
« L'argent dette », vidéo-star du Net, a une sale petite odeur

C'est une vidéo canadienne qui, par ces temps de crise financière, fait le tour d'Internet à la vitesse de la lumière, mais qui me met mal à l'aise. L'idée de départ du film, signé par le Canadien Paul Grignon, est d'expliquer le plus simplement possible comment fonctionne la monnaie. Une très bonne initiative, beaucoup de gens ignorant par exemple que ce sont les crédits qui font les dépôts, et non l'inverse. Mais le résultat est le déploiement d'une vaste théorie du complot, avec des relents très désagréables.
Beaucoup vantent les mérites pédagogiques de « l'argent dette » sans commentaires. C'est le cas de journaux comme Libération, ou de chercheurs comme André Gunthert, de l'EHESS. Il y a pourtant de quoi prendre ses distances, car si on lit bien entre les lignes, que dit cette vidéo ?
Elle dit que les banquiers connaissent depuis longtemps le (prétendu) secret de la monnaie (celle-ci est crée par le crédit, avec un effet multiplicateur) ; qu'ils se le transmettent de génération en génération depuis les premiers usuriers cupides de la Renaissance, issus de « certaines cultures » compétentes en orfèvrerie ; qu'ils ont étendu leur pouvoir sur le monde ; qu'ils assassinent au passage ceux qui risquent de dévoiler le grand secret, y compris des Présidents ; que les médias et les profs, complices, cachent l'information à des citoyens réduits à l'esclavage par leur ignorance…
J'exagère ? Je vous laisse juge. (C'est long : la vidéo dure 52 minutes)
Au début, une citation du banquier Mayer Anselm Rothschild :
« Donnez moi le droit d'émettre et de contrôler l'argent d'une Nation, et alors peu m'importe qui fait ses lois. »
Mais aussi une référence peu discrète à la franc maçonnerie : le forçat de la dette a pour arrière-fond la pyramide tronquée -symbole maçonnique- qu'on trouve sur chaque dollar depuis la fin du XVIIIe siècle.
Un peu plus loin, la naissance de la banque est présentée comme une idée de génie des orfèvres pour s'enrichir, des orfèvres issus de « certaines cultures » expertes dans le travail de l'or et de l'argent, précise le commentaire (image ci-dessus). Certaines cultures ?
Ci-dessous, une autre image évocatrice, un banquier lynché par la population qui comprend qu'elle a été bernée. La représentation de la pieuvre portant ses tentacules sur le monde (voir plus bas), est également inspirée d'une bien laide iconographie : voir ici , là ou encore là. Le commentaire qui accompagne l'image est à l'avenant : « peu de gens savent aujourd'hui que l'histoire des Etats-Unis depuis la révolution de 1776 fut une lutte épique pour se libérer du contrôle des banques mondiales dominées par les Rothschild ». Et pendant que cette voix douce nous sussure cela, des mots défilent rapidement : « dépression, inflation, paniques bancaires, infiltrations, assassinats, possession de médias, tromperies des masses… »
Mais ce sont les dernières minutes du film qui mettent le plus mal à l'aise. L'auteur termine par quelques citations. Deux sont des citations lucides de présidents dont on précise qu'ils sont « morts assassinés » :
« Quiconque contrôle le volume d'argent dans ce pays est maître absolu de toute l'industrie et tout le commerce. Et si vous savez que le système en entier est très facilement contrôlable, d'une manière ou d'une autre, par quelques hommes très puissants, pas besoin de vous expliquer quelle est l'origine des périodes d'inflation et de dépression. » (James A.Garfield, ancien président des Etats-Unis, mort assassiné)

« Le gouvernement devrait créer, émettre et favoriser la circulation des monnaies et des crédits nécessaires à la satisfaction du besoin de dépense du gouvernement et du besoin d'achat des consommateurs. L'adoption de ces principes doit permettre aux contribuables d'économiser le paiement d'un gros volume d'intérêts. L'argent cessera de gouverner et se mettra au service de l'humanité. » (Abraham Lincoln, ancien président des Etats-Unis, mort assassiné)
Suit une déclaration prêtée à David Rockfeller, lors d'un discours devant la commission trilatérale en 1991, où il aurait évoqué un « plan pour le monde », visant à une « souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers internationaux ».
La dénonciation de « l'usure » (le prêt à intérêt, une formidable invention qui a permis de développer le commerce) et du complot des banquiers « internationaux » (on disait autrefois « apatrides ») m'a toujours semblé louche.
