Deleuze: «Etre de gauche, c'est percevoir le monde d'abord»



Qu’est-ce la gauche, qu’est-ce qu’elle devrait être  ? A l’heure où celle-ci cherche à se reconstruire, j’ai pensé que ces trois minutes d’entretien avec le philosophe Gilles Deleuze pouvaient être précieuses (lire aussi l’interview du philosophe Dider Eribon sur la "dérive droitière" de la gauche). Elles sont tirées de son  » Abécédaire » , un formidable document de la télévision.

En 1988, le philosophe, généralement discret, avait accepté de donner une interview fleuve (trois heures) à Claire Parnet, une de ses amies. La condition  : ne diffuser le document qu’après sa mort (qui surviendra sept ans plus tard).
Au gré des lettres de l’alphabet, Deleuze aborde toutes sortes de thèmes, de  » animal » à  » zigzag » , en passant par  » idée » ou  » tennis » .

Nous remercions les éditions Montparnasse, qui ont édité l’abécédaire en coffret DVD il y a trois ans, de nous avoir fourni cet extrait, dont on peut lire la transcription ici.

L’Abécédaire de Gilles Deleuze de Pierre-André Boutang - édition Montparnasse, coll. Regards - coffret 3DVD, 7h 33mn, 1996.


A lire  :
Eribon  : "La dérive droitière du PS a atteint la gauche radicale"
Entretien avec l’intellectuel, biographe de Michel Foucault.


A lire  :
Le PS adresse un carton rouge à Ségolène Royal
La motion d’Hollande adoptée au conseil national.



En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.

 
b.flat
19H37 08/07/2007

De quoi tu parles ? Qui es-tu pour parler ainsi ?
Sais-tu qui est Deleuze ?…
Commentaire inutile !
Si tes interventions sont tj comme ça…tu peux t’abstenir !

 
NicolasB | Lycéen à Paris
19H40 23/06/2007

J’ai écouté plusieurs fois son interview, et je pense que c’est un homme assez remarquable; revoir ce que c’est d’être de gauche et la définitation de la gauche.

En revanche, je vais essayé de résumer ce que j’ai compris — car ce n’est pas facile de comprendre un philosophe —, et j’aimerais qu’on me dise si ce que je dis est correct.

Ce philosophe explique que la gauche à un aspect « mondial » (l’exemple de l’adresse postale), et humanitaire. Ils ont tendance à s’occuper de ceux qui ont besoin de quelque chose. Il a parlé de la Chine, dans lequel des millions ont tellement faim. La gauche a donc pour but d’essayer de donner ce qu’il faut pour vivre (le nécessaire et être équitable).

C’est bien ça ?

 
Ferdinand.Bardamu
20H43 23/06/2007

Non moi je dirais, que pour Deleuze, être de droite c’est avoir une vision égocentrique du monde (l’homme de droite part de sa propre situation donc, et fait tout pour qu’elle dure. Défense des privilèges acquis. Mon avis perso : la défense des privilèges acquis n’est malheureusement pas une attitude liée exclusivement à la droite…), alors qu’être de gauche c’est s’incrire d’emblée dans un tout, c’est d’abord voir l’hozizon avant de voir son nombril, en quelque sorte :-)

 
Sexus Empiricus
22H48 24/06/2007

Bonsoir,

La définition de Deleuze n’est pas une définition de parlementaire ou de parti politique. (Pour les mots « parlementaires » et « parti », voir les textes de Charles Péguy: Deleuze aimait bien Péguy, dont les travaux aux « Cahiers de la quinzaine » constituent une très bonne introduction à Deleuze!)
Lorsqu’il évoque la latéralisation droite-gauche, Deleuze parle de perception du monde: la droite part de son nombril pour découvrir le monde - ce que tout enfant apprend à faire… avant de devenir adulte. Le concept de « gauche », chez Deleuze, correspond à une perception adulte (mais peut-être minoritaire) du monde: je ne suis pas le nombril du monde, et le monde n’est pas mon nombril.
Un exemple de discours de droite: je préfère ma soeur à mon cousin; je préfère mon cousin à mon voisin; je préfère mon voisin à un étranger - et de toute façon, chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. On aurait d’ailleurs pu commencer la série des préférences: moi prem’s (moi-même et ma sainte famille, ensuite sauve qui peut!)
Un exemple de discours de gauche: nous sommes tous dans le même bâteau - la Terre (géo-philosophie de Deleuze, qui avait lu Bateson et son écologie de l’esprit). Le monde sur cette terre est vaste mais clos; sur cette terre, des continents, des déserts, des villes, des îles; sur ces terres, des pays (pas des Etats, ni des nations), des contrées, des lopins. Sur ces lopins, des territoires, et sur ces territoires, des nomades et des sédentaires. Je suis légion.

Nulle part n’intervient la question des privilèges (Deleuze se fichait pas mal des lois: il s’intéressait davantage à la jurisprudence).
Mais vous avez raison Ferdinand: un type encarté au parti socialiste, ou un militant d’un gang gauchiste peuvent être profondément de droite - au sens Deleuzien de « majoritaire », autre concept trompeur chez Deleuze & Guattari. L’inverse est improbable: sauf à être anarchiste de droite, on ne peut pas à la fois « devenir-minoritaire » et être de droite.

Cordialement.

 
Sexus Empiricus
22H55 23/06/2007

Cher Nicolas,

Félicitations tout d’abord pour votre cran: il en faut pour s’attaquer à la pensée de Gilles Deleuze. Si vous persévérez, ce que je vous souhaite, vous ne le regretterez jamais. (Une bonne entrée en matière: l’ABCédaire en 3 DVD, qu’on finit par adorer lorsqu’on ne tombe pas immédiatement sous le charme. À voir et à revoir.)

Votre premier jet est prometteur, vous lancez un coup de dé (interprétatif): il fallait oser. Le mieux, avec Deleuze, consiste à bégayer dans sa langue. L’ABCédaire vous y aidera.

Il y a un texte décisif au sujet de la question soulevée ici. Être de gauche, qu’est-ce que c’est? Comment ça fonctionne? Comment est-ce possible?
Je vais citer ce texte en entier - sans commentaire. Vous me direz s’il vous parle.

