Hu Jintao choisit le col Mao et envoie un message clair aux Chinois


Tout petit retour sur la célébration des 60 ans de la RPC : un mois plus tôt, je posais la question-clé de savoir si le président Hu Jintao porterait un costume au col Mao (ou Sun Yat-sen, en fait), ou un costume cravate à l'occidentale. La réponse dès le magnifique premier plan de la vidéo ci-dessus : c'est bien sûr l'orthodoxie maoïste qui l'a emporté, comme pour Jiang Zemin, son prédécesseur, dix ans plus tôt.

Le détail n'est évidemment pas qu'anecdotique. Cette cérémonie était à la fois destinée à projeter au monde l'image de la puissance chinoise retrouvée, mais surtout d'imposer cette image en interne, auprès d'une population qui est parfois amenée à s'interroger sur la légitimité du pouvoir. Celle-ci tient à un col : la direction actuelle et à venir du Parti communiste chinois est dans la droite ligne du président Mao, dont la légitimité est, aux yeux des Chinois, incontestable.

Même si, dans la pratique, le PCC fait le contraire, sur le plan économique et social, de ce que professait Mao. Mais là n'est pas le plus important.

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Portrait de chengyang

De chengyang

00H00 | 04/10/2009 | Permalien

Vous interprétez le port du costume Zhongshan (nom en chinois mandarin de Sun Yatsen) par Hu Jintao comme une « victoire de l'orthodoxie maoïste » : il s'agit de votre part d'une affirmation rapide qui mériterait quand même une démonstration ! Il ne faut pas négliger la véritable signification historique de ce symbole : en effet, Zhongshan est le père fondateur du régime républicain qui supplanta la monarchie en 1912. Bizarrement, peu de commentateurs ont relevé la présence du portrait du père tutélaire de la Chine moderne EN VIS A VIS de celui de Mao Zedong sur la place de la paix céleste. Or, il se trouve que Zhongshan fut également le fondateur du… Guomindang : nul doute que ce symbole ne sera pas passé inaperçu à… Taiwan !

Sur la question des symboles vous auriez pu aller un peu plus loin dans votre analyse : par exemple, la voiture de marque Hongqi (drapeau rouge) dans laquelle Hu Jintao a passé en revue les troupes est une version modernisée de la voiture utilisée par la nomenklatura dans les années 80. Il n'aura pas échappé aux observateurs que ce véhicule a complètement disparu du paysage (récemment j'en ai aperçu une rouiller devant la bibliothèque de l'université de Canton). De même, vous ne verrez plus personne (officiel ou non) porter dans la vie publique le fameux costume Zhongshan…

Enfin, dernière « incongruité » de ce défilé, le « Bonjour camarades ! » (Tongzhimen hao ! ) lancé par le président Hu : cette salutation est en effet devenue totalement obsolète et depuis maintenant plus de 10 ans n'est plus du tout utilisée dans la vie courante (je me souviens, dès la fin des années 90, m'être fait regarder de haut par un conducteur de bus que j'avais salué par un « Tongzhi, ni hao ! », « Camarade, bonjour ! »). Tous ces éléments montrent que nous sommes en présence d'un rituel, dont une lecture au simple premier degré serait une grave erreur !

Je n'ai pas pas interprété ce défilé martial comme une quelconque adhésion à « l'orthodoxie maoïste », mais plutôt comme une sorte de passage en revue des principales personnalités qui ont marqué l'histoire de la République populaire depuis sa fondation en 1949 : c'est justement de cette continuité que le pouvoir actuel tire sa légitimité. Telle est la véritable signification de cette cérémonie ! Comme vous le soulignez, ce défilé a avant tout une fonction interne ; la presse française, elle, a choisi d'interpréter ce défilé comme une démonstration de force à destination de l'étranger ce qui montre une grande méconnaissance de ce pays (certains media ont même affirmé qu'il s'agissait du défilé de la première armée du monde, de la désinformation pure et simple…).

Par contre, lorsque vous affirmez qu'il s'adresse à « une population qui est parfois amenée à s'interroger sur la légitimité du pouvoir », vous n'en apportez pas la démonstration… Tout laisse à penser, au contraire, que celle-ci (même éloignée de l'avenue Chang an et de la place Tian an men) a adhéré à cet événement. Je pense que le « message » de cette cérémonie s'adresse plutôt à l'appareil d'Etat, à l'armée (en particulier subordination de celle-ci au pouvoir civil) et à tous les détenteurs de pouvoir à tous les échelons (nombreux dans l'immense RPC : « sheng », « xian », « xiang »…) et que l'Etat central a encore tant de mal à contrôler.