Et sur le fond de la vidéo ? Que l'essentiel de la monnaie soit créé par le crédit bancaire, ce n'est pas vraiment un secret, c'est dans tous les manuels d'économie. Mais pas de quoi en faire un grand complot.
Or la voix de la vidéo se demande pourquoi les gouvernements choisissent d'emprunter de l'argent aux banques privées et de payer des intérêts alors qu'ils pourraient créer tout l'argent dont ils ont besoin, exempt d'intérêts. La réponse implicite du film, c'est que les gouvernements sont complices de leurs maîtres, les banquiers.
Mais la réponse des économistes à cette question est plus simple :
- D'abord, l'Etat n'emprunte pas auprès des banques (à court terme, il leur prêterait plutôt de l'argent…). Pour se financer, il émet des titres négociables, des obligations, qui sont souscrites par des particuliers, des entreprises, des assureurs, diverses institutions. La dette publique est financée par leur épargne.
- Ensuite, la création monétaire par les banques centrales est bien plus inflationniste que l'emprunt. Pourquoi ? Parce que lorsque l'Etat emprunte, la ponction sur le marché des capitaux a lieu au détriment d'autres financements : les obligations d'Etat « évincent » le secteur privé, qui aurait lui aussi besoin de cet argent (« effet d'éviction » : lorsque l'Etat emprunte, il fait grimper le taux d'intérêt, ce qui pousse des entreprises à renoncer à leurs projets d'emprunts).
On se méfie en revanche beaucoup (peut-être trop ? ) de la création monétaire directe par la banque centrale. Il est vrai qu'elle a très souvent, par le passé, conduit à de l'inflation. Pour être saine, elle doit entraîner la création de nouvelles activités. A tort ou à raison (c'est un autre débat), la plupart des pays occidentaux ont préféré éloigner d'eux ce pouvoir trop tentant. Ils ont confié la « planche à billet » à des banques centrales indépendantes, au motif « qu'on ne laisse pas la crème à la garde du chat ».
Mais peut-être les économistes font-ils partie du complot…
L'auteur de la vidéo, Paul Grignon, est un artiste et vidéaste canadien. Il est aussi le co-réalisateur de « Chemtrails - Mystery Lines in the Sky », un film qui, lui, tente de démontrer que les traces d'avions dans le ciel seraient en fait des produits chimiques répandus dans le cadre de programmes gouvernementaux ultra secrets destinés à contrecarrer le réchauffement climatique.
► A lire aussi : la présentation de la vidéo sur Arrêt sur images (payant).
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à Quen_tin
De LJ
Vache a lait | 19H18 | 14/10/2008 |
« Le lien entre la croissance / consommation et le système monétaire est clairement abusif. Ce n'est certainement pas nos banquiers qui vont nous forcer à consommer, ou qui vont forcer les entreprises à produire, il y a confusion. »
Il ne nous forcent pas, couteau sous la gorge. Tout comme personne ne force les gens a acheter des tele LCD. Mais les gens se ruent quand meme pour consommer, sachant que le credit a la consommation est assez facile. Mais, ils se trouve qu'en accordant des credits a risque a des gens insolvables (qui dans l'absolu, meme si l'idee d'un credit leur venait, ne devrait pas l'avoir), c'est un espece d'encouragement ou plutot un non-decouragement a la consommation. Consommation du client final entrainant production blablabla
« Ensuite les intérêts de la dette servent à payer les salaires des banquiers, les frais de fonctionnement de la banque et également les intérêts des dépôts, c'est à dire les miens (j'ai de l'argent sur un compte et pas de dette en cours).
Le film le dit à un moment mais l'oublie ensuite et on a l'impression que nous sommes tous enchainé à une dette dont les intérêts vont directement dans la poche des banquiers… »
Les frais de fonctionnement sont quand meme couvert aussi par une ribambelle de frais de dossier, de frais de gestion qui fleurissent. Quand aux salaires des banquiers, en effet, les interets des dettes sont bien utilisees. Creer de la monnaie Ex nihilo est un jeux d'ecriture informatique. Creer un credit de 100 000€ necessite peut etre, entre RDV avec le banquier, discussion, tout le back office, a tout casser 8 « manhour » de la part de la banque. La gestion est quand meme bien automatise mais les frais de gestion sont la. Le cout, pour un particulier, d'un credit de 100 000€ sur disons 15 ans, c'est environ 60 000€ d'interets. Pour 8 manhour + les frais de la gestion automatisee ? C'est sympa comme taux de marge !
