
Grand stade de Lille : la démocratie n'en sort pas grandie

Selon Frédéric Sawicki et Fabien Desage, qui enseignent les sciences politiques à l'université de Lille 2, les plus gros investissements se décident dans le dos des citoyens. Ils nous adressent cette tribune.
Sera-t-il bien raisonnable de se rendre aux urnes lors des élections municipales de mars prochain ? Un épisode survenu lors du dernier conseil de la communauté urbaine de Lille (LMCU), le 1er février dernier, invite à lui seul à en douter, tant il a valeur de parabole du fonctionnement de notre démocratie locale : les plus gros investissements se décident dans le dos des citoyens.
Ce soir-là, à un mois du scrutin, 82% des conseillers communautaires adoptent une délibération engageant les négociations avec un grand groupe de construction (Eiffage) afin de réaliser un » grand stade » de 50 000 places, à l'échéance de 2012 pour la modique somme de… 700 millions d'euros.
A quelques défections individuelles près (moins de 10 abstentions et voix contre sur 170), l'ensemble des partis, de l'UMP au PCF en passant par le PS et le MoDem, soutiennent ou choisissent de ne pas s'opposer pas à cette délibération (une vingtaine d'élus, dont les Verts, décident de ne pas prendre part au vote).
» Le beau l'a emporté sur le raisonnable »
Pourtant, des différents projets présentés par les trois grands groupes de construction en concurrence, les conseillers ont retenu le plus cher, à la surprise générale et en reniant l'objectif de maîtrise des coûts qu'ils avaient eux même présentés comme déterminant depuis trois ans.
La vice-présidente communiste chargée du dossier, Michelle Demessine, résume le choix de l'assemblée, par des mots qui en disent long, en même temps qu'ils laissent le citoyen pantois :
Si le » beau » prête à débat, le coût probable pour la collectivité défie l'entendement. Entre la redevance de 15 millions d'euros versée annuellement pendant trente-et-un ans au constructeur et la prise en charge des infrastructures routières -curieuse conception d'un » partenariat public-privé » qui s'apparente dès lors à une classique » concession » -, c'est une somme prévisionnelle avoisinant en fait le milliard d'euros (en incluant la valeur actualisée des versements et les infrastructures annexes) qui sera consacrée par LMCU à la réalisation de cet équipement.
Ce sera là son principal investissement pour les années à venir, correspondant peu ou prou au coût de sa seconde ligne de métro à la fin des années 90 ou à la construction de 30 kilomètres de tramway !
» Le beau l'a emporté sur le raisonnable »
Les modalités concrètes de mise en œuvre de la convention avec Eiffage restent encore floues, mais on ne peut que s'étonner de la précipitation des conseillers communautaires à engager ainsi la communauté urbaine à la toute fin de leur mandat.
Si l'on avait voulu signifier aux électeurs qu'ils auront beau aller voter en mars prochain, l'essentiel des investissements intercommunaux se décidera sans eux, on ne s'y serait pas mieux pris !
Nul besoin de chercher dans les programmes municipaux et les promesses de 2001 les raisons d'un tel engagement. Elles ne s'y trouvent pas.
Et pour cause puisque le projet de construire un stade de ce » standing » a émergé en cours de mandat, pour permettre aux élus de » sauver la face » après que le permis de construire d'un précédent projet de stade (dix fois moins onéreux mais largement controversé, car installé sur le site de la Citadelle Vauban) eût été annulé par un arrêt du conseil d'Etat.
Comme pour le projet actuel de » très grand » stade, les conseillers élus avaient alors voté en bloc à plusieurs reprises -en dépit des réticences exprimées par nombre d'entre eux en aparté- avant de se voir désavoués collectivement par la justice.
Un beau cadeau de départ pour Pierre Mauroy ?
Les élus ont-ils cédé à une pressante demande populaire ? Que nenni ! Un récent sondage réalisé par le quotidien La Voix du Nord indique que seulement 6% des lecteurs interrogés font de la construction d'un grand stade un projet prioritaire pour l'avenir. Celui-ci n'arrive qu'en septième position, bien après les projets d'infrastructures de transport ou d'espaces verts.
Ont-ils voulu offrir un beau cadeau de départ à Pierre Mauroy ? Ce contexte a sans doute joué dans la volonté d'une partie des conseillers de ne pas » contrarier » celui qui fut le garant des compromis intercommunaux au-delà des clivages partisans lors des trois derniers mandats, et pour qui l'échec du projet aurait sonné comme un désaveu personnel.
