Deux prix littéraires prestigieux pour des auteurs chinois

Le prix Neustadt, le prix littéraire le plus prestigieux après le Nobel, vient d'être attribué pour la première fois à un écrivain chinois, le poète Duo Duo pour l'ensemble de son œuvre. Quant à Su Tong, que nous avons présenté il y a six mois, il est le lauréat du prix littéraire Man Asie pour son dernier roman « Un Bateau pour une Rédemption »

Le « Nobel » américain

Le prix Neustadt, du nom de la famille qui l'a généreusement doté, est administré par l'Université de l'Oklahoma (qui publie également la revue « World Literature Today »).

Ce prix, attribué tous les deux ans, est considéré comme le « Nobel américain », d'autant que les deux tiers des lauréats du Nobel ont été préalablement soit candidats, soit lauréats du prix Neustadt. La compétition était relevée puisque Ha Jin, un des plus grands écrivains actuels, et Haruki Murakami étaient sélectionnés pour ce prix doté de 50 000$.

Duo Duo (Li Shizeng) a 58 ans et est né à Pékin ; envoyé comme tant d'autres « à la campagne » pendant la Révolution Culturelle, il fait partie du groupe de poètes dénoncés comme « obscurs » et qui ont publié la revue « Aujourd'hui » de 1978 à 1980, date à laquelle elle fut interdite.

Il est journaliste jusqu'en 1989 et quitte la Chine au moment de la répression de la place Tiananmen tout comme Bei Dao et Yang Lian, deux poètes très connus de ce groupe, dont les noms ont été souvent cités pour le prix Nobel de littérature.

Il revient en Chine en 2004 et est professeur à l'Université de Hainan, une île à l'extrémité Sud de la Chine. Il est souvent venu en France, notamment pour le Salon du Livre de 2004 et a été invité en 2005 à la Maison des Ecrivains et des Traducteurs Etrangers de Saint Nazaire (MEET) qui a publié en 2008 « Poèmes de Saint Nazaire » traduit par Chantal Chen Andro.

Le prix littéraire Man Asie

Le fonds d'investissement Man finance tous les ans le prix littéraire anglais le plus prestigieux (Man Booker Prize) et le « Man International Prize ». En 2007, en collaboration avec l'Université de Hong Kong, a été créé le prix littéraire Man Asie destiné à récompenser une œuvre d'un écrivain asiatique, non encore traduite en anglais.

En 2007, le prix a été attribué à Jian Rong pour « Le Totem du Loup ». L'écrivain philippin Miguel Syjuco l'a emporté en 2008 sur le roman « Brothers » de Yu Hua. Quant à Su Tong, son livre « Un Bateau pour une Rédemption », est en cours de traduction par Howard Goldblatt (qui a d'ailleurs également traduit « Le Totem du Loup » en anglais)

Le titre chinois du livre « Rivière et Rivages » représente deux mondes pendant la Révolution Culturelle, ceux qui habitent sur la terre ferme et sont politiquement solides et ceux qui vivent sur des bateaux et dont la loyauté est douteuse.

Su Tong a grandi à Suzhou, une capitale artistique de la Chine, près de la rivière et son rêve était d'écrire un roman sur le fleuve et les canaux ; on en reparlera…

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Portrait de San De

De San De

12H49 | 18/11/2009 | Permalien

Très emblématique de notre époque: on met en concurrence les œuvres littéraires...

Portrait de Bertrand Mialaret

De Bertrand Mialaret (auteur)

Consultant à Paris | 12H03 | 19/11/2009 | Permalien

Un ami m'a suggéré de donner un extrait de "Poèmes de Saint Nazaire" de Duo Duo.

"par le trou de la serrure entrevoir le cheval le jour de la fête d'une reine

dans les intervalles de la forêt qui s'étirent, se rétractent
la tête du cheval adhère à la distance, la queue la chasse

devant, des fables pour unique fourrage
derrière, la liberté payée par l'attente, attachée

ensemble elles laissent l'ombre des arbres, celles du galop
venir combler l'ombre de la place, l'ombre du pouvoir

du point de vue de la brume èpaisse, rouillée, ainsi seul
existe le galop, ce n'est pas encore mouvement

si de la partie la plus hayte d'un arbre on statue
sur le galop, il est progression et recul à la fois

si l'on jure sur la terre explicitée dans le labour
le galop fait le cheval, yout comme il le berne

tout cela me fut dévoilé

Portrait de Bertrand Mialaret

De Bertrand Mialaret (auteur)

Consultant à Paris | 12H10 | 19/11/2009 | Permalien

Petit problème technique sur la fin du poème:

"si l'on jure sur la terre explicitée dans le labour,
le galop fait le cheval, tout comme il le berne

tout cela me fut dévoilé
par les yeux d'un garçon de onze ans"

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