«La gauche a besoin d’intercesseurs. – Digression politique. D’un régime socialiste, beaucoup de gens attendaient un nouveau type de discours. Un discours très proche des mouvements réels, et capable dès lors de se concilier ces mouvements, en constituant les agencements compatibles avec eux. La Nouvelle-Calédonie, par exemple. Quand Pisani a dit : «De toute manière, ce sera l’indépendance», c’était déjà un nouveau type de discours. Cela signifiait: au lieu de faire semblant d’ignorer les mouvements réels pour en faire l’objet de négociations, on va tout de suite reconnaître le point ultime, la négociation se faisant sous l’angle de ce point ultime, accordé d’avance. On négociera sur les modes, les moyens, la vitesse. D’où les reproches de la droite, pour qui, vieille méthode, il ne faut surtout pas parler d’indépendance, même si on la sait inéluctable, puisqu’il s’agit d’en faire l’enjeu d’une très dure négociation. Les gens de droite ne se font pas d’illusions, je crois, ils ne sont pas plus bêtes que d’autres, mais leur technique à eux c’est de s’opposer au mouvement. C’est la même chose que l’opposition à Bergson en philosophie, c’est pareil tout ça. Épouser le mouvement ou bien le stopper: politiquement, deux techniques de négociation absolument différentes. Du côté de la gauche, ça implique une nouvelle manière de parler. La question n’est pas tellement de convaincre, mais d’être clair. Être clair, c’est imposer les « données », non seulement d’une situation, mais d’un problème. Rendre visibles des choses qui ne l’auraient pas été dans d’autres conditions. Sur le problème calédonien, on nous a dit qu’à un certain moment ce territoire a été traité comme une colonie de peuplement, si bien que les Canaques sont devenus minoritaires sur leur propre territoire. À partir de quelle date? À quel rythme? Qui a fait ça? La droite refusera ces questions. Si ces questions sont fondées, en déterminant les données, on exprime un problème que la droite veut cacher. Parce qu’une fois que le problème a été posé, il ne peut plus être éliminé, et il faudra que la droite elle-même change de discours. Donc, le rôle de la gauche, qu’elle soit ou non au pouvoir, c’est découvrir un type de problème que la droite veut à tout prix cacher.
Il semble malheureusement qu’on puisse parler à cet égard d’une véritable impuissance à informer. Il y a certes une chose qui excuse beaucoup la gauche: c’est que les corps de fonctionnaires, les corps de responsables, ont toujours été de droite en France. Si bien que, même de bonne foi, même jouant le jeu, ils ne peuvent pas changer leur mode de pensée ni leur mode d’être.
Les socialistes n’avaient pas les hommes pour transmettre et même élaborer leurs informations, leurs manières de poser les problèmes. Ils auraient dû faire des circuits parallèles, des circuits adjacents. Ils auraient eu besoin des intellectuels comme intercesseurs. Mais tout ce qui s’est fait dans cette direction, ça a été des prises de contact amicales, mais très vagues. On ne nous a pas donné l’état minimum des questions. Je prends trois exemples très divers : le cadastre de Nouvelle-Calédonie, peut-être est-il connu dans des revues spécialisées, on n’en a pas fait une matière publique. Pour le problème de l’enseignement, on laisse croire que le privé, c’est l’enseignement catholique; je n’ai jamais pu savoir quelle était la proportion du laïc dans l’enseignement privé. Autre exemple, depuis que la droite a reconquis un grand nombre de municipalités, les crédits ont été supprimés pour toutes sortes d’entreprises culturelles, parfois grandes, mais souvent aussi petites, très locales, et c’est d’autant plus intéressant qu’elles sont nombreuses et petites; mais il n’y a pas moyen d’avoir une liste détaillée. Ce genre de problèmes n’existe pas pour la droite, parce qu’elle a des intercesseurs tout faits, directs, directement dépendants. Mais la gauche a besoin d’intercesseurs indirects ou libres, c’est un autre style, à condition qu’elle les rende possibles. Ce qui a été dévalorisé, à cause du parti communiste, sous le nom ridicule de «compagnons de route», la gauche en a vraiment besoin, parce qu’elle a besoin que les gens pensent.»

Retenir en bref: la gauche a besoin d’intercesseurs qui posent (construisent) les problèmes; la gauche a besoin que les gens pensent. (La non-pensée, l’impensé de n’importe quelle opinion publique est de droite: c’est le bon sens - mais c’est bien sûr! - qui traîne à la télé, dans la presse et au café du commerce.)

Et bonne continuation avec G.D.!

 
Pascal Riché | Rue89
23H42 23/06/2007

Le texte de l’interview est ici.
Quel est votre problème d’inscription? Nous pouvons vous aider à le résoudre.

 
toktomi | , les "abderhamane, martin, david" . . .
10H06 15/07/2007

ben pas mieux pour la vidéo,et bon d accord sui souvent avec un vieux pc et adsl basic mais en bretagne ,hein,foooo paaa pouuuuuusssssseeeeeer .

Vous marrez pas,c est culturellement traditionnel,le décalage techno logique dans nos lointaines contrées arriérées :))

De là à transcrire deleuze en script multilangue compatible mandarin.

dfaçon jpige rrinnn à deuleuuuuuze…

 
manu2005
20H32 23/06/2007
    Être de gauche, c’est penser qu’il est plus important que tout le monde mange, plutôt que de pouvoir s’acheter encore plus à manger.
    C’est penser que qui que ce soit, où qu’il soit a peut-être plus à offrir à l’humanité qu le plus riche de la terre et que ça vaut le coup de l’aider à s’en sortir.
    Cette idée de partir du tout jusqu’au moi, plutôt que l’inverse, donc de ce voir par rapport au monde et non l’inverse, m’apparaît plus comme une idée qui dépasse la politique, donc le social, l’humain.
    Cela parle plus du rapport de l’être à l’univers, que de l’individu au social.
 
caro | délinquante avérée
22H48 23/06/2007

je pense qu’il y a erreur sur le co-développement qui serait de gauche. Ce que Sarko propose c’est un échange, on aide un pays à se développer et on lui pique ses élites et ses ressources.

La véritable gauche doit aider au développement (sans co devant) des pays pour qu’ils deviennent autonomes en comptant sur leurs propres ressources et sur des échanges profitables à tous.

Etre de gauche, c’est donc lutter contre la mondialisation effrénée suivant le modèle libéral, contre l’OMC, la concurrence, les profits capitalistiques des actionnaires, les fonds de pensions américains, le fait de vouloir tout breveter, même les plantes médicinales etc

Etre de gauche c’est vouloir donc développer le bien être DES populations, et non faire du fric sur leur dos.

 
El Fredo
17H19 25/06/2007

Pauvre fou que vous êtes, qui ne réalisez pas que l’absence (apparente) d’idéologie est une idéologie en soi. Le vocabulaire que vous utilisez est la preuve que la machine à décérébrer a fait son oeuvre.

 
gwenelpicaro | prochainement prof d'histoire
23H04 23/06/2007

Mon ami alviano, en plus de consonnance italienne, donc tu devrais savoir ce que peut vouloir dire la gauche…

dans la définition de deleuze que j ai beaucoup lu et avec qui je travaille, je dis, sa pensée évidemment, être de gauche, c est une ontologie, un être au monde, un rapport au monde, de se penser soi, sa condition individuelle, comme enchevetrée dans des logiques, des rapports de force, deleuze dit des territorialités qui dépassent notre corps particulier. il y a ainsi un individualisme de gauche, l individualisme libertaire ou anarchiste, comme il y a une gauche holiste, comme on pourrait le dire en sociologie, c est a dire, de penser la société comme un tout, une globalité « une et indivisible » comme dit la constitution. il y a donc toujours a gauche cette tension entre l’individuel et le global, deleuze parle de corps molaire et corps moléculaire. le corps molaire est un agencement insécable, constitué, stable, le corps moléculaire est une individualité contactée à une multitude d’affects, de zones d’échange, un corps en devenir, jamais déterminé, totalement défini, toujours en train de se faire.

la gauche pense le monde, c est ca que dit deleuze, le travaille, le critique, le découvre, l’appréhende. la droite reproduit, impose, affirme.