Portrait de Pierre Haski

à chengyang Portrait de chengyang De Pierre Haski (auteur) 9

Rue89 | 16H24 | 04/10/2009 | Permalien

Les symboles ont leur importance, et le passage du costume Sun Yatsen au costume cravate dans les années 80 avait un sens. Le fait pour Hu Jintao, qu'on voit extrêmement rarement dans cette tenue, de s'inscrire dans cette continuité a elle aussi un sens. Non pas orthodoxie maoïste dans le sens d'une mise en oeuvre des idées de Mao, ça c'est clair, mais de s'inscrire dans la continuité historique pour des raisons de légitimité. Je suis intrigué par votre argument final : le peuple est tellement content qu'on le tient à l'écart des cérémonies ! Oui, les Chinois sont fiers des réalisations de leur pays et de sa puissance retrouvée, mais il faut croire que le pouvoir a quelques raisons de se méfier, si, contrairement au défilé des 50 ans auquel j'ai assisté, il n'a pas laissé l'accès libre à celui des 60 ans. Le bonheur n'est pas une explication suffisante : -)

Portrait de chengyang

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De chengyang

18H33 | 04/10/2009 | Permalien

Si je puis me permettre, votre propos n'est pas exactement le même dans ce post et dans le précédent, où vous disiez que
« c'est bien sûr l'orthodoxie maoïste qui l'a emporté ». D'accord pour la « continuité historique » mais pas d'accord pour la victoire de l'idéologie maoïste : par exemple dans le défilé, je n'ai pas vu de panneau portant les phrases qui apparaissaient habituellement sous Mao et sous Deng, comme « vive le socialisme ! » ou « vive le marxisme-léninisme ! » : par contre j'ai vu à la fin du défilé un panneau qui semblait porter le « message » central de la manifestation avec le slogan « zuguo wansui ! » (vive la patrie ! ). On voit bien le changement. Autre chose à relever, il m'a semblé que la « pensée Mao Zedong » (apparue aussi dans le défilé) était mise au même niveau que « la théorie de Deng Xiaoping »… Voilà qui relativise encore le « maoïsme » de ce défilé ! Comme l'a relevé un riverain ici, seul Hu Jintao parmi les officiels porte le costume Zhongshan, ce qui à mon avis réduit quelque peu la portée symbolique que vous souhaitez lui accorder. Cette particularité semble plutôt lui faire dire « I'm the boss » aux membres de l'appareil d'Etat, la portée symbolique s'arrête là à mon avis.

En ce qui concerne le dernier point que vous évoquez, attention de ne pas tomber dans un certain naïveté : sur le plan mondial on a assisté ces 20 dernières années à une évolution des sociétés contemporaines vers des « sociétés de spectacle télévisuelles » (cf Guy Debord) dans lesquelles l'image joue bien entendu un rôle primordial. On voit bien le soin maniaque qui prévaut désormais dans l'organisation des cérémonies publiques diffusées à la télévision partout dans le monde et qui ne laissent plus aucun droit à l'erreur. Je pense que l'expérience malheureuse de la flamme olympique à Paris l'an dernier a probablement accéléré une prise de conscience des autorités chinoises et explique sans doute ce « verrouillage ». En France aussi, l'analyse des autorités sur cette question est la même, car il semble que désormais la présidence choisisse les participants (ou la taille des participants ! ) lors des apparitions publiques du président. Il y a une sorte de convergence des grandes sociétés post-modernes dans ce domaine, la Chine ne fait pas exception !

Portrait de AF

à chengyang Portrait de chengyang De AF

18H53 | 06/10/2009 | Permalien

Portrait de MISTER

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De MISTER

celibataire | 22H17 | 05/10/2009 | Permalien

Mr HASKI , si a chaque que y a un lecteur qui es contre vos opinions et que vous repondez par ce qui c est passé en chine y a 60 ans . je ne vois aucun interet de votre part , c est du 0 arguments . on remontant encore un peu dans l histoire on va trouver des traces de napoleon .
faudrais qu un jours vous nous montriez les ENORMES progres fait en chine s est 60 dernierers , au lieu de sauter sur la moindre occasions pour mettre a piece la chine .

Portrait de Pierre Haski

à MISTER Portrait de MISTER De Pierre Haski (auteur) 9

Rue89 | 23H23 | 05/10/2009 | Permalien

Votre commentaire est quand même un peu incongru, étant donné qu'il s'agit justement d'un débat sur le .. 60è anniversaire du régime. Si à cette occasion on ne peut pas débattre de l'histoire…

Portrait de karakul

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De karakul

- | 09H33 | 06/10/2009 | Permalien

Pierre, je pense que beaucoup sont déçus ici du caractère un peu « petit-bras » de votre article extrêmement court. En gros, le message est « Hu Jintao a porté un costume Sun Yat-sen », donc il s'inscrit dans « l'orthodoxie maoïste »… Franchement, vous plaisantez ?

