Les sorties scolaires, une « perte de temps », dit-on au ministère

Je n'ai pas l'habitude de lire les notes internes au ministère de l'Education nationale, mais mon oeil est resté scotché sur le rapport sur la réforme du premier degré publié par l'Inspection générale, à l'intention du ministre. Je ne l'ai pas lâché tant la prose des deux signataires, deux inspecteurs généraux, est fascinante.

Un mélange d'autosatisfaction naïve (« L'année a été exceptionnelle aussi par la soudaineté de mise en oeuvre de la réforme et par l'audace de certaines propositions… Les élèves retrouvent le goût de l'école… ») et de méfiance/brutalité (« Les récalcitrants à ce nouveau service ont été réduits de quelques centaines d'opposants déclarés dans ou par les médias à un petit nombre de situations individuelles, qui font l'objet de retraits de salaires »).

Certains passage maladroits sont inutilement blessants pour les enseignants. Exemple :

« La modification la plus fondamentale réside dans l'implication personnelle des enseignants dans la prise en charge
de la réussite de leurs élèves. »

Que l'aide personnalisée ait pu aider certains élèves à résoudre une difficulté, cela peut se défendre. Mais pourquoi suggérer que les enseignants n'avaient pas, auparavant, « d'implication personnelle » dans ladite réussite
de leurs élèves ?

Mais ce qui m'a le plus retenu l'oeil, c'est ce passage très inquiétant :

« Dans l'immédiat, il est indispensable de lutter contre les habitudes de grignotage du temps installées avec les sorties scolaires et les interventions extérieures, qui déconcentrent les élèves et qui font perdre beaucoup de temps sur les apprentissages, en prenant des mesures de restriction des empiètements tolérés, et parfois encouragés, sur le temps scolaire, en revoyant et limitant les agréments et autorisations. »

Ainsi, nous disent ces deux inspecteurs généraux, les sorties scolaires et les intervenants extérieurs ne seraient que perte de temps et facteurs de déconcentration !

Et moi, benêt que je suis, qui pensais que c'était ce qui reliait l'école au monde qui l'entoure. Ce qui apportait aux enfants du sens à leurs leçons. Je pensais que c'était un moyen de varier cet apprentissage, de lui apporter de l'émotion, de décloisonner les matières ; de donner aux enfants ce formidable plaisir de la découverte. De développer leur envie de poser des questions.

Je croyais aussi que c'était l'occasion de tisser des relations différentes avec l'enseignant et avec d'autres adultes. Mais non, rien de tout cela : ce n'était qu'une sale « habitude de grignotage du temps » !

Voici une drôle de vision, extrêmement fermée, de l'école. Personnellement, sorties et interventions de témoins extérieurs sont les moment qui m'ont le plus marqué pendant le primaire (à l'école publique).

Je me souviens par exemple d'un type venu à l'école avec un boa vivant, et je n'ai rien oublié de son système digestif (celui du boa). Ou encore de la visite
d'une synagogue dans le Marais, qui m'a ouvert l'esprit sur d'autres
cultures que celle dans laquelle j'étais élevé.

Dans mon souvenir,
j'ai alors gagné du temps ; et j'étais alors tout sauf « déconcentré ».

Pas vous ?

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Portrait de affreuxjojo

De affreuxjojo

00H24 | 21/09/2009 | Permalien

« L'année a été exceptionnelle aussi par la soudaineté de mise en oeuvre de la réforme et par l'audace de certaines propositions ».
Si ce n'est pas deux minables gratte-papiers atteints de lêche-bottisme au stade terminal qui ont écrit ça, je suis prêt à bouffer mon premier carnet de notes.

Portrait de Gilles31

à affreuxjojo Portrait de affreuxjojo De Gilles31

Mec | 04H16 | 22/09/2009 | Permalien

Sous ce gouvernement, la droite la plus réactionnaire est la plus conne se lâche…
Ils opnt l'occasion de modeler la France à l'aune de leurs préjugés, ils ont pas de « raisons de s'emmerder »
Un enfant ce n'est bon qu'à être assis de vant son pupitre et de régurgiter ce qu'on lui a enfoncé dans le crâne, point barre ! Circulez !