donc s il te plait, mon cher alviano, reduire la gauche a ce qu elle montre d elle meme depuis des années et la droite a l anti idéologie, c est une fantastique méconnaissance historique. la droite comme anti-idéologie? s il te plait! la droite c est l orthodoxie, l inquisition, la parole du maitre, la Loi divine… la droite, c’est plus qu’une pensée égotiste, égocentrique comme qqun l a écrit ici, la droite reproduit les discours, quels qu ils soient, la droite n’invente pas, elle négocie les possibilités de sa conservation. la droite a accepté l’idée de démocratie officiellement, je dis institutionnellement, dans la voie parlementaire dans les années 20. rappelons que le pape rejetait jusqu a ces années la démocratie comme la modernité contre la Loi naturelle. mais dans les faits, la droite est anti-démocratique, dans les années 30, les ligues fascistes, on connait 1940, en 45, heureusement on pu contenir le fascisme international, mais en profondeur, de gaulle n a jamais été démocrate, il a rejoint l idée de république en 44-45 parce qu il était entouré de gens de gauche a londres. la droite a donc du apprendre a se métamorphoser dans le républicanisme et noyer le poisson réactionnaire dans la marmaille républicaine. la constitution de 58 que nous connaissons toujours est un compromis entre république et monarachie, une monarchie républicaine selon les juristes un tant soit peu lucides.

l anti-idéologie et le pragmatisme de la droite, c est un travail éminemment idéologique de conservation dans l’ordre social par des pratiques qui nient le rapport de force politique. le travail idéologique de la gauche, c ‘est un travail de compréhension du monde par la pensée de celui ci. ceux qui stabilisent le discours, qui l enferment dans des schémas éternels, ne sont plus, de facto de gauche. les staliniens sont structurellement et ontologiquement de droite, ce sont des curés, des militaires de la pensée, des meurtriers du DEVENIR.

La lecon de deleuze c est d apprendre a DEVENIR, toujours se découvrir et redécouvrir autre, des CORPS SANS ORGANES, des corps vides, en connection avec l espace, le cosmos, le monde. corps multiples, corps pluriels, corps libres.

etre de gauche est une ontologie critique. etre de droite, c est une ontologie ignorante, dans tous les sens du terme…

gwen

 
manu2005
18H23 24/06/2007
    C’est bien qu’il y en ait qui aient encore envie de répondre à l’extrémisme de droite « républicain » d’Alviano.
    Alviano connaît bien l’histoire. C’est juste que son allergie viscérale pour la « gôche » le rend quelque peu sélectif dans ses souvenirs.
    Cette allergie le rend aussi d’assez mauvaise foi.
    C’est bien donc, et c’est encore mieux quand c’est quelqu’un de bien documenté sur le sujet.
    Merci donc. Je vous souhaite plus de réussite que moi pour l’ouvrir à plus d’honnêteté intellectuelle.
 
Robert Marchenoir
00H20 24/06/2007

Il me semblait bien que ce monsieur, c’était beaucoup de bruit pour rien. Il prend un air extraordinairement inspiré pour s’apprêter à vous expliquer la différence entre la droite et la gauche; on se dit qu’on va assister à quelque fulgurance intellectuelle; quelque radicale révélation philosophique.

Et puis il vous dit, en somme: la gauche est altruiste, la droite est égoïste. Inutile, naturellement, de demander à Deleuze où il se classe…

Tout ça pour ça.

Il faut un « philososophe » pour énoncer des platitudes aussi caricaturales, dignes d’un adolescent révolté sur son Skyblog, avec autant d’aplomb.

Et autant d’arrogance, d’ailleurs: vous aurez remarqué le mépris avec lequel il coupe la parole à la personne qui l’interroge — qui est censée être une amie, en plus — et qui ose une objection, rapidement balayée d’autorité, sans la moindre explication.

Vous remarquerez aussi que, pour lui, il va de soi que l’homme de gauche est européen — le reste du monde n’a pas droit à ses propres choix politiques, la divison entre la droite et la gauche ne les concerne pas — et que l’homme de droite est privilégié — le fait que nombre de pauvres et d’ouvriers votent à droite lui a visiblement échappé.

Voilà qui rappelle furieusement la vidéo de Bourdieu, tout aussi ridicule et qui en dit long sur l’ignominie morale de ces gens, où ce dernier expliquait comment distinguer un homme de droite d’un homme de gauche, et pourquoi Ségolène Royal était de droite (en deux mots: parce que ça se voit à la façon dont elle bouge).

On se demande d’ailleurs pourquoi il faudrait un Deleuze pour vous expliquer ce qu’est la gauche, alors que des centaines d’historiens ont écrit de milliers de livres où c’est expliqué très simplement noir sur blanc.

Mais bien sûr, s’il faut s’adresser à un gourou pour obtenir le fin mot de l’histoire, c’est qu’il ne s’agit, dans l’esprit du questionneur comme dans celui du répondant, ni d’une question politique ni d’une question historique; mais bien d’une question religieuse; d’un question d’appartenance; d’une question de clan.

La vraie question, qui travaille en réalité toute la gauche, est celle-ci: qui est avec nous, qui est contre nous?

Une fois ceci déterminé, la caractérisation du « nous » est une opération qui va de soi: il suffit de décliner la liste des qualités humaines, la bonté, la générosité, l’altruisme, tout ce que vous voudrez.

La question qui a été posée à Deleuze, en réalité, n’est pas: qu’est-ce que la gauche?, mais: dites-moi avec des mots à vous, avec des mots nouveaux, pourquoi nous avons raison, vous et moi, de nous aimer et de nous sentir supérieurs aux autres.

 
gwenelpicaro | prochainement prof d'histoire
01H34 24/06/2007

Monsieur, je ne chercherai pas a vous convaincre ni a vous evangeliser, si vous considerez que le travail de pensée se résume a se retrouver dans une secte au bout du compte.

je vous inviterai juste a lire deleuze, et d autres, que vous ne vous pensiez pas englué dans de la « philosophie » quelle horreur. et je vous conseille aussi de voir les 7h30 d entretien avec deleuze, que vous sachiez que le doute qui est la base de sa pensée, le tatonnement, le begaiement philosophique, l effort de pensée est un travail, une oeuvre, un effort d ecriture, de vie avec et contre, une difficulté.

donc si vous réduisez la différence entre droite et gauche a une histoire de chapelles, ya du boulot. et quand vous me dites que les historiens expliquent tres bien la difference entre les deux, donnez moi des noms, que je revoie ma bibliographie. si vous parlez de rené rémond, l histoire des droites en france, rien de moins sur. si vous me parlez de la différence gauche droite, je ne connais pas de synthèse en histoire et je suis historien, donc éveillez moi.

ce qui est sur, c est que la pensée est un acte, elle fait peur parce que trouve du nouveau comme dit rimbaud et deleuze est sans doute un des philosophes les plus riches et compliqués du XXème, donc si vous ne voyez que futilité, inquiétez vous de vous memes. approfondissez, apres vous pourrez dire que deleuze est un con.

merci votre reaction comme celle du quinquagénaire avant vous montre la difficulté de penser aujourd hui, de se révolter, deleuze disait que résister c est créér, la déliquescence de la force critique.

quant a l autre qui parle des deux monarchies de gauche, merci pour moi, j ai 25 ans, je suis né en 82 et est subi, oui la tristesse intellectuelle et politique jusqu a arriver aujourd hui a un ainé qui vote sarko, ce n’est meme plus la monarchie, c est l empire pour regretter la monarchie mitterandienne.
s il avait lu deleuze et guattari, l anti oedipe et mille plateau, il aurait peut etre appris que mitterand vient des ligues fascistes, de 36 et la gauche au pouvoir, c est un oxymore. la gauche est un processus, une ontologie, un dasein, si on reprend heidegger, et que les vieux qui ont vécu 68 comme ils vivent 2007, avec la meme résignation, la meme légèreté de parole et d acte, ceux que le philosophe gilles chatelet dit qu ‘ils « vivent et pensent comme des porcs », que ceux la se satisfassent de leur situation sur le dos de la jeunesse et du monde.

oui ségo est de droite a sa gueule, oui sarko est un néo-vichysme et oui, l homme moyen qui se dit libre comme vous se laisse balloter au gré des flots avec volupté… continuez de voter selon vos interets, nous continuons de penser…

gwen

 
Ehim
01H24 24/06/2007

Etre de gauche ?

