lautreafrique.eu
De Pierre-Yves 89
photographe | 16H33 | 15/10/2008 |
Mais ce que personne ne commente ici, et qui est quand même le sujet de l'article, c'est que c'est un jeune photographe kenyan qui a reçu ce prix prestigieux. Je crois que ce n'est pas très fréquent dans ce genre de compétition.
Et si je puis me permettre un avis positif sur ce qui est montré de son travail, je trouve qu'il n'a rien à envier à de très bon photojournalistes du « nord » qui ont bien plus de « bouteille » que lui, et peut-être parfois plus d'égo… En tout cas si ce prix est doté correctement, cette somme d'argent ne peut que soutenir ce jeune talent et lui permettre de continuer son travail dans de meilleures conditions. Non ?
De Box
Journaliste | 17H54 | 15/10/2008 |
Ah, oui, la suggestion de philippey me plaît bien. Sinon que je ne crois pas à la mort lente et définitive des magazines papier. Comment, en effet, ne pas désirer conserver sur un support immédiatement accessible des clichés qui, pour telle ou telle raison, vous ont marqués, plutôt que de se rendre sur un blog ou sur un site, aux cheminements parfois compliqués ? Et qui va rémunérer ces images ? Là est le hic. Il n'empêche que, oui, je souscris pleinement à ce genre de projet, sous réserve qu'il soit encadré et ne se contente pas de nous balancer n'importe quoi. A creuser. Alors, d'accord, investissons-nous !
@ Pierre-Yves
Julius Mwele n'est pas le premier photographe « du Sud », à être distingué. Sans doute la dotation de ce prix l'aidera-t-elle - du moins l'encouragera-t-elle - à poursuivre son travail. J'ai côtoyé nombre de journalistes kenyans lors de mes reportages. Pour la plupart excellents, libres de leurs propos, écrits et photos, d'une rigueur que nombre de leurs confrères auraient pu leur envier.
En ce qui concerne le distinguo entre journalistes « du Nord » et journalistes « du Nord », voilà déjà quelques années que celui-ci est caduc. Il y a les bons, les médiocres et les mauvais. Et les médias de tous les pays sont aujourd'hui en mesure de savoir très précisément qui est qui, et ce que cette personne est capable de produire.