Grand stade de Lille : la démocratie n'en sort pas grandie

Vue du futur Grand Stade Lille Métropole (DR).

Selon Frédéric Sawicki et Fabien Desage, qui enseignent les sciences politiques à l'université de Lille 2, les plus gros investissements se décident dans le dos des citoyens. Ils nous adressent cette tribune.

Sera-t-il bien raisonnable de se rendre aux urnes lors des élections municipales de mars prochain ? Un épisode survenu lors du dernier conseil de la communauté urbaine de Lille (LMCU), le 1er février dernier, invite à lui seul à en douter, tant il a valeur de parabole du fonctionnement de notre démocratie locale : les plus gros investissements se décident dans le dos des citoyens.

Ce soir-là, à un mois du scrutin, 82% des conseillers communautaires adoptent une délibération engageant les négociations avec un grand groupe de construction (Eiffage) afin de réaliser un » grand stade » de 50 000 places, à l'échéance de 2012 pour la modique somme de… 700 millions d'euros.

A quelques défections individuelles près (moins de 10 abstentions et voix contre sur 170), l'ensemble des partis, de l'UMP au PCF en passant par le PS et le MoDem, soutiennent ou choisissent de ne pas s'opposer pas à cette délibération (une vingtaine d'élus, dont les Verts, décident de ne pas prendre part au vote).

 » Le beau l'a emporté sur le raisonnable »

Pourtant, des différents projets présentés par les trois grands groupes de construction en concurrence, les conseillers ont retenu le plus cher, à la surprise générale et en reniant l'objectif de maîtrise des coûts qu'ils avaient eux même présentés comme déterminant depuis trois ans.

La vice-présidente communiste chargée du dossier, Michelle Demessine, résume le choix de l'assemblée, par des mots qui en disent long, en même temps qu'ils laissent le citoyen pantois :

Si le » beau » prête à débat, le coût probable pour la collectivité défie l'entendement. Entre la redevance de 15 millions d'euros versée annuellement pendant trente-et-un ans au constructeur et la prise en charge des infrastructures routières -curieuse conception d'un » partenariat public-privé » qui s'apparente dès lors à une classique » concession » -, c'est une somme prévisionnelle avoisinant en fait le milliard d'euros (en incluant la valeur actualisée des versements et les infrastructures annexes) qui sera consacrée par LMCU à la réalisation de cet équipement.

Ce sera là son principal investissement pour les années à venir, correspondant peu ou prou au coût de sa seconde ligne de métro à la fin des années 90 ou à la construction de 30 kilomètres de tramway !

 » Le beau l'a emporté sur le raisonnable »

Les modalités concrètes de mise en œuvre de la convention avec Eiffage restent encore floues, mais on ne peut que s'étonner de la précipitation des conseillers communautaires à engager ainsi la communauté urbaine à la toute fin de leur mandat.

Si l'on avait voulu signifier aux électeurs qu'ils auront beau aller voter en mars prochain, l'essentiel des investissements intercommunaux se décidera sans eux, on ne s'y serait pas mieux pris !

Nul besoin de chercher dans les programmes municipaux et les promesses de 2001 les raisons d'un tel engagement. Elles ne s'y trouvent pas.

Et pour cause puisque le projet de construire un stade de ce » standing » a émergé en cours de mandat, pour permettre aux élus de » sauver la face » après que le permis de construire d'un précédent projet de stade (dix fois moins onéreux mais largement controversé, car installé sur le site de la Citadelle Vauban) eût été annulé par un arrêt du conseil d'Etat.

Comme pour le projet actuel de » très grand » stade, les conseillers élus avaient alors voté en bloc à plusieurs reprises -en dépit des réticences exprimées par nombre d'entre eux en aparté- avant de se voir désavoués collectivement par la justice.

Un beau cadeau de départ pour Pierre Mauroy ?

Les élus ont-ils cédé à une pressante demande populaire ? Que nenni ! Un récent sondage réalisé par le quotidien La Voix du Nord indique que seulement 6% des lecteurs interrogés font de la construction d'un grand stade un projet prioritaire pour l'avenir. Celui-ci n'arrive qu'en septième position, bien après les projets d'infrastructures de transport ou d'espaces verts.