Est-ce qu’on peut se définir aujourd’hui comme ça ?
J’ai cru comprendre à travers les propos de Deleuze qu’il essayait de définir ce qu’on appelait autrefois un humaniste.

Son utopie sur le vision du monde par les Japonais est battue en brèche par la réalité japonaise, complètement américanisée et hyper-mondialiste.

Je mets au défi quiconque de définir de ce qu’est la Gauche dans l’inconscient collectif, quand, sur le terrain politique, elle va de Besancenot à Strauss-Kahn.

http://ehim.over-blog.com

 
brigitte celerier
12H15 24/06/2007

bien sûr il a raison. Le problème est de mettre cette perception en acte, pas uniquement dans sa vie, mais aussi en cherchant ce qui peut politiquement s’approcher le plus de solutions, pour la part qui dépend de nous, sans rester dans la négation de toute action au nom d’une certaine pureté mais sans perdre de vue cet ensemble dont nous sommes une part. On finit souvent par se dire que cela relève de l’impossible. Etre honnête

 
Pascal Riché | Rue89
14H52 24/06/2007

Votre commentaire est intéressant, Quentin et il donne à réfléchir. La gauche a sans doute un peu perdu un peu le sens de « l’horizon », comme dit Deleuze, ou de l’humanité, comme aurait dit Jaurès… Elle doit, pour renouer avec elle même le retrouver…
PS: N’hésitez pas à vous inscrire (colonne de gauche, en haut), vous aurez alors une encre noire, une signature, et vous pourrez noter les contenus du site.

 
asaghost
13H00 25/06/2007

merci Pascal Riché pour votre appréciation (je suis Quentin). J’ai suivi votre conseil, je me suis inscrit, j’espère avoir encore des choses à dire dans vos futurs articles. Pour la petite histoire, je n’avais pas vu que vous aviez écrit l’article et quand j’ai lu votre nom sur le commentaire, je me suis rappellé de vous. Il ya quelque temps, alors que vous étiez le correspondant de libé aux états unis, j’avais envoyé un post sur votre blog en réaction à un article sur la création de robots militaires…ce qui avait déclenché des propos houleux a mon encontre vous obligeant à supprimer certains messages…!! Bon j’imagine que vous ne vous en rappellez pas mais voilà, du coup, ça me fait plaisir de vous retrouver sur rue 89 (média trés satisfaisant et qui me surprend par son objectivité, ça fait du bien de ne pas se sentir juger par des articles…) Voilà, merci. a bientôt ici même.

 
Sexus Empiricus
17H54 24/06/2007

… mais non, Quentin!

Vous parlez de vision que Deleuze aurait de la droite et de la gauche - mais le terme même est mal venu: il va mieux aux mystiques qu’à Deleuze, qui n’était pas plus homme à vision qu’homme de télé-vision.
«Les visions ont un heureux instinct: elles ne viennent qu’à ceux qui doivent y croire.» (Souvenir de Rivarol.)

Un concept n’est pas une vision: il en diffère du tout au tout. Or Deleuze fabriquait des concepts. Qu’il y ait des percepts et des affects mêlés aux concepts, c’est indéniable - mais de « vision » (à la Victor Hugo) point. Deleuze, à la différence de Sartre et de tant d’autres, n’a jamais joué le rôle du prophète.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que les mots « gauche » ou « droite », dans la bouche ou sous les ongles de Deleuze, n’ont pas du tout le sens immédiat que vous leur donnez, sur la foi de l’acception courante. Vos amis, que vous réputez les uns de droite, les autres de gauche, en rapport (je suppose) à leurs opinions proférées ou à leur vote, voire à leur adhésion à tel ou tel parti, n’engagent pas la définition de Deleuze.
Au passage, Deleuze est l’un des rares « zazous » de cette génération qui a eu vingt ans à la Libération, à n’avoir jamais donné dans aucun parti, - y compris le parti communiste. Issue d’une famille « normale », donc de droite, Deleuze a pris la tangente - et ce n’est pas en vertu d’une triangulation oedipienne. On prend la tangente lorsqu’on apprend à poser les problèmes, en écartant les faux problèmes.

Être de gauche, pour Deleuze, c’est lever des lièvres. Des bons lièvres, dont la droite ne veut surtout pas qu’ils sortent du trou. Lever des lièvres, c’est une définition quasi-deleuzienne de la gauche.
Pignarre et Stengers, dans La Sorcellerie capitaliste: pratiques de désenvoûtement (2005) disent cela mieux que je ne saurais:
«Nous pensons que Deleuze avait vu juste lorsque, en 1985, il osa ne pas abandonner les termes si souvent moqués de gauche et de droite. Plutôt que de les renier, ce qui peut mener au piège du «ni gauche, ni droite» qui propose la virginité d’un nouveau départ, il les a «recréés» en affirmant qu’entre la gauche et la droite, ce qui importait n’était pas des différences de conviction ou de valeurs, mais une différence de nature. La «gauche» n’existe que dans la mesure où elle apprend à résister à ce dont il suffit à la «droite» de profiter. La gauche, écrit Deleuze, a besoin que les gens pensent, et son rôle, qu’elle soit ou non au pouvoir, c’est de découvrir un type de problème que la droite veut à tout prix cacher.» (Allusion au texte de Pourparlers cité hier soir.)

Donc, surtout ne pas confondre la gauche, au sens deleuzien, avec le caviar ou l’esprit de corps. Il y a des élus situés à gauche de l’échiquier politique contemporain, qui sont authentiquement de droite, dans l’exacte mesure où ils ne voient pas les problèmes autrement qu’avec des lunettes bon teint.
Pour voir les problèmes, il n’y a pas besoin de « vision ». Il suffit d’ouvrir les yeux, d’être clairvoyant, d’oser regarder là où personne ne regarde, ou sous un angle que la vue ordinaire ignore, - et de ne pas esquiver le réel, son relief, ses grains, son apreté. Mais justement, c’est très dur de savoir de quoi ce réel est tissé, comment il est fait, comment nous pataugeons dedans.
Donc, commencer par diagnostiquer l’actualité (en l’historicisant, comme savait le faire Foucault), pour sortir des artefacts du 20 H, et ne pas bêler avec nos pâtres. (Voyez les rengaines du thatchérisme: 20 ans pour traverser la Manche - preuve que tout arrive… mais avec plus de retard encore que les trains de la SNCF.)

Pour revenir à Deleuze, je crois en effet que (selon la boutade de Foucault) un jour viendra où le siècle sera deleuzien, - ou ne sera pas.
Penser les rapports Nord-Sud (géo-philosophie?) est typiquement une affaire de gauche. Penser que ces rapports Nord-Sud traversent de part en part l’Europe, la France, ma commune même. Nord-Sud les flux de marchandises et d’hommes, les déterritorialisations (d’où viennent donc les tomates?) et les reterritorialisations (bizarre ce néo-nationalisme cocardier, du FN au PS ou PC).
Pour faire un premier pas à gauche, il me semble intéressant de calculer son empreinte écologique. Une suggestion.
Ou « reconsidérer la richesse » (titre d’un petit bouquin instructif de Patrick Viveret), c’est aussi un pas à gauche, n’est-ce pas?
On pourrait soulever bien d’autres lièvres, en osant penser un peu plus loin que le pare-brise de sa voiture ou que l’écran cathodique - au lieu de marcher en rang serré, à la carotte et au bâton, le coeur propriétaire et ne battant plus que pour la Croissance.

