
Sosa et Fonseca, une touche subtile de piano cubain

Coup sur coup sortent les nouveaux albums de deux des meilleurs pianistes cubains de leur génération : « Across the Divine » d'Omar Sosa et « Akokan » de Roberto Fonseca. Deux expressions d'une même musique qui ne cesse de se renouveler grâce à l'ouverture d'esprit de ses musiciens.
L'île de Cuba a toujours été un vivier de boxeurs amateurs talentueux, d'habiles rouleurs de cigares et de pianistes exceptionnels. Malgré la difficulté pour conserver l'instrument en bon état avec la chaleur et l'humidité, les écoles et les clubs de La Havane ont formé de nombreuses générations de musiciens, d'Eliseo Grenet à Rubén González, Bebo Valdés ou son fils Chucho. (Voir la vidéo)
Le pays de Fidel Castro, par son histoire mouvementée et ses vagues de colonisation successives a fait naître une culture et une tradition musicale où se mêlent les finesses des harmonies européennes et l'énergie des rythmes afro-cubains. L'apparition du danzón, qui offrait une relecture de la contredanse, musique et danse très populaire en France au XVIIe siècle, ou du son, musique popularisée dans le monde par le fameux Buena Vista Social Club, en sont de parfaits exemples, sans parler de la rumba, du cha-cha-cha, du mambo…
En s'appropriant le piano, instrument importé par les maîtres esclavagistes, les musiciens ont commencé une longue marche vers une liberté que revendiquent, encore aujourd'hui, ces deux artistes pour leur musique.
Omar Sosa fait figure de grand frère. Actif sur les scènes mondiales depuis la fin des années 80, c'est en se lançant en solo durant les années 90 qu'il va se forger une puissante identité balançant entre sa culture cubaine et son amour pour les nouvelles esthétiques et la liberté apportées par le jazz. Sa musique, largement inspirée par les rythmes et les rituels de la santería, religion cubaine comparable au vaudou haïtien ou au candomblé brésilien, fouille ses racines africaines, empruntant autant au tribalisme qu'au phrasé de Thelonious Monk.
Dans « Across the divine », entouré par ses musiciens, armé de ses pédales d'effets, ses samples de voix, installant des ambiances éthérées et spirituelles, il explore les liens entre les différentes visions culturelles du divin. Il incorpore à sa musique des éléments sacrés, des chants d'églises baptistes, d'indiens américains, de lointains chants de gorge asiatiques, et les mêle à ses envolées inspirées nées d'une improvisation qui lui est chère.
Omar Sosa en concert et en interview. (Voir la vidéo)
Plus jeune, Roberto Fonseca a, quant à lui, suivi un chemin différent, peut-être plus classique que son aîné. Amoureux du son des Beatles, d'Herbie Hancock et Keith Jarrett, il comprend très tôt que son royaume se trouvera entre sa culture afro-cubaine et le jazz des grands pianistes américains. Révélé au début des années 2000, le jeune musicien impressionne par sa virtuosité. C'est en participant au disque du percussionniste cubain Anga Diaz qu'il rencontre Rubén González, Cachaíto López et surtout le regretté Ibrahim Ferrer, chanteur du Buena Vista, qui lui demandera de tenir le piano dans son orchestre pour sa tournée et son dernier album.
« Zamazu », son disque précédent, premier à connaître une promotion internationale, l'avait fait connaître à un large public, le nouveau, « Akokan » (« cœur ouvert » en yoruba), confirme tout le bien que l'on pouvait penser du compositeur et de son talent. Fidèle à son esprit, battant pavillon cubain, il vogue entre deux mers, bien préparé à rencontrer d'autres mondes, comme celui de la Capverdienne Mayra Andrade ou du chanteur américain Raul Midón, qu'il fait sien avec finesse et énergie. Il s'inscrit dans la plus pure tradition des Cubains jazzophiles créant des ponts entre Cuba, les Etats-Unis et le reste du monde.