Ont-ils voulu offrir un beau cadeau de départ à Pierre Mauroy ? Ce contexte a sans doute joué dans la volonté d'une partie des conseillers de ne pas » contrarier » celui qui fut le garant des compromis intercommunaux au-delà des clivages partisans lors des trois derniers mandats, et pour qui l'échec du projet aurait sonné comme un désaveu personnel.

Mais, au-delà de ce contexte particulier, c'est d'abord le mode de fonctionnement politique singulier des institutions intercommunales qui est ici en cause. On lit et l'on entend souvent que l'un des enjeux des municipales dans les grandes agglomérations réside dans le contrôle des communautés urbaines.

Aux commandes des communautés urbaines, de » grandes coalitions »

Faut-il le rappeler, ni celle de Lille, ni celle de Lyon ne sont gouvernées par la gauche depuis 2001 ! Présidés par un socialiste, leur exécutif associent largement la droite et le centre. A l'inverse, les communautés de Bordeaux et de Marseille sont présidées par un élu de l'UMP, mais sont également cogérées par des » grandes coalitions » à l'allemande.

A Lille, Marc-Philippe Daubresse, ancien ministre UMP est ainsi le premier vice-président de Pierre Mauroy, avec lequel il a signé un accord de mandature dès 2001. Ce dernier brigue la succession de l'ancien Premier ministre et dispute âprement à Martine Aubry l'héritage du patriarche. D'ores et déjà, les tractations ont déjà commencé.

Et le choix d'Eiffage s'explique d'abord parce que le président de l'influent groupe représentant les petites communes (46 élus) a décidé, contre toute attente et au dernier moment, de soutenir ce projet ; du coup, l'UMP et le PS, qui convoitent le soutien de son groupe pour la conquête de la présidence de la communauté, n'ont pu que se rallier à lui.

Une culture du consensus qui annihile toute possibilité de débat public

Cet exemple confirme que les ressources des structures intercommunales sont devenues tellement importantes pour les maires dans la conduite de leurs politiques municipales que ces derniers préfèrent aujourd'hui s'arranger » entre pairs » plutôt que de s'affronter sur des projets concurrents.

Les » consensus communautaires » , à Lille ou ailleurs, s'apparentent donc à des modus vivendi. Ils annihilent toute possibilité de débat public. Tout se règle en coulisses, par-delà les clivages politiques, favorisant l'opacité du fonctionnement politique et des modes de décision, mais également l' » entre-soi » des élus en leur sein.

Les mécanismes de contrôle démocratique, qui passent notamment par l'existence d'une » opposition » ou par une certaine publicité des prises de position, sont neutralisés. La décision du grand stade à Lille apparaît donc emblématique des effets pervers de ce mode de gouvernement, quand le régime de compromis permanents et la défense par chaque maire des intérêts bien compris de sa commune contribuent à une autonomie du jeu politique qui confine à l'autisme.

Le régime de consensus, devenu la norme dans le gouvernement des structures intercommunales, parce qu'il repose sur la reconnaissance de la souveraineté municipale de chaque maire quelle que soit son appartenance partisane, explique également en grande partie l'incapacité de ces institutions à mettre en œuvre certaines politiques en matière de réduction des inégalités territoriales, de lutte contre l'étalement urbain ou de construction de logements sociaux pour lesquelles elles ont été pourtant conçues.

Une solution : l'élection des conseillers au suffrage universel direct

A Lille, la communauté urbaine a ainsi échoué à imposer aux communes de droite la construction de logements sociaux. Choisir de financer un stade à cette hauteur, c'est aussi ne pas choisir de mener d'autres politiques moins consensuelles.

L'armistice partisan permanent qui règne dans ces instances aboutit ainsi à limiter leur capacité à mener des politiques redistributives ou planificatrices sur le territoire, politiques toujours sous la menace du droit de veto informel des maires.

Il se traduit par une dénégation du caractère potentiellement contradictoire des intérêts en présence au sein d'une agglomération, avec pour conséquence le refus d'arbitrer entre ces derniers.

Les dispositions qui permettraient aujourd'hui une démocratisation de ces structures intercommunales (l'élection des conseillers communautaires au suffrage universel direct couplée à la suppression de la possibilité de cumuler les mandats municipaux et intercommunaux), maintes fois annoncées mais toujours reportées, ne semblent plus d'actualité.

