
« L'argent dette », vidéo-star du Net, a une sale petite odeur

C'est une vidéo canadienne qui, par ces temps de crise financière, fait le tour d'Internet à la vitesse de la lumière, mais qui me met mal à l'aise. L'idée de départ du film, signé par le Canadien Paul Grignon, est d'expliquer le plus simplement possible comment fonctionne la monnaie. Une très bonne initiative, beaucoup de gens ignorant par exemple que ce sont les crédits qui font les dépôts, et non l'inverse. Mais le résultat est le déploiement d'une vaste théorie du complot, avec des relents très désagréables.
Beaucoup vantent les mérites pédagogiques de « l'argent dette » sans commentaires. C'est le cas de journaux comme Libération, ou de chercheurs comme André Gunthert, de l'EHESS. Il y a pourtant de quoi prendre ses distances, car si on lit bien entre les lignes, que dit cette vidéo ?
Elle dit que les banquiers connaissent depuis longtemps le (prétendu) secret de la monnaie (celle-ci est crée par le crédit, avec un effet multiplicateur) ; qu'ils se le transmettent de génération en génération depuis les premiers usuriers cupides de la Renaissance, issus de « certaines cultures » compétentes en orfèvrerie ; qu'ils ont étendu leur pouvoir sur le monde ; qu'ils assassinent au passage ceux qui risquent de dévoiler le grand secret, y compris des Présidents ; que les médias et les profs, complices, cachent l'information à des citoyens réduits à l'esclavage par leur ignorance…
J'exagère ? Je vous laisse juge. (C'est long : la vidéo dure 52 minutes)
Au début, une citation du banquier Mayer Anselm Rothschild :
« Donnez moi le droit d'émettre et de contrôler l'argent d'une Nation, et alors peu m'importe qui fait ses lois. »
Mais aussi une référence peu discrète à la franc maçonnerie : le forçat de la dette a pour arrière-fond la pyramide tronquée -symbole maçonnique- qu'on trouve sur chaque dollar depuis la fin du XVIIIe siècle.
Un peu plus loin, la naissance de la banque est présentée comme une idée de génie des orfèvres pour s'enrichir, des orfèvres issus de « certaines cultures » expertes dans le travail de l'or et de l'argent, précise le commentaire (image ci-dessus). Certaines cultures ?
Ci-dessous, une autre image évocatrice, un banquier lynché par la population qui comprend qu'elle a été bernée. La représentation de la pieuvre portant ses tentacules sur le monde (voir plus bas), est également inspirée d'une bien laide iconographie : voir ici , là ou encore là. Le commentaire qui accompagne l'image est à l'avenant : « peu de gens savent aujourd'hui que l'histoire des Etats-Unis depuis la révolution de 1776 fut une lutte épique pour se libérer du contrôle des banques mondiales dominées par les Rothschild ». Et pendant que cette voix douce nous sussure cela, des mots défilent rapidement : « dépression, inflation, paniques bancaires, infiltrations, assassinats, possession de médias, tromperies des masses… »
Mais ce sont les dernières minutes du film qui mettent le plus mal à l'aise. L'auteur termine par quelques citations. Deux sont des citations lucides de présidents dont on précise qu'ils sont « morts assassinés » :
« Quiconque contrôle le volume d'argent dans ce pays est maître absolu de toute l'industrie et tout le commerce. Et si vous savez que le système en entier est très facilement contrôlable, d'une manière ou d'une autre, par quelques hommes très puissants, pas besoin de vous expliquer quelle est l'origine des périodes d'inflation et de dépression. » (James A.Garfield, ancien président des Etats-Unis, mort assassiné)

« Le gouvernement devrait créer, émettre et favoriser la circulation des monnaies et des crédits nécessaires à la satisfaction du besoin de dépense du gouvernement et du besoin d'achat des consommateurs. L'adoption de ces principes doit permettre aux contribuables d'économiser le paiement d'un gros volume d'intérêts. L'argent cessera de gouverner et se mettra au service de l'humanité. » (Abraham Lincoln, ancien président des Etats-Unis, mort assassiné)
Suit une déclaration prêtée à David Rockfeller, lors d'un discours devant la commission trilatérale en 1991, où il aurait évoqué un « plan pour le monde », visant à une « souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers internationaux ».
La dénonciation de « l'usure » (le prêt à intérêt, une formidable invention qui a permis de développer le commerce) et du complot des banquiers « internationaux » (on disait autrefois « apatrides ») m'a toujours semblé louche.
Et sur le fond de la vidéo ? Que l'essentiel de la monnaie soit créé par le crédit bancaire, ce n'est pas vraiment un secret, c'est dans tous les manuels d'économie. Mais pas de quoi en faire un grand complot.
Or la voix de la vidéo se demande pourquoi les gouvernements choisissent d'emprunter de l'argent aux banques privées et de payer des intérêts alors qu'ils pourraient créer tout l'argent dont ils ont besoin, exempt d'intérêts. La réponse implicite du film, c'est que les gouvernements sont complices de leurs maîtres, les banquiers.
Mais la réponse des économistes à cette question est plus simple :
- D'abord, l'Etat n'emprunte pas auprès des banques (à court terme, il leur prêterait plutôt de l'argent…). Pour se financer, il émet des titres négociables, des obligations, qui sont souscrites par des particuliers, des entreprises, des assureurs, diverses institutions. La dette publique est financée par leur épargne.
- Ensuite, la création monétaire par les banques centrales est bien plus inflationniste que l'emprunt. Pourquoi ? Parce que lorsque l'Etat emprunte, la ponction sur le marché des capitaux a lieu au détriment d'autres financements : les obligations d'Etat « évincent » le secteur privé, qui aurait lui aussi besoin de cet argent (« effet d'éviction » : lorsque l'Etat emprunte, il fait grimper le taux d'intérêt, ce qui pousse des entreprises à renoncer à leurs projets d'emprunts).