Combien representent les interets des depots par rapport au interets de la dette ? Et d'ailleurs, pendant que ta banque te verse les 2,5% de ton CEL, ton depot n'est t'il pas utilise pour financer d'autres credits a 7% ? Je ne suis pas sur du tout, si quelqu'un plus competent que moipeux amener ses lumieres…
« Le problème c'est le basculement de la pédagogie à l'idéologie, de l'explication du système à l'affirmation “ la dette = le diable ”, sans transition. Mais le travail crée bien de la richesse… Si j'emprunte 10 euros à mon banquier avec lesquels je fabrique pour 12 euros de patates, et que je lui rembourse le tout, intérêt compris, en patate… où est le problème ? »
Ce qui, personnelement me gene, c'est que ton banquier te prete de l'argent qui n'existe pas et pour se tour de passe-passe, est remunere. le principe du pret, c'est parfait. Un credit a taux 0, avec un organisme de credit fi´nancierement « neutre », ca, ca serait pas de probleme. La remuneration de ce pret de « rien » (et donc le « + je prete, + je gagne », avec des gains en interets exponentiels par rapport au travail reel de la creation d'ecriture et les derives qui existent) par contre, ruine tout. L'Homme etant tel qu'il est, cette remuneration en echange de « rien » me pose probleme car elle est la base du probleme.
Je ne suis pas du tout anti banque ni anti credit mais l'usure, le fait de persevoir des interets disproportionnes par rapport au cout reel du travail d'« ecriture » est une aberation et reveille donc naturellement chez l'Homme l'avarice, l'appat du gain exponentiel.
Du moins, c'est comme ca que je vois la chose : )
Edit : FDE, tu m'as couper l'herbe sous le pied ; ))
à LJ
De irenedelse
14H31 | 20/10/2008 |
« Ce qui, personnelement me gene, c'est que ton banquier te prete de l'argent qui n'existe pas et pour se tour de passe-passe, est remunere. »
Ce n'est pas de l'argent qui « n'existe pas ». Je croyais que vous aviez regardé la vidéo… C'est une reconnaissance de dette basée sur l'évaluation par le banquier de votre capacité à rembourser. Bref, un pari sur l'avenir. Pas très différent du cas où un banquier prête de l'argent à une entreprise qui veut se développer : le banquier parie que le développement va réussir, l'entreprise faire des bénéfices, ses actions s'apprécier, etc.
à Quen_tin
De Phyrezo
bloggeur | 19H37 | 14/10/2008 |
Salut Quen_tin,
je voudrais revenir sur ce que tu prétends, car cela me semble un peu raccourci, et mériterait d'être aprofondit.
« Le lien entre la croissance / consommation et le système monétaire est clairement abusif. »
Bien sûr, c'est au final toi qui décide de consommer (tu subis cependant la publicité), soit. Cependant apparemment les Etats ont ont tendance à vouloir que tu consommes et à te motiver dans ce sens, regarde l'impact de la « confiance des ménage » sur l'économie. En effet tout le système repose sur ta consommation.
Oui mais la banque ?
Le système monétaire tel que présenté est intrinsèquement lié à la croissance. Sans croissance ce système ne peut pas perdurer. C'est pourtant bien expliqué dans le film.
« Si j'emprunte 10 euros à mon banquier avec lesquels je fabrique pour 12 euros de patates »
C'est rare un banquier qui prends les patates, non ?
Cependant tu montres ici, qu'après avoir créer de l'argent, le banquier à un droit sur une partie des richesses que tu a créées. Il est donc indispensable pour toi de non seulement recréer la richesse initiale, mais un peu plus pur te nourrir et encore un peu plus pour rembourser ton crédit. Donc de croître.
Admettons qu'une entreprise prenne un crédit. C'est une entreprise durable, qui a rembourser tout son capital initial et qui subvient à ses besoins. Elle n'a pas besoin de plus dans un premier temps, car elle s'interesse au dévelopement durable et non à la course à la croissance. Pour pouvoir faire face aux délais de payment elle doit emprunter X$ pour sa trésorerie. Un an plus tard elle doit rembourser Y$=X$+I$ capital plus intérêt. Cependant elle ne produisait que X$, ses besoins. Pour pouvoir y faire face, elle doit croître, faire plus d'affaire. Ce quelle fait, elle produit donc Y$, mais à par la même augmenter ses frais de fonctionnement et doit donc l'année suivante enprunter Y$, et donc continuer à croître. Elle n'aurait pas eu cet impératif, sans avoir à emprunter.
