Grand stade de Lille : la démocratie n'en sort pas grandie

Vue du futur Grand Stade Lille Métropole (DR).

Selon Frédéric Sawicki et Fabien Desage, qui enseignent les sciences politiques à l'université de Lille 2, les plus gros investissements se décident dans le dos des citoyens. Ils nous adressent cette tribune.

Sera-t-il bien raisonnable de se rendre aux urnes lors des élections municipales de mars prochain ? Un épisode survenu lors du dernier conseil de la communauté urbaine de Lille (LMCU), le 1er février dernier, invite à lui seul à en douter, tant il a valeur de parabole du fonctionnement de notre démocratie locale : les plus gros investissements se décident dans le dos des citoyens.

Ce soir-là, à un mois du scrutin, 82% des conseillers communautaires adoptent une délibération engageant les négociations avec un grand groupe de construction (Eiffage) afin de réaliser un » grand stade » de 50 000 places, à l'échéance de 2012 pour la modique somme de… 700 millions d'euros.

A quelques défections individuelles près (moins de 10 abstentions et voix contre sur 170), l'ensemble des partis, de l'UMP au PCF en passant par le PS et le MoDem, soutiennent ou choisissent de ne pas s'opposer pas à cette délibération (une vingtaine d'élus, dont les Verts, décident de ne pas prendre part au vote).

 » Le beau l'a emporté sur le raisonnable »

Pourtant, des différents projets présentés par les trois grands groupes de construction en concurrence, les conseillers ont retenu le plus cher, à la surprise générale et en reniant l'objectif de maîtrise des coûts qu'ils avaient eux même présentés comme déterminant depuis trois ans.

La vice-présidente communiste chargée du dossier, Michelle Demessine, résume le choix de l'assemblée, par des mots qui en disent long, en même temps qu'ils laissent le citoyen pantois :

Si le » beau » prête à débat, le coût probable pour la collectivité défie l'entendement. Entre la redevance de 15 millions d'euros versée annuellement pendant trente-et-un ans au constructeur et la prise en charge des infrastructures routières -curieuse conception d'un » partenariat public-privé » qui s'apparente dès lors à une classique » concession » -, c'est une somme prévisionnelle avoisinant en fait le milliard d'euros (en incluant la valeur actualisée des versements et les infrastructures annexes) qui sera consacrée par LMCU à la réalisation de cet équipement.

Ce sera là son principal investissement pour les années à venir, correspondant peu ou prou au coût de sa seconde ligne de métro à la fin des années 90 ou à la construction de 30 kilomètres de tramway !

 » Le beau l'a emporté sur le raisonnable »

Les modalités concrètes de mise en œuvre de la convention avec Eiffage restent encore floues, mais on ne peut que s'étonner de la précipitation des conseillers communautaires à engager ainsi la communauté urbaine à la toute fin de leur mandat.

Si l'on avait voulu signifier aux électeurs qu'ils auront beau aller voter en mars prochain, l'essentiel des investissements intercommunaux se décidera sans eux, on ne s'y serait pas mieux pris !

Nul besoin de chercher dans les programmes municipaux et les promesses de 2001 les raisons d'un tel engagement. Elles ne s'y trouvent pas.

Et pour cause puisque le projet de construire un stade de ce » standing » a émergé en cours de mandat, pour permettre aux élus de » sauver la face » après que le permis de construire d'un précédent projet de stade (dix fois moins onéreux mais largement controversé, car installé sur le site de la Citadelle Vauban) eût été annulé par un arrêt du conseil d'Etat.

Comme pour le projet actuel de » très grand » stade, les conseillers élus avaient alors voté en bloc à plusieurs reprises -en dépit des réticences exprimées par nombre d'entre eux en aparté- avant de se voir désavoués collectivement par la justice.

Un beau cadeau de départ pour Pierre Mauroy ?