On se méfie en revanche beaucoup (peut-être trop ? ) de la création monétaire directe par la banque centrale. Il est vrai qu'elle a très souvent, par le passé, conduit à de l'inflation. Pour être saine, elle doit entraîner la création de nouvelles activités. A tort ou à raison (c'est un autre débat), la plupart des pays occidentaux ont préféré éloigner d'eux ce pouvoir trop tentant. Ils ont confié la « planche à billet » à des banques centrales indépendantes, au motif « qu'on ne laisse pas la crème à la garde du chat ».
Mais peut-être les économistes font-ils partie du complot…
L'auteur de la vidéo, Paul Grignon, est un artiste et vidéaste canadien. Il est aussi le co-réalisateur de « Chemtrails - Mystery Lines in the Sky », un film qui, lui, tente de démontrer que les traces d'avions dans le ciel seraient en fait des produits chimiques répandus dans le cadre de programmes gouvernementaux ultra secrets destinés à contrecarrer le réchauffement climatique.
► A lire aussi : la présentation de la vidéo sur Arrêt sur images (payant).
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De Quen_tin
17H53 | 14/10/2008 |
dans un commentaire plus bas j'explique ce qui me semble douteux dans ce film sur le plan économique.
De Spirou
15H34 | 14/10/2008 |
Allez droit au but : cette vidéo à de forts relants antisémtites. Jouez franc-jeu car en ce qui me concerne, la théorie de la théorie du complot m'insupporte autant que la théorie du comploT elle même.
Vous êtes lourds à voir des antisémites partout…
De mick69
15H32 | 14/10/2008 |
J'ai trouvé ce petit film très pédagogique. Il m'a appris des choses que je ne savais toujours pas après 20 ans d'écoute ou de lecture des medias classiques.
Je n'ai pas relevé d'insinuation antisémite.
Et d'ailleurs, depuis plusieurs années je ne tiens plus aucun compte des accusations médiatiques d'antisémitisme ou de racisme. Que des gens n'aiment pas « les Juifs » ou « les Noirs » ou « les pauvres » ou « les banquiers » ne me fait pas plus d'effet que s'ils n'aiment pas les Italiens, les Français, les Esquimaux ou les Zoulous. Cela n'a aucune importance, on est en 2008 dans une société multiculturelle ; il y a des gens qui détestent d'autres gens, c'est la vie, et les accusations d'antisémitisme ou de racisme ne servent plus à certains qu'à discréditer leurs ennemis
De herve.m
daf | 16H15 | 14/10/2008 |
Je suis abonné au site d'ASI et quand j'y ai vu la présentation de ce film, je me suis précipité, j'allais apprendre des trucs.
Quelle désillusion !
J'ai fait quelques études de sciences économiques et je me souviens, vaguement - ces souvenirs ont quasi trente ans, que la notion de masse monétaire, que ce film décrit comme un secret jalousement gardé -limite explosif le secret-, se trouve dans n'importe quel manuel de sciences écos de première année de fac.
Passé ladite désillusion -je n'allais rien apprendre du tout- j'ai regardé ce film d'un tout autre oeil, en me demandant pourquoi on décrivait comme tel secret, une notion répandue, certes pas dans le grand public, mais auprès de tout ceux qui ont étudié, un peu et seulement un peu, l'économie.
Et comme Pascal Riché j'ai assez vite eu envie de me boucher le nez…
Il me semble urgent de faire passer le mot partout que ce petit documentaire innocent d'apparence est une version moderne du protocole des sages de Sion.
Merci à rue89 de l'avoir fait.
à herve.m
De Mr_Quiconque
16H58 | 14/10/2008 |
Il faudrait faire un sondage parmi les personnes en situation de sur-endettement ou auprès des personnes ayant bénéficié des crédits immobiliers aux USA, en Espagne et ailleurs.
Je ne suis pas certain qu'ils aient tous fait science éco. et qu'ils mesur(ai)ent bien les enjeux de leur situation et de ceux de la création monétaire.
à herve.m
De violeta
psy | 20H18 | 14/10/2008 |
Nous nos heurtons à des débats de spécialistes. « l'économie » c'est avant tout le panier de la ménagère. « La psychologie » c'est avant tout le tact…
Vous avez fait sciences-éco et vous avez appris ce que la vidéo nous montre ? Tant mieux pour vous ! La plupart des ménagères font des crédits et personne ne leur a rien expliqué et surtout pas le conseiller financier qui défend les intérêts de sa banque ; c'est à peu près la même chose quand on vous donne le droit de vote sans que vous suiviez la moindre formation politique.
L'éducation est la pierre de voûte des peuples libres. Cultiver l'ignorance renforce les pouvoirs de quelques uns, ça n'est pas nouveau.
Quels sont les choix qui sont faits aujourd'hui ? …..
Je ne partage pas la critique totalement négative de Monsieur Pascal Riché. « Nobody is perfect » pas plus Grignon que lui même. L'avantage de ce travail est la dimension pédagogique. Quand aux évocations sournoises ( ? ) (bof, je ne les ai même pas aperçues)….. Ce qui sauve du délire du complot c'est de dire que tous les juifs ne sont pas des banquiers, tous les Arméniens des cordonniers et tous les valenciens des carreleurs, … Ce qui est vrai par contre, c'est que les riches, quelque soit leurs origines -et il y en a de toutes les couleurs- non seulement ne se soucient guère du malheur du monde mais le provoque sans états d'âme. Avez vous vu le reportage sur l'envolée des prix du blé il y a quelques temps ? Les « traders » n'ont aucune culpabilité qui les effleure : c'est le fric le fric le fric ! C'est ça que vous appelez l'économie ! j'étais écœurée de chez écœurée.
La question du « gouvernement mondial » n'était-elle pas une pensée (récurrente) qui a été soumise par Rockfeller ? Cela est-il faux ? Tout est peut-être parfait dans ce « meilleur des mondes »… mais nous risquons d'avoir de grosses surprises.
à violeta
De Thucydide
Bêcheur de fond en Bourbonnais | 22H31 | 14/10/2008 |
Et Rockfeller n'était même pas juif, mais baptiste !
Les Sages de Sion en deviennent obsolètes !
Où va-t-on ?
Quelle aventure ! ! !