Rien, mais absolument rien, ne permet de rattacher ce costume à Mao plus qu'à un des autres dirigeants de la Chine du XXe siècle depuis 49. Ce n'est pas parce que les Occidentaux, et seulement eux, nomment cet habit « costume Mao », que son port implique, pour les Chinois, une quelconque référence à Mao…

Le « costume Sun Yat-sen » (comme il est appelé en chinois) fait référence à Sun Yat-sen, qui avait, bien avant Mao, popularisé cet habit, mélange de costume occidental et de longues robes chinoises masculines de l'époque. Il est aussi symbolique d'une Chine post-impériale qui se tourne vers la modernité et du processus de libération du peuple.

Même Tchang Kai-chek a déjà enfilé ce costume en référence à Sun Yat-sen. Nul doute qu'il n'entendait pas, par ce geste, afficher son « orthodoxie maoïste »…

Portrait de SusumanHighway

De SusumanHighway

Etudiant | 16H48 | 04/10/2009 | Permalien

Et pour aller encore plus loin dans les subtilités de la symbolique politico-cortumière chinoise, allez voir la vidéo suivante du défilé :

http://www.youtube.com/watch ? v=p8_50S_tkHY

Autour de 04 : 00, vous verrez le prédent Hu en grande discussion avec Jiang Zemin à la tribune, et de fait, le camarade Jiang est en costume cravate tout ce qu'il y a de moins maoïste…

Portrait de daniel

De daniel

20H15 | 04/10/2009 | Permalien

Cher Pierre,

attention « aux messages clairs » que l'on perçoit pour les Chinois.

J'avais parié sur le costume, mais je ne savais pas que le portrait de Sun Ya-tsen ferait face à celui de Mao.

Peut on dire alors que Hu indique Mao plutot que Sun ?
Je ne suis pas aussi catégorique que vous !

Portrait de karakul

à daniel Portrait de daniel De karakul

- | 09H45 | 06/10/2009 | Permalien

Le portrait géant de Sun Yat-sen est affiché tous les ans, place Tiananmen, à l'occasion de la Fête nationale.

Pour info, Sun Yat-sen est mort en 1925, soit 24 ans avant la création de la République populaire de Chine. Avec ces 60 ans, le régime actuel n'entend pas uniquement célébrer la création d'une « république populaire », mais bien célébrer la libération du pays.

Et ça passe notamment par un hommage à Sun Yat-sen, qui, bien que non-communiste, fait figure de patriote, d'homme intègre et dévoué à la libération de son peuple.

Portrait de GanLanShu

De GanLanShu

shodavid.blog.lemonde.fr | 03H28 | 05/10/2009 | Permalien

Je ne sais pas ce que vous avez vu en France… J'étais du 1er au 3 dans un petit village du Zhejiang, CCTV 4 a diffusé l'événement en boucle du jeudi matin 10h00 au dimanche soir. Hu était en Sun Yat sen pour le défilé militaire et en cravate pour le spectacle du soir. Ce qui est on ne peut plus cohérent ! A Si zhai, village de montagne d'un millier d'habitants à tout casser, Mao est encore présent partout : buste dans l'école, sur la clim des maisons, et c'est le parti qui offre les écrans plats, d'une manière ou d'une autre. Le lien est vite fait : le business du Parti (Mao) offre l'écran plat festif nanti moderne (Occident)… En Chine, la ligne droite n'est pas le plus court chemin d'un point à un autre…