Au niveau d'un pays, pour avoir une stabilité des prix, tu dois avoir une masse monétaire correspondant à la richesse créées dans le pays. Soit X$ la masse monétaire à un instant t.
A t+1, la dette est de Y$=X$+I$ (capital + intérêt), pour pouvoir rembourser cette dette, du nouvel argent va être mis en circulation, la masse monétaire augmenteras à Y$ (car le banquier ne prends pas de patates), la différence I$ devant exactemment correspondre aux richesses créées (la valeur des patates). Donc le banquier ne vas pas prendre tes patates, mais va prêter de l'argent tout neuf à quelqu'un pour acheter tes patates, pour que tu puisses rembourser ton crédit. Cette personne va elle devoir rendre tes patates productives pour pouvoir lui aussi rembourser son crédit, il va devoir produire plus et trouver quelqu'un qui l'achète.
Le taux directeur de la BCE ou de la FED, doit correspondre à la richesse créée.
Pour donc maintenir un taux d'intérêt, la croissance est nécessaire, et pour soutenir la croissance, la consommation est indispensable. Plus il y a d'objet inutiles qui sont produits, consommés et jetés, plus les banques gagnent de l'argent.
« La dette représente ce qui aujourd'hui est investi dans l'avenir. Normal qu'elle soit positive. »
Elle est positive, car c'est ainsi que l'argent est créé. Ce qui est transmis au futur ce sont les dettes, c'est à dire, le devoir de rembourser de l'argent, que chaque nouveaux nés hérite immédiatement, soit un asservissement.
Son intérêt représente les frais de fonctionnement du système financier.
pas tout a fait, tout d'abord une partie de l'intérêt revient au banques centrales. D'autre part, il y a des frais dans le système financier, qui eux sont justifier. L'intérêt serait plus tout la couverture du risque, mais la encore on peut débattre…
à Phyrezo
De fde
technicien | 21H25 | 14/10/2008 |
Explication intéressante. Cela explique bien la raison de l'incitation à la consommation.
à Quen_tin
De bankster
webmaster | 15H15 | 15/10/2008 |
Dites moi comment vous payez les intérêts fictifs d'une dette fictive si vous n'avez pas de croissance ?
Il faut des nouveaux emprunts, pour rembourser les échéances des précédents.
Si on rembourse , et on a pas d'argent pour le faire car le reservoir ne contient que le principal et pas l'intéret, nous sommes sans argent avant d'avoir remboursé les dettes, c'est ce qui se passe aujourd'hui.
Donc on vient prendre au peuple de quoi renflouer (provisoirement) le système en créant des centaines (milliers) de milliars a partir de rien (d'air pur) mais surtout ce qu'on dit pas c'est qu'on remboursera CAPITAL et INTERET, ainsi l'emprunt Giscard de 6 milliards de 73, a couté a la france 80 milliards. vous savez qui a touché les 74 de difference.
De Anastaze
☺ | 17H49 | 14/10/2008 |
Il est vrai que l'aspect conspirationniste du documentaire, le décrédibilise quelque peu. Mais face à l'avalanche d'imbécilités que nous ont déversées les média dominants depuis la « découverte » que « quelque chose » ne va pas bien, il permet une lecture cohérente des évènements auxquels nous participons tous en ce moment.
Par exemple, si on cite les déclarations du candidat Sarkozy : « Les ménages français sont aujourd'hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages et que l'Étal intervienne pour garantir l'accès au crédit des personnes malades. »
avec ceux du président Sarkozy : Le plan français sera financé par l'endettement, la continuité et la cohérence de l'action du président est incompréhensible pour qui n'a pas la connaissance des mécanismes que ce film révèle.
Pour la conspiration c'est à chacun de juger en fonction de sa « sensibilité », tout le monde sachant que quand les marchés se montrent vertueux, la perversité et l'égoïsme de l'homme se doit de se révèler (on nous l'a assez rabaché).
De RST
Citoyen | 17H54 | 14/10/2008 |
Monsieur Riché,
Je ne suis absolument pas d'accord avec vous quand vous écrivez que l'Etat n'emprunte pas auprès des banques. Je suis surpris que vous omettiez de lister les banques dans les « diverses institutions » qui achètent les obligations d'Etat. Sauf erreur de ma part, les banques achètent les titres négociables émis par l'Etat. C'est même une des sources de la création monétaire. Cela revient donc bien, dans le principe sinon dans la forme, à ce que les banques prêtent à l'Etat.