La majorité des parlementaires et les associations d'élus locaux s'y opposent de peur de voir émerger une légitimité politique concurrente de celle des maires. Les élections municipales auront donc lieu en 2008 comme en 2001.

D'intercommunalité, il ne sera que très peu question dans la campagne, hormis subrepticement et autour de l'enjeu finalement secondaire de l'élection du président.

Une fois les élections passées, les institutions intercommunales continueront à être gérées consensuellement, en coulisses, et en l'absence des citoyens, condamnés à se mobiliser par la voie associative et poussés au contentieux par cette confiscation du débat.

Pauvre démocratie locale…

86 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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19H24 | 15/02/2008 | Permalien

Saint Denis ?

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à captncook Portrait de captncook De Frandsen59

19H46 | 15/02/2008 | Permalien

Euh… 17% de chômage à St Denis en 2006 ! Plus de 4000 rmistes. Les implantations autour du stade, entreprises et centres commerciaux, ont créé des emplois pour des gens qui viennent de la région Ile de France pour travailler à St Denis, bénéficiant ainsi du dynamisme économique de l'agglomération parisienne toute entière. Néanmoins, iriez vous habiter à St Denis maintenant qu'il y a le stade de France capncook ? (« image de marque »…).

Par ailleurs, peut-on sérieusement comparer le stade de France avec un grand stade dans une ville de région en terme d'impact ?
Les investissements de l'Etat sur les infrastructures alentours ont été énormes (couverture du périphérique, liaison en RER…). Franchement, si l'on veut créer de l'emploi et des logements à Lille, il y a plus rapide et moins cher que de faire un stade qui va coûter presque un milliard d'euros !

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20H20 | 15/02/2008 | Permalien

Le stade a tout de même été un super moteur pour changer l'image de la ville. Il va falloir beaucoup de temps encore (la ville a encore beaucoup de handicaps) mais ce stade a été un bon accélérateur pour la plaine.

Le problème, c'est qu'on a pas encore d'exemple de stade de nouvelle génération en France pour bien voir les retombées. Le stade de France étant lui-même assez démodé dans sa philosophie, à savoir y garder une activité en dehors des jours de matchs. Les stades de Lens, Marseilles ou Saint-Etiennes sont archaïques.

Portrait de calle8

De calle8

17H57 | 15/02/2008 | Permalien

Il aurait été bon que Frédéric Sawicki rappelle son rôle dans le plombage du projet de stade à la citadelle : il est porte-parole de l'association « sauvons la citadelle » « Constituée en janvier 2003 pour s'opposer au projet d'extension du stade Grimonprez-Jooris sur le site du ched d'oeuvre de Vauban »

(http://citadelledelille.free.fr/)

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De Schtroumpf perplexe

physicien | 17H58 | 15/02/2008 | Permalien

Considérez une personne pour un poste X qui sera choisie par N électeurs, eux mêmes élus par N*M électeurs, eux même élus par N*M*P électeurs etc.
Je crois que cela s'appelle le suffrage indirect.

Vous pouvez être sur que la personne X aura une place remarquablement stable. Plus il y aura d'étapes, plus son poste sera pérenne.

Par exemple, considérez le suffrage universel direct (président, députés, maires) : la configuration change à chaque élection.

Considérez un suffrage indirect comme le Sénat (les sénateurs sont élus par les maires et les députés) : la composition du Sénat change si peu qu'on n'en parle jamais dans les journaux.

Prennez un parti avec des groupes locaux qui élisent des délégués départementaux, qui eux même votent pour des délégués régionaux qui votent pour le chef du parti : ce dernier est indéboulonable. Le seul moyen de le voir partir est d'attendre qu'il démissionne.

Pourquoi ? Parce qu'à chaque élection (on vote entre pairs) la stabilité est légèrement avantagée par rapport au changement. A chaque vote indirect, l'effet s'amplifie.

Avec l'intercommunalité, c'est pareil : les gens qui la font sont choisis par des élus municipaux. Ils sont donc à une place assez stable (pour y être éligible, il suffit d'être dans un conseil municipal). Ils ont donc moins besoin de se soucier de l'électorat. En fait, l'électorat de la commune se préoccupera principalement de leur action municipale, et pas inter-communale où les responsabilités semblent diluées (on ne sait pas qui décide quoi).