Cordialement,
 S.E.

 
asaghost
13H44 25/06/2007

cher sexus empiricus,

votre réponse est trés intéressante mais finalement j’ai aussi l’impression que vous cherchez à m’embrouiller ! (n’y voyez aucune attaque). Je vais donc, à la mesure de ma connaissance essayer de vous répondre.

Tout d’abord, en ce qui concerne les termes vision et concept. Que deleuze fabrique des concepts, soit. Donc admettons que deleuze expose son concept de la gauche dans cette petite vidéo. Vous me dites de ne pas prendre ce concept de la gauche dans son sens immédiat, donc dans son sens que lui confére l’actualité d’aujourd’hui. Déjà, à partir de là, cela prouve qu’effectivement je n’avais pas totalement tort en notant que la notion de gauche et de droite dont parle deleuze n’est plus d’actualité. Corrigez moi si je me trompe.

Maintenant quand vous dites en substance que la gauche est chargée de soulever les lièvres que la droite ne saurait regarder…permettez moi d’être sceptique, toujours au vu de l’actualité des derniers mois. Car j’ai plutôt eu l’impression que la gauche cherchait à dissimuler alors que la droite tente une « révolution » (à ne pas prendre dans le sens de 1789 bien sur). Et les dernières surprises révélées par Royal sur les 35 heures et les SMIC semble confirmer mes propos.

Donc, pour en revenir a deleuze, qu’il s’agisse de concept ou de vision (trés intéressant au demeurant), je répéte ce que j’ai déjà dit, son concept ou sa vision ne me parait plus du tout juste. Pour vous donner un exemple qui permette d’illustrer mon propos sur la non pérénisation d’un concept, je vais faire un parallèle avec le complexe d’oedipe. Pour Freud, l’enfant tuait le pére et b…sait la mère (excusez moi pour l’écart de langage). Ce concept a fait école comme vous devez le savoir. Or, depuis déjà une petite dizine d’année, je me suis interrogée sur la viabilité de ce concpet au regard du changement de nos sociétés et hier, dans un livre de chuck palahniuk, je trouve une réponse. Celui-ci expose que le complexe d’oedipe tel que le décrit Freud ne peut plus fonctionner comme tel à cause du changement de la société, je vous cite sa phrase, intéressante à méditer « dans l’histoire oedipienne moderne, c’est la mère qui tue le père et qui ensuite prend le fils ». Cet exemple nous éloigne un peu de notre propos mais c’est sur l’évolution des concepts que je tenais à attirer votre attention. Sur le fait que ce qui est dit à un moment par un homme, aussi grand soit-il, peut ne pas trouver écho dans l’avancée du temps.

Pour ce qui est du « d’où viennent les tomates », je vous conseillerais l’excellent court métrage Brésilien il me semble nommé L’ile aux fleurs…

Voilà, je ne sais pas si j’ai vraiment répondu à votre post (peut-être d’ailleurs que vous n’attendiez pas de réponses). J’essayais juste moi de défendre mes positions à savoir que droite et gauche ont changées et que peut-être les rôles se sont inversés dans certains domaines. Et que si la gauche était si clairvoyante que ce que vous supposez, elle n’hésiterait pas à rejoindre un gouvernement de droite pour améliorer le sort de l’ensemble des Français plutôt que de continuer à critiquer, à diviser pour ramener les voix à son seul corps…vous voyez ce que je veux dire. Pour l’instant, la gauche française (classe politique j’entends) pense plutôt à son propre pouvoir plus qu’à celui des Français ou du reste du monde, réduisant malheureusement vos propos d’une gauche ouverte sur le monde complétement out…..
Merci de m’avoir lu.
A bientôt.

Asaghost (ancien quentin)

 
Sexus Empiricus
07H34 26/06/2007

Chère Asaghost (bonsoir à Quentin),

Vous avez su quoi faire de mes tomates pourries. Au lieu d’en faire des gorges chaudes, vous allez au compost, - bravo: j’aime cette alchimie.
Et composter est un beau geste. Je ne parle pas des gares ni de quais, je parle évidemment de jardin. On arrive avec son petit bol plein de débris, d’épluchures, de tomates pourries, et on place le contenu sur le tas; on prend un râteau et on recouvre de feuilles mortes. On fait la même chose le lendemain; on recommence le surlendemain, et ainsi de suite. Alors on s’aperçoit très vite que tout est devenu… de la bonne terre. C’est passionnant. Souvenir de Yourcenar)

« L’île aux fleurs »? Il me semble en avoir entendu parler, - en bien. Encore jamais vu ce court métrage. à voir? C’est noté (dans un coin de ma tête).

Mais après cette digressions, entrons dans le vif.
Le vif, c’est que toutes vos remarques sont intéressantes, pas négligeables et de bon aloi à ce que je crois. Aussi, je ne vais me mettre en peine pour résoudre le désaccord qui nous sépare, c’est-à-dire que je ne veux surtout pas vous convaincre - et de quoi que ce soit encore.
Un concept, c’est un outil pour penser. Une sorte de prothèse, comme les verres à lunettes: si vous n’en avez pas besoin, à la bonne hreure! vous faites bien de vous en passer. Si vous avez la vue myope, l’opticien vous proposera tel ou tel verre adapaté à votre regard; tel ou tel autre si vous l’avez hypermétrope; et ainsi de suite, selon qu’on voit bien d’un oeil nu, et mal d’un autre, de près ou au contraire de loin, etc. (Souvenir de Proust)

Il suffit d’observer seulement que, là où je soulignais que Deleuze créait un concept de gauche, vous objectez à ce concept l’idée faussement obvie d‘« actualité ». Or, est-il besoin de dire que ce terme d‘« actualité » fait un peu écran: non seulement pour la projection d’images dites « d’actualité », vraies ou fausses (images: représentations, ou chromos, idées ou artefacts, chimères et coquecigrues, ici peu importe), d’autant plus trompeuses qu’elles ne le sont pas toujours, mais surtout parce que cette fameuse (certains disent fumeuse) « actualité » s’entend en plusieurs sens. Par exemple, la plupart d’entre nous admet que l’actualité dont parle Rue89 n’est pas tout à fait celle qui occupe l’écran d’un journal de télévision, minuté, calibré, taillé pour le chaland, ni non plus celle de la presse qui a pignon sur rue. On pourrait dire, si on veut bien filer la métaphore, que ce ne sont pas les mêmes rues.
Autrement dit, le point important revient à savoir de quelle actualité nous causons.

L’hypnose et la poudre aux yeux des événements que « l’actualité » monte en épingle peuvent faire illusion. Comment y voir clair sur ce qui importe? Ne pas prendre des vessies pour des lanternes, ni attendre le lièvre servi tout rôti sur un plateau. Nous nous laissons parfois ensorceler (le capitalisme, comme l’ont rappelé en 2005 Pignarre et Stengers dans une veine strictement deleuzienne, est un appareil de capture: système sorcier), mais nous sommes un certain nombre - variable d’une question d’actualité à l’autre, sur une même journée - à ne pas trop nous en laisser conter.

