
Les sexboys de Roselyne Bachelot

Dimanche soir, sur France 5 grand moment de misogynie. Nicolas Demorand, reçoit le socialiste Pierre Moscovici dans sa nouvelle émission « C politique ». A la question de Demorand « au sein de l'UMP, qui préférez-vous ? », Moscovici répond :
« Il y a dans ce parti un certain nombre de personnes capables, un vivier de personnalités brillantes… Sur le plan physique, ils ont une belle brochette de belles filles… Rama Yade, Nathalie Kosciusko-Morizet, Nora Berra, Rachida Dati. Nous avons toutes les peines du monde à choisir. »
Et Demorand de s'esclaffer et passer au sujet suivant. Où étaient donc les chiennes de garde ?
Bon, en vrai, cette scène n'a jamais eu lieu. Enfin si, mais ce n'était pas Mosco, l'invité, c'était Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports.

Et voila ce que ça donne, en vrai :
« Sur le plan physique, ils ont une belle brochette de beaux garçons,
Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Manuel Valls, Benoît Hamon. Nous avons toutes les peines du monde à choisir. » (Ecouter le son)
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Après soixante minutes soporifiques de grippe A, après l'inévitable reportage sur les tenues vestimentaires excentriques de l'ex-pharmacienne du Maine-et-Loire (mais depuis qu'elle est ministre de la Santé, par « respect », elle oublie le rose et préfère le gris-bleu, on ne voit pas pourquoi, les infirmières sont bien en blanc, elles), madame Roselyne rebondissait sur un sujet relatant la guerre des egos au sein du parti socialiste.
La ministre, qui s'est dite « effondrée » par ce qu'elle venait de voir et d'entendre dans le reportage « pas de projet , pas de leader, pas de définition d'alliance », a cité Gramsci (« il n'y a pas de victoire politique sans victoire idéologique ») puis a nommé les quatre mousquetaires du PS. Et Demorand de s'esclaffer.
Est-ce le privilège de la femme d'expérience que de pouvoir réduire le personnel politique masculin au rang de Ken et de sexboy ?
Martine Aubry, lors de la campagne européenne avait dû s'excuser d'avoir réduit son porte-parole, Benoît Hamon, à ses beaux yeux :
« Benoît n'a pas besoin d'être à la première place, c'est maintenant l'idôle de toutes les femmes françaises, des grands-mères aux plus jeunes… »
Même si c'est vrai qu'au rayon sexe appeal, le PS enfonce, et de loin, l'UMP. Moscovici compris.
Que font les chiens de garde ? A l'heure qu'il est, aucune association
de défense de la dignité du mâle de gauche ne s'est manifestée.
Photos : Nora Berra (Reuters) ; NKM et Rachida Dati en 2008 et Rama Yade en 2009 ; Peillon et Hamon en 2009 ; Montebourg et Valls en 2008 ; Roselyne Bachelot aux Campus des Jeunes UMP en septembre 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).
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De Tita
oiseau | 21H09 | 07/09/2009 |
Le sexisme est tout aussi ignoble quand il réduit les hommes à leur sexe que lorsqu'il en fait de même avec les femmes. C'est toujours juger une personne sur la base de son sexe. C'est du sexisme.
Cependant, allons plus loin svp !
Cette inversion sexiste est amusante mais elle est porteuse de sens, d'un double sens même :
- réduire les hommes politiques de gauche à leur apparence et à leur beauté, c'est aussi nier qu'ils puissent avoir d'autres qualités, du moins, des qualités plus flagrantes que leur beauté. « Bref, ce sont de beaux bibelots, mais sont-ils utiles ? » peut-on deviner.
- ce genre de raisonnement est souvent le fait de ceux qui se sentent suffisamment important et supérieur pour oser le sexisme et réduire les adversaires/secrétaires/subordonnés à leur physique. Mme. Bachelot voulait peut-être paraitre amusante, mais …
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De gawe
Ingenieur | 22H32 | 07/09/2009 |
Je suis en total desaccord avec l'auteur et prends la plume pour la premiere fois dans ma vie d'assidu lecteur de rue89 pour vous en faire part.
remarque preliminaire : il m'arrive souvent de me demander quelles qualites ont permis a Mme Bachelot de devenir ministre, mais ce genre d'interview aurait plutot tendance a me convaincre de son intelligence et d'une certaine finesse. (j'essaye de vous le demontrer en faisant une simple analyse de texte)
1. Si on ecoute la bande son, on entend que Mme Bachelot reconnait qu'il y a des personnalites de talent, brillantes et de grandes valeurs au PS. Jusque la, plutot pas mal comme reponse consensuelle.
2. Le journaliste aimerait avoir un nom mais evidemment, Mme Bachelot se garde bien d'en citer un et change de voie en argumentant sur la faiblesse ideologique du PS.
3. Et c'est la que le journaliste insiste en demandant s'il n'y a pas de socialistes « qui trouvent grace a ses yeux ». Et Mme Bachelot de repondre de facon litterale a la question posee : ce qui trouve grace aux yeux est effectivement quelque chose de « beau », dans le domaine du visuel : elle se limite donc au domaine de l'esthetique (comme le journaliste le lui a demande). Et de vanter une brochette de leader de premier plan.
4. Le journaliste voyant que sa question etait mal posee puisqu'elle a permis a Mme Bachelot de se derober une nouvelle fois en repondant litteralement a la question, il se rattrappe et complete sa question en passant « des lignes estetiques aux lignes ideologiques ».
Et voila : tout me semble correct : pas de quoi fouetter un chat…
Ce qui m'interpelle plus dans cet article est de savoir s'il est justifie de juger une phrase sur l'effet qu'elle aurait eu si elle avait ete prononcee dans le sens inverse homme -> femmes a la place de femme -> hommes.
Est ce que les valeurs sont les memes ?
Est ce que ce qui est sexiste dans un cas doit l'etre forcement dans l'autre ?
Pour les matheux : y a t-il symetrie / commutativite( ? ) dans l'interpretation ?
Et pour bien preciser mon propos, je reprendrais l'expression citee ci-dessus : pas de quoi fouetter un chat.
Je parierais bien volontier que les lecteurs de ce site n'ont pas trouve cette phrase deplacee. Pourtant, si je l'avais mise au feminin, j'aurais merite d'etre censure ! CQFD (ce qu'il fallait demontrer) : il y a des phrase qui peuvent etre dites sur des hommes/males mais pas sur des femmes/femelles.
Bon allez bonne nuit a tous !
De Liger
liger.amsud.net | 08H43 | 08/09/2009 |
Y'a pas à dire, Roselyne, elle pète la Santé.
De Blandine Grosjean (auteur)
Journaliste | 09H17 | 08/09/2009 |
Bon, et ben moi je suis en accord total avec vous, il n'y a pas de quoi fouetter un chat, et votre conclusion est justement ce qui a motivé ce petit billet. Bonne journée.
De ginkoland
Ginkologue | 12H15 | 08/09/2009 |
Venez à moi les petits sexboys ! ! !