Portrait de Antoine de Canton

De Antoine de Canton

profession libérale | 04H48 | 05/10/2009 | Permalien

A ChenYang :
Cher ami,ce n'est pas la peine de discuter avec Pierre Haski,car il est toujours un mauvais exemple des journalists occidentaux qui préfèrent toujours de chercher des pétises,il n'a jamais la volonté de donner la véritalbe nouvelle sur la Chine avec des commentaires positives aux lecteurs français.Il veut toujours saddisfaire aux gens qui ont peur de la Chine à cause la manque de la connaissance par ces articles extrement manipulés et loin de la vérité pour gagner des points.Moi comme un chinois qui habite toujours en Chine,je m'en fous de cette attitude de présentation.
Il en doute toujours de la légitimité du pouvoir du PCC car il croit selon votre mentalité que un gouvernement pas voté par une sorte de selection présidentielle n'a pas la légitimité d'etre.C'est ça le probleme.
C'est just de ce point que je peux dire qu'il y a aucun intéret de discuter avec lui,car il ne connait pas du tout la mentalité chinoise,ni l'histoire de la Chine ni l'importance du PCC aux yeux des chinois.
Il a oublié que l'ancien gouvernement bourgeoise de Jiangjieshi ,représentant des familles riches a été échoué à cause de l'ingnorance des intéret du peuple chinois pauvres et enfin sostituit par Mao qui a confisqué tous ces richesse des familles capitalistes et redonné aux pauvres,appellant « » Révolution Communiste''.
Donc il croit seulement qu'il existe un seul systeme occidental uniquement correct au mond entier,il ne veut jamais avouer que le systeme socialist et communist de la Chine fonctionne aussi.
Je peux vous dire que la légitimité du pouvoir PCC s'est reconnue par tous les chinois ,car tout le monde se rend compte du nombre des morts sur la route de la fondation de RPC : 30 millions des martys sacrifiés .Grace à cet esprit sacrifise pour la liberation du peuple chinois,PCC a réussi de fonder RPC qui représente l'intéret des chinois pauvre .
C'est aussi la raison qu'on a bien réussi pendant ces 30 ans de réforme économique quand le PCC a bien trouvé la bonne route de l'ouverture de la Chine en adotant la mondialisation .
Aujourd'hui ,toutes les critiques sur PCC comme un totalitaire sont en vaine,car nous ,les chinois ,nous nous rendons compte du profit des bien-etre bien réalisé par PCC comme sa promesse.
Laisser des autres dire,nous travaillons comme d'habitude,et nous somme toujours sur que domain se sera absolument encore meilleur,tout le rest peu importe !

Portrait de Pierre Haski

à Antoine de Canton Portrait de Antoine de Canton De Pierre Haski (auteur) 9

Rue89 | 11H09 | 05/10/2009 | Permalien

Cher Antoine,
je ne vais pas répondre à l'ensemble de vos critiques, ce serait vain. Mais juste deux questions : vous croyez vraiment, comme vous l'écrivez, que la Chine a aujourd'hui un « système socialiste et communiste » ? Et quand vous parlez des « 30 millions de martyrs sacrifiés », vous comptez aussi les morts du Grand bond en avant et de la Révolution culturelle ?
cordialement.

Portrait de karakul

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De karakul

- | 12H43 | 06/10/2009 | Permalien

Pierre, Antoine parlait de « 30 millions de martyrs sacrifiés » pour la fondation de la République populaire de Chine.

Quel rapport entre la fondation de la République populaire de Chine et le Grand Bond en avant (dont la famine qu'il a provoqué a entraîné 30 millions de morts) et la Révolution culturelle ?

Pourquoi serait-il « vain » de répondre à l'ensemble de ses critiques ? Non, au contraire, Pierre. Vous avez la possibilité de débattre directement avec un Chinois, ne refusez pas cette main tendue !

Portrait de San De

à karakul Portrait de karakul De San De

23H17 | 06/10/2009 | Permalien

« Quel rapport entre la fondation de la République populaire de Chine et le Grand Bond en avant (dont la famine qu'il a provoqué a entraîné 30 millions de morts) et la Révolution culturelle ? »

Tu te rend compte qu'à cause de ce genre de questions, on risque de te prendre pour quelqu'un de pas très dégourdie ! Fait attention un peu !

Portrait de San De

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De San De

23H25 | 06/10/2009 | Permalien

Je crois que vous n'avez pas compris la nature du message d'antoine de canton : vous n'avez pas remarqué que vous répondiez à un gros SPAM ? : -)

Portrait de karakul

à San De Portrait de San De De karakul

- | 02H21 | 07/10/2009 | Permalien

Antoine de Canton n'est certainement qu'un Chinois qui tente ici d'exprimer son opinion. Un spam ? C'est vrai qu'un Chinois qui réagit dans la rubrique « Chinatown », c'est d'une incongruité !

Ce garçon fait l'effort de venir sur un site français, et surtout d'écrire en français, une langue qui n'est pas la sienne, pour tenter de communiquer ses opinions.

Son opinion, criticable comme toutes les autres, vaut, je pense, tout autant que celles d'autres personnes qui, mêmes journalistes pendant « 5 ans en Chine », n'ont pas fait l'effort d'apprendre la langue de l'autre.