Les élus ont-ils cédé à une pressante demande populaire ? Que nenni ! Un récent sondage réalisé par le quotidien La Voix du Nord indique que seulement 6% des lecteurs interrogés font de la construction d'un grand stade un projet prioritaire pour l'avenir. Celui-ci n'arrive qu'en septième position, bien après les projets d'infrastructures de transport ou d'espaces verts.

Ont-ils voulu offrir un beau cadeau de départ à Pierre Mauroy ? Ce contexte a sans doute joué dans la volonté d'une partie des conseillers de ne pas » contrarier » celui qui fut le garant des compromis intercommunaux au-delà des clivages partisans lors des trois derniers mandats, et pour qui l'échec du projet aurait sonné comme un désaveu personnel.

Mais, au-delà de ce contexte particulier, c'est d'abord le mode de fonctionnement politique singulier des institutions intercommunales qui est ici en cause. On lit et l'on entend souvent que l'un des enjeux des municipales dans les grandes agglomérations réside dans le contrôle des communautés urbaines.

Aux commandes des communautés urbaines, de » grandes coalitions »

Faut-il le rappeler, ni celle de Lille, ni celle de Lyon ne sont gouvernées par la gauche depuis 2001 ! Présidés par un socialiste, leur exécutif associent largement la droite et le centre. A l'inverse, les communautés de Bordeaux et de Marseille sont présidées par un élu de l'UMP, mais sont également cogérées par des » grandes coalitions » à l'allemande.

A Lille, Marc-Philippe Daubresse, ancien ministre UMP est ainsi le premier vice-président de Pierre Mauroy, avec lequel il a signé un accord de mandature dès 2001. Ce dernier brigue la succession de l'ancien Premier ministre et dispute âprement à Martine Aubry l'héritage du patriarche. D'ores et déjà, les tractations ont déjà commencé.

Et le choix d'Eiffage s'explique d'abord parce que le président de l'influent groupe représentant les petites communes (46 élus) a décidé, contre toute attente et au dernier moment, de soutenir ce projet ; du coup, l'UMP et le PS, qui convoitent le soutien de son groupe pour la conquête de la présidence de la communauté, n'ont pu que se rallier à lui.

Une culture du consensus qui annihile toute possibilité de débat public

Cet exemple confirme que les ressources des structures intercommunales sont devenues tellement importantes pour les maires dans la conduite de leurs politiques municipales que ces derniers préfèrent aujourd'hui s'arranger » entre pairs » plutôt que de s'affronter sur des projets concurrents.

Les » consensus communautaires » , à Lille ou ailleurs, s'apparentent donc à des modus vivendi. Ils annihilent toute possibilité de débat public. Tout se règle en coulisses, par-delà les clivages politiques, favorisant l'opacité du fonctionnement politique et des modes de décision, mais également l' » entre-soi » des élus en leur sein.

Les mécanismes de contrôle démocratique, qui passent notamment par l'existence d'une » opposition » ou par une certaine publicité des prises de position, sont neutralisés. La décision du grand stade à Lille apparaît donc emblématique des effets pervers de ce mode de gouvernement, quand le régime de compromis permanents et la défense par chaque maire des intérêts bien compris de sa commune contribuent à une autonomie du jeu politique qui confine à l'autisme.

Le régime de consensus, devenu la norme dans le gouvernement des structures intercommunales, parce qu'il repose sur la reconnaissance de la souveraineté municipale de chaque maire quelle que soit son appartenance partisane, explique également en grande partie l'incapacité de ces institutions à mettre en œuvre certaines politiques en matière de réduction des inégalités territoriales, de lutte contre l'étalement urbain ou de construction de logements sociaux pour lesquelles elles ont été pourtant conçues.

Une solution : l'élection des conseillers au suffrage universel direct

A Lille, la communauté urbaine a ainsi échoué à imposer aux communes de droite la construction de logements sociaux. Choisir de financer un stade à cette hauteur, c'est aussi ne pas choisir de mener d'autres politiques moins consensuelles.