Non pas que nous soyons plus malins que les autres, mais parce que les événements un peu nouveaux passent rarement la rampe et ses feux. Mille micro-fissures, des fuites, presque pas de grand krach.
Le fait que « l’actualité » n’a jamais été vraiment drôle. On pose la question: qu’y a-t-il de nouveau dans ces nouvelles? Parmi elles, on trouve, parfois (rarement) de l’inattendu, mais, le plus souvent, la répétition indéfinie de choses archaïques, cadavres et morts. Comment faire le tri? Comment reconnaître le contemporain? (Souvenir de Michel Serres)
C’est un pan important de ce que vous dites avec une force de conviction que je vous envie.

Comme vous insistez fortement sur l’actualité, l’aujourd’hui, je me doute bien que vous songez au temps présent. Mais quoi alors?
L’actualité, c’est ce qui intéressait Foucault, - et c’est aussi bien ce que Nietzsche appelait l’inactuel (ou l’intempestif). De Nietzsche à Foucault en passant par Deleuze, il y a une même longueur d’ondes - et des voies différentes pour dire néanmoins que l’actualité, c’est ce qu’il y a de plus difficile à percevoir: elle ne saute pas aux yeux, ni ne crève les oreilles.

Le concept de gauche, selon Deleuze, vous semble daté parce que 2007 n’est pas 1988. Et vous avez raison de vouloir « historiciser » les grands mots et toutes nos abstractions quotidiennes. Soit.
Encore faut-il discerner les différences réelles, qui ne soient pas que de surface, et remarquer les continuités - qu’on s’en tienne à l’épiderme ou au fond des choses. Ce qui mérite instruction, enquête, analyse et réévaluation. (Vous voyez que le travail critique - au sens fort - ne manque pas: nous ne manquons pas de gens prêts à rejoindre tel gouvernement ou telle assemblée; nous manquons de résistance au présent.)

Lorsque vous parlez de l’actualité des derniers mois, à vous lire, il y aurait une évidence massive à laquelle nous sommes sommés de nous rendre. Je me sens bête de de vous le dire, mais je ne vois pas. Sincèrement, je ne vois pas de quelle actualité vous parlez.
Je n’imagine pas que vous vouliez me faire dire que le président de la République s’appelle Nicolas Sarkozy, et que la vague bleue a bel et bien eu lieu - ce serait aussi lassant que d’entendre dire que le soleil brille quand il brille, ou qu’il fait nuit quand il fait nuit.

Vous parlez des déclarations, ou plutôt des rétractations de Ségolène Royal à propos des 35 heures et du SMIC. Libre à elle de dire ce qu’il lui plaît de dire, et de se dédire comme bon lui semble. 10 secondes de politique fiction: quand bien même la candidate du parti socialiste aurait été plus chanceuse aux coups de dé médiatiques, je ne vois pas que Didier Eribon ait tort: nous avons de sérieuses raisons de prendre la plupart des représentants du PS comme des braves bourgeois, grands ou petits, - qui n’ont pas levé beaucoup de lièvres, qui n’en ont peut-être jamais levé, parce que si on apprenait à lever des lièvres dans leur parti, on en aurait eu des nouvelles.
Les lièvres se lèvent, non pas comme une génération spontanée, mais hors parti. En forçant un peu la note, je dirais même qu’un « parti de gauche » est une contradiction dans les termes.

Ou pour revenir à la pensée de Deleuze, brûlante d’actualité - non parce qu’elle serait une philosophie éternelle, intemporelle ou sempitirnelle, mais parce que Deleuze est à la fois un grand créateur de concepts et l’auteur de Capitalisme et schizophrénie, et que nous baignons dans cette eau-là -, il faudrait reprendre la question de la gauche en faisant rhizome avec devenir-minoritaire, géo-philosophie ou problème. Une autre fois, pourquoi pas?

Ma main amie,
 S.E.

 
chris dechock
13H32 24/06/2007

ce qu’il faudrait, c’est un retour à la pensée politique, une vaste chantier à mener par des intellectuels et des philosophes .. y en a marre d’être gouverné par des commerciaux, des managers, des stratèges, des communicants… ce marasme de la pensée et de l’action au PS en est la preuve, quelle bassesse de comportement.. ne même pas se remettre en cause. Oui, Ségolène Royal a fait une magnifique campagne, elle a incarné un nouveau mode d’êchange et de pragmatisme, elle a eu du courage et de la grâce..personne d’autre dans les rangs du PS « officiel » n’aurait pu obtenir ce score.Quel enthousiasme véhicule encore ce ridicule quatuor Jospin, Fabius, Straus Kahn, Hollande ? ce qui n’a pas suivi pas .. ce sont les idéaux politiques de ses « compagnons » .. coup de chapeau à ceux qui pensent et vive une vraie gauche, renouvelée, opérationnelle et constructive.

 
MCollery
15H28 24/06/2007

Merci à Rue89 et Pascal Riché pour cet excellent document, simple et clair, que je traduirais par une formule équivalente: être de gauche c’est avoir conscience que d’autres existent.

 
moi-virg
23H56 24/06/2007

Difficile.

Non par sectarisme je ne cotois que des gens qui ce dise de gauche. Et que vois-je (avec certainement moi la première)des jeunes gens qui ne pense qu’a leur petits comfort et ne font qu’asouvir leur disir de consomation. La consomation nous le savons tous n’a pour effet que d’aservire les hommes. La pensé de l’Homme dieu véhiculler par notre culture biblique à polluer le reste du monde et notre mémore collective (a nous occidantaux). Et dans ce monde géré par nos consomation, la maitrise et le surpassement de la nature, nous petits bobo de gauche nous achetons pour notre bonne consisence des produits issue du commerce équitable, et acceptons l’idée qu’il ne puissent pas l’être. La mojorité des gens veullent plus de pouvoir d’achat, pas toujours pour nourire mieu ses enfants pour avoir un nouvelles ordinateur, un écran plats ou un abonnement à la télé satélite. Car ça fais des décénie que l’on leur vend le bonheure sous forme d’objets. Et nous avont tous finie par le croirent.
Les phillosophes doivent faire penser le peuple mais pour faire penser le peuple il faut crée des outils ludiques et accésibles hors du systhème mercantile. Il faut vincre le poison egoïte en chaqu’un de nous. Même si l’homme est un animal de culture je pense qu’il sera difficile de changer la persepetion des peuples sur le terain le de l’instint de survie, car le coccon que le marcher et les religions mono-théistes à tisser autour de nous et si confortable que ça vas être dure de le quitter.

 
Ferdinand.Bardamu
19H20 01/07/2007

Moi aussi, j’ai arrêté de lire à cause de l’orthographe. Dommage.

 
ebolavir | Tianjin
04H21 25/06/2007

Dur, dur. Donc être de gauche c’est être du bon côté, ou du côté du bien. Je n’ai rien compris à ce qu’a dit Deleuze. Je tire ma conclusion des commentaires. D’ailleurs, il y a des années, quand le Parti voulait du mal à quelqu’un, il l’accusait de droitisme. La droite c’est comme le péché, il faut être contre.