Le suffrage indirect est un moyen efficace d'en finir avec la démocratie, tout en organisant beaucoup d'élections.

Portrait de toots

à Schtroumpf perplexe Portrait de Schtroumpf perplexe De toots

void | 18H00 | 15/02/2008 | Permalien

Merci, enfin une personne qui a compris l'enjeu ! !

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à Schtroumpf perplexe Portrait de Schtroumpf perplexe De calle8

18H06 | 15/02/2008 | Permalien

on vote entre pairs sauf si les conseils municipaux changent et ceux ci peuvent basculer fortement puisque leur composition n'est pas proportionnelle aux suffrages. SI il y a une vague verte aux municipales (et pas que dans le vieux lille) on verra ce que deviendra ce projet de stade.

Portrait de FanFan2722

à Schtroumpf perplexe Portrait de Schtroumpf perplexe De FanFan2722

reactionashow.blogspot.com | 19H39 | 15/02/2008 | Permalien

la communauté de communes est l'institution française la moins démocratique tout en ayant une prise directe sur la vie quotidienne des français. Ils ont souvent en charge les dossiers liés à la voirie et aux transports en commun mais ils sont dirigés par des gens qui ne sont pas élus : quelques privilégiés au sein des conseils municipaux.
Le parti des travailleurs est tres contestable mais il a mis en lumiere ce problème de l'intercommunalité qui bien que nécéssaire (un village de 300 habitants n'est pas en mesure de prendre en charge a lui seul ses frais d'ordures menageres et d'eaux) est tres mal mis en place et de maniere totalement opaques

une proposition à l'heure des élections municipales. Chacun cherche a supprimé un échelon institutionel. Pourquoi ne pas réduire les plus petites communes a de simples antennes administratives et laissé le pouvoir décisionel aux com com. Les électeurs élieraient alors leurs représentant au conseil communautaire et la transparence s'en trouverait grandi (exemple a n'appliquer que pour un regroupement de petites communes)

reactionashow.blogspot.com

Portrait de calle8

à FanFan2722 Portrait de FanFan2722 De calle8

20H00 | 15/02/2008 | Permalien

« ils sont dirigés par des gens qui ne sont pas élus : quelques privilégiés au sein des conseils municipaux. »

des membres du conseil municipal qui ne sont pas élus ? ah bon ?

Portrait de FanFan2722

à calle8 Portrait de calle8 De FanFan2722

reactionashow.blogspot.com | 20H07 | 15/02/2008 | Permalien

les personnes qui siègent au sein d'un conseil comunautaire n'ont jamais été élues pour cette fonction. Les électeurs ont voté pour qu'ils siègent au conseil municipal ce qui est différent
Deux institutions, deux structures decisionelles, une élection

Portrait de calle8

à FanFan2722 Portrait de FanFan2722 De calle8

20H16 | 15/02/2008 | Permalien

désolé mais le conseil municipal est élu aussi pour envoyer des représentants au conseil de communauté. c'est certes compliqué , mais il y a bien un lien et chacun est libre de s'informer sur les compétences du futur conseil municipal.

Portrait de J.C.M.

De J.C.M.

18H07 | 15/02/2008 | Permalien

Bonjour.

le « partenariat public-privé “ …

… est le meilleur moyen pour la finance d'assurer ses profits sur le dos des contribuables.

Cordialement.

J.C.M.

Portrait de Papajo

De Papajo

18H47 | 15/02/2008 | Permalien

Il y a tant à faire dans notre ville et notre communauté que dépenser une somme aussi folle me donne le vertige. Il y en a assez de se fout.. de la tête des citoyens. Une réalisation beaucoup plus raisonnable est certainement la meilleure solution et un investissement sur des dossiers plus sensibles comme le logement, le pouvoir d'achat (un label Nord beaucoup plus présent par ex) et surtout le transport est la plus urgente des décisions à prendre pour l'avenir de nos enfants. Les « Liane » de Transpole » ne sont pas des moyens de circulation raisonnés suffisantes. Il est des plus importants de se consacrer activement et à temps plein à ces problèmes. Le sport peut passer aprés. Tout cela n'est encore qu'un arrangement, peut-être bien oui mais s'il y a arrangement qu'il le soit sur d'autres investissements qui touchent la plus large majorité des communautaires.