Portrait de chengyang

à Antoine de Canton Portrait de Antoine de Canton De chengyang

22H21 | 05/10/2009 | Permalien

Cher Antoine,
Je discute ici avec P.Haski, car je pense que le débat d'idée est l'essence même du jeu démocratique.
Je porte la même appréciation que vous sur les idées (je devrais dire les clichés) qui courent ici sur la RPC, mais dîtes moi s'il y a un meilleur moyen que le débat pour les combattre et mieux faire connaître votre pays en France ?
Lorsque vous parlez de 30 millions de « martyrs sacrifiés » pour la libération du peuple chinois, vous pouvez y ajouter les millions de victimes de l'impérialisme occidental depuis les guerres de l'opium ainsi que les millions de malheureux qui ont péri à cause du régime d'exploitation et d'asservissement du peuple chinois pendant plus d'un siècle !

Portrait de ReneLeys

De ReneLeys

sinologue | 05H12 | 05/10/2009 | Permalien

J'imagine que cette manie bien chinoise de parler pour tous les siens, c'est cela qu'on appelle… le totalitarisme…

Portrait de ReneLeys

De ReneLeys

sinologue | 02H17 | 06/10/2009 | Permalien

``Lorsque vous parlez de 30 millions de « martyrs sacrifiés » pour la libération du peuple chinois, vous pouvez y ajouter les millions de victimes de l'impérialisme occidental depuis les guerres de l'opium ainsi que les millions de malheureux qui ont péri à cause du régime d'exploitation et d'asservissement du peuple chinois pendant plus d'un siècle ! ``

Il me semblait bien qu'on avait affaire à un sinobéat doublé d'un chantre occidental de l'auto-dénigrement. Toujours très constructif de conforter les Chinois dans leur mentalité victimaire en attribuant tous les malheurs de la Chine (et du monde) aux méchants impérialistes occidentaux. Vous qui vous insurgez contre les clichés, vous n'avez pas d'hésitation lorsqu'il s'agit de troquer l'histoire pour les idéologies faussement révolutionnaires et résolument revanchardes, plaçant les bons d'un côté et les méchants de l'autre.

Portrait de chengyang

à ReneLeys Portrait de ReneLeys De chengyang

12H46 | 06/10/2009 | Permalien

Ah, quelle surprise de croiser ici un adepte du discours de Dakar, contre la soi-disant « autoflagellation » et la soit disant « idéologie de la repentance ».
Vous avez raison, la politique coloniale des puissance occidentales (et du Japon), les guerres de l'opium, les traités inégaux (dont personne ne sait rien ici), la guerre des Boxers, tout cela n'est que « détails de l'Histoire » ou pure invention d'un « chantre occidental de l'auto-dénigrement ».
Monsieur, c'est vous même, qui en refusant de reconnaître la vérité historique et de la prendre en compte, produisez un discours « idéologique » ; cela s'appelle du révisionnisme historique !
Le malheur pour la France, patrie des idéaux de la Grande révolution, est que maintenant ce discours est devenu le discours dominant, y compris dans les plus hautes sphères de l'Etat…

Portrait de ReneLeys

De ReneLeys

sinologue | 19H42 | 06/10/2009 | Permalien

Évidemment, s'opposer à l'instrumentalisation de l'histoire au profit de la politique fait de nous des négationnistes et des adeptes du discours de Dakar. Le raccourci est un peu facile. Vous ne croyez pas qu'il soit possible de refuser qu'on se serve de stéréotypes victimaires dans le but de faire taire ses détracteurs et de se ménager un passeport vers l'impunité éternelle (vous ne pouvez pas critiquer la Chine parce que vous avez été des impérialistes et des colonisateurs… vous ne pouvez pas critiquer Israël à cause de l'holocauste, etc.) ? Vous rangez ceux qui condamnent les politiques d'Israël dans le même groupe que ceux qui ont mis les Juifs dans les chambres à gaz ? J'imagine que non. Alors pourquoi étiquetez-vous de négationnistes ceux qui refusent que de Chinois (ou des Occidentaux) se servent des guerres de l'opium pour se forger une idéologie du ressentiment et, disons-le, de l'irresponsabilité historique ?