Portrait de leo.artaud

De leo.artaud

03H20 | 21/09/2009 | Permalien

le mauvais gras du mammouth il est là ! : L'inspection académique !

Portrait de karlM

à leo.artaud Portrait de leo.artaud De karlM 21378

08H55 | 21/09/2009 | Permalien

Grassement payé pour pondre pondre et pondre encore et jamais au contact du terrain, les voilà les fonctionnaires en trop.
Les pervers qui donnent les ordres inapplicables dans la vrai vie.
(35 élèves en secondes et une attention à chacun d'eux)

Et puis dans une société sécuritaire la sortie c'est plus dangereux que de rester assis.
Et puis c'est risqué d'ouvrir des esprits.

Portrait de Azza

à karlM Portrait de karlM De Azza

Ingénieur en informatique scientifi... | 10H13 | 21/09/2009 | Permalien

De toute facon, avec Vigie Pirate, la plupart de sorties seront annulees, non ?

Portrait de Emilande

De Emilande

précaire | 05H35 | 21/09/2009 | Permalien

Il faudrait dire à ces 2 inspecteurs que la seule leçon de géographie que j'ai retenue de mes années lointaines de primaire, c'est ce jour où notre instituteur a décidé de nous faire sortir pour une promenade et nous a expliqué la géographie du lieu en nous la montrant du haut de la colline.
Comment peut-on être inspecteur académique et manquer autant de pédagogie ?

Portrait de Irfan

à Emilande Portrait de Emilande De Irfan

09H03 | 21/09/2009 | Permalien

Sans vouloir faire de mauvais esprit, je crois même que ce n'est pas possible autrement, car sinon on reste dans le « circuit pédagogique » plutôt que de le quitter. Les inspecteurs, certains sont bien, certains le sont moins, mais surtout quelques-uns ne sont que « politiques », en place auprès d'untel au ministère ou à la préfecture, ce qui leur permet de travailler vraiment très peu.
Un peu ce qu'ils reprochent quand ils parlent des « habitudes de grignotage du temps installées avec les sorties scolaires et les interventions extérieures », une façon de dire « d'façon, les instit et les prof c'est que des flemmasses de fonctionnaires ».

Merci pour votre article, Pascal Riché, il est intéressant et met en avant quelque chose que peu d'entre nous auraient remarqué sinon : c'est ça qu'on attend du journalisme. J'espère que d'autres médias reprendront cette analyse, surtout un certain quotidien censément apprécié des enseignants.

Quant aux sorties scolaires, ce doivent être des anciens gosses de riches qui n'ont eu des sorties que divertissantes au poney-club ou en classe verte, et qui avaient tout vu grâce aux parents avant, qui disent ça. Pour moi, elles ont été utiles, qu'il s'agisse de sorties pour un jour ou de voyages, et j'ai gardé le souvenir d'un bon nombre d'entre elles.

Sans avoir eu la chance d'Emilandeprécaire, je me souviens des sorties « vertes », ou des quelques cours de géologie « actifs » -alors qu'en 6e, il n'y a pas plus barbant que les roches- en allant voir près de la marne ce qui s'y passait, etc.
Les « sorties » ne permettent pas seulement de mettre l'élève en relation avec autre chose que l'école tout en le faisant apprendre (ce qui est déjà beaucoup) mais elles mettent aussi les élèves entre eux dans une situation nouvelle : en classe, tous ensemble, mais pas DANS la classe. Donc il faut adopter d'autres comportements, d'autres repères… sans se faire gronder !

Portrait de pablico

à Emilande Portrait de Emilande De pablico

10H33 | 21/09/2009 | Permalien

Il faut perdre la moitié de son temps pour pouvoir employer l'autre.
[John Locke]

les sorties ne sont non seulement pédagogiques en montrant le réel aux enfants, et non pas des images, des conceptions intellectuelles.

le réel fait naitre des sensations, qu'un livre, un film ne peut jamais donner, ne serait-ce que les odeurs, l'ambiance, le vent, le soleil ou la pluie qui marque à tout jamais la leçon.

les sorties exacerbent aussi l'amitié, les relations, car on sort du contexte des habitudes.

on peut apprendre à nager à plat ventre sur un banc, mais il est bon après de plonger et nager dans la piscine, et plus tard la mer. Pourquoi nager est fait…

Portrait de désabusée

De désabusée

06H30 | 21/09/2009 | Permalien

ah mais il ne faudrait surtout pas que les enfants puissent apprendre à voir le monde autrement ou à réfléchir ! ! ! comment les manipuler plus tard ? finalement, pourquoi continuer à aller à l'cole ? hein ? en fait c'est complètement idiot si on regarde leur raisonnement profond, savoir compter ? ah mais non, ils pourraient savoir déchiffrer les comptes pourris, lire ? ah surtout pas ! qui dit lire dit écrire et penser !

