
Râlez contre Sixt, ne passez pas par la case départ, touchez 50 euros
Vous vous souvenez peut-être de mon agacement contre la pub (« ironique ») du loueur de voitures Sixt, qui nous expliquait (ironiquement), par quelques visuels (comique) que les femmes au volant étaient des grosses connes (mais ah, ah, c'est pas vrai, c'est juste ironique, la preuve, on leur loue des voitures).
Je ne suis pas le seul à avoir peu goûté cette vraie-fausse ironie du loueur. Une riveraine, qui a préféré rester anonyme, nous a raconté qu'elle avait envoyé un message au loueur « afin d'exprimer [sa] surprise devant la bêtise et le manque d'originalité de leur campagne de publicité ».
Un jour, prophétisait-elle même dans son courriel, ce genre de pub serait « passible de condamnation devant les tribunaux sans que cela passe pour la réaction d'une “jeune fille hystérique manquant cruellement d'humour” ».
La société Sixt a répondu à son message d'une manière qui l'a quelque
peu étonnée. Jugez vous-même :
« Madame, Monsieur,
Nous vous remercions pour votre message et regrettons que notre campagne publicitaire vous ait déplu.
Notre intention n'était en aucun cas d'offenser ni de vexer qui que ce soit.
La mention apparaissant sur notre site www.sixt.fr prend la défense des conductrices et indique bien que dans nos agences, absolument tous les clients sont rois.
La campagne a été testée au préalable et le caractère humoristique et ironique a été reconnu par la grande majorité des personnes test. L'autorité de régulation professionnelle de la publicité a également été consultée.
Nous souhaiterions vous faire parvenir un bon cadeau SIXT de 50 € dont nous espérons que vous profiterez. Pour cela, merci de nous communiquer votre adresse postale.
Nous serions très heureux de vous accueillir prochainement dans l'une de nos agences SIXT.
L'équipe Sixt »
Combien de personnes ont protesté, combien ont touché le bon cadeau de 50 euros, combien a coûté l'opération « pompier » ? Le service clientèle de Sixt nous a indiqué qu'il n'était « pas habilité à répondre à cette question » (et l'attaché de presse, qu'elle n'avait pas été mise au courant).
- 3257 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque
























14
(Pour réagir, connectez-vous)
De 101.7
Promeneur | 22H10 | 28/05/2009 |
« le caractère humoristique et ironique a été reconnu par la grande majorité des personnes test »
Alors là c'est le point fort. Sûrement après un brain storming épuisant et moult nervous breakdown et autres caprices des « créatifs ». : )
Enfin s'ils le disent…
Heureusement qu'il reste des journalistes, des « humeurs d'époque » et des gens de tous les jours pour démonter cette dérive de la pub.
Oops pardon… je voulais dire de la com.
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 22H16 | 28/05/2009 |
« Madame, Monsieur,
[ce qui signifie que c'est une lettre-type… ou que l'auteur est achtement étourdi]
Nous vous remercions pour votre message et regrettons que notre campagne publicitaire vous ait déplu.
[faux derche ! ]
Notre intention n'était en aucun cas d'offenser ni de vexer qui que ce soit.
[c'est c'la, ouuuuuuuuui…]
La mention apparaissant sur notre site www.sixt.fr prend la défense des conductrices et indique bien que dans nos agences, absolument tous les clients sont rois.
[…et les brunes, elles comptent pour des prunes ? »tous les clients » de quel sexe ? ]
La campagne a été testée au préalable et le caractère humoristique et ironique a été reconnu par la grande majorité des personnes test. L'autorité de régulation professionnelle de la publicité a également été consultée.
[d'où sort l'échantillon ? de chez les ménagères de moins de cinquante ans de téfun ? l'Autorité a été consulté avant ou après avoir accepté la pipe de Tati et la clope de Tautou ? ]
Nous souhaiterions vous faire parvenir un bon cadeau SIXT de 50 € dont nous espérons que vous profiterez. Pour cela, merci de nous communiquer votre adresse postale.
