Les festivals des musiques du monde sur le fil

Concert des Touré Kunda au festival rio loco de Toulouse le 25 juin 2006 (JiPs_STiCk/Flickr).

La saison estivale est ouverte depuis quelques semaines, et malgré une fréquentation qui ne faiblit pas, une partie des festivals des musiques du monde restent préoccupés par leur situation fragile. Subventions en baisse, nombreux obstacles dans la conception des programmations, les risques pris par les organisateurs deviennent, chaque année, plus importants.

Une chose est sûre, si crise il y a, elle ne se trouve pas au niveau de la fréquentation. Les musiques du monde changent petit à petit d'image s'ouvrant à un public toujours plus large. Pour exemple, le festival Rio Loco, qui vient de terminer son édition consacré au Maghreb, a vu passer près de 110 000 festivaliers en cinq jours, rien que pour les seul concerts se déroulant sur la fameuse Prairie des Filtres toulousaine.

Pourtant la réalité financière est bien plus compliquée comme l'explique Sophie Guénebaut, directrice du réseau Zone Franche qui regroupe les acteurs du secteur :

« Pour les festivals qui ne sont pas portés par les collectivités territoriales, la vie est de plus en plus dure. Les aides du ministère des Affaires étrangères ont été supprimées parce qu'il a, en partie, changé d'orientation politique.

Des organisations professionnelles comme le CNV (Centre national de la chanson, des variétés et du jazz), qui soutiennent un certain nombre de festivals, revoient leurs critères, pénalisant plutôt ceux qui défendent la découverte. Actuellement, les festivals des musiques du monde jouant ce rôle ne sont plus défendus. »

Leur politique étant souvent d'offrir un accès aux concerts à un prix raisonnable, voire dérisoire, les festivals sont de plus en plus dépendants des subventions locales, qu'elles soient municipales, régionales ou d'autres natures. Dans certains cas, ce tarif est aussi la contrepartie de ces aides. La plupart des manifestations vivent donc dans la crainte de voir leur budget amputé par un vote ne renouvelant pas leur enveloppe, et se lancent dans des recherches de mécènes, de sponsors et de partenariats en tout genre.

Les festivals mutualisent les moyens pour réduire les coûts

Mais, face à cette incertitude permanente et à la complexité grandissante des processus d'organisation, comme par exemple le poids croissant des mesures de sécurité sur les lieux de spectacles, il faut trouver des solutions pour réduire les coûts. La mutualisation en est une.

Afin de garder une certaine originalité, les festivals cherchent à créer des synergies entre leurs programmations, pour ne pas seulement accueillir les artistes disponibles en tournée. Ils s'entendent pour faire venir des musiciens, souvent de l'autre bout de la planète, et se partage les frais occasionnés.

Les problématiques environnementales, touchant toutes les activités de la société, ont aussi largement favorisé les initiatives autour du développement durable. Six festivals bretons dont les Vieilles Charrues, les Transmusicales de Rennes, les Chants de Marins de Paimpol et les Interceltiques de Lorient, ont signé une charte qui les engage à réduire leur impact sur la nature et, par la même occasion, leurs dépenses, en développant, entre autres, une plus grande complémentarité des structures entre-elles.

Comme souvent les petits, plus souples, traversent plus facilement les zones de turbulence. L'exemple des Nuits Atypiques de Langon est assez intéressant. Après avoir subi quelques déconvenues au début des années 2000, le festival s'est engagé sur une autre voie comme le souligne son directeur Patrick Lavaud :

« Pour nous les conséquences sont minimes, cela fait trois à quatre ans que nous avons réduit la voilure du festival. Nous sommes passés de concerts pouvant accueillir 15 000 à 20 000 spectateurs à, aujourd'hui, un peu plus de 5 000 (…) On s'assume comme festival décroissant. On prend le contre-pied de la logique festivalière, on a arrêté la course au chiffre, à l'audimat. »

De plus en plus problématique, l'obtention de visas pour les artistes

Mais quelle que soit leur taille, les festivals des musiques du monde doivent assumer un problème qui, au-delà des inquiétudes économiques, devient chaque année plus lourd à gérer : l'obtention des visas pour les artistes programmés.

Bien sûr le problème ne se pose pas pour les musiciens du monde entier, il existe avant tout pour ceux issus des pays africains et, comme le souligne Patrick Lavaux, des îles un peu trop pauvres :

« Même quand ça se passe bien, c'est la bagarre jusqu'au bout. Il faut montrer patte blanche plusieurs fois. L'an dernier, on nous a refusé des visas pour des musiciens haïtiens. C'est extrêmement difficile, il faut s'y prendre très tôt. C'est toujours le doute, on ne respire que lorsque les musiciens sont arrivés sur place. Le discours sur la liberté de voyager, est faux. »

L'année dernière, les groupes congolais Konono n°1 et Kasaï All Stars ont dû annuler 36 concerts dans toute l'Europe. Un gâchis incompréhensible quand on pense à l'argent perdu par l'ensemble des entrepreneurs impliqués dans cette histoire.