Ils veulent faire des générations de moutons qu'ils ne s'y prendraient pas autrement.

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 07H05 | 21/09/2009 | Permalien

DÉSTABILISATION DE TOUT UN SYSTÈME ÉDUCATIF

Il suffit de fréquenter le milieu de l'Éducation Nationale au jour le jour pour percevoir le désarroi qui frappe les enseignants de tous niveaux, du premier degré aux lycées professionnels, en passant par les collèges et les lycées polyvalents.

Il suffit de côtoyer quotidiennement la hiérarchie de circonscriptions ou d'inspections académiques, pour mesurer combien celle-ci peut être déboussolée par les méthodes et les instructions pédagogiques qu'on lui demande aujourd'hui de promouvoir, et qui sont en totale contradiction avec ses recommandations d'hier.

On peut gloser à l'infini sur le « pédagogisme » assez suffisant qui présidait aux pratiques précédentes, on ne peut qu'être atterrés par l'arrogance méprisante et l'incroyable stupidité intellectuelle qui émanent aujourd'hui des hautes sphères ministérielles.

La fameuse « crise » ne se trouve pas que dans la mécanique de la machine économique et financière, ni dans la seule propagation d'une fâcheuse épidémie porcine, elle ravage aussi dangereusement les cerveaux et le bon sens des milieux éducatifs… pour de vulgaires raisons d'économies budgétaires !

Portrait de Chipek

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Chipek

14H00 | 21/09/2009 | Permalien

Jeudi, notre bon inspecteur nous a martelé x fois :
Un enseignant enseigne, un fonctionnaire fonctionne ………..

Bref, en d'autres termes, z'êtes pas là pour penser ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

Portrait de framboise92

à Chipek Portrait de Chipek De framboise92

Je refleurirai un jour ! | 19H51 | 21/09/2009 | Permalien

ceci-dit, même chose pour moi, mais s'il savait comme je le trouve C ; . ! ! ! ! ! ! ! ! ! Petit, très petit, et c.n et lèche-bottes à la fois ! ! ! ! ! ! !

Portrait de tecole74hs

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De tecole74hs

passe repasse trépassera... | 14H02 | 21/09/2009 | Permalien

Non vous avez une idée de la crise trop pessimiste, au contraire la crise est plutôt une prise de conscience collective de toutes les impasses de notre société, y compris bien sûr l'impasse dans laquelle se trouve l'éducation scolaire. du coup, progressivement l'individu s'arrête de bêler, relève la tête, regarde autour de lui et se rend compte qu'il n'est plus le seul à se poser des questions. Il manque juste une personne, un mouvement pour fédérer cette prise de conscience, l'amener sur un plan politique pour enfin mettre en place une stratégie de lutte.

Portrait de killerdemouches

De killerdemouches

07H29 | 21/09/2009 | Permalien

Affligent.

Ces inspecteurs ont-ils des enfants scolarisés ? Ont-il déjà donné un cours ?

Je n'ai pas souvenir avoir eu tant de sorties / intervenants extérieurs pendant ma scolarité (j'ai 25 ans), mon fils (5 ans) en a, en étant large, une par mois, et c'est très souvent un moment où il s'implique plus, où il retient plus. J'ai vraiment l'impression que c'est un moment fort qui aide beaucoup à l'apprentissage.

Mais bien sûr, si le rôle de l'école est de faire des moutons sans esprit critique qui ne sont là que pour travailler (plus) et consommer (plus), l'intérêt est relatif. On pourrait presque supprimer l'école d'ailleurs, dans ce cas, et passer tout le monde en apprentissage à 8 ans.