[eh, banane ! fallait dire à la blondasse qui te sert de secrétaire de ne pas jeter l'enveloppe papier…]
Nous serions très heureux de vous accueillir prochainement dans l'une de nos agences SIXT.
[ah ? tu crois qu'elle va venir elle-même te casser la figure ? ]
L'équipe Sixt
[quoi ? une équipe ? pour pondre un truc si nul ? ]
De Napoupi
Pfiouh... | 00H15 | 29/05/2009 |
J'avoue que je suis déconcertée… Je suis une femme et j'ai trouvé cette campagne marrante et originale.
Je trouve que ceux qui attaquent Sixt on un peu perdu le sens de la mesure : entre les cris d'orfraies à base de « salauds de sexistes, vous l'avez fait exprès pour humilier, rabaisser la femme car secrètement vous rêvez de nous traiter comme en afghanistan ! ! ! 11 » et le second round au cours duquel les abruti(e)s qui ont été râler et que Sixt a généreusement dédommagés pour leur stupidité (trop, d'ailleurs), reviennent pour se plaindre que ces affreux capitalistes achètent leur silence et refusent de s'auto-flageller et de reconnaître qu'ils sont d'infects misogynes…
Arrêtez quoi… C'est franchement n'importe quoi, et ni rue89 ni son lectorat ne sortiront grandis de cet affrontement unilatéral (aucune animosité de la part de Sixt, je tiens à le rappeler…) et ridicule !
à Napoupi
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 00H34 | 29/05/2009 |
rien n'empêche de trouver la campagne aussi nulle que celle-ci :
http://uneplumesurlefil.hautetfort.com/archive/2009/05/27/y-a-des-claque…
à FabiendeMénilmontant
De Napoupi
Pfiouh... | 09H10 | 29/05/2009 |
Oui c'est vrai.
Je ne reproche pas à ces riverains de ne pas avoir aimé la campagne, je leur reproche en revanche le côté très rue89 qui consiste à chercher la conspiration et l'affrontement partout - voire à les fabriquer si on ne les trouve pas.
La pub ne vous a pas plus séduit que ça. Ok. Tant pis.
Mais de là à imaginer une espèce de conspiration machiste, puis, alors même que Sixt a répondu à cette lectrice et l'a dédommagée, d'en remettre une couche en livrant une interprétation malveillante et agressive de leur démarche, c'est moche.
L'espèce d'exercice d'annotation désagréable et truffé de mauvais foi cynique auquel s'est livré un lecteur un peu plus haut (vous, je m'en aperçois ! ), bah moi je trouve ça juste laid et mesquin, et je ne crois pas que ça méritait de figurer en tant que commentaire privilégié, sur un papier qui est déjà pas très bon et relève essentiellement de la non- ou de l'anti-information…
Et NON je ne bosse ni chez Sixt ni dans l'agence qui a fait leur pub : la conspiration s'arrête là ! !
De ChrisDeLambe
08H26 | 29/05/2009 |
Moi elles m'ont bien fait rire ces pubs !
A la fois parce que c'est gonflé, que jouer avec les clichés en les grossissant jusqu'au ridicule c'est montrer que ce ne sont que des clichés (les statistiques de la sécurité routière sont formelles), parce qu'en même temps ça rappelle un chouia de vérité (qui n'est pas resté une fois interdit -et muet d'incompréhension - en tant que passager d'une charmante femme ratant un créneau 3 fois ? ), que ça fout aussi une claque au politiquement correct qui sévit lourdement aujourd'hui, que donc ça crée un bol d'air salutaire…
Ce qui est moins marrant c'est de constater que les curés moralisants et les ligues de vertus ont à ce point le vent en poupe à gauche.
C'est Nietzsche qui doit se retourner dans sa tombe.
