Xavier Bertrand, ministre de province en campagne

(De Saint-Quentin) Xavier Bertrand, actuel ministre du Travail et présenté -un peu vite- comme futur Premier ministre, sera une nouvelle fois en bonne place sur la liste du maire sortant (UMP) de Saint-Quentin (Aisne), Pierre André. Bien loin des enjeux parisiens et de cette vie médiatique qu’il fuit chaque week-end.
La technique demande de la concentration mais, dans l’absolu, est plutôt simple. Mettre une main devant sa bouche. Inspirer très fort avec le nez. Se redresser rapidement sur sa chaise. Ainsi réprouve-t-on un bâillement, à 23 heures, quand on est ministre en campagne et contraint d’écouter des discours trop longs. C’était vendredi dernier, sur la scène d’un théâtre moderne à Saint-Quentin, sous-préfecture de l’Aisne. Xavier Bertrand, ministre du Travail à Paris la semaine, cadre dynamique de l’UMP, bat une nouvelle fois la campagne sur la liste de l’indéboulonnable sénateur Pierre André. Avec un malin plaisir.
Car Saint-Quentin a toujours constitué l’ancrage régional de monsieur le ministre. Sa base de lancement. Son laboratoire. Sa précieuse zone de repli, comme il le confiait récemment à la presse locale :
"J’ai besoin de Saint-Quentin. C’est une vraie respiration. C’est là que je me retrouve avec mes amis. La vie parisienne, ce n’est pas mon truc. Je suis à Paris parce que je suis ministre."
1200 tonnes de sable à livrer en ville
Les Saint-Quentinois -ils sont 60000- confirment. Le vendredi soir, il n’est pas rare de le voir dîner en ville, loin de l’agitation parisienne de la semaine, à des tablées où l’on ne parle pas forcément de Bernard Thibault ou de Matignon. Les journalistes locaux ont presque tous son numéro de portable et son e-mail au ministère. Sa femme, Emmanuelle, travaille dans les ressources humaines et, a priori, n’a pas prévu de sortir un nouvel album bientôt. Il connaît tout le monde et tout le monde le connaît.
Car "Xavier", 42 ans, avant d’être un ministre hyper médiatisé, est un gars du coin. Celui qu’on regarde désormais depuis la jolie place de l’Hôtel-de-Ville comme "un homme qui a réussi". Il est né dans le département voisin -et nettement plus riche- de la Marne. Y a fait ses études, loin des bancs de l’ENA. C’est aussi pour cela qu’il bénéficie d’une vraie sympathie dans l’Aisne, agricole, ouvrière et relativement déshéritée. Xavier Bertrand, c’est la droite anti-bling bling, celle des villes moyennes arrachées à la gauche. Xavier Bertrand, c’est le RPR qui a grandi.
La première forme de pouvoir, il l’a découverte comme membre du conseil municipal, en 1989, puis comme adjoint au maire, dès 1995. Et rapidement, les élus locaux ont fait des yeux ronds face au jeune loup. Un opposant :
"C’est un homme déterminé, qui sait ce qu’il veut et comment faire pour l’avoir."
L’inventeur du concept de plages au bord de fleuves, c’est Xavier Bertrand, bien avant l’éclosion de Paris Plage :
"1200 tonnes de sable à livrer en ville, on m’a pris pour un fou."
Depuis, il a tour à tour été député, secrétaire d’Etat, ministre puis premier-ministrable. Mais il ne rate aucun conseil municipal -et le dit fièrement. Il jongle entre son cabinet ministériel et son staff local, il alterne entre la vie parisienne, hyper médiatique, et le rythme axonais, parsemé de remises de médailles et d’inaugurations diverses.
"Franchement, il est balèze", abdique un cadre du PC local. "Nous sommes à une heure de Paris, ça aide", modère l’intéressé, connu pour dormir quatre heures par nuit. En deux jours, il est allé à Chartres, à Bordeaux, puis en Slovénie avant de rentrer à Paris.
Sur la scène du théâtre de Saint-Quentin, pendant ce discours de campagne trop long, il consulte sans cesse son Blackberry et envoie des SMS en toute discrétion, planqué derrière ses jambes croisées. C’est une autre technique de ministre en campagne.
- 3304 visites






























En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
Il a l’air gentil, hein ? Et pas fier, avec ça. (Pas de raison de l’être, non plus, quand on sert la soupe à Parisot avec autant de zèle et d’entrain.)
Bravo à son hagiographe !
Derrière son visage de « nounours babar » se cache sa course à la défragmentation de l’emploi !
Pour sûr après les municipales, il remplacera l’homme de matignon ce bon élève en sarkoland !
Pas de quartier… pas de prisonniers…les municipales 2008 seront le Waterloo de l’UMP et de ses petits soldats
Pas sûr tout ça, NS a encore 1 mois à distribuer des bons points partout et des primes qui passent pour des augmentations de pensions !