à herve.m
De bankster
webmaster | 23H42 | 15/10/2008 |
Qui encaisse le chèque de vos impots ? (je verifie que vous ayez effectivement compris)
De Mr_Quiconque
16H47 | 14/10/2008 |
Eh oh les sous entendus racistes concernant les banquiers c'est bon, certes ça pue clairement mais il ne faudrait pas non plus nous prendre pour des nouilles ! ! ! On peut le voir tout seul.
Par contre quand on emet l'idée qu'il pourrait y avoir entente entre les 1% qui détiennent 50% des richesses pour éviter de trop les partager et de plutôt chercher à en amasser plus que de raison on est un conspirationniste.
Que doit-on penser de la condamnation pour entente des 3 géants de la téléphonie mobile en France (1).
L'UFC-que-choisir qui avait déposé plainte est adepte de théories conspirationnistes ?
Les grandes banques privées comptent peu de propriétaires, ça fait si mal au cul que ça d'admettre qu'il leur arrive surement de se concerter pour ne pas trop se tirer dans les pattes et se mettre d'accord pour faire la promotion de mécanismes opaques, de chambres de compensation, de paradis fiscaux, etc.
Ce qui est valable pour le marché français de la téléphonie mobile et d'autant plus valable pour les grandes banques naviguant dans l'opacité la plus totale.
(1)
http://www.zdnet.fr/actualites/telecoms/0,39040748,39291659,00.htm
De glaurent
ingénieur info | 17H03 | 14/10/2008 |
Pour ceux qui voudraient aller plus avant sur la question du crédit et de la monnaie, je recommande très vivement le livre « The Future of Money » de Bernard Lietaer :
http://www.transaction.net/press/interviews/lietaer0497.html
Comme beaucoup, il a prédit la crise actuelle, mais surtout détaille comment la nature d'une monnaie influe sur le comportement de ceux qui l'utilisent, et comment des formes alternatives de devises peuvent contre-balancer le système actuel (le completer, et non le remplacer).
Par exemple, le fait que la monnaie actuelle soit crée par les banques sous forme de prêts avec intérêts implique que nous sommes tous en compétition pour accumuler une ressource rare. La somme totale à rembourser collectivement aux banques est nécessairement supérieure à la somme totale d'argent en circulation.
De Deborah
17H06 | 14/10/2008 |
C'est bizarre, ces commentaires qui par une main invisible sont gommés. Pour malpensance, sans doute, vous savez la pensée officielle.
à Deborah
De Pascal Riché
(auteur)
7
Rue89 | 17H19 | 14/10/2008 |
Nous supprimons les commentaires contrevenant à notre « charte » (insultes, racisme, etc.). Mais jusque là, aucun commentaire n'a été supprimé sous cet article
à Pascal Riché
De bankster
webmaster | 01H44 | 15/10/2008 |
Vous pouvez supprimer votre article dans ce cas.
à bankster
De fde
technicien | 07H50 | 15/10/2008 |
Mauvaise idée. Cet article vous fait une pub d'enfer !
à Pascal Riché
De actimem
07H22 | 15/10/2008 |
réagissez alors ! on rase les murs ?
De starsss
17H12 | 14/10/2008 |
Maintenant que vous avez vu _Money as Debt_, vous pouvez vous consoler en lisant ou visionnant _The Secret_ de Rhonda Byrne ou comment le secret de la prospérité a t il bien été gardé ? Toutes les croyances sont dans la nature ! ; -)
De lancienz
libre penseur | 17H32 | 14/10/2008 |
Hier j'ai mis en ligne un billet reprenant des extraits de l'argent dette issus du site www.bankster.tv.
Je l'ai fait pour plusieurs raisons :
déjà informer les riverains sur le fait que la création monétaire est issue du crédit.
d'autre part faire un lien entre le « sauvetage des banques » et le besoin supposé de garder une structure finançière à l'égal de l'existant.
de mettre en lumière la soumission des politiques à une oligarchie finançiere dominante.( qui, quand elle a en trouve un bénéfice n'hésite pas à pratiquer la théorie de chaos, ce que nous vivons aujourd'hui)
Du point de vue économique ce qui est dit « paroles d'économistes » dans l'article est obsolete.
L'état français va financer sa garantie en faisant appel aux marchés financiers, donc va emprunter à un taux élevé des fonds dont il ne dispose pas.
Cette technique permet de dépasser les contraintes maestrichiennes en intégrant pas ce financement dans les déficits.
Mais cette technique revient à créer de l'argent fictif dont les intêrets seront,eux, pleinement réels par la perception de l'impot qui lui, en majorité, est basé sur le travail , et ainsi revenir à l'argent dette.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H35 | 14/10/2008 |
Il est aussi le co-réalisateur de Chemtrails - Mystery Lines in the Sky, un film qui, lui, tente de démontrer que les traces d'avions dans le ciel seraient en fait des produits chimiques répandus dans le cadre de programmes gouvernementaux ultra secrets destinés à contrecarrer le réchauffement climatique.
Ha ouais… quand même…
Ha c'est sur, les avions balancent du produit chimique, pas de doute là dessus. Mais ça a plutôt tendance à accroitre le réchauffement climatique, vu qu'il y a un max de résidus de combustion de kérosène. Et pour le secret, de nos jours, tout le monde sait que essence = CO2 = réchauffement.
C'est vraiment pathétique, rien que de lire ça, je n'ai aucune envie de regarder sa vidéo sur les histoires banques, même si c'est 100% vrai il vient de perdre tout son crédit.
Surtout qu'il y a des vrais questions à se poser sur les contrails.
Il existe des photos prise par satellite qui sont impressionnantes, où l'on voit des dizaines de trainées sur une large surface.
Et là, on se demande qu'elles sont les conséquences de ces nuages artificielles sur l'albédo, ou sur l'effet de serre, que ça soit la vapeur d'eau ou les gaz à effet de serre, ou encore quelle quantité de saloperies toxiques est diluée dans la vapeur et comment retombent-elles, avec quelle incidence sur les pluies acides.
Et de là l'incidence de la circulation aérienne sur notre chère planète, son climat, son atmosphère et ses braves habitants.