à ChrisDeLambe
De lepe
étudiante | 11H44 | 29/05/2009 |
Que la pub fasse rire ou pas n'est finalement pas la question. On peut faire rire avec à peu près tout, même les choses les plus douteuses. L'humour n'excuse pas tout, surtout lorsqu'il s'agit d'une publicité comme celle de sixt (que l'on peut voir partout). Que les blagues racistes, sexistes fassent rire une bande de potes autour d'une bierre, personnellement ça ne me gêne pas dans la mesure où ça reste dans un groupe restreint qui partage peut-être le même humour (qui n'est pas le mien). Mais quand ce type d'humour est mis dans l'espace public, en stigmatisant la moitié d'une population (oui je sais ! ! ! ! c'est pour rigolerrrrrrrrrrrrrrrrr ! ! ! ! ! ), ça me choque… et je ne suis ni un curé moralisant, ni une chienne de garde… mais je fais très bien mes créneaux et j'en ai raz le bol de devoir rigolerrrrrrrrrrrrrr à chaque fois qu'un pauvre type me fait une blague sur le fait que je suis une femme, et que j'utilise ma voiture. Ce type de publicité participe d'un imaginaire commun qui banalise ce genre « d'humour »…. et moi, j'ai plus envie de me marrer quand on me rabache à longueur de journée que je suis un danger public parce que je suis au volant, que je suis une salope, parce que je suis en jupe et que j'ai envoyé chier le mec qui m'avait foutu une main au cul, ou que je suis « une blonde » (synonyme de « conne » bien entendu) chaque fois que je fais la moindre erreur….
La pub sixt est « politiquement incorrecte » ? moi je la trouve réac » parce que si ma mémoire est bonne, ce type de discours sur l'incapacité des femmes au volant est du vu revu archi vu…. il ne faut pas se tromper sur ce qui est « politiquement incorrecte » et ce qui est juste un retour à de vieux préjugés !
à lepe
De ChrisDeLambe
14H11 | 29/05/2009 |
je ne vois pas très bien en quoi l'humour peut « stigmatiser ». L'humour, par son essence même, libère. Vous confondez humour et sarcasme. Quand on rit c'est bien parce qu'il y a une vérité qui se dégage et qui fait mouche. Sauf qu'on est pas forcément conscient de la vérité dont il s'agit. D'où deux rires : le gras … et le clair. Quand on ricane ce n'est plus de l'humour.
Par exemple, le très fameux sketch de Desproges sur les juifs, où bon nombre « rigolent » gras en pensant qu'il se « fout des juifs », est il stigmatisant pour les juifs ? Non !
Quand on l'écoute bien, on comprend que « tous les médecins sont juifs », et les énormités qui suivent sont des clichés débiles et que, en fait, Desproges campe très consciemment et subtilement un antisémite inconscient de l'être et le présente sans le dire au public qui ne comprend pas que c'est de lui même qu'il s'agit (une partie du public). En fait il se fout de l'antisémite ; donc de certains dans le public qui ne s'en rendent pas compte… Ils sentent une vérité et donc rient. Ils rient gras - c'est à dire qu'ils sont à côté de leur rire - car ils ne savent pas laquelle. C'est du grand art ! (j'imagine la jouissance de Desproges sur la scène…). C'est d'autant plus jouissif pour celui qui comprend cette vérité et l'ambiguïté qui l'entoure. Lui, il rit clair - c'est à dire qu'il EST son rire ; il coïncide avec la compréhension de cette vérité non dite et son effet qu'il est le rire ; il n'est pas à côté.
Et bien ici, c'est un peu pareil. Est que l'énormité de voir une voiture à cheval entre un bateau et un quai à cause d'une femme est vraie (au sens de généralisable) ? Non ! Est ce que ce sont les femmes qui sont stigmatisées ? Non ! C'est un JEU avec les clichés. On prend conscience de leur force, de leur débilité, de leur énormité et on joue avec. C'est comme qui dirait les exorciser. C'est une forme d'auto dérision. Si cette image n'était pas fausse, qu'est ce qu'il y aurait de marrant ? Rien. ce serait tragique.