Portrait de leconcombrevert

à killerdemouches Portrait de killerdemouches De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 10H17 | 21/09/2009 | Permalien

« On pourrait presque supprimer l'école d'ailleurs, dans ce cas, et passer tout le monde en apprentissage à 8 ans. »

J'allais faire la meme proposition. Mais je pense que j'ai compris pourquoi on ne le fait pas : On ne sait pas encore dans quelle entreprise/ branche les chers petits seront au chomage quand ils seront grand - alors, on laisse à l'état le soin de les garder au chaud entretemps (merci, c'est nous qui payons).

Ironie apart, on en revient pas !

Un système scolaire en proie à de tels ignards, ennemis de la culture, des enfants, de l'enseignement ….

Merci, Pascal, pour cet article !

Portrait de pablico

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De pablico

11H23 | 21/09/2009 | Permalien

ces gens n'ont même pas les bases de ce qu'est la pédagogie.

on apprend à une tranche d'enfants.

Mais ces enfants ne sont pas fait de la même façon. il y a des types différents de construction de la mémoire, donc d'apprentissage..

il y a en gros 4 façons d'apprendre, et c'est inné chez chacun.

(je ne me souviens plus doctement..mais de l'idée oui )

- 1 - les gens qui apprennent comme un disque dur. mais qui ont la sensation d'avoir appris que si il savent tout dans le détail.

- 2- les gens qui ont besoin de réel pour que la mémoire et la compréhension se déclenche

-3- les tactiles, qui on besoin de toucher, de démonter, de reconstruire.. sinon ils ne comprennent rien, ou très mal.

-4- Ceux n'ont pas de mémoire de disque dur mais une mémoire associative, leur apprentissage se fait par pointeurs (associations) à des références déjà acquises.
ce sont les futurs créatifs normalement.

donc un bon prof doit apprendre à ces 4 sortes de construction d'esprit.

la ballade s'applique aux cas 2. 3. 4 ….(ce n'est pas rien) ceux qui ont du pondre « la perte de temps » se sont surement des cas : 1


au fait : vous êtes-vous reconnu dans cette classification ?

Portrait de leconcombrevert

à pablico Portrait de pablico De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 14H34 | 21/09/2009 | Permalien

Au fait, oui, Pablico, dans les quatre, selon les matières, selon les saisons, selon - je ne sais pas.

Et surtout, je fais partie des gens qui ont horreur de la monotonie, du rechauffé matin, midi et soir.

Donc, je suis favorable à l'école qui bouge, qui sait surprendre les élèves, qui sait les passioner le plus possible, tout en leur inculquent la dose de discipline inévitable …. mais pas trop !

Aussi, je me souviens encore des rares sorties et de ce que le maitre nous a enseigné, surtout en école communale - presque 50 ans après. C'est magique, non ? On dirait que ca m'est passé sous la peau. Allez trouver un disque dur qui ne soit pas effacé ou devenu illisible après tant d'années.

Portrait de pablico

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De pablico

19H47 | 21/09/2009 | Permalien

les gens qui aiment écrire des commentaires, sont surtout 4..ou 2..on le voit à la façon de répondre.. c'est marrant.

Portrait de nono le simplet

à pablico Portrait de pablico De nono le simplet

gardien de phare en intérim | 15H48 | 21/09/2009 | Permalien

moi je suis 4 mais 3 aussi suivant les difficultés et quand j'ai compris c'est pour longtemps .
remarque que quand j'ai pas compris c'est pour toujours !

Portrait de framboise92

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De framboise92

Je refleurirai un jour ! | 19H53 | 21/09/2009 | Permalien

Je pense faire bosser mes couche-culottes dès demain, non mais sans blaaaaaaaaaaaaaaaaaague !
des sorties ?
Pour faire pipi dans les bois ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?

Portrait de Jonas2

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De Jonas2

Les mouches ne me trouveront pas as... | 21H07 | 21/09/2009 | Permalien

Ce que tu écris me fait penser à une sortie de je ne sais plus trop qui ; Lanza del Vasto je crois : « Il faut lutter contre la paresse des rails de chemin de fer entre les passage des trains. »

Portrait de jck

à killerdemouches Portrait de killerdemouches De jck

10H17 | 21/09/2009 | Permalien

>i ne sont là que pour travailler (plus) et consommer (plus),

On a qu'a faire les sorties au supermarché

Portrait de marc44

De marc44

07H42 | 21/09/2009 | Permalien

Dans le livre récent de V.Peillon sur l'éducation, il est proposé que les inspecteurs diverzévariés continuent obligatoirement à enseigner à temps partiel. Voilà du sens qu'il est bon…

Portrait de lally

De lally

professeur | 07H55 | 21/09/2009 | Permalien

Cher Pascal !