Mais, au-delà de ce contexte particulier, c'est d'abord le mode de fonctionnement politique singulier des institutions intercommunales qui est ici en cause. On lit et l'on entend souvent que l'un des enjeux des municipales dans les grandes agglomérations réside dans le contrôle des communautés urbaines.
Aux commandes des communautés urbaines, de » grandes coalitions »
Faut-il le rappeler, ni celle de Lille, ni celle de Lyon ne sont gouvernées par la gauche depuis 2001 ! Présidés par un socialiste, leur exécutif associent largement la droite et le centre. A l'inverse, les communautés de Bordeaux et de Marseille sont présidées par un élu de l'UMP, mais sont également cogérées par des » grandes coalitions » à l'allemande.
A Lille, Marc-Philippe Daubresse, ancien ministre UMP est ainsi le premier vice-président de Pierre Mauroy, avec lequel il a signé un accord de mandature dès 2001. Ce dernier brigue la succession de l'ancien Premier ministre et dispute âprement à Martine Aubry l'héritage du patriarche. D'ores et déjà, les tractations ont déjà commencé.
Et le choix d'Eiffage s'explique d'abord parce que le président de l'influent groupe représentant les petites communes (46 élus) a décidé, contre toute attente et au dernier moment, de soutenir ce projet ; du coup, l'UMP et le PS, qui convoitent le soutien de son groupe pour la conquête de la présidence de la communauté, n'ont pu que se rallier à lui.
Une culture du consensus qui annihile toute possibilité de débat public
Cet exemple confirme que les ressources des structures intercommunales sont devenues tellement importantes pour les maires dans la conduite de leurs politiques municipales que ces derniers préfèrent aujourd'hui s'arranger » entre pairs » plutôt que de s'affronter sur des projets concurrents.
Les » consensus communautaires » , à Lille ou ailleurs, s'apparentent donc à des modus vivendi. Ils annihilent toute possibilité de débat public. Tout se règle en coulisses, par-delà les clivages politiques, favorisant l'opacité du fonctionnement politique et des modes de décision, mais également l' » entre-soi » des élus en leur sein.
Les mécanismes de contrôle démocratique, qui passent notamment par l'existence d'une » opposition » ou par une certaine publicité des prises de position, sont neutralisés. La décision du grand stade à Lille apparaît donc emblématique des effets pervers de ce mode de gouvernement, quand le régime de compromis permanents et la défense par chaque maire des intérêts bien compris de sa commune contribuent à une autonomie du jeu politique qui confine à l'autisme.
Le régime de consensus, devenu la norme dans le gouvernement des structures intercommunales, parce qu'il repose sur la reconnaissance de la souveraineté municipale de chaque maire quelle que soit son appartenance partisane, explique également en grande partie l'incapacité de ces institutions à mettre en œuvre certaines politiques en matière de réduction des inégalités territoriales, de lutte contre l'étalement urbain ou de construction de logements sociaux pour lesquelles elles ont été pourtant conçues.
Une solution : l'élection des conseillers au suffrage universel direct
A Lille, la communauté urbaine a ainsi échoué à imposer aux communes de droite la construction de logements sociaux. Choisir de financer un stade à cette hauteur, c'est aussi ne pas choisir de mener d'autres politiques moins consensuelles.
L'armistice partisan permanent qui règne dans ces instances aboutit ainsi à limiter leur capacité à mener des politiques redistributives ou planificatrices sur le territoire, politiques toujours sous la menace du droit de veto informel des maires.
Il se traduit par une dénégation du caractère potentiellement contradictoire des intérêts en présence au sein d'une agglomération, avec pour conséquence le refus d'arbitrer entre ces derniers.
Les dispositions qui permettraient aujourd'hui une démocratisation de ces structures intercommunales (l'élection des conseillers communautaires au suffrage universel direct couplée à la suppression de la possibilité de cumuler les mandats municipaux et intercommunaux), maintes fois annoncées mais toujours reportées, ne semblent plus d'actualité.
La majorité des parlementaires et les associations d'élus locaux s'y opposent de peur de voir émerger une légitimité politique concurrente de celle des maires. Les élections municipales auront donc lieu en 2008 comme en 2001.