Bon, évidemment, il y aura toujours ceux qui prennent ça au premier degré. Les fameux avec qui on ne peut pas rire parce qu'ils ne voient pas le décalage entre ce qui semble être dit et ce qui est réellement dit. On les reconnait au rire gras qu'ils font - qui est un rire de méconnaissance et qui en général met mal à l'aise car on sent à quel point il est à côté de la plaque - ou au mécontentement qu'ils montrent immédiatement. Ils ne voient pas le décalage. Ils croient littéralement aux clichés.
Je vous rappelle une vieille vérité : la lettre tue, l'esprit vivifie. Ce qu'il faut comprendre ce n'est pas le mot à mot mais la métaphore du texte.
à ChrisDeLambe
De Havoc
... | 14H23 | 29/05/2009 |
C'est un fait.
à ChrisDeLambe
De Havoc
... | 14H24 | 29/05/2009 |
C'est un fait.
De Havoc
... | 13H46 | 29/05/2009 |
C'est une opération Marketing tout simplement. Faire parler de soit en bien ou en mal l'important c « est que l'on en parle.
Le buzz créé par l'indignation de certains ont permis de faire connaitre la marque à tous. S'en suit une augmentation des visites de leur site internet (surement) qui entraine necessairement une augmentation des ventes de leur produits mais egalement de l'augmentation des revenus issus de leurs sponsors pub.
De plus (et la le marketing est poussé au paroxysme) lorsque le citoyen mecontent envoi une lettre de reclamation on lui renvoi un chéque cadeau. Et rebelote, augmentation du CA etc…..
C'est une campagne de pub efficace.
De gweilo
(Autre) | 15H35 | 29/05/2009 |
En même temps, ces pubs, oringiales ou pas, ont le mérite d'être drôles.
Marre des pubs nian nian type banques et assurances.
Le mauvais gout a du bon, parfois… Le second degré aussi.
Qui pourrait douter du caractère ironique ce ces pubs ? ? ? ?
C'est comme les pubs américaines pour les bières (bud light et assimilées). Elles sont drolissimes, même si elles peuvent paraitre vulgaires ou misogynes à ceux qui ont des oeillières…
C'est dingue que le loueur doive en arriver à dédommager les gens vexés… On se croirait aux Etats Unis où les gens gagnent des procès contre les fast food parce qu'ils se sont brulés avec des gobelets de café.
Vive la bêtise !
à gweilo
De tanguybzh
Anti Sarkoziste primaire | 16H30 | 29/05/2009 |
tout ce foin pour cette pub , ca me laisse rêveur.
le féminisme vire à l'intégrisme.
De Augure_
grain de poussière | 10H37 | 30/05/2009 |
Cela me fait penser à un travail que j'ai quitté il y a quelques années, parce que je ne supportais plus, chaque matin, de devoir endurer les blagues sexistes d'un collègue de travail.
Il y aura toujours des personnes pour voir le second degrés, et une majorité de personnes pour le prendre au premier degrés et conforter ainsi la légende urbaine d'une certaine incapacité féminine.
Je pense que justifier du second degrés est aisé, mais que la volonté de ces personnes est bel et bien d'en appeler au premier degrés. Le jour où il y aura autant de plaisanteries sur les travers masculin que sur les soit disant inaptitudes féminines, on pourra en effet parler de second degrés, mais cela est loin d'être déjà le cas, et le problème n'est pas ces pubs en particuliers, mais l'abondance de propos du même acabit dans de nombreux domaines et le renouvellement incessant des même clichés depuis très longtemps.
C'est un peu comme le statut de l'afro-américain, dans les séries ou films américains durant de nombreuses décennies. On en voit un … ça va… mais le même cliché réédité à l'envie, sans cesse, fini par imprimer une image indélébile dans l'esprit du spectateur et si pour certains la perception est celle du second degrés, pour une majorité de personnes cela devient la représentation d'une simple réalité.