Le ministère a une vision de l'école encore plus dramatique que ce que vous pensez.
Pour les hauts fonctionnaires aux ordres de Tokay 1er, le doigt sur la couture du pantalon, seuls les enfants riches, aisés ont le droit à une éducation scolaire.
Les pauvres, eux devront se contenter du minimum et sans aucune perspective d'ouverture et de culture.
Pourquoi ? Parce que l'ouverture et la culture sont des facteurs d'enrichissement intellectuel bien sûr (et dans leur petite tête, un pauvre est juste bon à devenir un esclave donc n'a pas besoin de s'enrichirir intellectuellement puisque sa fonction est d'obéir et de se soumettre perpétuellement) mais surtout, l'ouverture extérieure et la culture, c'est une occasion de rébellion. Très dangereux, trop dangereux. Les plus âgés du ministères, des anciens d'Occident parfois (et même souvent ceux-là, z'ont tendance à être très copains avec Tokay), se souviennent avec horreur de leurs jeunes voisins qui jetaient des pavés en mai 68, de ces centres-villes saccagés, de la dégradation des moeurs (ben oui pour eux c'était pas bien la liberté et surtout pour les autres), de cette folie qui a fait que l'on a par la suite construit les universités de Lettres et les universités en général loin des centres urbains.

Donc comment pourraient-ils voir d'un bon oeil les sorties scolaires avec un tel passé et de telles idéologies ? Impossible.

Et puis, comme une sortie scolaire demande moultes autorisations et préparations à l'intérieur de l'établissement, le Ministère fera passer le refus des sorties pour une plus grande sécurité pour tous les enfants et hop, les parents n'y verront que du feu ! De toutes les façons, la plupart se fichent totalement des visites scolaires alors s'il n'y en a plus, pense le Ministère, les parents ne verront même pas la différence.

Et si les enseignants font de trop de protestations, le Ministère fera disparaître certains, mutera ou baissera leurs salaires…
Les enfants ? C'est le dernier des soucis des hauts fonctionnaires.
Les enfants pour eux n'existent pas. Ils sont des numéros de dossiers, des cobayes, et parfois presque des empêcheurs d'appliquer leurs grandes théories.

Où passera la culture si elle ne passe plus par l'école ? Ben nulle part. Ceux des enfants qui auront des parents cultivés pourront bénéficier d'une éducation cultivée. Les autres n'auront qu'à regarder les émissions télévisées de culture…
Vous me direz : et si dans leurs familles y a aucune personne pour aiguiller, expliquer ces émissions, il fait comment l'enfant ?
Ben il fait pas. De toutes les façons, généralement ce genre d'enfant sans culture est pauvre, donc n'a pas besoin de se cultiver. A quoi lui servirait la culture pour remplir les rayons du supermarché ou pour faire les ménages dans les bureaux de l'usine locale ?

Voilà la pensée réelle et abjecte du Ministère sur ce sujet.
Et je peux vous la dire sans peur, parce qu'étant enseignante dans des établissements privés, je ne risque contrairement à mes collègues des établissements publics, aucune volée de bois vert du Ministère.

Portrait de Jack Sullivan

De Jack Sullivan

en boule | 07H56 | 21/09/2009 | Permalien

L'opposition entre les connaissances « utiles » (maths, français, etc…) et les autres (tout ce qui s'apparente aux arts et à la culture, en gros) ne date pas d'hier, il n'est que trop symptômatique (de notre époque arc-boutée sur les chiffres et les rendements, et de notre gouvernement accro aux statistiques) que la pression pour se concentrer exclusivement sur les premières ne fasse que s'accentuer.