Mais non, on vient nous raconter que le gouvernement lutte contre le réchauffement climatique. Déjà, rien que ça, j'ai du mal à y croire…
Et c'est un programme ultra secret ! On fait un foin de tout les diables avec des trucs qui ne servent à rien, genre une certaine quenelle de l'environnement, mais le truc qu'on fait vraiment, chut !
J'imagine bien que quelques illuminés ont du essayer, comme balancer du fer pour faire pousser le plancton.
Mais bon, pas besoin de calculer longtemps pour se rendre que d'abord on doit agir à bien plus grande échelle, et qu'ensuite on est incapable de prévoir les conséquences catastrophiques.
Bref, encore le fantasme d'un mec en mal de reconnaissance, qui s'est inventé une jolie histoire entre Matrix, l'Agent Orange et la Mère des Tempêtes (un roman de Barnes).
à Keldan
De violeta
psy | 20H30 | 14/10/2008 |
votre réaction est fidèle à M. Riché sans que vous ayez pris la peine de vous construire une conviction à partir de la vidéo en question. Dommage.
Quand à sa thèse sur les avions : qu'est-ce que j'en sais moi ? C'est peut-être vrai , peut-être pas ? Une parole ne suffit pas. Où peut on voir ce film que je me fasse une idée perso ? J'ai horreur que l'on me guide unilatéralement dans ce que je dois penser.
à Keldan
De Thucydide
Bêcheur de fond en Bourbonnais | 22H37 | 14/10/2008 |
C'est vraiment pathétique, rien que de lire ça, je n'ai aucune envie de regarder sa vidéo sur les histoires banques, même si c'est 100% vrai il vient de perdre tout son crédit.
Vous avez raison, vous permettez de bien faire comprendre à tous les riverains l'utilité d'ouvrir un débat en jetant d'entrée le discrédit sur l'adversaire.
Mes remarques à Pascal Riché sont donc justes et fondées.
Merci de votre contribution.
De Phyrezo
bloggeur | 17H42 | 14/10/2008 |
Il y a effectivement un relan de théorie du complot, et d'ailleur on retrouve souvant cette vidéo sur des sites pas très clair (bankster.tv).
le fait de mettre le forçat devant le symbole du dollar, était assez naturel, la question c'est de savoir ce que ce symbole fait sur le dollar ?
Pour l'antisémitisme, le problème a toujours été la confusion des genre. L'antisémitisme très présent au moyen age, était-t-il une haine d'un religion ou bien de l'usurier ? Le problème ici n'est pas de condamner les un peuple, mais un métier : les usuriers. Depuis la révolution industrielle, l'Eglise étant revenu sur l'interdiction de l'usure, ceci n'est plus associé.
On se demande si l'usure, tel que vous le prétendez est bonne, pourquoi toutes les religions monothéiste l'ont interdite ?
Elle a un effet mécanique d'enrichir les riches et d'apauvrir les pauvres.
le message le plus important de cette vidéo, c'est de voir le côté non « sustainable » de ce système. Et c'est le seul messge qui compte (il aurait été préférable de ne pas le dissoudre dans des théories complotiste). La masse monétaire est contrainte d'augmenter continuellement pour pouvoir fournir la monnaie pour payer les intérêts de la masse monétaire initiale.
Pour aller plus loin sur la nature de la monnaie avec Paul Jorion :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/Blog_de_Paul_Jorion…
Pour aller plus loin dans la théorie du complot des bankster :
http://blog.phyrezo.org/2008/09/les-matres-de-largent.html
à Phyrezo
De Mr_Quiconque
18H11 | 14/10/2008 |
Le site et blog de Paul Jorion est souvent très intéressant, on retrouve certains de ses articles « presslib' » sur le site contreinfo.
http://www.pauljorion.com/
http://www.pauljorion.com/blog/
http://contreinfo.info/
à Phyrezo
De Pascal Riché
(auteur)
7
Rue89 | 09H37 | 15/10/2008 |
L'interdiction du prêt à intérêt a eu plusieurs explications théologiques, à ma connaissance. La première, c'est l'idée de violence. En exigeant un intérêt à un débiteur qui a de toute façon besoin d'argent, on exerce sur lui une violence. Autre argument. Par ailleurs, selon certains théologiens, le temps était quelque chose appartenant à Dieu, et « vendre du temps » était donc une escroquerie doublée d'un sacrilège.
à Pascal Riché
De LJ
Vache a lait | 10H12 | 15/10/2008 |
Mr Riché,
Mettons de cote la vision theologique, religieuse, qui, pour beaucoup de gens, n'a aucun interet (meme si votre reponse est tres interessante).
Rationnelement, en pretant du « vent » contre des interets, cela ne ressemble t'il pas a une ecroquerie ?
C'est cette disproportion entre le travail reel necessaire a creer une ecriture informatique dans le systeme de la banque et le prix que facture la banque (les interets) qui est choquant.
Ne pourrait on pas imaginer un pret organise par un organisme financierement neutre, a but non lucratif, qui ne facturerait que les interets reels (les couts reels de fonctionnement) aux emprunteurs ? Ne serait ce pas un systeme plus juste et moins prone aux derives de type « appat du gain » ?
à LJ
De irenedelse
14H28 | 20/10/2008 |
Le point de vue théologie n'a peut-être « aucun intérêt » pour la plupart des gens dans les pays occidentaux aujourd'hui, mais il est capital (sans jeu de mot) pour comprendre d'où vient le fameux amalgames sur les juifs et l'argent : au Moyen-Âge, comme l'église condamner le prêt à intérêt entre chrétiens, ce sont des banquiers juifs qui se sont retrouvés les principaux acteurs du crédit dans de nombreux pays européens. En particulier en France et en Allemagne.
Autre chose : il faut aussi compter avec le droit islamique, qui de nos jours encore interdit la titrisation.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Titrisation
Théoriquement, la crise des subprimes aurait donc été impossible dans une économie fondée sur ce système.
Encore une façon dont la théologie peut interagir avec l'économie…
à Pascal Riché
De bankster
webmaster | 15H11 | 15/10/2008 |
N'importe quoi, c'est pitoyable « a ma connaissance » ? laquelle ? ou ca ? manque un « T » dans riché ?