L'armistice partisan permanent qui règne dans ces instances aboutit ainsi à limiter leur capacité à mener des politiques redistributives ou planificatrices sur le territoire, politiques toujours sous la menace du droit de veto informel des maires.

Il se traduit par une dénégation du caractère potentiellement contradictoire des intérêts en présence au sein d'une agglomération, avec pour conséquence le refus d'arbitrer entre ces derniers.

Les dispositions qui permettraient aujourd'hui une démocratisation de ces structures intercommunales (l'élection des conseillers communautaires au suffrage universel direct couplée à la suppression de la possibilité de cumuler les mandats municipaux et intercommunaux), maintes fois annoncées mais toujours reportées, ne semblent plus d'actualité.

La majorité des parlementaires et les associations d'élus locaux s'y opposent de peur de voir émerger une légitimité politique concurrente de celle des maires. Les élections municipales auront donc lieu en 2008 comme en 2001.

D'intercommunalité, il ne sera que très peu question dans la campagne, hormis subrepticement et autour de l'enjeu finalement secondaire de l'élection du président.

Une fois les élections passées, les institutions intercommunales continueront à être gérées consensuellement, en coulisses, et en l'absence des citoyens, condamnés à se mobiliser par la voie associative et poussés au contentieux par cette confiscation du débat.

Pauvre démocratie locale…

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 82557 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code

7 commentaires sélectionnés

Portrait de Nutmeg

De Nutmeg

18H41 | 15/02/2008 | Permalien

82% des élus ont voté pour un projet échaffaudé et débattu pendant plus de 2 ans… Si ça c'est anti-démocratique, je n'y comprends plus rien.
Pour Rue89 : serait-il possible d'avoir un article qui présente les arguments en faveur de ce projet ? Ils sont nombreux et ont largement eu le temps de « mûrir » depuis le temps que ce fameux projet de « grand stade » est sur la table. La « précipitation » mentionnée dans l'article à propos de ce vote est à s'étrangler. La virulence des auteurs est peut-être due à leur frustration de ne pas avoir réussi à anéantir cette velléité de développement de la région Nord-Pas-de-Calais. Ce projet de grand stade est un investissement certes lourd, mais c'est un investissement dont les retombées pour l'agglomération lilloise seont extrêmement positives. Vraiment, cet article mérite qu'on expose également le point de vue opposé.

Portrait de Papajo

De Papajo

19H47 | 15/02/2008 | Permalien

Il y a tant à faire dans notre ville et notre communauté que dépenser une somme aussi folle me donne le vertige. Il y en a assez de se fout.. de la tête des citoyens. Une réalisation beaucoup plus raisonnable est certainement la meilleure solution et un investissement sur des dossiers plus sensibles comme le logement, le pouvoir d'achat (un label Nord beaucoup plus présent par ex) et surtout le transport est la plus urgente des décisions à prendre pour l'avenir de nos enfants. Les « Liane » de Transpole » ne sont pas des moyens de circulation raisonnés suffisantes. Il est des plus importants de se consacrer activement et à temps plein à ces problèmes. Le sport peut passer aprés. Tout cela n'est encore qu'un arrangement, peut-être bien oui mais s'il y a arrangement qu'il le soit sur d'autres investissements qui touchent la plus large majorité des communautaires.

Je pense que nos dirigeants nous doivent des comptes. Tout le monde est évalué maintenant, du haut jusqu'en bas des institutions. Alors eux aussi. Nous devons absolument pouvoir mettre notre nez dans tous ses arrangements. Sanctionnons-les. La gauche caviar est encore présente et la droite mange avec eux. C'est la honte de dire vouloir faire du socialisme et de se comporter ainsi. Alors tous aux urnes le 9 mars.