J'y vois autre chose, en plus : la destruction de l'école comme moteur d'intégration (tout imparfait qu'il est) et comme passerelle pour accéder à des savoirs qui, autrement, demeureraient hors de portée de beaucoup d'enfants (pour des raisons économiques, culturelles…). Si l'on supprime les aides pour faire venir des intervenants extérieurs et organiser des sorties, les familles bénéficiant d'un niveau de vie aisé pourront malgré tout faire découvrir à leur enfant la poterie, l'équitation, les musées… hors l'école, bien sûr. Mais les familles les plus modestes ? Leurs enfants resteront exclus de ces mondes-là.
Plus encore que l'obsession de faire parvenir coûte que coûte 80% d'une classe d'âge au bac, cette tendance-là m'afflige car elle porte directement atteinte à ce qui fait le cœur de l'école publique.

Portrait de Ishtar

à Jack Sullivan Portrait de Jack Sullivan De Ishtar

14H44 | 21/09/2009 | Permalien

Vous avez entièrement raison.Ma mère qui était institutrice faisait de nombreuses sorties avec ses élèves(musées,cinéma,…)Elle avait remarqué que certains parmi les enfants étaient plus joyeux et intéressés que les autres.Ils posaient plus de questions que ceux qui semblaient beaucoup plus habitués à se rendre dans un musée.Et ces enfants-là étaient issus de familles défavorisées qui n'avaient pas les moyens de faire des sorties culturelles.

Qui a dit qu'une réforme était toujours initiée pour améliorer un système ? Celle qui prétend rénover le milieu scolaire accumule les erreurs.Sourde aux avis des profs,elle retient les propositions de fonctionnaires sans contact réel avec les élèves et répond à des impératifs idéologiques insupportables.
Médiocrité,apprentissage d'un métier dès le plus jeune âge,absence de matières dites de culture générale étaient déjà la norme.Ajoutons la suppression des sorties pédagogiques et la chute de l'école publique est pour demain !

Portrait de Au sud de nul part

à Ishtar Portrait de Ishtar De Au sud de nul part

Situation | 18H33 | 21/09/2009 | Permalien

Je confirme : l'apprentissage est bien une voie scolaire méprisée par les professeurs en France. ( ; ))

Todeti

Portrait de déluge

à Au sud de nul part Portrait de Au sud de nul part De déluge

menuisier | 22H36 | 21/09/2009 | Permalien

L'apprentissage nécessite surtout un « maillage » dense d'artisans et de PME succeptibles de leur offrir un poste de minot dans l'entreprise.

Avez-vous noté l'énorme demande des artisans en matière d'arpèt ?

Sentez-vous le courant de fond qui parcourt l'ensemble du monde de la petite entreprise et qui hurle à la face obtuse des enseignants sectaires confits dans leurs catéchismes thermidoriens de syndicalistes nostalgiques des ordres guépéistes :

« Par le sang dieu, enseignants rouges, libérez les nenfants ! Qu'ils accourent à la libre entreprise et que le pays prospère enfin ! »

Un peu de sérieux.

Edit :

Ceci étant, l'apprentissage de « métier » est odieusement délaissé au profit de « fillières » aussi creuses que changeantes, on est d'accord.
Mais avouez que ce ne sont pas les profs qui sont à la manoeuvre.

On n'a eu de cesse de casser toutes les formes locales de transmission du savoir technique, maintenant, le moinde artisan passe un quart de son temps devant l'ordi :
Autant de temps que l'apprenti n'aura pas.

Alors, les profs…

Portrait de katou5

De katou5

(esclave de la mode) | 08H07 | 21/09/2009 | Permalien

Ecole privée - Paris 19eme
En classe de CM1, au lieu d'une classe verte, qui sont devenues
inabordables car plus de subventions pour les écoles privées
(c'est sur quand on habite le 19eme au milieu des crack heads,
on est des nantis) la maitresse a organisé des sorties dans différents musées, j'ai fait un petit sondage rapide : sur 32
élèves, 18 n'étaient jamais allés au musée….

Portrait de eden-saga.com

De eden-saga.com

webmestre | 08H10 | 21/09/2009 | Permalien

Les sorties scolaires ? Une perte de temps, dit-on au ministère.
Les ministères ? Une perte d'argent, dit-on à l'école.
Vaut mieux être sourd que d'entendre ça. Quoique ? Vaut mieux écouter parler les arbres et regarder dans la mémoire des pierres. Lisez Parole d'arbre http://www.eden-saga.com/2600.html

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