Pour vous tous, voici un extrait du livre de Jean-Gaston BARDET, Demain, C'est l'An 2000 ! écrit en 1950 !
LE SUPER-MÉCANISME CONCENTRATIONNAIRE
par Jean-Gaston BARDET
Mais parmis tous les mécanismes concentrationnaires, il en est un plus subtil et plus puissant, dont l'ignorance était quasi totale il y a trente ans (ndlr, écrit en 1950, donc en 1920). Aussi suis-je bien obligé de l'exposer en détail. C'est le mécanisme bancaire qui multiplie les méfaits de l'usure et du crédit. En effet, d'un côté, par l'addition des intérêts il double, puis quadruple toute dette en quinze puis trente ans, d'un autre côté, par le subterfuge du crédit et de la monnaie scripturale, il vampirise toutes les richesses mobilières et surtout immobilières d'une nation, puis du monde.
L'usure a toujours été interdite par le Droit canon romain, puis par le Coran. Le catéchisme du concile de Trente est formel : « Tout ce qu'on prend au delà de ce qu'on a donné est usure… c'est pourquoi le prophète Ezéchiel (18-17) dit que Celui-là sera juste qui n'aura rien pris au-delà de ce qu'il aura prêté . Et Notre Seigneur nous ordonne, dans Saint-Luc (6-35), de prêter sans en rien espérer. Ce péché a toujours été considéré, même par les païens, comme un crime très grave et très odieux » et le concile ajoute, « c'est ce qui fait dire à Ciceron que prêter à usure ou tuer un homme c'est la même chose. Et en effet, ceux qui prêtent à usure vendent deux fois une même chose, ou ils vendent ce qui n'est point ».
Il faudrait bien peu connaître l'histoire des civilisations pour s'imaginer qu'il ne s'agit là que d'un pincipe de morale et non pas d'un principe fondamental de bonne organisation de la société civile… car il n'y a qu'une seule clé pour les Deux Royaumes (celui de la Terre et celui du Ciel).
La civilisation égyptienne a duré quelques cinq mille ans ; elle ignorait la monnaie. Les diverses civilisations mésopotamiennes se sont effondrées les unes après les autres, au bout de quelques siècles, s'entre-déchirant, s'entre-détruisant. Elles connaissaient non seulement le trafic des lingots, mais l'usure, c'est-à-dire le « croît de l'argent » comme l'appelle le code d'Hammourabi. L'intérêt pouvait légalement atteindre 25% et montait jusqu'à 100 et 140%…
L'Encyclopaedia Britanica (article Money, édition de 1929) souligne que l'écroulement de la Grèce au VIème siècle comme l'effonfrement de l'Empire romain sont également dus à l'usure. Ainsi que l'a montré G. Ferrero dans : la Grandeur et le déclin de Rome, Jules César fut brisé pour s'être montré incapable de résoudre « la gigantesque accumulation d'intérêts inaliénables qui avaient concentré toute la richesse en quelques mains, réduisant les petits propriétaires en esclavage ».
Vous commencez à soupçonner pourquoi Cicéron est plus dur dans ses jugements que les Pères de l'Église !
Précisons que le mot usure ne s'applique pas au taux pratiqué mais au caractère du prêt (Il n'en est pas de même du mot : usurier. Cependant les auteurs anglais qualifient d'usure le prêt à la production de l'argent qui n'existe pas, de l'argent négatif). Le prêt de consommation est seul qualifié d'usure dans les textes canoniques, le prêt à la production n'est pas un prêt, mais un apport de capital à une entreprise dont l'activité fournit des bénéfices. Ce prêt à la production n'est-il pas licite ? Oui, dans certaines limites du taux de l'intérêt, mais non quand celui-ci atteint 50% à 60%, tel est cependant le taux réel des avances bancaires modernes.
Pour le comprendre, il faut étudier la constitution et le développement de la Banque d'Angleterre, type du système bancaire moderne, né en pays protestant où l'usure avait été autorisée par Elisabeth.
En 1694, Guillaume d'Orange, devenu Guillaume III d'Angleterre, n'avait plus d'argent pour payer son armée. Ce Hollandais, dont le succès avait été financé par les banquiers protestants de son pays, va — juste retour des choses — être pris dans l'engrenage des usuriers anglo-hollandais. Un syndicat d'usuriers, dirigé par William Paterson, lui proposa la combinaison suivante : a) Le syndicat privé avancera au gouvernement un prêt en or de 1 200 000 livres, au taux de 6%, le capital et l'intérêt étant garantis par l'État et payés en or ; b) en récompense, le syndicat privé a le droit de s'appeler Banque d'Angleterre ; c) comme le syndicat se démunissait ainsi de tout son capital pour financer le prêt, il avait en échange ( ? ) le droit d'émettre et de négocier des billets à ordre jusqu'à la concurrence des 1 200 000 livres prêtées en or, à l'Etat.
Jusque-là, seul l'Etat avait le droit régalien de battre monnaie, c'est lui qui aurait pû et dû émettre ces billets gagés sur l'or qu'il avait emprunté. Le syndicat, abusant de son titre de Banque d'Angleterre, fit imprimer des billets reconnus valables à Londres, puis dans tout le pays, sous caution morale du roi et matérielle du prêt en or. C'était génial, le public avait confiance en des papiers que la Banque — n'ayant plus de capital — était incapable de rembourser. Ainsi est né le crédit moderne en argent-papier, véritable contrefaçon du Crédo.
Par cet abus de confiance envers le peuple anglais, doublé de haute trahison envers le roi, dit Thomas Robertson (1), le clan des usuriers doubla d'un trait de plume sa fortune. Elle fit même plus que doubler, puisqu'il touchait non seulement l'intérêt sur son prêt en or, mais l'intérêt sur les billets en papier qu'il se mit à prêter — le 6% sur le capital initial devenant du 12%, en huit ans il doublait à nouveau (2).
Ainsi la Banque avait créé une double dette, l'une du gouvernement — lequel, après tout, empochait l'or — l'autre du peuple anglais. L'endettement simultané du gouvernement et du peuple ne fera que croître sans cesse, le gouvernement faisant évidemment tout retomber sur le peuple par le système des impôts. Telle est l'origine de la Dette nationale anglaise, nulle avant Guillaume III et qui ateignait, en 1948, 24 milliards de livres. Le mécanisme comporte trois stades : usure, dette, impôts, dont 60% servent à payer les intérêts de la dette.