Je pense que nos dirigeants nous doivent des comptes. Tout le monde est évalué maintenant, du haut jusqu'en bas des institutions. Alors eux aussi. Nous devons absolument pouvoir mettre notre nez dans tous ses arrangements. Sanctionnons-les. La gauche caviar est encore présente et la droite mange avec eux. C'est la honte de dire vouloir faire du socialisme et de se comporter ainsi. Alors tous aux urnes le 9 mars.

Portrait de Foret22

De Foret22

réactionnaire mais pas conservateur | 21H05 | 15/02/2008 | Permalien

Des jeux et du pain ! ! !

Ainsi se résumaient les besoins des plébéiens vu par les empereurs romains
C'est la même chose à Lille, sauf que le potentat local a changé les lions pour 22 adultes en short

700 millions d'euros public pour contenter le Losc, entreprise on ne peut plus privée
Heureusement que Maurois et consort sont d'affreux conservateurs immoraux
Heureusement que ce ne sont pas de vrais gens de gauche, qui vous donnent de la morale à tout va et du mieux disant culturel

700 millions d'euros, avec ça on pourrait faire d'autres choses en développement d'infrastructure publiques …
Mais, tout comme le casino que Mme Aubry vient de faire implanter à Lille, le « grand stade » c'est bon pour sa réélection

Méditons encore cette petite définition de « la politique » : la politique consiste en la conquête et la conservation du pouvoir

Amis idéalistes, passez votre chemin

Vive le Stade, vive ce monde cynique et amoral !

Portrait de Nic0

De Nic0

18H51 | 15/02/2008 | Permalien

Je pense qu'en France pour la construction de ces nouveaux stade il faut limiter au maximum l'investissement public. L'argent public ne doit pas aller dans le foot pro (au moins le limiter)

Pour rénover et remplacer nos stades qui sont vraiment dépassé en France il vaudrait mieux qu'une marque sponsorise pendant plusieurs années le nom du stade. Comme le « Emirates Stadium » à Londres avec Arsenal, ou « Allianz Arena » à Munich.

Il faut qu'en France on n'est plus de problèmes avec l'argent dans le foot pro. Les capitaux privé doivent prendre leur place, car les municipalités ont autre chose à faire…

Portrait de captncook

à Nic0 Portrait de Nic0 De captncook

19H13 | 15/02/2008 | Permalien

http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080201_214135Dev.html

Le naming rapportera au LOSC 2.3M€/an, pas de quoi financer un tel projet. C'est très cher mais ça contribuera à la notoriété de la ville, à son prestige et à son économie.

Portrait de Frandsen59

à captncook Portrait de captncook De Frandsen59

19H25 | 15/02/2008 | Permalien

Même réponse qu'à Boumideschoux plus haut.

En quoi un stade peut-il changer l'économie d'une région ou d'une agglomération ? Si vous êtes capable de citer une seule agglomération où la construction d'un stade à fait venir des entreprises, ça m'intéresse… Lens a un stade de près de 50 000 places depuis des années, si les entreprises s'y précipitaient, ça se saurait ! Je ne parle même pas de Marseille ou de St Etienne, dont les succès footballistiques n'ont pas, à ce que je sache, endigué la crise. Il faut être bien naïf sur les logiques de l'économie pour croire que la construction d'un tel équipement pourrait en quoi que ce soit favoriser le développement économique. Ce serait trop simple…

Quant au naming, le stade risque effectivement de s'appeler « stadium la redoute » ou « Arena mutuelle du Nord ». Outre le cadeau fait au club par la collectivité, on risque de passer assez près du ridicule. Dommage que le sponsor du Losc ne soit plus Paudouce. « Peaudouce stadium » ça aurait eu de l'allure pour éviter les fuites… ; -)

Portrait de FanFan2722

à Frandsen59 Portrait de Frandsen59 De FanFan2722

reactionashow.blogspot.com | 19H49 | 15/02/2008 | Permalien

proposition @ rue89
il pourrait être interressant d'enqueter sur ce phénomène nouveau du naming en ce qui concerne les stades. Preuve ultime du foot buisness, il pose des question d'ordre économique (qu'arrive t'il si le groupe vient à faire faillite ? ) mais aussi d'ordre historique (ansfiel road, geoffroy guichard, veledrome sont des noms mythiques qui ont une vraie resonance populaire en sera « til de même pour l'allianz arena ou l'emirates stadium ? )

Portrait de Yann Guégan

à FanFan2722 Portrait de FanFan2722 De Yann Guégan

Rue89 | 14H35 | 16/02/2008 | Permalien

Très bonne idée. J'en informe notre blogueur sport, mais si vous voulez vous coller au sujet, n'hésitez pas à nous contacter.

