Un "arc républicain" pour faire tomber Aeschlimann

A Asnières, trois listes (gauche, centre, divers droite) fusionnent pour contrer le maire sortant UMP, rejetant ses méthodes.

Manuel Aeschlimann va-t-il tomber? Le député-maire UMP d'Asnières-sur-Seine, élu au premier tour avec 51% des voix en 2001, n'a obtenu que 41% des suffrages dimanche. Mais surtout, il doit affronter pour le second tour un "arc républicain" composé des candidats socialiste, divers droite et MoDem. Une configuration inédite dans le "laboratoire du sarkozysme". Pour le sortant, cette alliance n'est qu'une stratégie du "Tout sauf Aeschlimann". Rien d'autre.



Ségolène Royal était attendue, mardi après-midi, devant le supermarché Champion des quartiers nord de la ville. Un geste de soutien aux trois candidats qui, lundi à l'aube, ont décidé de fusionner leur liste. Sur le papier, drôle d'attelage: Sébastien Piétrasanta, le candidat PS arrivé en tête de l'opposition, avec une "ex-pasquaienne", Josiane Fischer et le représentant du MoDem, Christian Leblond -les trois totalisant 59% des suffrages exprimés du premier tour.

Le premier tour


Christian Leblond (MoDem)   12,3%
Sébastien Pietrasanta
(PS-MRC-Les Verts)  
33,6%
Josiane Fischer (DD)   12,5%
Manuel Aeschlimann (UMP)   41,5%

Au carrefour des Quatre-Routes, les troupes du maire sortant ont organisé un comité d'accueil agité. Une poignée des militants, quelques membres de sa liste et des jeunes qui paraissent bien remontés contre le candidat socialiste. "On ne vous voit jamais ici", vocifèrent-ils, "alors qu'Aeschlimann, il a fait des choses pour nous."

Le calme revenu, une jeune femme, qui refuse de s'exprimer devant la caméra, explique: "Aeschlimann s'est occupé du quartier. Ils ont refait la place en face, les trottoirs, des jeunes ont trouvé du travail à la mairie, et puis aussi, il y a les logements..."

Une série d'attentions qui alimentent les accusations de clientélisme portées contre le maire sortant. D'ailleurs, côté logement social, Asnières fait figure de mauvaise élève. Du coup, le principe de "l'arc républicain" passe mal dans des quartiers qui ont massivement voté socialiste lors de la présidentielle 2007. La clef du second tour tient sans doute dans la mobilisation des électorats. Dimanche, le taux de participation s'élevait à 54,3%, contre 61% pour toute la France. (Voir la vidéo.)


Pourtant, le ras-le-bol face aux méthodes de gestion de Manuel Aeschlimann est bien réel dans cette commune de 85 000 habitants. Entre les innombrables poursuites judiciaires intentées contre l'opposition et la mauvaise gestion pointée par un rapport de la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France, les griefs ne manquent pas. Pour preuve de sa bonne foi, le candidat UMP s'engage à plus de transparence, en promettant d'ouvrir la commission d'attribution des logements sociaux à l'opposition.

Francis Pourbagher (DR).Francis Pourbagher, ancien directeur de cabinet du maire, avait prévenu son ancien patron:

"Lorsque j'ai quitté la mairie il y a un an et demi, je lui ai dit: 'Si tu continues comme ça, on va dans le mur.' Résultat: en fin de mandat, on en est encore à parler de problèmes qui se posaient en début de mandat. La droite asniéroise est en train de sanctionner Manuel Aeschlimann, il devrait en tirer les conséquences..."

Faux, répond Manuel Aeschlimann, qui situe son résultat dans le contexte général du "recul de la droite" et de la faible mobilisation de son électorat, à "cause des vacances".



A l'UMP, personne n'ignore que le président de la République a lâché son ami depuis des mois. D'ailleurs, les ténors de droite ne se pressent pas sur les marchés. Pourquoi un tel manque de soutien? "Parce que je n'ai pas été demandeur de ténors, ni de quoi que ce soit d'ailleurs", répond l'intéressé.



Un mouvement qui n'a pas échappé à Francis Pourbagher, fin connaisseur des arcanes de la politique dans les Hauts-de-Seine. D'ailleurs, en cas de bascule de la mairie à gauche, ce dernier est prêt à se mettre au service de la nouvelle équipe: "Si elle me le propose, j'accepterais, à condition d'être libre. La dernière fois, j'ai compris..."

Mardi après-midi, Ségolène Royal, trop pressée, n'est finalement pas venue au rendez-vous du Champion. Elle a préféré soutenir le candidat socialiste de Colombes, en lice avec la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade. Juste à côté d'Asnières.

Mis à jour le 12/03/2008 à 18h10: ajout suite à l'entretien réalisé avec Manuel Aeschlimann.

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Par DidierB63 | Devant un écran
18H31    12/03/2008

"Le Laboratoire du Sarkozysme" c'est un truc de savant fou?

L'arc républicain n'est pas surprenant. C'est pour sauver la commune. Je leur souhait de réussir, Asnières et ses habitants ne méritent pas 6 ans de tortures supplémentaires.

http://polemiquons.over-blog.com/

 
Par David Servenay | Rue89
19H50    12/03/2008

Non, DidierB63, ce n'est pas un truc de savant fou. L'expression "laboratoire du sarkozysme" est de M. Aeschlimann qui a toujours revendiqué une politique communautariste affirmée.

C'est sur ce point particulier que l'expérience d'Asnières a, ces dernières années, influencé le discours et la boîte à idées du "sarkozysme".

D'ailleurs, sur ces documents de campagne, le candidat UMP a créé une catégorie "candidats de la diversité", à côté des autres catégories politiques classiques.

 
Par lionel_l
23H28    12/03/2008

david : c bien d'être enfin allé sur place. les articles sont tout de suite bien meilleurs. la gestion du sortant est pleine de zones d'ombres et de dérives, mais également extrêmement intéressante pour qui veut comprendre la France d'aujourd'hui.

quant à la gestion financière, il est dommage de ne pas avoir vu que l'essentiel de l'accroissement de la dette est passée en investissements et non en frais d'essence, ce que les jeunes de gauche croisés illustrent.

 
Par Elowan
00H59    13/03/2008

Habitant Asnières je suis perplexe devant cet axe républicain mais si ces 4 listes ont décidé de s'allier pour virer Aeschlimann c'est qu'il y'a une bonne raison : gestion désastreuse, népotisme, non respect de l'opposition, petits pépins judiaires
Décidemment dans le 92 on n'est pas gâtés par nos élus...
Clientélisme? Mais bien sur ; comme le sinistre grabataire de Corbeil, qui d'après une amie et un volatile paraissant le mercredi ne se gêne pas pour arroser les électeurs. Dégageons ces soi disant politiques. Dimanche je vote pour que vous partiez Monsieur le Maire :)