Guillaume III continua à emprunter à la Banque jusqu'à concurrence de 16 millions de livres-or. Et celle-ci émit la même somme en billets. Bien plus, comme les billets avaient cours au même titre que l'or, même à l'étranger, la Banque avança désormais au gouvernement du papier… cautionné par lui, et non plus en or. Le tour était joué. Il est évident qu'à ce moment-là le gouvernement aurait pu reprendre son droit régalien et décider d'imprimer lui-même, les billets ; il n'aurait ainsi jaimais eu d'intérêts à verser ni de dette nationale en boule de neige.
Au début, la banque n'émit des billets que jusqu'à concurrence de l'or prêté, et conserva une réserve-or dstinée à couvrir les demandes de remboursement. Petit à petit, elle s'aperçut que les gens préféraient manier des billets plus légers que l'or, et qu'on pouvait émettre des billets en se contentant de garder une réserve de 10%.
Mises en goût par une opération aussi fructueuse, les banques se multiplièrent comme des champignons. Entre 1694 et 1830, on trouve dans les îles Britaniques 684 banques privées, émettant chacune ses propres billets.
En dehors de toute considération morale le prêt à la production suffit à déséquilibrer toute économie qui n'est pas purement agricole ou pastorale, c'est à dire la seule économie où le « croît biologique », don de Dieu, éternellement renouvelé, peur dépasser le « croît de l'argent » lorsque le taux est faible. L'industrie, elle, ne fait que transformer, et par l'extraction, épuiser.
Tout d'abord, c'est l'inflation. Il y a dix fois plus de signes monétaire légaux en 1836 qu'en 1694. Or cette monnaie-papier n'est pas seulement prêtée mais dépensée directement par les banques, qui jouent ainsi le rôle de commerçants. Elles peuvent ainsi faire marcher leur commerce, avec seulement 10% du capital réel, tandis que les industriels qui veulent lancer une usine ou constituer un stock empruntent aux banques, au taux de 6%, des billets qui ne représentent quasi rien et hypothèquent leurs moyens réels de production pour du vent. Cela explique le peu de faillites des banques et la vampirisation des industries et du commerce par les « banques d'affaires ».
Toutefois, en 1836, le gouvernement britanique eut conscience du danger. Après une enquête secrète, le chancelier Robert Peel prit l'initiative du Bank Charter Act de 1844. Cette lois retira aux quelques 600 banques privées le droit d'émettre des billets en ne reconnaissant qu'à la -seule- Banque d'Angleterre, obligée cette fois d'avoir une couverture-or de 100% — ce qui dura jusqu'en 1914…— Aujourd'hui, la couverture n'est plus que symbolique.
Pauvre gouvernement ! Les 600 banquiers se réunirent en un nouveau syndicat, le Joint Stock Banks- et -remplacèrent l'émission des billets interdits par l'émission de chèques facilitant l'avance bancaire, c'est à dire l'ouverture de crédit en compte courant. Ce n'était qu'une émission camouflée de billets, et d'autant plus avantageuse qu'elle allait servir principalement à enfler la production des gros emprunteurs et non à faciliter la consommation des petits, comme la monnaie légale.
C'était un nouveau coup de génie. Cette fois, ce n'est plus le roi qui cautionnera l'émission, ce sont les déposants, par suite d'une confusion habilement entretenue.
Le secret de la toute-puissance bancaire dans le monde entier, précise Robertson, réside dans le fait suivant : « Lorsqu'un individu dépose aujourd'hui 1 000 £ en espèces à la banque, celle-ci ne prête pas ces 1 000 £ à un autre client, mais les garde en réserve, et prête en avance bancaire, ou par chèque 9 000 £, c'est à dire neuf fois le montant du dépôt qu'elle a reçu ». C'est le premier client qui constitue la réserve de 10%… alors que le bon public croit que toute Banque n'est qu'un intermédiaire qui avance l'argent mis chez elle en dépôt, soit 1 000 £ pour 1 000 £. C'est d'ailleurs ce qui est déclaré dans tous les traités orthodoxes, et qui était officiellement inscrit dans l » Encyclopaedia Britanica jusqu'en 1910 ; mais dans l'édition de 1929, vous lisez que « les banques prêtent en créant du crédit, elles créent leurs moyens de paiement ex nihilo » précise M. R. Hawtrey, secrétaire adjoint au Trésor.
En général, l'emprunteur a déposé des garanties. S'il ne peut rembourser son emprunt, la banque saisit les garanties et fait là un bénéfice absolu, pendant que l'emprunteur, lui, fait failite. S'il rembourse, la banque touche 6% sur 9000 £, soit 54% sur les 1 000 £ qui lui avait été déposées jadis, joli bénéfice pour avoir fait un simple jeu d'écriture. L'opération est annulée, la somme inscrite est rentrée dans la colonne Avoir, elle annule le montant porté en sortie dans la colonne Doit. Les 9 000 £ se dissolvent dans le vent, d'où elles étaient venues ! …
De là le pouvoir quasi magique des banques. Non seulement elles créent et détruisent de la monnaie, mais des affaires. Elles provoquent des booms, des crises artificielles, des périodes de suractivité ou de chômage, suivant que — comme une coquette — elles accordent ou non leurs faveurs, c'est-à-dire des crédits de compte courants. Elles sont maîtresses du « cycle du commerce ». Leur pouvoir est invincible, quel que soit le parti qui triomphe temporairrement. Elles concentrent progressivement tout entre leurs mains, sur la ruine des nations.
Lorsqu'en 1919, Vincent C. Vickers — gouverneur de la Banque d'Angleterre depuis 1910 — s'apercevra de cette destruction irrémédiable, il démissionnera et commencera à dénoncer cet engrenage implacable (3). Il en résultera l'Official Governmental Report on Finance and Industry, dit MacMillan Report (4), au Parlement anglais de 1931, puis le Canadian Government Report of the Committee on Banking and Commerce, de 1939 (5), qui confirmèrent tous ces faits et révélèrent que le mot : dépôt bancaire est une escroquerie verbale, il fait croire à un actif alors qu'il représente au contraire un passif, une dette des emprunteurs. Il faut lui substituer l'expression « crédit financier » ou mieux « argent négatif ».