Plutôt que de profiter de cette vidéo pour mettre sur la place publique le rôle de la monnaie et la façon dont elle est créée (sujets largement ignorés des citoyens), vous faites diversion en choisissant de développer des thèses conspirationistes ou antisémites. C'est fort regrettable.
à RST
De violeta
psy | 20H42 | 14/10/2008 |
vous venez de dire clairement ce que je ressentais confusément
« Plutôt que de profiter de cette vidéo pour mettre sur la place publique le rôle de la monnaie et la façon dont elle est créée (sujets largement ignorés des citoyens), vous faites diversion en choisissant de développer des thèses conspirationistes ou antisémites. C'est fort regrettable. »
merci.
à violeta
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 10H14 | 15/10/2008 |
Mais non, l'article nous permet justement de profiter de l'éclairage « juste » et très instructif que donne cette vidéo, tout en mettant en garde contre les messages nauséabonds et dangereux qu'il transporte malheureusement et dont il se fait la voix.
Je trouve que c'est une facon très bien d'aborder le sujet et je remercie Pascal Riché de cet article.
à leconcombrevert
De bankster
webmaster | 15H22 | 15/10/2008 |
Quel message ?
un billet d'un dollar qui devient un symbole macon, et la pieuvre anglaise qui devient un symole nazi, ou quelle autre fausse allégation écrite par un incompétent notoire destinée a jeter le discrédit ?
De Thucydide
Bêcheur de fond en Bourbonnais | 18H21 | 14/10/2008 |
@Pascal Riché
Ce qui gêne le plus dans l'affaire, c'est le principe même de la rédaction de votre article.
En effet, du début à la fin, on ne trouve que la volonté affirmée d'avant-tout discréditer la vidéo et son auteur.
Déjà, la théorie du complot
Chaque fois qu'une thèse dérange, elle est taxée de conspirationnisme aigu.
Il y a là une sale petite odeur de cerbères soviétiques, lorsqu'ils taxaient systématiquement de déviationnisme toute tentative de réflexion critique sur leur paradis obligatoire.
Ensuite des amalgames abusifs et des déductions outrancières sans aucun rapport avec la réalité du film mis à l'index.
Le film laisse entendre que les banquiers se transmettent de père en fils le secret trouble de la fabrication de l'argent
Qu'allez-vous chercher là : la banque est un métier et les banquiers se transmettent un savoir-faire utile, dont chaque génération a eu à cœur d'améliorer l'efficacité et le rendement. Le film ne condamne ni ne dénonce rien, il montre l'évolution qui aura mené de la thésaurisation à l'usure.
Le film dénoncerait un complot judéo-maçonnique
Permettez-moi de ne pas prendre au sérieux votre développement ; parce qu'apparaît en fond la pyramide tronquée « symbole maçonnique » ? Mais elle marque chaque dollar depuis le début ; au nom de quoi aller chercher midi à quatorze heures et ne pas y voir tout simplement une allusion au dollar, qui est lui-même le symbole premier de l'économie moderne !
Pour ce qui est du non-dit balourd qui invite l'antisémitisme dans un débat où il n'a rien à faire, c'est un bien gros fil que les banquiers lombards, inventeurs du capitalisme moderne auraient apprécié avec humour.
Des citations ambiguës à la fin du film
D'accord, la mention « mort assassiné » n'a pas grand'chose à voir avec le sujet, elle n'est là que pour dramatiser le propos, et on voit mal en quoi Abraham Lincoln aurait un lien avec la décision prise par Woodrow Wilson en 1913 (sa citation apparaît en début de film, et vous ne la relevez pas : était-ce une imbécillité ? )
Cerise sur le gâteau, l'auteur a déjà fait par ailleurs des trucs plutôt fantaisistes et pas crédibles.
Et alors ? Cela suffit-il à démontrer que ce film là, précisément, n'est que dangereuse et suspecte foutaise ?
Seriez-vous du genre à vouer aux gémonies Voyage au bout de la nuit ou Mort à crédit parce que Céline les a signés ?
Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.
Vous le savez sans doute parfaitement.
Donc ne jetez pas s'il vous plaît trop vite l'opprobre sur la conspirationnite des gens
Nous vivons une époque où une bonne crise de conspirationnite peut devenir elle-même conspiration mortelle venue d'en haut.
- Par exemple, lorsqu'il s'est agi d'infliger 50 jours de bombardements intensifs à la Serbie (avec emploi d'uranium appauvri) sous prétexte de soit-disant génocides que Régis Debray a eu le courage de dénoncer.
- Ou bien ces ahurissants scenarii dignes d'un mauvais film de Science Fiction qui ont permis le lancement de deux guerres particulièrement ruineuses et meurtrières
en Afghanistan et en Irak.
