Sarkozy a quand même de quoi sabler le champagne…

A écouter les commentaires ce soir –"la vague bleue n’a pas eu lieu", "le PS est regaillardi"– on pouvait presque oublier un détail important : Nicolas Sarkozy a remporté son pari ; son camp, parti d’une situation peu enviable, a gagné coup sur coup la présidentielle et les législatives ! Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy détient tous les leviers pour appliquer son programme. La petite "correction" de l’entre-deux tours ne doit pas cacher l’essentiel : la prouesse politique d’un homme qui, en quelques semaines, a réussi un "coup" politique incroyable. Alors qu’il était le numéro deux du gouvernement sortant, le pilier d’un pouvoir qui a failli, il a réussi à convaincre les Français qu’il était le candidat de la "rupture" et à se faire confier les clefs du pouvoir. Au passage, il a tué le Front national, ce boulet que traînait la droite depuis des années. Il s’est, pour cela, sali les mains, flirtant avec certains thèmes frontistes comme "l’identité nationale". Mais dès son élection, en enrôlant dans le gouvernement quelques solides personnalités de gauche (Bernard Kouchner, Martin Hirsch), il a habilement réussi à se dégager de l’image de facho dans laquelle ses adversaires cherchaient à l’enfermer.

Du point de vue de l’habileté politicienne, c’est un vrai tour de force ! Hier soir, l’événement que la gauche et François Bayrou redoutaient tant a eu lieu. Nicolas Sarkozy, le politicien aux pulsions bonapartistes les plus prononcées, a les mains complètement libres pour agir à son gré.

Il règne sur l’exécutif, il peut compter sur le soutien d’une majorité confortable des députés et des sénateurs. Et rarement un président aura été aussi influent sur les médias. Le CSA, autorité de régulation de l’audiovisuel, est entièrement composé de membres nommés par l’actuelle majorité. Et les patrons des principaux groupes de médias privés (Arnaud Lagardère, Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Bernard Arnault, Serge Dassault…) comptent tous parmi ses proches amis.

Pendant des jours, les socialistes ont agité sans relâche le risque d’hégémonie. Malgré leur bon résultat de ce dimanche soir, ils n’ont fait que sauver les meubles. Et le risque qu’ils dénonçaient n’a pas disparu, bien au contraire.


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FREDERIC 67
21H50 17/06/2007

tout à fait exact et les socialistes n’ont rien fait pour contrebalancer lors des législatives c’était plutôt lammentable,
à quand l’alter socialisme ?

 
Arles Tabet
23H47 17/06/2007

Tout de même, il n’a pas la majorité de 60% au congrès (il lui fallait 390 députés), donc pas de retouche à la constitution sans vrai débat. Ce n’est pas grand chose peut-être, mais c’est déjà ça !
Et Arno Klarsfeld a été battu, et rien que ça, ça fait plaisir…

 
Pibole | auteur
09H13 19/06/2007

Mais en week-end! les week-end c’est sacré… on l’a vu voter au fait?

 
Pascal Riché | Rue89
13H26 19/06/2007

L’un ou l’autre se disent. Ou se dit.
Mais « sabler " le champagne est une expression plus ancienne que " sabrer ».
Sabler, c’est boire cul sec. Sabrer, c’est ouvrir la bouteille avec un sabre.