Portrait de Kokayad

De Kokayad

21H12 | 15/02/2008 | Permalien

Nous touchons ici au problème du mode de décision à la CUDL (ou LMCU).
Mauroy, durant 20 ans, a mis en place un système basé sur le compromis et le consensus qui dépassent les clivages partisans. Ainsi, le maire de Lambersart, Daubresse (qui convoite aussi la présidence de la CUDL et la succession de Mauroy) militait contre le stade lorsqu'ill était au gouvernement, et pour à la CUDL en vertu d'un accord avec les socialistes (ceux-ci mettant alors en veilleuse leur critique sur le fait que la ville de Daubresse ne respectait pas le quota de logement sociaux.)

Plus généralement, cela pose un problème démocratique quand on sait que l'abstention aux élections municipales lilloises est de 50% en 2001 : c'est à dire que 20 000 lillois-es ont un poids déterminant pour l'élection de la CUDL (voir ici http://www.cudl-lille.fr/index.php ? p=606&art_id= ) et son 1,4 milliard de budget. La CUDL est donc le véritable pouvoir (quelque part illégitime) lillois.

Ce vote n'est donc pas étonnant et révèle la crise d'un système mis en place par les socialistes tendance Mauroy (http://labrique.lille.free.fr/spip.php ? article196) et aussi par la droite qui se complaît dans ce système. D'ailleurs, Daubresse insiste actuellement beaucoup pour dire qu'il est le véritable successeur de Mauroy, au contraire d'Aubry qu'il juge « technocratique ». Laissez-nous rire.

En outre, ces questions sont au coeur des différents médias alter qu'on trouve sur Lille. L'auteur de cet article s'était déjà exprimé il y a peu dans une conférence qui éclaire bien les coulisses du système local : http://www.passerellesud.org/spip.php ? article1222 (il était d'ailleurs à l'origine de la mobilisation victorieuse contre le nouveau stade dans la parc de la Citadelle - voir commentaires ).

De droite et de gauche, malheureusement - pour la dernière-, la classe politique se méfie de plus en plus des mode de scrutin direct. Suffit de voir ce qu'il a été fait du traité constitutionnel. A Lille, heureusement, les Verts s'insurgent contre de telles pratiques, même si eux-mêmes ne sont pas exempts de tout reproche notamment sur la gestion « sécuritaire » du transport. http://labrique.lille.free.fr/spip.php ? article53

A voir les mêmes qui se présentent et se représentent aux prochaines élections,on peut se poser des questions sur une possible alternative à ces « gens qui sont désignés par des gens qui ont été choisis par d'autres gens (les citoyens et citoyennes) ».

Portrait de Foret22

De Foret22

réactionnaire mais pas conservateur | 22H05 | 15/02/2008 | Permalien

Des jeux et du pain ! ! !

Ainsi se résumaient les besoins des plébéiens vu par les empereurs romains
C'est la même chose à Lille, sauf que le potentat local a changé les lions pour 22 adultes en short

700 millions d'euros public pour contenter le Losc, entreprise on ne peut plus privée
Heureusement que Maurois et consort sont d'affreux conservateurs immoraux
Heureusement que ce ne sont pas de vrais gens de gauche, qui vous donnent de la morale à tout va et du mieux disant culturel

700 millions d'euros, avec ça on pourrait faire d'autres choses en développement d'infrastructure publiques …
Mais, tout comme le casino que Mme Aubry vient de faire implanter à Lille, le « grand stade » c'est bon pour sa réélection

Méditons encore cette petite définition de « la politique » : la politique consiste en la conquête et la conservation du pouvoir

Amis idéalistes, passez votre chemin

Vive le Stade, vive ce monde cynique et amoral !

Portrait de Houvaton

De Houvaton

22H49 | 15/02/2008 | Permalien

Merci aux auteurs qui mettent enfin le doigt sur la gestion opaque de l'argent public dans les municipalités françaises sans concertation citoyenne (encore un déni de démocratie), auteurs qui enseignent les sciences politiques à l'université de Lille 2.
Enseignent-ils également à leurs étudiants que ce problème pourrait être réglé en deux coups de cuillères à pot par démocratie directe comme le font les suisses qui paient trois fois moins d'impots que nous et ont pourtant une qualité service public top niveau que n'ont pas les français ? Pourquoi réussissent-ils cet exploit ? Simplement parce que n'importe quel suisse lambda participe aux décisions et choix financier de son canton, sans passer par son « élu ».