Portrait de Kokayad

De Kokayad

20H12 | 15/02/2008 | Permalien

Nous touchons ici au problème du mode de décision à la CUDL (ou LMCU).
Mauroy, durant 20 ans, a mis en place un système basé sur le compromis et le consensus qui dépassent les clivages partisans. Ainsi, le maire de Lambersart, Daubresse (qui convoite aussi la présidence de la CUDL et la succession de Mauroy) militait contre le stade lorsqu'ill était au gouvernement, et pour à la CUDL en vertu d'un accord avec les socialistes (ceux-ci mettant alors en veilleuse leur critique sur le fait que la ville de Daubresse ne respectait pas le quota de logement sociaux.)

Plus généralement, cela pose un problème démocratique quand on sait que l'abstention aux élections municipales lilloises est de 50% en 2001 : c'est à dire que 20 000 lillois-es ont un poids déterminant pour l'élection de la CUDL (voir ici http://www.cudl-lille.fr/index.php ? p=606&art_id= ) et son 1,4 milliard de budget. La CUDL est donc le véritable pouvoir (quelque part illégitime) lillois.

Ce vote n'est donc pas étonnant et révèle la crise d'un système mis en place par les socialistes tendance Mauroy (http://labrique.lille.free.fr/spip.php ? article196) et aussi par la droite qui se complaît dans ce système. D'ailleurs, Daubresse insiste actuellement beaucoup pour dire qu'il est le véritable successeur de Mauroy, au contraire d'Aubry qu'il juge « technocratique ». Laissez-nous rire.

En outre, ces questions sont au coeur des différents médias alter qu'on trouve sur Lille. L'auteur de cet article s'était déjà exprimé il y a peu dans une conférence qui éclaire bien les coulisses du système local : http://www.passerellesud.org/spip.php ? article1222 (il était d'ailleurs à l'origine de la mobilisation victorieuse contre le nouveau stade dans la parc de la Citadelle - voir commentaires ).

De droite et de gauche, malheureusement - pour la dernière-, la classe politique se méfie de plus en plus des mode de scrutin direct. Suffit de voir ce qu'il a été fait du traité constitutionnel. A Lille, heureusement, les Verts s'insurgent contre de telles pratiques, même si eux-mêmes ne sont pas exempts de tout reproche notamment sur la gestion « sécuritaire » du transport. http://labrique.lille.free.fr/spip.php ? article53

A voir les mêmes qui se présentent et se représentent aux prochaines élections,on peut se poser des questions sur une possible alternative à ces « gens qui sont désignés par des gens qui ont été choisis par d'autres gens (les citoyens et citoyennes) ».

Portrait de yapadebug

De yapadebug

20H17 | 15/02/2008 | Permalien

Allons, messieurs les politologues, vous devriez savoir que la démocratie, c'est élire des représentants qui s'empressent de la confisquer dès qu'ils sont élus.

Portrait de verochand

De verochand

20H57 | 15/02/2008 | Permalien

J'ai lu dans le Moniteur des travaux publics que le projet retenu allait coûter 14,2 millions d'euros par an sur 30 ans contre 10,7 millions par an pour le projet non retenu. Certes le beau l'emporte mais faites le calcul, à quel prix !