Something completely different: Dailymotion est bloqué en Chine, et les sites relais ne marchent pas pour la video. Youtube est libre pour l’instant. Si Rue89 pouvait mettre ses videos sur les deux, ce serait mieux pour moi.

 
jnspqd
09H57 25/06/2007

C’est par ce type de documents ou « perceptions » que le vrai débat et la discussion citoyens, par opposition à l’injurie et l’insulte de mode sur les web « politiques » y compris sur RUE89, peuvent être ouverts.
Savoir et pouvoir se situer par rapport à soi-même et par rapport à toute idéologie dépassée et puis, éventuellement, se laisser aller aussi, nous sommes humains, aux perceptions propres mais en connaissance de cause et sans intention de manipulation de l’autre. Ceci pourrait donner d’autres échanges et d’autres comportements parmi les citoyens de base qui provoqueraient par une exigence du comportement des dirigeants politiques.
Ce paradigme de carte postale pour définir ce qui est la sensibilité de gauche ou de droite au delà de toute théorie ou doctrine me convient parfaitement, mais… c’est vrai qu’alors, en ce moment, nous, ceux de la carte postale du monde, devrions l’écrire sur les enfants esclaves, les enfants maltraités ailleurs et autour de nous, les populations qui meurent de faim, les SDF dans nous villes, les sans papiers, l’accueil des migrations sauvages de la misère en Europe, les délocalisations et répercussions sur les travailleurs d’ici et d’ailleurs, la braderie promise des services publics nécessaires à l’équilibre citoyen ; les oppressions et embargos des pays riches, exemple EEUU/Cuba, mais il y en tant d’autres, le Darfour, l’Irak, la Palestine… au lieu de ne parler que des ambitions des ego de nos responsables !
Est-ce par autodéfense de notre subconscient ou parce que nous avons perdu la boussole ?

 
pikasso02
18H38 25/06/2007

Cinq minutes de Deleuze! Ce n’est pas sérieux! Il faut écouter tout Deleuze! C’est possible! Il est passé à la télé et à la radio. Des cassettes et CD existent. Que d’heures d’écoutes passionnantes. Mais cet homme qui attirait des étudiants autour de lui était le Michel Onfray d’aujourd’hui! L’Université de Vincennes ou celle de Caen, c’est du pareil au même. Il nous faut changer notre façon de voir! Nous sommes tous ou presque des égoïstes vis à vis du Tiers Monde. Mais tout dépend du choix de vie que nous nous sommes donnés. Toux ceux qui veulent agir ont raison d’agir. Agir pour moi, ne doit pas renvoyer à l’argent. Agir c’est penser. Oui Deleuze ! Oui Onfray ! C’est pouvoir communiquer avec l’autre et tous les autres. Hélas, nos différentes cultures nous en empêchent. Seuls les génies y parviennent. Picasso, Matisse, Cézanne, étaient-ils de gauche d’après vous? Certes non ! Comme tous les génies qui les précédèrent ! Ils nous l’ont peut-être fait croire, je pense à l’Espagnol, mais quand on étudie son oeuvre en profondeur nous nous apercevons que cet homme s’est joué de nous. Ni gauche, ni droite, mais manipulateur! Interprète! Les comédiens qui se disent de gauche ou de droite, peuvent avoir autant de talent et parfois de génie. Je ne suis pas sûr que la droite et la gauche existent encore aujourd’hui. En revenant, à Picasso, s’il avait donné ses clés, il aurait été selon moi utile à la société, occidentale et mondiale. Hélas! Il s’est tu! Ceux qui jouent avec la pensée du peuple sont là pour le distraire mais rien de plus! Mais ce n’est pas ainsi, que cet Espagnol a vu les choses. Pablo, vous fûtes certes génial mais ne fûtes qu’un interprète, comme tous les autres peintres avant vous ; aujourd’hui, tout reste à faire pour remettre les pendules à l’heure. Deleuze ne mentait pas. Ses paroles restent valables. Il nous à aider à penser. Picasso en faisant le clown, a fini par réussir son coup. Mais de grâce ! Vous ne fûtes pas de gauche ! Pourquoi parler de Picasso, et non de Deleuze ? C’était pour moi, une façon de participer, comme un concept, pour vous dire comment selon moi il ne faut pas agir, pour être de gauche. Ceux qui agissent comme lui sont de droite. Ils brouillent les pistes où nous nous aventurons tous. Il serait temps que nous percutions ! A défaut de percevoir.

 
adaunis | Artiste....ailleurs.....
19H23 25/06/2007

Nous vivons un monde merveilleux. Nous sommes dans l’hypnose collective. Notre besoin d’idole, de leader, chef, capo, führer, est insatiable.
Docteur Freud, dans cette hypnose concertée si je ne m’abuse, dois je me faire encore, une quelconque illusion. Je trouve cela surréaliste. Vu l’incurie (cela est un avis personnel) des écuries diverses et bien rangées en ordre de marche, contrairement à ce que l’on pense, de gauche comme de droite qui nous gouvernent, de l’Élysée à Matignon au Sénat en passant par les conseils généraux et des conseils régionaux et les municipalités, nous nous posons encore la question :
Qu’est-ce que la gauche, qu’est-ce que la droite, et on ressort un philosophe d’une autre dimension, hélas pas au fait des réalités actuelles, pour cause de disparition précoce. Gilles Deleuze, n’est ni Platon ni Sénèque ni Épictète, Marc-Aurèle et autres « princes consorts », de la pensée philosophique universelle.
Si on se laisse jouer du pipeau, l’Élysée est devenu le centre du monde. Mais posons-nous la question suivante !
Qu’est-ce que la droite, qu’est-ce que la gauche. Vous avez induit une idée. J’en formule d’une autre. Et un troisième, en nous sortant d’une pseudo culture arrachée au forceps, qui en étale à tous les comptoirs « de bars du commerce », va nous convaincre que la gauche s’est cela est la droite ceci.
« Il faut en finir avec la gauche qui joue à Colin Maillard la gauche des grandes âmes sèches, celle qui offre un caramel mou à la sortie des messes dominicales » dixit notre premier ministre actuel, notre Fillon national.
Là au moins c’est clair. Il a au moins le mérite de ne pas faire dans la dentelle.
Le leader :« Celui qui est capable de déceler le cap dans un ciel sans visibilité et de communiquer sa confiance à tout son équipage ».
Oui c’est étonnant cette propension des peuples notamment des Français, en tout cas avec toute l’évolution depuis le siècle des lumières, à rechercher à désirer un guide, un majeur à se bousculer dans les meetings, les réunions politiques, dans les stades ( je Charlétyse un peu), pour boire les paroles divines d’un histrion hystérique, ou d’une divine et royale grâce, nous distillant des paroles prophétiques, de probables ruptures et autres panacées, de lumières reçues enjoignant des ordres justes et nouveaux, mais probablement désordres plutôt que l’on pense.
Entre autres, ces beaux discours écrits par de réels talents de plume, vous citant du Jaurès ou du Léon Blum, quand ce n’est pas la lettre tragique d’un pauvre adolescent de 17 ans qui va mourir.
On retrouve le même phénomène dans le monde du spectacle, et du showbiz, ce besoin d’icône. Fan de,…
Ce désir de faire allégeance à un quidam qui pousse la chansonnette, comme un signe d’introversion, de vengeance par défaut, de la non reconnaissance de son « soi profond ».
Alors réellement de gauche ou de droite ces chefs ces décideurs qui ne sont que le faire-valoir des actionnaires.
Selon que l’on se situe à gauche ou à droite, l’utilisation de nos neurones devraient nous faire admettre que la société capitaliste a évolué.
Un sujet devrait nous interpeler également.
Certains de ces « parangons » un jour Socialiste demain Umpéistes sont dépositaires de « secret d’état », de « moults » faits occultes, inavoués, ténébreux et dissimulés sur la classe politique, les combinaisons (toujours au nom de l’état) d’entreprises de déstabilisation de gouvernements étrangers, d’instrumentalisation de groupes ethniques politiques religieux médiatiques, dans la mesure où cela sert vous servirait leurs intérêts. Bref, des choses pas claires, si peu démocratiques, si peu louables, si peu honnêtes, si peu avouables.
Et vous vous demandez : si être de gauche c’est :
je réponds Rousseau, l’humanisme, le nom nombrilisme aigu, l’amour des autres, et le non désir de s’envoyer des tomates, et de plutôt les déguster ensemble.
La « gauche ou la gôche » et là c’est personnel : c’est ni Dieu ni maître, des millions d’êtres humains travaillant, jouissant, s’entraîdant, ne s’exploitant pas, qui a la fin de leur vie d’ hommes, iront aux limbes suprêmes retrouver le dieu des athées.