D'intercommunalité, il ne sera que très peu question dans la campagne, hormis subrepticement et autour de l'enjeu finalement secondaire de l'élection du président.
Une fois les élections passées, les institutions intercommunales continueront à être gérées consensuellement, en coulisses, et en l'absence des citoyens, condamnés à se mobiliser par la voie associative et poussés au contentieux par cette confiscation du débat.
Pauvre démocratie locale…
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De ParMontsEt ParMots
17H18 | 15/02/2008 |
On aura une belle infrastructure qui va coûter cher et alors ? ça vous dérange ?
Vous auriez préféré qu'on ait une verrue dans le paysage ?
J'espère d'ailleurs qu'on lui donnera le nom de « Marceau SOMERLINCK », Lillois de toujours, seul joueur à avoir gagné 5 fois la coupe de France dans le même club et qui est toujours resté fidèle à son club, le LOSC
Quant aux logements sociaux, il s'en construit au delà du minimum imposé.
à ParMontsEt ParMots
De pablico
18H47 | 15/02/2008 |
Ne vous plaignez pas à Lille, Ici à Nice le grand stade tourne au pataques, à la foire d'empoigne, et au ridicule entre le maire, le préfet, la justice et Estrosi sans compter sur la face immergée de l'iceberg. Et cela depuis 1998 ! !
Soyez heureux Lillois.
à ParMontsEt ParMots
De Diogenelephilosophe
22H42 | 18/02/2008 |
Je suis très étonné que le projet Eiffage ait été retenu alors qu'il va véritablement à l'encontre du bon sens. Le principe d'avoir seulement un demi-terrain amovible au lieu d'un terrain entièrement rétractable est une très mauvaise idée : la conséquence pour notre agglomération sera en effet de payer plus pour gagner moins…
Le projet prétend permettre de multiples concerts et autres manifestations, mais en réalité moins de la moitié du stade sera disponible, ce qui limitera la taille des évènements potentiels. Or cette technologie de demi-terrain amovible coute aussi cher qu'une véritable pelouse rétractable comme celle de l'University of Phoenix Stadium
(http://en.wikipedia.org/wiki/University_of_Phoenix_Stadium)
Est-ce pour faire original que nous devons nous contenter d'un projet aussi bancal ? Pour un cout de 700 millions d'euros ne peut-on attendre d'avoir un stade qui puisse véritablement rivaliser avec les plus grands stades du monde ? Que se cache-t-il derrière une décision aussi dénuée de bon sens ?
à Diogenelephilosophe
De GrandCorpsMalade
23H05 | 18/02/2008 |
@ Diogene, je suis totalement d'accord avec toi. Nous serons la risée de la France entière avec un stade aussi mal concu ! Cette idee de demi-terrain amovible a 10 ans de retard… Pour le meme prix pourquoi ne pas construire une salle polyvalente basket/hand/spectacle à coté du stade ? L'intéret d'un terrain amovible c'est de pouvoir faire des spectacles grandioses dans le stade entier sans abimer le gazon, je me trompe ?
à Diogenelephilosophe
De Lebeber
02H14 | 19/02/2008 |
C'est clair qu'avec ce projet on est très loins d'un projet aussi impressionnant que le Phoenix Stadium…
à Lebeber
De GrandCorpsMalade
19H50 | 19/02/2008 |
Allez voir aussi le Gelredome, c'est impressionnant ! L'idee de Lille me semble vraiment batarde
De etonne
Rennes | 17H18 | 15/02/2008 |
« Ce soir-là, à un mois du scrutin, 82% des conseillers communautaires adoptent une délibération engageant les négociations avec un grand groupe de construction »
a combien de pour cent estimez vous qu'une décision est démocratique ?
à etonne
De toots
void | 17H36 | 15/02/2008 |
« a combien de pour cent estimez vous qu'une décision est démocratique ? »
Je crois que vous n'avez pas vraiment compris l'article…
Il s'agit de démocratie vis-à-vis des électeurs pour lesquels les élus un un mandat représentatif…
Ha la la….
à toots
De calle8
17H50 | 15/02/2008 |
« démocratie vis-à vis des électeurs » ça veut dire quoi ?
à calle8
De toots
void | 17H55 | 15/02/2008 |
Cela veux dire qu'on est élu pour représenter les citoyens. Enfin jusqu'à preuve du contraire.