Avec ce système une banque peut tout acheter, tout faire passer entre ses mains, puisqu'elle peut doubler en deux ans non seulement son capital réel mais l'argent qu'on lui dépose. Elle réalise l'idéal concentrationnaire, n'ayant besoin ni de déplacer des hommes, ni de rassembler des machines, quelques traits de plume suffisent. C'est la reine des machines-en-papier ! (ndlr, les ordinateurs)
Pas de concentration sans destruction
Le mécanisme moderne du Crédit, portant sur la production va conduire au même effondrement que la simple usure de l'antiquité, portant sur la consommation , car il ne possède plus d'autorégulation venant des signes monétaires légaux, de l'argent accumulé ou thésaurisé, de l'éparge.
Lorsque des consommateurs investissent leur épargne, tout d'abord, le taux d'intérêt réel reste limité, inférieur à 10% mais surtout, l'industrie qui emprunte ne peut se développer qu'en fonction de cette épargne, de ce surplus qui n'a pas été dépensé pour la consommation. À moins de fabriquer des objets superflus, cette industrie risque peu de surproduire, c'est-à-dire de produire au-delà des possibilités d'achat des consommateurs. Tandis que dans le cas du financement par les banques, qui émettent une monnaie scripturale anticipée , basée sur l'hypothèse de la vente des objets produits, les exploitations de la production s'enflent à une vitesse dépassant les pouvoirs d'achat réels qui sont désormais négligés et ignorés.
Il s'en suit une hystérie de la production qui offre l'alternative : chômage ou guerre pour la destruction des biens qui encombrent le marché.
Il y a donc deux financements possibles de caractères totalement opposés : l'un provenant de l'épargne, de l'argent en supplément et l'autre projeté par anticipation . Dans le premier cas, l'autorégulation doit venir de l'offre des capitaux existants, dans le second, de la demande en besoins primaires les plus certains.
Ainsi le financement bancaire — mis en lumière — est tout indiqué pour la construction et l'équipement immobilier profitant à l'ensemble du pays. Là où il n'y a point à craindre de surproduction, c'est vraiment la demande qui fixe l'émission. Ce sont les besoins en logements, en routes, en ponts, en hopitaux, en écoles, en forêts, qui cette fois, deviennent les régulateurs de la monnaie scripturale anticipée, si dangereuse dans ses anticipations. Mais dans ce cas, seuls des offices régionaux — et non une banque de crédit centralisée (6) — permettraient d'avoir la confiance du public de la région et le contrôle effectif des besoins proches. Comme là, il s'agit de prêt de consommation et non plus de production, il ne peut plus être question d'intérêt. La Région ne peut être usurière. Le mécanisme bancaire, en tant que mécanisme , est utilisé sans compromission avec l'usure, il possède son autorégulation organique : la connaissance de la communauté dans ses besoins propres. C'est le seul cas où posant le Bien au départ, nous le récoltons à l'arrivée.
Lorsque s'ajoutent les méfaits de prêt à intérêt de taux scandaleux, de la monnaie scripturale non freinée par les besoins et de l'hystérie de la production, on dévale à roue libre vers la destruction obligatoire.
La ruine vient, d'une part de la Dette nationale et de ses intérêts reportés sur le peuple par l'impôt qui n'est plus « juste », ne répondant pas à un service rendu. Aussi se pose la question : faut-il rendre à César ce qui est à Mammon ?
La ruine est augmentée par l'inflation qui déprécie les biens du travail et qui est telle qu'en juillet 1945, les banques réunies des îles Britaniques possédaient en caisse 600 millions de £ et avaient accepté environ 5 400 millions de £, soit neuf fois plus, en reconnaissances de dettes, prêts, avances, investissements. Ces 5 400 millions n'ayant aucune existence réelle ont été créés par les banques, à partir de rien, depuis 1844, au taux de 1 million par semaine (7).
Le système est très exactement satanique. L'homme ne peut rien créer ex-nihilo. L'argent-négatif ou dette peut, et doit, être détruit par un jeu d'écritures sur le grand Livre : la colonne Avoir équilibrant la colonne Doit. Mais subsiste l'intérêt à payer, qui ne le peut être que grâce à une nouvelle création ex-nihilo d'argent-négatif et ainsi de suite… Il se produit une boule de neige de dettes, une marée d'argent-négatif, de néant, qui augmente sans cesse et entraîne à la destruction obligatoire des biens réels.
Le chaos économique qui conduit chaque pays à l'alternative : révolution ou guerre, provient d'une méconnaissance de vérités élémentaires, tant des marxistes d'ailleurs, que des économistes libéraux. Marx, en effet, n'a nullement soupçonné le mécanisme de l'argent-négatif, et a reporté ses attaques contre le profit et la propriété. Ces derniers ayant toujours été defendus — dans de justes limites — par l'Église, mère des Pauvres, la sagesse commandait de chercher une autre explication.
La voici. Pour qu'il n'y ait pas coexistence de surproduction et de sous-consommation, il faut que le revenu national puisse acheter la production nationale donc lui soit égal (8) — la soupape des exportations étant de plus en plus réduite dans un monde qui s'unifie (9).
Or tout prix comporte deux parts : l'une de travail, l'autre de capital, l'une a) de salaires personnels (directs ou indirects mais versés à des personnes pour leur consommation), l'autre b) de rémunération des capitaux engagés, qui sont des capitaux d'argent-négatif en majeure partie — la monnaie légale servant à peine à 5% des échanges (avoua lors de l'enquête précitée M. C. Towers, gouverneur de la Banque du Canada). Tel est le phénomène a + b découvert expérimentalement par le major Douglas en 1920 et au sujet duquel M. de Valera déclarait en 1942 : « Malgré mes demandes réitérées, aucun économiste n'a pu me démontrer la fausseté de ce théorème ».