Portrait de chengyang

à ReneLeys Portrait de ReneLeys De chengyang

22H01 | 06/10/2009 | Permalien

Se souvenir, est-ce donc instrumentaliser l'histoire ? Les peuples sans passé ont rarement un avenir ! Et puis, depuis quand la vérité historique empêche-t-elle la critique ? Bien au contraire, elle doit la nourrir…

J'ai la faiblesse de penser que la mémoire évite justement le ressentiment et l'irresponsabilité historique. Voyez Bush et sa politique en Irak et en Afghanistan ! On ne peut en même temps reprocher à la Chine de ne pas assez cultiver la mémoire des événements douloureux de la période maoïste et lui faire grief de « trop se souvenir » de certains événements fondateurs de son histoire contemporaine. Je ne vais pas vous faire l'injure de vous rappeler que, sans la présence étrangère en Chine et sans la 1ère Guerre mondiale, le parti communiste chinois n'aurait probablement jamais vu le jour !

ps : merci de nous épargner l'exemple de la shoah et d'Israel, qui, à mon avis, n'ont rien à faire dans cette discussion…

Portrait de San De

De San De

23H14 | 06/10/2009 | Permalien

Je pense d'abord que l'article de Pierre Haski n'avait pour but que de répondre a un autre article publié plus tôt.

Sinon, comme le dit Rene Leys, instrumentalisation de l'histoire est une attitude très propre au totalitarisme. Nos amis sinobeats ou tout simplement, nos amis militants agités de je ne sais quoi en ont rien à fiche de la compréhension des choses, de leurs évolutions, cheminements… ce qui compte pour eux, c'est sauver la face de ce en quoi ils croient, le terme « croyance » étant ici utilisé dans le sens « religieux ». Car c'est de bigoterie qu'il s'agit ! Ils condamnent la compréhension des choses, ils condamnent aussi l'information, et notamment l'informateur, le journaliste, mais aussi, l'analyse critique, l'esprit critique une des bases de la compréhension, reprochant à Pierre Haski de ne pas « copier coller » les machins de xinhua…
Et ils viennent ici, alors que pour leur bonheur, il suffit d'aller lire le site xinhua.net… mais le but est autre.

Nos chers amis, en fait, font comme on peut le voir sur « aujourd'hui la Chine », tentent d'inonder l'information sous leur envahissante présence, abondante prose (ou verbiage comme dit Pierre Haski), afin de noyer la dite information dans une espèce de patte informe. Le but est de marquer une présence nombreuse et ainsi d'embrouiller la lecture de la nouvelle ou du sujet. Ce sont des vieilles tactiques épures, c'est la version écrite d'une tactique utilisé dans les débats oraux : parler sur le temps de parole de l'adversaire : soit il se tait, soit, vous recouvrez son discours et le rendez inaudible…

Ca ne sert à rien de qualifier de tels gens de dictatoriaux, de totalitaires ou d'autres racistes (moi, venant du dit tier-monde, je trouve les positions de chengyang et antoine de Canton d'aussi raciste que le discours de Dakar, mais sous une autre forme, plus perverse je dirai)… bref, ça ne sert à rien, parce que pour eux, ces choses qui peuvent être pour d'autres des insultes et des tares sont des compliments ! Ce sont de bonnes références ! Je conseil à Rene Leys de faire comme moi : dialoguer avec cette faune est vain, considérés les d'avantages comme des sujets d'études, leurs messages pouvant servir comme études de cas dans un éventuel travail pouvant s'appeler « analyse de la rhétorique dictatoriale »…

Je laisses donc nos amis petits militants continuer de me donner encore des arguments contre l'objet de leur bigoterie !

Portrait de daniel

à San De Portrait de San De De daniel

06H51 | 07/10/2009 | Permalien

« Sinon, comme le dit Rene Leys, instrumentalisation de l'histoire est une attitude très propre au totalitarisme »

Quelle rigolade ! L'instrumentalisation de l'histoire est le fait de tous les états, quel que soit le régime. Nul besoin d'être totalitaire pour cela. Sortez de votre naiveté anti-PCC primaire (je comprends bien sur qu'on puisse être anti-PCC, mais sortez de votre vision manicheiste).

Portrait de ReneLeys

De ReneLeys

sinologue | 05H45 | 07/10/2009 | Permalien

``Se souvenir, est-ce donc instrumentaliser l'histoire ? `` On peut faire vivre la mémoire d'un événement sans l'instrumentaliser à des fins politiques. Ainsi, il y a un énorme écart entre oublier la portée et le caractère tragique d'un événement et ressasser sans cesse les humiliations passées, mais les deux ont en définitve une même conséquence : la répétition des horreurs de l'histoire. Si l'humiliation infligée est balayée des livres d'histoire pour ne pas donner cours à un retour sur soi et sur sa propre arrogance culturelle, on parle de négationnisme. Si l'humiliation subie remplit les pages de nos livres d'histoire et qu'elle a pour fondement l'affirmation de sa propre supériorité morale, on parle d'idéologie revancharde. Et l'un n'est pas plus légitime que l'autre.