Portrait de Pako144

De Pako144

21H26 | 15/02/2008 | Permalien

Le point à Grenoble (inauguration du stade dans quelques jours)

- aucune consultation citoyenne
- comme à Lille, une étude montrant que le stade était la dernière priorité des Grenoblois
- coût final (100 M€) = 3 fois le budget initial
- construit dans le poumon vert de la ville, alors que la ville en manque cruellement (chaleur, pollution, béton…)

Pour plus d'info : http://www.sosparcpaulmistral.org/IMG/pdf/heure_de_verite.pdf

Portrait de Houvaton

De Houvaton

21H49 | 15/02/2008 | Permalien

Merci aux auteurs qui mettent enfin le doigt sur la gestion opaque de l'argent public dans les municipalités françaises sans concertation citoyenne (encore un déni de démocratie), auteurs qui enseignent les sciences politiques à l'université de Lille 2.
Enseignent-ils également à leurs étudiants que ce problème pourrait être réglé en deux coups de cuillères à pot par démocratie directe comme le font les suisses qui paient trois fois moins d'impots que nous et ont pourtant une qualité service public top niveau que n'ont pas les français ? Pourquoi réussissent-ils cet exploit ? Simplement parce que n'importe quel suisse lambda participe aux décisions et choix financier de son canton, sans passer par son « élu ».

En France, des sommes considérables sont systématiquement détournées ou mal utlisées. Résultat : ces mêmes « elus » exigent toujours plus d'impôts. Moi j'exige la démocratie directe pour mettre un terme définitif à cette corruption généralisée, jamais ou si rarement épinglée par la Justice française. Et nous paieront moins d'impôts pour une bien meilleure infrastructure profitable à tous. Cela vaut peut-être la peine d'expliquer à vos étudiants ce qu'est et comment fonctionne la démocratie directe.

Portrait de Pierrot44

De Pierrot44

21H57 | 15/02/2008 | Permalien

L'intercommunalité à fiscalité propre (rien à voir avec le Grenelle) - les communautés, donc - ne date pas d'hier, son essor le plus notable étant toutefois à dater de 1999 avec la relance de ce mouvement, notamment par l'incitation financière de la part de l'Etat.
Déjà en 2001, lors des dernières municipales, 2/3 de la population française était regroupée dans ces structures. Quel écho dans les médias à l'époque ? Nada.
2008 : 92 % des communes, 87 % de la population, et l'essentiel de la taxe professionnelle, impôt local le plus important en masse et le plus en progression.
Impact dans la presse et la télé à quelques semaines des élections ? Quasi nul, cherchez l'erreur…
Je trouve anormal que la plupart des journalistes fasse l'impasse sur l'intercommunalité ; certes il faut « investir » un peu sur le sujet car, c'est vrai, les relations - notamment financières - commune-communauté sont complexes. Mais si les journalistes ne nous éclairent pas sur la question intercommunale, qui le fera ?
En tout cas merci et bravo à Rue89 de traiter la question par le biais de cet article, pourvu que cela dur !

PS : les outils en matière de transparence financière pour les communautés vers les communes membres et leurs citoyens-contribuables existent … sur le papier (art. 40 de la loi du 12 juillet 1999 notamment) ! ! Il ne tient qu'aux élus d'en faire un usage immodéré, mais ça c'est une autre paire de manches …

Portrait de sinclair

De sinclair

22H06 | 15/02/2008 | Permalien

Le système démocratique tel qu'il est en france est il a revoir ? peut être. Ceci dit lorsqu'un projet est vote par 82% du conseil gauche et droite confondu le reste 10 voix soit d'abstention soit contre (combien de contre ? ). Le tout en connaissant la misère des stades en france et qu'un stade ne sert pas qu'au foot. Ou est le problème démocratique ? .
Je suggère aux mécontent de ne pas voter pour ceux qui ont approuves la construction de ce stade qui n'a pas du se décider en un jour en catimini non ?

Portrait de Frandsen59

à sinclair Portrait de sinclair De Frandsen59

22H53 | 15/02/2008 | Permalien

Eh bien détrompe toi Sinclair… Comme le précisent les auteurs, la décision de retenir le projet de loin le plus coûteux a été prise le jour même précédant le conseil de la communauté urbaine de Lille ! Tu peux faire une recherche d'article de presse sur internet sur le sujet si tu veux t'en convaincre.

Ta réponse traduit par ailleurs le problème (assez généralisé) d'incompréhension du fonctionnement de l'intercommunalité en France. Toutes les formations politiques ont pris part à ce vote… Alors qui sanctionner ?