à toots
De calle8
18H01 | 15/02/2008 |
donc c'est « démocratie » tout court que vous vouliez dire
ou « démocratie représentative » peut être.
et si les élus sont élus pour représenter les citoyens, les citoyens n'ont qu'à ne pas voter pour eux aux prochaines élections (enfin, jusqu'à preuve du contraire)
à toots
De Houvaton
22H13 | 15/02/2008 |
La preuve du contraire la Suisse la détient depuis au moins 1890, depuis au moins 118 ans. Ils ont une démocratie directe.
En clair, particulièrement dans leurs cantons, ici nos communes ou municipalités aggrandies, ils ne votent pas pour des « représentants » et leurs programmes respectifs mais directement pour les lois (par votations populaires) à l'échelle de la Confédération et s'impliquent directement dans ce que les regardent prioritairement c'est à dire l'affectation, la destination de chaque budget au regard de la masse des impôts prelevés qui sont bien moindres qu'en France et je peux vous assurer que, dans ces conditions de vraie démocratie, la corruption est vite enrayée et les infrastructures au top niveau pour le bien de tous. (J'ai écrit un commentaire là-dessus plus bas).
De Erka
Scientifique, USA | 17H22 | 15/02/2008 |
Quand il s'agit de foot la démocratie locale peut aller se brosser, cf. le scandale du stade de GRENOBLE.
De chasseuse_d-étoiles
17H24 | 15/02/2008 |
« Sera-t-il bien raisonnable de se rendre aux urnes lors des élections municipales de mars prochain ? “
Qu'est-ce que c'est une remarque pareille si ce n'est du poujadisme ?
Il y a beaucoup de raisons pour aller voter : le logement, la politique urbaine… C'est une élection municipale, pour élire un maire. Les journalistes ont une responsabilité en vers la société : ils ne doivent pas encourager les gens à ne pas aller voter !
Ne laisser pas les autres choisir pour vous, allez voter !
à chasseuse_d-étoiles
De toots
void | 17H38 | 15/02/2008 |
« Ne laisser pas les autres choisir pour vous, allez voter ! »
Et laisser les élus choisir ?
Ici aussi vous n'avez pas compris le sens de l'article.
Il s'agit, après avoir voter, de demander des comptes sur l'action des élus.
Parceque si vous allez voter par bonne conscience citoyenne, mais qu'après les élus font ce qui les chantent, alors oui, à quoi bon voter ?
à toots
De Nutmeg
17H49 | 15/02/2008 |
En tout cas, si on ne vote pas, je crois qu'il ne faut pas non plus aller demander des comptes…
Je ne sais pas où vous voulez en venir quand vous dites (en substance) que ça ne sert à rien d'aller voter pour des gens qui, une fois élus, pourront prendre des décisions…
Les élus (qui sont élus parce qu'on vote) doivent prendre des décisions (sinon, ils servent à quoi ? ) ET rendre des comptes. C'est bien ça le principe, non ? Il est où le non-respect de ce principe dans la décision prise par LMCU ?
à Nutmeg
De toots
void | 17H54 | 15/02/2008 |
« En tout cas, si on ne vote pas, je crois qu'il ne faut pas non plus aller demander des comptes… »
Je ne crois pas.
Tout d'abord tout le monde n'a pas le droit de vote, en revanche la politique du pays impacte fortement sur la vie de tout le monde. Il est donc normal de d'avoir son mot à dire sur cette politique, même si on ne vote pas.
Enfin, je ne compte plus les gens m'affirmant qu'ils n'auraient jamais voté Sarkozy si il n'y avait pas eu Royal en face, alors vous savez, les motagnes de bonne conscience du genre « pas voter c'est mal » je n'y crois plus trop.
Ou alors vous comptabilisez les votes blanc. Sinon j'apelle cela une prise d'otage en blanc bonnet et bonnet blanc.
à chasseuse_d-étoiles
De jayjay69
(supporter du LOSC) | 18H53 | 15/02/2008 |
Votre remarque, qu'est-elle si ce n'est un raccourci ? Et un contre-sens vis-à-vis du propos de l'article ? C'est justement parce que les dossiers gérés par l'interco ne sont pas soumis au suffrage universel, et que les maires ont de moins en moins de prérogatives vis-à-vis des interco que les auteurs s'indignent (à juste titre) ! ! !
Et effectivement, Grenoble, Nice ou Reims présentent des situations analogues, tout aussi grotesques.
