Ouganda : Abramz veut changer la société avec le hip-hop
L’incontestable découverte de la 9e édition du festival Waga hip-hop ? Le « b-boy » ougandais Abramz ! Il est venu à Ouagadougou, au Burkina Faso, proposer une version décentralisée de son Ouganda Breakdance Project, une école de danse qu’il dirige à Kampala, en Ouganda. Son slogan ? « Dancing for change » : danser pour changer la société.
Un projet révolutionnaire doté de très peu de moyens, mais qui s’appuie sur les valeurs du hip-hop : « Peace, love and having fun » (« paix, amour et plaisir »). Dans cette école, chacun peut venir apprendre à danser, quels que soient son sexe, son âge, sa profession ou son quartier.
Les cours sont gratuits, et en s’inscrivant, le seul engagement que prend l’élève est de revenir apprendre aux futurs arrivants ce qu’on aura appris des autres. (Voir la vidéo)
La bonne parole hip hop se transmet ainsi à la vitesse d’un passement de jambes. Première école de danse de Kampala, l’Ouganda Breakdance Project fait fureur dans la capitale ougandaise, où les lieux de mixité sociale sont quasiment inexistants.
Abramz travaille aussi avec plusieurs ONG dans différentes régions du pays, dans des orphelinats ou des centres pour ex-enfants soldats, enrôlés de force par la rébellion et forcés à commettre les pires atrocités dans leur propre territoire.
Des ateliers en Pologne et au Danemark, des formations au Burkina
Très local au départ, son projet l’est de moins en moins, et c’est tant mieux. Abramz a déjà dirigé des ateliers de break en Pologne, au Danemark, et deux sessions de formation en octobre à Ouagadougou.
En Ouganda, il incorpore aux chorégraphies des pas de danse traditionnels, pour « marquer [son] identité », et amener les jeunes à s’intéresser à leur culture à travers le breakdance. (Voir la vidéo)
Pour Abramz, « le hip hop ne discrimine pas, c’est une voix globale qui connecte les jeunesses du monde entre elles » (ce qu’illustre aussi le dossier « Hip hop : langage universel » publié par Mondomix).
La preuve : malgré la barrière de la langue et la chaleur écrasante de Ouaga, ses ateliers ont rassemblé plusieurs dizaines de breakers autodidactes de tous les quartiers de la capitale burkinabaise. Un succès !
Eglantine Chabasseur
- Sur Rue89En Ouganda, les homosexuels menacés de peine de mort
- Sur Rue89Au Liban, le hip-hop contre l'ennui dans les camps de réfugiés
- Sur mondomix.com"Hip Hop, langage universel" sur Mondomix
- Sur mondomix.comRetour sur le Waga Hip Hop 2009 à Ouagadougou sur Mondomix
- Sur myspace.comLa page Myspace d'Abramz
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Sympa la première vidéo, qui montre bien que le hip-hop n’est pas une danse écervelée d’individualistes comme veulent le dire certains de ses détracteurs mais, comme toutes les danses, est d’abord un moment commun. Les petites et petits qui essayent tous de tenir la dernière position en même temps sont vachement mignons =).
Après, le projet en soi n’est pas si innovant, mais il est toujours bon. L’Ouganda est un pays avec un grand avenir, qui a émis beaucoup de signes positifs ces derniers temps (exiger une dette climatique à Copenhague c’était une très bonne chose pour rompre avec l’hypocrisie des pays du nord par exemple). Toute bonne chose qui émerge de la société civile est un atout de plus pour les Ougandais.




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