Par contre, concernant les gouvernements complices de leurs maîtres les banquiers, vous avez raison, c'est une thèse absolument stupide.
Chacun sait en effet que c'est tout le contraire et que le gouvernement français a obligé ce pauvre Michel Pébereau à racheter l'assureur belge Fortis, uniquement pour avoir un prétexte à investir 3 milliards d'euros dans la banque belge Dexia, ce sans raison valable.
C'est sans doute pour cela que le pauvre homme s'est retrouvé séquestré dans le bureau de Christine Lagarde lors des négociations sur le sauvetage de Dexia : pour l'empêcher d'ameuter l'opinion, sans doute.
Non, vraiment, la forme de votre article est déplaisante ce qui m'interdit de le trouver convaincant.
Dommage.
à Thucydide
De huck
Riendutoutiste | 19H23 | 14/10/2008 |
Merci Thucydide. Je n'aurai jamais su mieux le dire.
à Thucydide
De Unstern
20H45 | 14/10/2008 |
@ Thucydide
Tout à fait d'accord avec l'ensemble de votre post. Il n'y a rien à rajouter.
Une mention spéciale à l'odieuse séquestration de ce pauvre Michel Pébereau dans le bureau de la machiavélique Christine Lagarde… Cette idée m'enchante !
à Thucydide
De NEMROD34
Contre ce qui est pour. | 06H51 | 15/10/2008 |
Il est plus que clair qu'on a là une fois de plus un film de la grande conspiration, qui naturellement se défend d'être anti-sémites et un tas d'autres choses.
Tous les mécanismes habituels y sont, tout vient des « juifs américain, des illuminatis et pattati et pattata la faute aux juifs ».
Le symbole maçonnique est là pour illustrer ça, le Nouvel Ordre Mondial !
C'est des juifs francs maçons, associés à des extraterrestres reptiliens (véridique c'est ce que croient ces gens), qui dirigent tout et surtout la finance, parce que l'argent c'est le pouvoir.
Avant même de lire qu'il avait aussi fait un doc sur les chemtrails (même trip c'est pour nous « droguer » et qu'on ne se révolte pas), je me disais que c'était bien ça.
Il y a toujours une part de vrai dans ces choses, mais elle est infime.
C'est juste là pour séduire et faire basculer dans la même paranoïa nauséabonde de l'auteur.
Il n'y a qu'à voir sur beaucoup de site ufologique, pour qui les américains c'est le mal incarné, (on se demande encore pourquoi ils n'ont pas asservi l'humanité d'ailleurs)c'est exactement la même chose : Tout est prévu et s'accélère parce que les extraterrestres vont bientôt venir nous sortir de là et qu'en 2012 tout va changer.
Exactement pareil et ne croyez pas que le parallèle ne tient pas, c'est la même mauvaise (enfin pas si mal que ça visiblement) soupe qui est resservie avec tous les ingrédients, parce que tout ça, c'est bel et bien le complot mondial.
Ça joue sur la non-connaissance des sujets des gens, et l'économie ça alimente tout les vieux fantasmes qui puent et personne n'y comprend rien.
Pour beaucoup cette crise arrive d'on ne sait où, pourtant on avait le temps de la voir venir…
Un exemple parmis tant d'autres : http://icietmaintenant.fr/SMF/index.php ? board=38.0
à NEMROD34
De bankster
webmaster | 15H24 | 15/10/2008 |
Ah ca en fait des pseudos qui disent la meme chose ; )
De f.a.n.c.h
18H34 | 14/10/2008 |
Sur France Culcul, l'émission La Fabrique de l'Histoire consacre cette semaine à l'histoire des crises économiques et financière, du moyen-âge à 1929.
Très documenté !
Les émissions sont écoutables et podcastables ici :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/fabriquenew/…
à f.a.n.c.h
De Croa
10H26 | 15/10/2008 |
ça passe à quelles heures ?
De Pâs Tissier mais presque
Pro de Resto | 18H34 | 14/10/2008 |
Bonjour,
Pour les intéressés sur la création de la monnaie, il y a un film gratuit et exclusivement diffusé sur Internet nommé Zeitgeist. Pour la création de la monnaie, c'est le second film, le premier est consacré aux complots, héhéhé…
T. B.
De CarloGiuliani
18H43 | 14/10/2008 |
La conspiration ne vaut qu'à l'égard du manque de preuves qu'apportent ceux que l'ont pointent du doigt. Il y a comme des airs de 11 Septembre dans vos mots. Comme avec le documentaire Lose Change, qui reprenait la conspiration à sa guise, étayant cette thèse avec 1000 preuves tangibles. Et ce n'est pas d'y croire qui pouvait perturber nos âmes conquises par David Pujadas, mais bien l'absence de preuves réfutant cette possible conspiration. Ne dit on pas gouverneMENT !