 
pikasso02
20H43 25/06/2007

Puis-je me permettre de vous demander ce que vous pensez de l’oeuvre de Picasso? Merci.

 
adaunis | Artiste....ailleurs.....
08H57 26/06/2007

Bonjour,Pikasso02.
A 8h30 ce mardi, avec une « crève » du tonnerre de Brest,je vous répond.
Je ne suis expert en rien, et j’ai une propension à me mefier des experts en tout, qui fleurissent en ces temps troublés.
Picasso, je le vois comme un peintre en trois temps.
Comme la valse.
Dès quinze ans, un talent précoce, ensuite un génie latent, avec un engagement de fait durant cette période terrible, enfin un marchand d’art, qui avait tout compris, entre autre qu’un simple gribouillage sur une nappe de restaurant, valait de l’or. De gauche Picasso? le temps de la jeunesse et de la guerre; peut-être.
Puis, vient le temps des amours, des rencontres, des échanges, et le temps du fric.
Picasso? un homme, une oeuvre, une image, un genre, un style, une étoile ou comète.
Moi ça me laise froid. je ne bande pas.
Vermeer, Rembrandt,Vinci, Caravage,le Greco,j’en oublie volontairement, me font vibrer et réfléchir.
Voilà monsieur, en gros ce qui n’est qu’un avis.
Mes respects du matin.
Ce n’est pas très original ni « in » comme avis n’est ce pas!
Je maintient deleuze : Bof!

 
pikasso02
17H01 26/06/2007

Merci Adaunis de m’avoir donné répondu.
Hélas! Ce n’est pas avec vous que je pourrai correspondre sur l’oeuvre de Picasso. Il ne vous fait pas bander! Moi, si! Alors!
Pourquoi ces questions sur un site Deleuze?
Je recherche des personnes qui soient passionnées par la pensée Picassienne. Cette pensée qui selon moi, a été mise à mal depuis trop longtemps.
Nous sommes nombreux à avoir des blogs. Le mien est consacré au dessin et principalement à une thèse sur Picasso. (Vous êtes Adaunis, un des rares peintres que je rencontre qui n’ait pas souhaité être Picasso! D’où ce « faux » « Etre le Picasso de la pensée » que j’attribue à Deleuze)
Pour celles et ceux qui souhaiteraient communiquer avec moi sur cette thèse sur Picasso, il suffit de cliquer pikasso02 sur Google, cliquer sur mon blog et me laisser des messages, ou mieux, en faire profiter Rue89, en me répondant. Ne me dites pas que Picasso ne vous intéresse pas! Non, ce n’est pas à vous que je m’adresse Adaunis! Mais aux curieux qui liront ces lignes. Existe-t-il encore des curieux des oeuvres des autres? Désolé Adaunis, mais depuis plusieurs années j’essaie d’entrer en contact avec des chercheurs ouverts. Je n’en ai trouvé que des fermés!

 
adaunis | Artiste....ailleurs.....
18H04 26/06/2007

Avant de me coucher, terrassé par la fièvre, je plaisante, je voudrais juste insister sur un point important.
Je ne dis pas que Picasso c’est nul. Pauvre de moi si je me permettais ce propos.
Non, je dis seulement que j’ai été sensible à la période rose et bleue, que c’est un immense peintre, mais que celà ne me parle pas.
Entre autre, il a été dit, et expliqué par des « experts » en histoire de l’art, qu’il aurait pu refaire du Michel Ange, ou plus prés, du Van gogh sur commande, et que l’on y aurait vu que du feu. Bref il aurait pu être un génial faussaire.
heureusement, il a été créateur, plus a mon avis qu’interprète tel vous le laissez penser.
J’ai survolé votre Blog.
La théorie de base est audacieuse, pour ne pas dire plus. Je crois que je vais vous faire frémir, si je vous dit que je suis plus sensible à l’oeuvre de Dali. Autant l’exubérance du personnage m’était insuportable, autant je trouve génialllllll son travail et ses allégories avec une lecture dificile mais enrichissante.
Maintenant pour en revenir à Deleuze, quand je dis « bof », ce n’est pas péjoratif, c’est qu’il a une pensée philosophique, qui ne me transcende pas, qu’il est lui aussi un interpréte, ainsi que Onfray,que j’adore, dont je suis les cours parfois sur internet, également interpréte, et à « gôche », alter mondialiste, et qui ne révolutionne pas la pensée philosophique.
Alors aprés ces péroraisons, je vous dirai pour ma part, à gauche toute, pardon à babord, mais au fait quelle gauche! ça c’est un « joke ».

 
pikasso02
22H00 26/06/2007

Excusez si j’insiste, mais c’est si rare d’avoir des personnes qui répondent! Accepteriez-vous de me dire ce qui se cache sous votre « pour ne pas dire plus », à propos de ma thèse. Quelque soit l’adjectif, je serais heureux de le connaître. Bonne soirée à vous.

 
adaunis | Artiste....ailleurs.....
10H43 27/06/2007

Ne vous excusez pas.
« Ce qui se cache sous votre pour ne pas dire plus »:
Ce que ça veut dire littéralement.
Aucun jugement,sinon qu’il faudrait développer, argumenter.
« audacieux pour ne pas dire plus ».
Parfois, il faut savoir faire simple, et prendre les mots tels ils existent dans le dictionnaire. Ne pas voir systématiquement malice ou « anguille sous roche ».
Amicalement. puisque vous avez le reflexe Google, Adaunis devient Alain daunis.

 
pikasso02
15H10 27/06/2007

Gauche, je le suis souvent!
Mais aucune malice dans mes propos, enfin, à ce sujet.
Mon but: Donner raison à ce dicton: « un dessin vaut parfois mieux qu’un long discours ».
Ne pas laisser entendre, mais donner à voir.
Ce que j’ai à montrer ne peut être dit avec des mots. C’est pourquoi, j’emploie les dessins.
Cette thèse est certes audacieuse vue de l’extérieur. Mais l’audace pour l’audace ne m’intéresse pas.
Ma thèse est juste, ou elle est fausse.
Pour terminer ce message simplement, je serais curieux de savoir si le cas de figure que je propose, existe ou a existé avec d’autres artistes. A savoir, qu’une peinture d’un artiste se retrouve lisible en filigrane dans toutes les oeuvres ou presque d’un autre peintre. Si ce n’est pas le cas, je serai le premier a avoir inscrit des milliers d’oeuvres de Picasso dans une peinture de Cézanne. « Etonnant, non! »