Roberto Fonseca en concert avec un Ibrahim Ferrer en position pied de micro. (Voir la vidéo)
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De Karma-jazz
A l'aise | 17H49 | 15/06/2009 |
Je ne connaissais pas Fonseca mais je suis fan. Ah si seulement, ce type de musicien passait à la radio….
Nous aurions moins de m*rd* à la radio et de pseudo « artiste » (j'adore quand remplace le terme musicien par celui-ci, à ce moment tout est dis) qui vende leur « chanson » en placant le nom de la radio dans le refrain
à Karma-jazz
De 101.7
Promeneur | 18H04 | 15/06/2009 |
« Je ne connaissais pas Fonseca mais je suis fan. Ah si seulement, ce type de musicien passait à la radio…. “
C'est vrai que c'est du très bon !
Oui, il passe à la radio, il faut juste tomber dessus.
Il y a des chances surtout dans l'émission du dimanche soir sur France Inter entre 22 h et minuit.
Une émission excellente de Julien Delli-Fiori, du jazz, du blues, de la musique latine, des directs, des live enregistrés dans des festivals…
On peut la réécouter en podcast…
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ascenseurpourlejazz/
Je pense que le genre de musique de Fonseca et autres dans cette mouvance doit passer aussi sur FIP.
à 101.7
De Karma-jazz
A l'aise | 19H00 | 15/06/2009 |
J'en prends bonne note, si j'ose dire !
à Karma-jazz
De ugo514
étudiant | 21H19 | 15/06/2009 |
sans oublier TSF jazz : http://www.tsfjazz.com/accueil.php
De freakfeatherfall
back to the primitive - fuck all yo... | 18H25 | 15/06/2009 |
les vidéos chargent chargent chargent… et que dalle…
dommage pour moi !
à freakfeatherfall
De Karma-jazz
A l'aise | 19H00 | 15/06/2009 |
oui, dommage (commentaire constructif OFF)
De caro
délinquante avérée | 21H09 | 15/06/2009 |
Simplement : merci. Les passages musicaux des vidéos sont tout simplement un régal ; -)
De 222diablo222
myspace.com/angebeatbox | 21H45 | 15/06/2009 |
J'ai découvert Roberto Fonseca au festival de Jazz In Marciac 07 » et c'est vraiment un pur délice sa musique ! !
Merci pour cet article musical !
De Unstern
23H38 | 15/06/2009 |
¡Ay, qué guaaaaay !
Super, cet article.
De bidonleon
baltringue | 23H57 | 15/06/2009 |
J'ai découvert Omar Sossa par hasard en concert à Sarajevo. Ce type a un fabuleux charisme et il donne du génie à ses musiciens en les titillant sans arrêt, sans cuistrerie ni prétention. Ce type est musique, et plus que musique. Les superlatifs me manquent. C'est un de mes très grands bonheurs de 2008.
De L'amie
de passage | 08H36 | 16/06/2009 |
merci pour l'article ! c'est un divin régal !
De Rachma
Internaute | 08H37 | 16/06/2009 |
Roberto Fonseca est impressionnant mais je trouve qu'il en fait parfois trop, voulant à tout pris montrer sa rapidité (et quelle rapidité ! ! ! ). Du coup sa musique perd parfois de son sens. Mais il n'en reste pas moins bluffant de technique.
De projectionniste83370
opérateur-projectionniste à Cannes | 12H12 | 16/06/2009 |
Un régal ! Merci pour cette bonne musique.
De Un compte supprime
nc | 15H45 | 16/06/2009 |
pour sosa, je recommende Live a Fip qui est particulierement bien enregistre : de la belle musique live, bien composee et jouee, et bien gravee, les oreilles en redemandent. De ce que je connais de lui, c'est le disque que je prefere.
des extraits musicaux
http://www.omarsosa.com/discog.php#fip
De Nelly Santos
Photographe | 17H11 | 18/06/2009 |
ALAFIA ,meu irmão Omar , que Obatala lhe abençõe .Muita musica maravilhosa para nos outros filhos do Axé !
Parabens para todos !