Si la grande majorité des élus ont voté pour le projet, ce n'est pas parce qu'ils trouvaient ce projet meilleur que les deux autres, mais pour des raisons complexes de compromis politiques internes dans ces structures. Les élus y sont tenus par des accords de gouvernement qui n'ont pas toujours grand chose à voir avec des objectifs communs. Le fonctionnement des CU empêche souvent les élus réticents d'exprimer leur désaccord.

Si tu trouves qu'il est normal que des conseillers communautaires que tu n'as pas élus (puisque tu voteras pour les conseils municipaux et non pour les conseillers communautaires) décident pour l'ensemble des grandes politiques qui concernent ton agglomération, sans que ces investissements aient été annoncés ou débattus dans leurs programmes, c'est ton problème. Chacun a le droit d'abdiquer sa modeste souveraineté de citoyen…
Mais d'autres peuvent penser l'inverse et souhaiter plus de démocratie dans les structures intercommunales. C'est mon cas.

Portrait de calle8

à Frandsen59 Portrait de Frandsen59 De calle8

23H21 | 15/02/2008 | Permalien

1 encore une fois : le système est peut être compliqué voire défaillant, mais les conseillers communautaires SONT des élus. et quand on vote pour le conseil municipal on lui attribue le vote pour la communauté urbaine. il serait donc logique pour ceux qui désapprouvent ce choix de voter contre les candidats aux municipales qui l'approuvent.

2 le choix du projet le plus coûteux parmi les trois a certes été décidé peu de temps avant le vote mais il me semble que ce qui est critiqué ici c'est le choix de la construction du stade lui-même (dans tous les cas il aurait été très coûteux et on aurait dit qu'on aurait pu faire des kilomètres de tramway pour ce prix). Le choix du stade à cet endroit et pour cet ordre de coût là ne date pas d'hier lui.
je rappelle que l'auteur de l'article s'est farouchement opposé à l'agrandissement du stade GJ dont le coût aurait été bien plus modeste et le projet principalement porté par… la mairie.

Portrait de Peureux anonyme

à sinclair Portrait de sinclair De Peureux anonyme

00H03 | 16/02/2008 | Permalien

Le problème démocratique est de savoir si les conseillers votent en fonction de l'avis des citoyens ou en fonction de leurs intérêts propres.

La menace de ne pas les réélire est largement inopérante dans la mesure où les partis disposent des fonds permettant de financer la campagne publicitaire et donc sont certains de faire réélire leurs candidats respectifs ou de dédommager les perdants (en ces matières UMP ou PS c'est la même chose).

Une solution serait peut être de désigner les conseillers par tirage au sort parmi les candidats et de réserver le suffrage universel pour des référendums locaux et pour la destitution de conseillers indignes.

Portrait de Chuck Norris

De Chuck Norris

00H49 | 16/02/2008 | Permalien

Juste quelques petites remarques sur ce stade en tant que Lillois de coeur et fan de foot :

Le LOSC ne remplit à peu près jamais le Stadium Nord, tout comme il ne remplissait Grimonprez que pour OM - LOSC (avec majorité de Marséyés). Un stade de 50 000 places semble donc (surtout à ce prix-là) complètement inutile…Seydoux et Aubry ont les yeux bien plus gros que le ventre.

Le LOSC n'est remonté en D1 que récemment, et au vu de la saison en cours, on peut se poser la question de l'utilité d'un tel investissement. La motivation présentée comme première (vitrine pour le club) dépend quand même d'aléas sportifs très peu prévisibles sur 30 ans…

Sinon, construire un stade de ce type aussi loin de la ville du club correspond plus à un effet de mode (une sorte de compétition entre élus locaux cf Grenoble ou Lyon) qu'à un réel besoin.

Après, sur le vrai thème de fond de cet article, bien sûr que MM Desage et Sawicki pointent un vrai problème : les EPCI, tout comme le Parlement Européen, ont de plus en plus de pouvoirs et d'impact sur la vie des citoyens, alors que ce sont les acteurs les moins bien connus du paysage institutionnel et politique.
Il y a donc une vraie question, celle du stade n'étant qu'un angle d'attaque (qui rameute tous les supps du LOSC bien sûr), qui est ici bien soulevée, à condition de tout lire jusqu'au bout et sans trop d'a priori…

Bonne nuit ; )

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