J'ai vu l'argent dette. Le discours est très efficace même si le graphisme reste un peu sectaire. Je n'ai pas prêté attention aux illustrations soutenant un complot judéo-maçonnique. Probablement par mégarde mais parce que le buzz récurrent de l'incertitude (le complot du complot qui complotait) entraîne automatiquement la suspicion et conforte le statu-quo. Trop souvent au profit des gouvernants. Qui ne proposent rien d'autre…jusqu'à preuve du fantasme
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 20H01 | 14/10/2008 |
Malin M. Riché…
Sous prétexte de critiquer l'antisémitisme (que j'ai du mal à voir) de cette vidéo, il la fait circuler. Répandant ce brûlot anti-capitaliste sur la toile sans en avoir l'air.
Mais je vous ai démasqué : kominisss, anarchiss, voyou !
à manu2005
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 21H03 | 14/10/2008 |
Ah ?
Vous pensez que
…M. Riché complote aux mains du communisme mondial
…en se faisant passer pour un odieux capitaliste
…faisant mine de dénoncer un complot antisémite
…à propos d'une vidéo qui dénonce un complot des capitalistes ?
Détrompez vous !
Il s'agit en fait d'
…une manoeuvre des capitalistes
…afin de faire croire en l'existence d'un complot communiste
…par le biais de M. Riche se faisant passer pour un odieux capitaliste
…faisant mine de dénoncer un complot antisémite
…à propos d'une vidéo qui dénonce un complot des capitalistes ?
Vous suivez ?
A moins évidemment que
…il s'agissent d'une manoeuvre soviétique
…visant à faire croire en l'existence d'un complot capitaliste
…afin de etc…
à Weatherboy
De Thucydide
Bêcheur de fond en Bourbonnais | 22H53 | 14/10/2008 |
Et le raton laveur, pour qui vote-t-il dans cette affaire ?
De CAUSTICUM
désabusé de plus en plus ... | 20H16 | 14/10/2008 |
Les subprimes pour les nuls :
Comment récupérer gratuitement un immeuble ?
La méthode est la suivante :
- Je prête des sous à un pauvre, pour qu'il achète de quoi se loger.
- Je lui fais croire que le prêt est peu cher (deux premières années de remboursement très abordables), alors qu'en réalité, il sera très coûteux
- Je prends bien évidemment une hypothèque, car on n'est jamais assez prudent …
Le pauvre a donc désormais une dette envers moi, et moi, je suis devenu son créancier.
C'est là qu'intervient l'astuce :
- Ma créance, figurez vous, je la revends (refourgue)par petits morceaux, à des SICAV ou fonds communs de placements (FCP), des banques ou des fonds de retraite par capitalisation, en faisant miroiter aux gérants le bon rendement (cherté) de ces petis bouts de créance titrisée.
J'encaisse alors rapidement le produit de la vente de ma créance, car les souscripteurs se bousculent, mais pas fou, je prends bien soin de conserver l'hypothèque – faut bien gagner sur tous les tableaux.
- Quand le pauvre ne peut plus payer ses échéances de prêt (en général au bout de 2 ans, alors que le taux grimpe en flèche), j'active l'hypothèque et lui fais saisir sa maison.
Résultat des courses, en revendant (par petis morceaux)ma créance, j'ai récupéré ma mise (le montant du prêt consenti au pauvre) et j'ai gagné une maison, que je peux ensuite mettre en location ou revendre …
Qui a payé ? me direz vous, ce sont tous les clients ( banquiers,gérants de portefeuilles titres ou particuliers mal conseillés) qui par cupidité, ont souscrit au travers de leurs sicav ou fonds communs, mes petis bouts de créance très juteuse mais forcément douteuse.
Fallait oser, mais ça s'est fait à très grande échelle, outre Atlantique.
C'est pas joli joli isn't it ?
à CAUSTICUM
De Phyrezo
bloggeur | 09H40 | 15/10/2008 |
Hmm, pas sur que la garantie de l'hypothèque n'était pas inclu dans la titrisation du crédit.