à jayjay69
De calle8
20H04 | 15/02/2008 |
suffrage universel « direct » je suppose
De Nutmeg
17H41 | 15/02/2008 |
82% des élus ont voté pour un projet échaffaudé et débattu pendant plus de 2 ans… Si ça c'est anti-démocratique, je n'y comprends plus rien.
Pour Rue89 : serait-il possible d'avoir un article qui présente les arguments en faveur de ce projet ? Ils sont nombreux et ont largement eu le temps de « mûrir » depuis le temps que ce fameux projet de « grand stade » est sur la table. La « précipitation » mentionnée dans l'article à propos de ce vote est à s'étrangler. La virulence des auteurs est peut-être due à leur frustration de ne pas avoir réussi à anéantir cette velléité de développement de la région Nord-Pas-de-Calais. Ce projet de grand stade est un investissement certes lourd, mais c'est un investissement dont les retombées pour l'agglomération lilloise seont extrêmement positives. Vraiment, cet article mérite qu'on expose également le point de vue opposé.
à Nutmeg
De jayjay69
(supporter du LOSC) | 18H46 | 15/02/2008 |
Bon, clairement, tu parles sans connaître le dossier, ni comprendre les enjeux de l'article.
Le problème du dossier du stade, c'est qu'il n'a JAMAIS généré de débats dans l'enceinte de la CUDL, même si les options retenues ont été fluctuantes (à cause de « Sauvons la citadelle », d'abord, puis des priorités changeantes de la l'exécutif : ceux là même qui avaient déclaré faire de la maîtrise des coûts un critère de choix se sont dédits en quelques semaines…). Comme l'explique bien l'article, et le rappelle un commentateur plus loin, le problème est que cette décision « consensuelle » prend place dans une arène peu perméable aux effets du suffrage universel direct. Contrairement à ce qu'avance je sais pas qui plus loin, les aléas des municipales changent peu de choses à la composition du conseil communautaire, puisque chaque commune membre de la CUDL (de mémoire, 85) envoie deux représentants, quelle que soit sa taille : la proportionnelle n'a rien à voir là-dedans.
Bref, si pour toi, la démocratie, c'est : « des gens, élus par le peuple sur des enjeux municipaux, et cooptés entre eux lors d'un troisième tour, peuvent décider dans leur coin ce qui leur chante », je me dis qu'effectivement, rien à dire sur ces projets de partenariats public/privé où c'est le citoyen qui paie et le consortium privé qui empoche.
Pour mémoire, les prémisses de la démocratie, c'est la reconnaissance de la nécessité du consentement de l'impôt par le peuple souverain…
à jayjay69
De calle8
19H54 | 15/02/2008 |
réponse de « je ne sais pas qui plus loin »
il faudrait bien lire les interventions avant de prendre ce ton arrogant. ce que j'ai dit c'est que les conseils municipaux ne sont pas purement proportionnels. du coup une liste gagnante emporte beaucoup de sièges au conseil municipal et envoie beaucoup de conseillers communautaires. de plus vous faites une erreur car seules les petites communes n'envoient que deux conseillers. les grandes bien plus.
à calle8
De jayjay69
(supporter du LOSC) | 20H18 | 15/02/2008 |
Non je maintiens : la communauté urbaine est régie par un conseil où toutes les communes sont représentées semblablement par deux élus. D'où le fait que Mauroy a longtemps « gouverné » la CUDL avec le GADEC, un lobby des petites communes.
Mon ton est arrogant, mais au moins je sais de quoi je parle.
à jayjay69
De calle8
20H43 | 15/02/2008 |
désolé mais vous ne savez pas de quoi vous parlez : Lille dispose de 29 sièges au conseil de communauté, Roubaix de 13…
à calle8
De jayjay69
(supporter du LOSC) | 20H58 | 15/02/2008 |
Au temps pour moi.
Il n'empêche que les petites communes, celles les moins sensibles aux changements électoraux, sont bien sur-représentées, puisqu'elles représentent environ 20 % de la population, et un tiers des sièges.
Du reste, ce sont bien les élus qui, par secteur, sélectionnent leurs représentants à la CUDL, et privilégient une forme de consensualisme qui ne reflète pas le suffrage universel direct.
à jayjay69
De ektin
21H46 | 15/02/2008 |
Ton pseudo dément à lui seul ton prétendu support au LOSC (on dirait ces noeunoeux sarkosiens qui commencent leurs contribs par un « je n'ai pa voté pour N.S. mais je trouve qu'il a vraiment raison blablabla »).
