
Bayrou et les sondages : « On verra dimanche si je suis parano. » Tout vu.
Souvenez vous, à la fin de l'émission « A vous de juger », jeudi soir, la journaliste un peu débordée Arlette Chabot a osé évoquer le sondage TNS Sofres/Logica réalisé pour Le Monde et France télévisions donnant, alors alors de façon assez surprenante, la liste Europe Ecologie devant le MoDem.
François Bayrou avait alors fait une déclaration solennelle, et je ne résiste pas à vous faire revivre ce petit moment :
« Ce que je trouve bizarre, c'est que vous finissiez une émission de cette ampleur et de cette importance avec un mouvement dont vous conviendrez avec moi qu'il est du point de vue de la neutralité du service public… étrange.
Monsieur Teinturier [Brice Teinturier, de la Sofres, présent sur le plateau, ndlr] peut prendre pour lui sa part de ma réponse. De deux chose l'une. Ou bien c'est vrai, on le vérifiera dimanche, ou bien, comme je le crois, évidemment, ceci est un mouvement poussé : ce n'est pas pour constater un mouvement, c'est pour faire naître un mouvement.
Il y a des moments où les sondages, ce sont des armes. Et ils servent aux puissants pour essayer de ce qu'ils ne veulent pas (…)
Peut-être que je me trompe, peut-être que je suis parano comme on le dira ; il se trouve que je crois le contraire. Et je pense qu'on le verra dimanche. Si on le voit dimanche dans les urnes, moi je propose qu'après, on parle du rôle des sondages dans la démocratie française. » (Voir la vidéo, de qualité assez médiocre, hélas)
Plus tard sur France Inter, il promettait même des « informations » sur cette affaire. (Ecouter le son)
Audio placeholder
Ne riez pas. François Bayrou a raison, il faut se poser la question sur le rôle des sondages.
Ainsi, pourquoi le service public (vendu aux puissants), avec la complicité du manipulateur et ténébreux Brice Teinturier, a-t-il si scandaleusement avantagé le Modem à quelques jours du scrutin par la diffusion de ce sondage ? Quelle puissance occulte a décidé de surestimer grossièrement les intentions de vote pour le petit parti centriste ?
Le sondage TNS Sofres donnait à Europe Ecologie 13,5 % des intentions de vote, contre 11% pour le MoDem. On est loin des résultats finaux : 16% pour les listes de Cohn-Bendit et 8,4% pour celles du Modem…
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De Tom Roud
12H21 | 08/06/2009 |
Il y a quand même un vrai problème avec les sondages, et il ne s'agit pas que de Bayrou. Comme les sondages sont « redressés » de façon tout à fait non scientifique à la lumière des résultats précédents, certains partis sont systématiquement sous-estimés ou surestimés dans tous les sondages de précampagne. Dans celle-ci, effectivement, le modem a été surestimé , mais le PS aussi, quand à Europe écologie, ils ont été très sous-estimés. Et de fait, aux dernières élections, PS et Modem avaient fait très fort.
En 2007, Royal a été systématiquement sous-estimée, alors que le Pen était beaucoup trop surestimé, probablement sur la base du premier tour de 2002 :
http://tomroud.com/2007/04/22/une-victoire-des-sondages/
Sachant que la marge d'erreur est de 3%, il est normalement impossible scientifiquement qu'un parti soit systématiquement surestimé ou sous-estimé de 3-4 points comme on l'a vu dans cette campagne. La marge d'erreur est un effet statistique, on devrait voir une fluctuation autour du score final, pas un biais systématique comme on le voit souvent ; l'étude des variations statistiques dans les sondages révèle sans ambiguité qu'ils sont bien arrangés :
http://tomroud.com/2007/02/16/sondages-et-marges-derreur/
Personnellement, ce qui me choque aussi, sachant ces manipulations comptables, c'est de voir des sondeurs se mettre au service du pouvoir après leur carrière dans les instituts, comme Giacometti passé d'Ipsos au Fouquet's