Il n'aurait probablement pas eu AAA sinon…
à Phyrezo
De CAUSTICUM
désabusé de plus en plus ... | 12H46 | 15/10/2008 |
Si l'hypothèque était incluse dans la titrisation, les clients innombrables souscripteurs de SICAV, FCC (fonds communs de créances) FCP (fonds communs de placement) disposeraient d'une fraction de la valeur des propriétés saisies.
Il faudrait qu'à chaque rachat (cession à perte) de leurs titres, on active une fraction infime d'hypothèque, pour qu'ils puissent compenser partiellement leur moins-value.
Croyez vous que ça se passe comme cela ?
Ne perdez pas de vue qu'avec la désintermédiation bancaire, c'est le souscripteur de l'OPCVM (Sicav, FCP, FCC …)qui prend le risque ; ce n'est en aucun cas la banque ; sauf si elle-même a aussi souscrit mais pour son propre compte et donc avec ses fonds propres des titres pourris.
A ma connaissance, dans l'affaire des subprimes, l'hypothèque est activée par le prêteur
De Croa
20H55 | 14/10/2008 |
J'aurais pour ma part tendance à penser que ce serait plutôt l'article qui sentirait mauvais !
Il peut être dûr de constater que des vérités que l'on voudrait définitivement célées sont sur le ouaîbe. : o( Pascal : o( tu es démasqué !
à part ça l'info existe aussi ailleurs. Je conseille aux lecteurs sceptiques par exemple une balade sur le forum de la FEA (France en Action) rubrique « Emploi-Economie-Social »
http://www.lafranceenaction.com/forum2/
De mad
21H17 | 14/10/2008 |
Juste un truc : comme dans beaucoup de documents traduits de l'anglais trop vite, il y a une erreur importante dans ce document au niveau des chiffres.
En français après le million, il y a le milliard, plus le billion, le billiard, le trillion et ainsi de suite.
Un trillion en français c'est donc 18 zéros dèrière le chiffre, un milliard de milliards.
[1.000.000.000.000.000.000. ]
En Anglais par contre, pas de milliard, ni de billiard.
ça fait Million, Billion, Trillon. Un trillion « anglo américain » c'est donc 12 zéros derrière le chiffre.
[1.000.000.000.000]
Nettement moins donc.
à mad
De fde
technicien | 21H30 | 14/10/2008 |
Si vous voulez des chiffres, vous pouvez regarder à cette page :
https : //www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/docs/rankord…
Évidemment, il faudrait croiser avec d'autres sources…
à mad
De Croa
10H53 | 15/10/2008 |
On arrive à de telles sommes qu'il devient difficile de s'en faire une idée. Le texte et les paroles sont de leur coté parfaitement explicites. C'est l'essentiel, non ?
A part ça pour avoir une idée juste des sommes en question je vous conseille ce qui est en usage dans certaines administrations et qui simplifie bien des choses :
- 1 000€ c'est 1k€ (pratique pour les sommes courantes) On dit « 1 kilo-euro » mais cet usage reste très professionnel, faut bien le reconaitre !
- 1 000 000 € c'est 1M€ ; On dit « 1 Million » ou « 1 méga-euro », les deux étant également valables.
- 1 000 000 000 € c'est 1G€ ; On dit « 1 Milliard » ou « 1 giga-euro » les deux étant également valables.
Au dela, il n'y à pas chez nous d'équivalent au trillion américain mais rien nous empêche de parler en « téra-euro » : Normalement tout le monde devrait comprendre !
De wotan
syndicaliste | 21H54 | 14/10/2008 |
Arroseur arrosé ?
Monsieur Pascal Riché, vous avez eu cent fois raison de lancer ce débat, mais l'agréssivité de vos adjectifs et tournures mettent mal à l'aise
exemple « peut être LES économistes font ils partie du complot ? » : Vous avez le droit de ne pas être marxien, donc de rejeter tout ce que cette tradition a écrit sur les « chiens de garde » qui préservent la rente du capital, de façon consciente ou pas ; en tout cas vous n'êtes pas « LES » vous insultez à l'avance nos convictions et nos diplômes, drôle de journalisme !
Je trouve aussi, pour quelqu'un qui a une expérience américaine, votre charge contre leur profonde culture maçonnique, sujet complexe s'il en est,ne semble pas fortuite.Vous en dites trop ou pas assez, d'où parlez vous ? C'est peut être bien vous qui avez un masque, une cagoule ! Quoique c'est du côté de Holly Wood (bois sacré)qu'enseigne le véritable Zorro,Paul Grignon a du y passer mais il n'empêche que les trois quarts de son travail sont excellents !