``Et puis, depuis quand la vérité historique empêche-t-elle la critique ? `` Cela dépend encore de ce que l'on critique. Critiquer l'attitude colonialiste et impérialiste et en analyser les prémisses idéologiques sont des choses tout à fait louables ; se limiter à la critique des colonialisme et impérialismes occidentaux, russes et japonais en faisant l'impasse sur ses propres manquements à ce niveau n'a pour fin que d'entretenir la xénophobie.

``On ne peut en même temps reprocher à la Chine de ne pas assez cultiver la mémoire des événements douloureux de la période maoïste et lui faire grief de « trop se souvenir » de certains événements fondateurs de son histoire contemporaine.``

Bien sûr qu'on le peut. C'est d'ailleurs là le noeud du problème. Comme je disais précédemment, négationnisme (ne pas se souvemir ou, disons dans ce cas, peu se souvenir) et idéologie revancharde (trop se souvenir, pour reprendre vos mots) sont l'endroit et l'envers d'une même médaille.

En dernier lieu, cette réflexion est tout sauf n'ayant aucun rapport avec la shoah. Mais comme nous sommes sur un site qui concerne la Chine…

Portrait de Rangbao

à ReneLeys Portrait de ReneLeys De Rangbao

Ex Professeur de Français Langue Et... | 08H29 | 07/10/2009 | Permalien

Le principal écueil de l'utilisation du passé dans le débat politique d'aujourd'hui c'est l'anachronisme. Juger des actes et des acteurs du colonialisme à l'aune des valeurs, des représentations… et des lois de nos jours ne fait que brouiller le débat politique contemporain. La position d'Amadou Empaté Ba (Lire « L'enfant Peul ») est bien plus éclairante pour révéler comment les soldats africains ont su, par exemple, s'affranchir de l'idée que les blancs étaient toujours vainqueurs, invulnérables, quand ils ont vu, dans les tranchées de la guerre 14 combien ils pouvaient, eux aussi, être paralysés par la peur ! Ce fut une des composantes du retournement des peuples coloniaux contre la situation qu'ils percevaient, alors, comme de moins en moins supportable.
Les premiers à être fondés à poser la question sur les « bienfaits du colonialisme », et à y répondre, sont les peuples colonisés eux-mêmes, pas les lointains successeurs des colonisateurs (qui profitent encore de positions dominantes dans certaines de leurs ex-colonies, mais c'est une autre question). Ho Chi Minh estimait, je crois, que la colonisation française avait en quelque sorte forcé les peuples colonisés à chercher, en s'émancipant, à aller plus loin encore dans l'édification d'une société progressiste que ce que les colonisateurs avaient fait en abolissant la société traditionnelle.
En tout état de cause, l'étude du passé et sa liaison avec le présent devrait se faire à partir d'un travail d'historiens réellement indépendants. Pour l'histoire contemporaine, la participation des témoins encore vivants pour le recueil des sources, l'analyse des motivations, les représentations qu'on se fait aujourd'hui des faits du passé, comparées à celles d'autrefois, sera précieuse, mais à condition que ce soit dans un cadre organisé par la loi, avec ouverture des archives, etc.
Ce serait, pour la Chine aussi, une nécessité, car un pays qui a une telle importance mondiale ne peut pas continuer à considérer comme tabous tous les grands évènements de son passé proche (Cent fleurs, mouvement anti-droiters, Révolutions culturelle par ex).

Pour en revenir à la physionomie d'Hu jintao lors du 60ème anniversaire, Pierre Haski a eu raison de souligner l'importance du « costume Sun Yatsen » porté par Hu Jintao. Dès sa sortie, quasi impériale, de la cité interdite, c'était la première chose qu'on voyait ! Mais s'agit-il d'une « victoire de l'orthodoxie maoïste ») ; l'orthodoxie en question serait davantage représentée par la vareuse militaire et la casquette à étoile rouge ! Ce lien avec la période maoïste est toutefois plus frappant dans la première phrase adressée par Hu Jintao aux armées « bonjour camarades ! » scandée comme au temps d'avant la réforme…et depuis complètement tombé en désuétude.

Ces habits neufs du président Hu Jintao, (au G20 et la plupart du temps il porte costume et cravate) et cette adresse martiale symboliseraient plutôt les formes composite que le pouvoir entend revêtir dans cette année sensible (cycle des 60 ans, anniversaire des évènements de 89, crise économique, suites du tremblement de terre, sérieux problèmes avec les minorités, menace de grippe…). La nostalgie d'une époque où l'on ne pensait pas qu'à gagner de l'argent y trouve son compte, mais comme c'était trop chèrement payé en vies humaines et en pauvreté, l'évocation rassurante du père fondateur de la république, de la Nation chinoise moderne, compense quelque peu les embardées terribles de la période maoïste.

