Acculé par le scandale de l’affaire de Ramatuelle, où il avait acheté un terrain à un escroc nommé Henri Tournet, Robert Boulin, ministre du Travail et de la Participation, s’est suicidé le lundi 29 octobre 1979, dans l’étang du Rompu, à Rambouillet. Un endroit qu’il connaissait bien pour y avoir fait du cheval.
Les gendarmes des Yvelines découvrent son corps immergé dans 60 cm d’eau, dans la position du "prieur mahométan" à 8h40 du matin, le mardi 30 octobre. Dès l’arrivée du procureur de la République, ils sont dessaisis de l’enquête au profit des policiers du SRPJ de Versailles. Enquête qui conclut sans l’ombre d’un doute au suicide.
En fait, deux de ses proches (le restaurateur Jacques Douté et l’administrateur de sociétés Guy Aubert) sont alertés par des inconnus, dès 20h00 la veille, que leur ami a été tué.
Mieux : Raymond Barre, Premier ministre du président Valéry Giscard d’Estaing, avoue qu’il a été prévenu de la mort de son ministre en pleine nuit. Le président de la République, lui, prétend avoir été informé en fin de matinée, deux heures après la révélation des faits dans tous les médias. C’est la nuit où Robert Boulin est mort deux fois…
Après des années de polémique et de rebondissements, dans une ordonnance de non-lieu rendue le 20 septembre 1991, la juge Laurence Vichnievsky retient la thèse d’un "suicide par noyade après absorption de Valium" et balaie la thèse de l’assassinat "sauf à retenir comme certaine l’existence d’une vaste conspiration".
Plusieurs documents attestent de la volonté de Robert Boulin de mettre fin à ses jours : un bristol laissé sur le pare-brise de sa voiture, à côté de l’étang, ainsi qu’une série de lettres envoyées à plusieurs médias et hommes politiques. Sans oublier les indices rassemblés lors des deux autopsies, en 1979, puis en novembre 1983. Dans la classe politique de l’époque, seul Jacques Chaban-Delmas parle, à la tribune de l’Assemblée nationale, d’un "assassinat". Avant de se raviser. Depuis, la version officielle n’a pas varié : Robert Boulin s’est suicidé.
Le récit de Benoît Collombat :










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Il semble que ce sujet soit trop ancien pour mobiliser l’intérêt des internautes!
Attention, tous les pouvoirs dans les mêmes mains, la chappe de plomb médiatique,tout cela peut revenir plus vite que l’on croit
Certes, l’affaire est vieille. Mais quand Rue89 nous rappelle que Giscard était alors président, cela fait froid dans le dos de penser qu’il est aujourd’hui l’auteur de la Constitution Européenne à laquelle nous avons majoritairement dit « Non ». Quant aux autres, Barre et Chaban… Ma consolation : PPDA, Chazal and Co, tous plombés par Don Lagardère, sont has been : l’info est sur le net (dieu merci).