Pourvu que je me trompe et qu’ils prennent tous une baffe bien méritée de la part de l’élysée !
Sarko a choisi un type habile et sympathique pour faire passer la pillule, et faut croire que les syndicats se laissent partiellement séduire…
Je pense que lui, à défaut d’avoir de bonnes idées, a au moins le mérite d’être honnête… Ca sert à rien, certes, mais c’est toujours mieux que d’avoir une crapule arrogante…
un ancien d’AXA qui fait sauter le système de protection sociale français!!!!
@marie75,
Oui, pour faire passer la pilule, un assureur qui nous a collé la franchise à un euro chez le toubib et à 18 € l’acte chirurgical… et a procédé à deux vagues de déremboursements, pas mal.
Mais le pire est que, à Saint-Quentin, à Noël 2005 (un an avant qu’il n’ait ses jumeaux), il y avait eu un numéro spécial de l’Express qu’on ne trouvait pas ailleurs en France… dont on retrouve certaines tonalités ici.
Tout, ou presque, déjà été dit sur Xavier, sauf le nom de son pharmacien (qui était aussi son conseiller -officiellement bénévolement- en matière de santé).
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
la photo est bien representative de la politique que Xavier Bertrand mene le plus tot possible les gosses sur le chantier .slogan de campagne « la Frane qui commence tot »
Marre… De tous ces représentants du gouvernement qui se servent des autres pour faire leur pub à moindre frais. Ils envahissent les plateaux télé, prennent la place à l’origine réservés aux artistes, jouissent des avantages attribués hier à quelques corporations qui les avaient conquis de haute lutte, font la star, se gavent, nous gavent, mais exigent des égards pour un prétendu statut de « plus respectables que » du fait d’une fonction dont ils abusent en premier, et qu’ils sont les premiers à maltraiter. La politique, le 8 ème art …? Quelle misère. Éparngnez-nous ça.
Tout le monde rêve de voir sa photo affichée à la une des journaux. Se flatte que la lumière soit faite sur soi. Mais le politique attaché au gouvernement joue sur son appartenance au gouvernement pour interdire un mot à son sujet qui lui déplait. Tout en tirant toute la couverture (médiatique) à lui seul. Alors on invoque le respect… Et le journaliste fait le dos rond… FLatté à son tour de faire parti du gotta politique… Quel cadeau magnifique pour le monsieur dont il est question, que d’avoir sa face affichée en première ligne, sur la une d’un organe que des centaines de surfers viennent visiter .
Je n’ai pas lu l’article - qui le met en lumière le monsieur en question - car j’ai l’impression qu’il (l’article) lui sert la soupe. J’espère me tromper. En ce cas, je ravalerai ma tristesse et ma colère. Sinon un peu moins de publicité à ces gens qui ont l’art de faire parler d’eux et monopolisent « ingénuement » les médias… On va finir par croire que oui, c’est la faute aux médias.
Attention à la banalisation.
C’est vrai qu’ici, la complaisance transpire. Surtout que le bonhomme est, derrière ses atours fades, inodores et sans saveur, un redoutable communicant, qui règne en maître autosatisfait sur tout ce qui l’entoure.
Derrière le gentil élu provincial qui flatte le péquenot et sa vache, on a un vrai calculateur, champion de la langue de bois. Chirac aimait la cambrousse, ça n’en faisait pas un Bisounours pour autant, que je sache.
Oui bah a st quentin faut pas rêver
la mairie restera à droite
Les crapules rondes avec une bonne tete d’ honnete homme , c’est evidemment le genre dont il faut le plus se mefier ..
Waouh! Bien fait ce pastiche du journal de J.P.Pernaud
c’est un gag cet article ?
Il était prévu pour le figaro et il a atterri ici par erreur ?
Mais, il travaille pas lorsqu’il est en campagne le ministre?
Ministre de quoi, déjà?
Du travail, n’est-ce pas!
Le travail, c’est bien une des valeurs phares de l’omnhyperprésident?
Travailler plus pour gagner plus de voix?
http://kprodukt.blogspot.com
La preuve par 89 que la Rue est ouverte à tous les courants d’air.
Le jovial Xavier est promis à une brillante carrière puisqu’il est capable de faire prendre des vessies pour des lanternes.
Admirable sa façon d’endormir les députés et les sénateurs avec sa voix suave, limite sirupeuse presque poisseuse.
Inoubliable son passage au ministère de la Santé pendant la très longue campagne du candidat-ministre Sarko. Il paraît que quelqu’un l’y a vu une fois un jour de paie.
Magnifique sa prestation au ministère du travail, transformé en annexe du Medef avec Parisot comme assistante à tout faire pour écrire ou ré-écrire les lois.
Il fera du chemin ce jeunot, j’vous le dis!
anti bling bling le xavier ? pas si sûre… hyper bling bling, sans doute pas mais il est quand même blinguisant à mon humble avis… bon, là n’est pas la question essentielle, la blinguitude est un problème annexe… mais son sommeil lors de sa réunion ad hoc prouve que sa tête est plus à paris qu’à st quentin…