L'histoire de son costume symbolise assez bien le rapport que Sun Yatsen cherchait à établir entre l'ouverture à l'Occident et la renaissance d'une Chine affaiblie par le régime impérial…et la transposition qu'en propose aujourd'hui la direction du PCC. Alors que le mouvement moderniste se manifestait en coupant la natte et en mettant le costume occidental, (entre autres emprunts à l'Occident comme les sciences, la démocratie, le parlement…) Sun Yatsen aurait refusé d'aller aussi loin pour le vêtement. Je cite le mémoire de Zhang Xinmu, de l'Université de Nankin : La sémiologie du vêtement chinois. « Le docteur Sun Yat-sen, au moment de la révolution, faisait une grande attention au vêtement. Il ne voulait pas porter la longue robe du style Qing ni le costume occidental qu'on lui a proposé. Il a répondu ainsi : “ Non, le costume occidental utiliserait le tissu étranger, nos or et argent s'en vont ainsi à l'étranger. ” Il a conçu lui même un modèle : prenant un costume d'étudiant comme modèle de base, il a ajouté un petit col rabattu, a augmenté les poches de deux à quatre, les deux poches en bas étaient plus grandes et pouvaient empocher un ou deux livres. C'est ce que nous appelons aujourd'hui le “ costume Sun Yat-sen ”. Rester Chinois tout en empruntant ce qu'il faut aux occidentaux pour sortir de la misère et retrouver son rang de grande puissance voilà qui, aujourd'hui encore, peut servir à conforter une légitimité.

Mais j'irai plus loin dans la volonté de la direction actuelle de s'inscrire dans le “ temps long ”. N'y a-t-il pas l'idée que c'est au tour de la dynastie communiste de régner (Jiang Zemin, à la tribune, commentait paternellement le défilé aux côtés du successeur) ? faute d'autre sources de légitimation, de contre pouvoirs crédibles, elle a constamment besoin de faire ses preuves pour assurer la stabilité. Après les trente premières années du régime, ponctuées de désastres, les trois décades issues de la réforme ont transformé le pays, lui ont donné une force économique sans précédent. Pour autant, se maintenir dans une période aussi mouvementée ne sera pas aisé, et il faudra davantage que des signes “positifs” du passé pour conforter la légitimité présente, toujours minée par la corruption et par les mouvements d'une société qui n'a sûrement pas envie d'en revenir au maoïsme.

Dans ce temps là aussi, (fin des années 70) observer ce qui se passait autour du “ col mao ” faisait entrevoir de nouvelles aspirations : plus d'une étudiante laissait sortir d'un bord de l'encolure un mince liseré de chemise fleurie…

Portrait de chengyang

à ReneLeys Portrait de ReneLeys De chengyang

13H05 | 07/10/2009 | Permalien

Sur cette question de la mémoire, vous n'êtes donc pas gêné de pratiquer cette sorte de « deux poids deux mesures » ?

Pour ma part, je n'ai jamais vu ou entendu personne en Chine faire étalage de « haine revancharde » vis-à-vis des Occidentaux : j'ai pu simplement constater une meilleure connaissance historique chez mes interlocuteurs de la période coloniale que chez mes contemporains en France.

Vous confondez mémoire et « idéologie revancharde » à dessein, afin de mieux justifier l'ignorance crasse de leur propre histoire dans laquelle les Occidentaux sont entretenus !

Portrait de Yvon

De Yvon

08H32 | 07/10/2009 | Permalien

Très réussi et apprécié par tant de Chinois, ce 60ème anniversaire a montré que la Chine avance, essaie de trouver des solutions et dispose de cadres et universitaires dynamiques pleins d'idées nouvelles ! Beaucoup de gens et d'étudiants ont suivi le défilé, les danses, les feux d'artifice sur leur télé ou sur des écrans géants disposés un peu partout. Chacun a pu se sentir fier d'être chinois. Ceux qui ont participé étaient ravis d'un tel évènement. Cela fait combien de temps que M.Haski n'a pas foulé le sol chinois ? 5 ans 10 ans ?

Portrait de karakul

à Yvon Portrait de Yvon De karakul

- | 10H48 | 07/10/2009 | Permalien

Oui, des Chinois globalement intéressés par ce 60e anniversaire. Mais beaucoup de Chinois s'en fichaient également, de cette cérémonie.

Reste que Pierre Haski n'est plus correspondant en Chine depuis 2005. Il écrit tous ses articles sur la Chine depuis les bureaux parisiens de Rue 89 et n'a, en outre, jamais parlé chinois… Tout cela entraîne forcément des incompréhensions.

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