Les blocages sont multiples et ne sont pas toujours le fruit de la politique de filtrage intensif des frontières françaises ou de ses règlements contraignants, les errances administratives des pays d'origine des musiciens peuvent aussi peser dans le bon déroulement des formalités, mais rien (ou presque) n'est fait en France pour améliorer la situation.

Aujourd'hui, un travail est mené par Zone Franche et l'association Diversités sur la création d'un comité professionnel qui permettra peut-être de donner un peu plus de crédit à la parole des acteurs des musiques du monde auprès des autorités. Les festivals ne sont pas les outils des passeurs, pas plus que les musiciens qu'ils font venir sont immigrés clandestins, mais la politique du gouvernement n'étant pas vraiment à l'ouverture, les problèmes de visas n'ont pas fini de faire parler d'eux.

Retrouvez la sélection Mondomix des festivals de l'été dans le hors série Mix-été.

Photo : concert des Touré Kunda au festival rio loco de Toulouse le 25 juin 2006 (JiPs_STiCk/Flickr).

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Portrait de funkystefffff

De funkystefffff

Citoyen Grolandais du côté de ma mè... | 11H17 | 27/06/2009 | Permalien

Du 3 au 5 juillet 2009, Millau accueillera celles et ceux qui œuvrent pour le développement durable, la défense du bien commun.
http://www.millaulespiedssurterre.fr/

Portrait de MAKNO

à funkystefffff Portrait de funkystefffff De MAKNO

15H26 | 28/06/2009 | Permalien

En dehors des sentiers battus !

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Festival Les Nuits Blanches

10-11-12 Juillet - Le Thoronet(83)

Les Ogres de Barback,Alela Diane,Debout sur le Zinc,Tabarnak etc…..

Infos/Réservation : 0494601094

http://www.les-nuits-blanches.fr

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Portrait de arnonymous

De arnonymous

ambidextre agacé ou ni droite ni ga... | 20H28 | 28/06/2009 | Permalien

Un autre grand symbole de la world musique (qui n'a pas de problème de visa) : Johnny Clegg !

Il sera aux Nuits Peplum d'Alésia le 25/07 en Bourgogne (21) avec
So Kalmery, Soweto Entsha et d'autres.

http://www.lesnuitspeplumdalesia.com

Merci la Rue de tolérer cette petite pub, c'est la première fois et je promets de ne pas recommencer …

Portrait de ToRDReLoRDRE

De ToRDReLoRDRE

chien de talus | 07H49 | 28/06/2009 | Permalien

La milice sarkozienne se prend d'intérêt pour la contre culture :

http://rebellyon.info/article6486.html

Portrait de YAJ

De YAJ

enseignante retraitée, non remplacé... | 08H58 | 28/06/2009 | Permalien

L'an dernier le groupe Konono n°1 n'a pu venir au festival les Escales de Saint Nazaire pour cause de visa
voir http://www.les-escales.com/festival-les-escales/festival_accueil.htm

Portrait de lespacearcenciel

De lespacearcenciel

17H35 | 28/06/2009 | Permalien

Les Suds à Arles sur votre téléphone Mobile - Mobiscop
Écoutez et regardez le programme d'un festival de musique sur votre mobile !

Mobiscop et Kodiz : Un outil au service de la promotion qui permet à un festival de Musique, ou un lieu de spectacle - (Ici les Suds à Arles)

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http://www.lespacearcenciel.com/mobiscop-promotion-telephone-mobile

Portrait de bucaro

De bucaro

18H56 | 28/06/2009 | Permalien

Vous dites que les festivals se fragilisent, d'accord mais au cours des 10 dernières années , on a vu arriver des zombies qui affichent une offre pléthorique à un coût dérisoire voire même gratuitement. le puiblic, c'est logique , fréquente assidument ces festivals qui sont de qualité et ne lui coute que très peu. dire que les organisateurs prennent de gros riques est souvent très osé. allez chercher et étiudier le financement de RIO LOCO, Les nuits atypiques de Langon ou encore Toros y salsa à Dax ou salsa à Hossegor pour ne parler que du Sud-Ouest. vous verrez que ces évènements que l'intelligentsia met toujours en avant, sont surtout des vecteurs de com pour les municipalités (langon a même du se calmer, on avait vu trop gros…).
je suis moi-même organisateur de festival , ce qui nous tue, ce sont ces gros show qui ignorent toutes les contraintes du marche.

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