En France, des sommes considérables sont systématiquement détournées ou mal utlisées. Résultat : ces mêmes « elus » exigent toujours plus d'impôts. Moi j'exige la démocratie directe pour mettre un terme définitif à cette corruption généralisée, jamais ou si rarement épinglée par la Justice française. Et nous paieront moins d'impôts pour une bien meilleure infrastructure profitable à tous. Cela vaut peut-être la peine d'expliquer à vos étudiants ce qu'est et comment fonctionne la démocratie directe.

Portrait de Chuck Norris

De Chuck Norris

01H49 | 16/02/2008 | Permalien

Juste quelques petites remarques sur ce stade en tant que Lillois de coeur et fan de foot :

Le LOSC ne remplit à peu près jamais le Stadium Nord, tout comme il ne remplissait Grimonprez que pour OM - LOSC (avec majorité de Marséyés). Un stade de 50 000 places semble donc (surtout à ce prix-là) complètement inutile…Seydoux et Aubry ont les yeux bien plus gros que le ventre.

Le LOSC n'est remonté en D1 que récemment, et au vu de la saison en cours, on peut se poser la question de l'utilité d'un tel investissement. La motivation présentée comme première (vitrine pour le club) dépend quand même d'aléas sportifs très peu prévisibles sur 30 ans…

Sinon, construire un stade de ce type aussi loin de la ville du club correspond plus à un effet de mode (une sorte de compétition entre élus locaux cf Grenoble ou Lyon) qu'à un réel besoin.

Après, sur le vrai thème de fond de cet article, bien sûr que MM Desage et Sawicki pointent un vrai problème : les EPCI, tout comme le Parlement Européen, ont de plus en plus de pouvoirs et d'impact sur la vie des citoyens, alors que ce sont les acteurs les moins bien connus du paysage institutionnel et politique.
Il y a donc une vraie question, celle du stade n'étant qu'un angle d'attaque (qui rameute tous les supps du LOSC bien sûr), qui est ici bien soulevée, à condition de tout lire jusqu'au bout et sans trop d'a priori…

Bonne nuit ; )

Portrait de Pascal Riché

De Pascal Riché 7

Rue89 | 01H45 | 17/02/2008 | Permalien

Lu dans La Voix du Nord Lille - 16 février 2008

POLÉMIQUE

Un des experts d¹Aubry s¹emporte contre le Grand Stade.-

L¹un des experts du programme de Martine Aubry vient de signer, avec le
politologue Fabien Desage sur le blog Rue89.com, une tribune qui dénonce
le choix du Grand Stade. Frédéric Sawicki, professeur de sciences
politiques à Lille 2, avait travaillé avec la maire de Lille sur le thème
de la recherche. Mais le politologue a gardé visiblement sa liberté de
pensée, même en période pré-électorale.
Au point d¹amorcer la tribune par une tonitruante question : « Sera-t-il
bien raisonnable de se rendre aux urnes lors des élections municipales de
mars prochain ? » Selon Fabien Desage et lui, en effet, « les plus gros
investissements se décident dans le dos des citoyens ». Il en veut pour
preuve la manière dont a été voté le Grand Stade, lors du dernier conseil
communautaire. « Si on avait voulu signifier aux électeurs qu¹ils auront
beau aller voter en mars, l¹essentiel des investissement intercommunaux se
décidera sans eux, on ne s¹y serait pas mieux pris !
 » Les deux chercheurs fustigent la « culture du consensus qui annihile
toute possibilité de débat public » et appellent à « l¹élection des
conseillers au suffrage universel direct ». Une modification législative,
il faut le souligner, réclamée par les candidats à la présidence
communautaire eux-mêmes. »

Tous les commentaires