Il semblerait qu'il y ait à Lille ( comme partout ailleurs - l'intolérance n'étant pas l'apanage des chtis) une frange de frustrés de la culture qui ignorent sans doute que le sport en fait partie. Et les Sawicki de tous bords ( sans doute plus du bord De Villiers quand même ; -) ) auraient sans doute préféré que la Cudl ait voté un subvention de 700 millions pour un quelconque orchestre classique que personne n'écoute ; c'est sans doute ça leur conception de la démocratie.
à ektin
De Frandsen59
22H37 | 15/02/2008 |
Ektin… J'ai longtemps hésité à commenter, parce que certains messages se passent de commentaires…
Tu sembles bien sûr de toi quand tu attribues tes bons points de supporters et tes appréciations politiques. Tu es pourtant bien loin du compte.
Apparemment par contre, tu as une connaissance intime de la « frustration culturelle ». 700 millions d'euros de subvention pour un orchestre, ça ne risque pas d'arriver, dors tranquille.
De nombreux supporters du LOSC (dont je fais partie depuis 20 ans, sans que cela implique que je mette mon cerveau en veille) sont d'ailleurs critiques par rapport à cette décision. Ils veulent effectivement un stade, mais pas dans n'importe quelles conditions et à n'importe quel prix. Parce que les supporters, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, sont aussi, le reste du temps, des citoyens et des contribuables…
« Pour marcher au pas, pas besoin de cerveau. Une moelle épinière suffit ». A. Einstein
à ektin
De jayjay69
(supporter du LOSC) | 10H35 | 16/02/2008 |
Mon pseudo montre que bien qu'ayant émigré à Lyon, je demeure un fervent supporter du LOSC, malgré les vissicitudes sportives qui font que le club de mon coeur navigue en bas de classement, alors que je pourrais m'extasier facilement pour un club plus proche avec des résultats plus exaltants.
je ne suis allé au stade que deux fois cette année : Lyon - Losc (où j'ai failli me faire lyncher en manifestant bruyamment mon enthousiasme après le but de Bastos), et La Duchère - Losc (où je me suis à moitié endormi).
Cela étant dit, ma conception de la démocratie, ce n'est pas en tout cas de planifier des dépenses publiques de long terme avec des arguments tels que « il y a plein de supporters, ce sont des boeufs, on va leur faire plaisir avec un grand stade ». C'est ce genre de « pensées » sarkozistes qui motivent les cadeaux fiscaux, les applatissements devant les pollueurs de la FNSEA, ou la substitution de la mémoire à l'histoire.
De boumideschoux
17H54 | 15/02/2008 |
et c'est ecrit par des « politologues » ?
je ne suis pas lillois et donc pas directement concerné
mais j'ai quand meme quelques
interogations sur cet article
82% des representants c'est trop peu peu etre ?
a partir de combien de temps avant les elections ne doit plus prendre de decisions ?
La valeur d'un projet ne se definie que par son cout ? le le moins disant , mais combien coute la beauté ? combien rapporte l'image de marque ?
a moins bien sur que de penser « tous pourris » , refuser la democratie representative et croire que toute les decisions doivent etre prise directement par le peuple.
à boumideschoux
De Frandsen59
19H17 | 15/02/2008 |
« Combien rapporte l'image de marque ? … »
En quoi un stade change-t-il l'économie d'une région ou d'une agglomération ? Si vous êtes capable de citer une seule agglomération où la construction d'un stade à fait venir des entreprises, ça m'intéresse… Lens a un stade de près de 50 000 places depuis des années, si les entreprises s'y précipitaient, ça se saurait ! Je ne parle même pas de Marseille ou de St Etienne, dont les succès footballistiques n'ont pas, à ce que je sache, endigué la crise. Il faut être bien naïf sur les logiques de l'économie pour croire que la construction d'un tel équipement pourrait en quoi que ce soit favoriser le développement économique. Ce serait trop simple…
Entre accepter la démocratie représentative et laisser carte blanche aux élus (par les conseils muncipaux et non par les citoyens ! ) pour décider du principal investissement pour les prochaines années, sans avoir été mandatés pour cela, il y a quand même une différence !
C'est justement ce fonctionnement de la démocratie sans les citoyens, sans débats, qui accrédite l'idée fausse du « tous pourris » !