Si donc les producteurs touchent un total a, ils ne peuvent, en aucune façon, acheter un total a + b ; le revenu national reste toujours inférieur à la production nationale. Il y aura toujours des surplus et les consommateurs seront toujours en état de sous-consommation. Telle l'origine du phénomène surabondance-misère qu'aucun dirigisme ne peut réduire.
Faut-il souligner que plus la structure productrice est concentrée, plus les investissements dans d'énormes machines sont gigantesques, plus b croît aux dépens de a dans l'équation, moins les salarié peuvent acheter leur production, plus la misère augmente, ce qui se vérifie depuis un siècle, quelle que soit l'augmentation continue des salaires (10).
Le remède financier — dont nous avons déjà montré dans nos autres chapitres la valeur économique — consiste d'une part dans le micro-machinisme et la décentralisation diminuant b. Et d'autre part, dans le retour à l'Etat de son droit régalien de bettre monnaie, enfin dans l'utilisation de crédit public retrouvé, sans intérêt , pour la construction des services publics nationaux, régionaux (routes et hôpitaux, écoles et forêts) où la part de salaires personnels est maxima et qui sont en dehors du circuit Production, dans lequel doit jouer seulement la monnaie légale (11).
Faut-il faire remarquer que, quelle que soit la Distribution : structure du commerce et répartition des biens parmi les citoyens, cela ne joue qu'à l'intérieur de a . Il peut y avoir des injustices, des bénéfices scandaleux ou un gaspilage dû à une cascade d'intermédiaires, mais les Salaires totaux, plus ou moins bien répartis, doivent d'abord permettre d'acheter la Production totale.
Le système bancaire actuel, autrement dit l'usure-à-l'argent-négatif ne peut rien créer de positif, il est très axactement inverti. Il prospère en temps de guerre, s'épanouit, apporte la prospérité matérielle aux ouvriers requis en usine, aux fournisseurs de l'État et aux fabriquants de munitions, pendant que la fleur de la nation est tuée ou mutilée. Il languit en temps de paix, se contracte, apporte le rétrécissement du pouvoir d'achat, les faillites, banqueroutes, le chômage et toutes les misères à la clé. Pourquoi ce paradoxe ?
Il y a toujours assez de pouvoir d'achat pour les buts de guerre PARCE QUE les biens créés sont détruits. Ainsi la sous-consommation peut être ordonnée au nom du patriotisme, tandis que la surproduction est liquidée.
Il ne s'agit point de mettre au pilori les banquiers actuellement inconscients, mais de considérer les faits. Les faits sont les suivants, ils crèvent les yeux : l'usure-à-l'argent négatif conduit à fournir toujours assez d'argent pour la guerre, la mort et la destruction et jamais assez pour la paix, la vie et la construction. Plus la guerre est terrible, dévastatrice, plus de pouvoirs d'achat sont créés, plus le flot d'argent-négatif s'enfle ainsi que les bénéfices des usuriers. Mais ce gonflement ne peut avoir lieu avec des biens qui encombreraient le marché, puisque les salaires sont toujours insuffisants pour les acheter, et ne peut avoir lieu que dans un seul cas, celui de la destruction délibérée des stocks. Le système ne fonctioone avec efficiency que si l'on détruit des biens réels (12). Il conduit implacablement à la guerre.
Jean-Gaston BARDET (1950)
(1) In -Human Ecology-, (Maclellan ed. 240 Hope Street, Glasgow), admirablement documenté mais dont nous n'acceptons pas le remède.
(2) Savoir doubler l'intérêt fait partie de la science bancaire… Ainsi en est-il de la vente à crédit -mensuel- à 8%, qui est en réalité à 16%, et qu'on tente de généraliser en Europe (en 1950)
(3) Economic Tribulations (Badley Heat, 1941).
(4) Publié par H. M. Stationary Office (Londres, 1931)
(5) Publié par Hing's Printer (Ottawa, 1939)
(6) Dont les méfaits sont dénoncés par Robertson, -op. cit-, et le thomiste irlandais R. P. Denis Fahey in -Money manipulation and Social Order-, (Brown and Nolan. Dublin).
(7) Tel est le montant de l'impôt secret perçu sur toute la communauté de l'espace financier britanique, qui le paie non avec du vent mais avec son travail et ses propres biens réels. Et ce chiffre de 5 400 millions ne comporte pas toutes les acquisitions et investissements dans les affaires nationales ou internationales qui se montent au moins à 5 000 autres millions.
(8) Molotov, longtemps ministre des affaires étrangères de l'URSS, avoua que la seule chose qu'il craignait était que cette égalité soit réalisée en Occident…
(9) La recherche des grands espaces financiers, les accords financiers entre plusieurs nations n'ont, au fond (et peut-être inconsciemment), pour but que de trouver… chez les autres, de l'argent que l'on ne peut trouver chez soi ; mais le théorème reste inéxorablement valable pour l'espace considéré !
(10) Le personnel de certaines usines s'appauvrit au fur et à mesure que s'accroît leur modernisation. Il pouvait acheter, en 1947, environ la moitié de la production, et deux ans après seulement le quart, car la modernisation entraîne un accroissement des charges du capital et une diminution des pouvoirs d'achat. Cf. l'article de Georges Levard, in « revue d'Action Populaire » de décembre 1950.
(11) L'abîme qui sans cesse augmente entre le « progrès » matériel et le progrès moral, vient de ce que la production matérielle n'est plus organique. Elle n'est plus financée par le croît naturel, par les propres réserves des industries, mais par anticipation, par dettes d'argent-négatif. Elle s'enfle à une vitesse qui dépasse toute maturation possible des individus. Cela est fondamental pour comprendre l'hystérie de la production.
(12)Aussi les faillites des industries sont-elles acceptées avec complaisance par les banques, c'est une des soupapes de sûreté qui empêchent la chaudière d'éclater. Par contre, les bons « Serra » émis sans intérêt au Kenya, vers 1921, ou les « billets coopératifs » sans intérêt, J.A.K., au Danemark en 1931, furent stoppés par les banques nationales, car les professeurs d'économie démontrèrent ( ! ! ) « que c'était un gros -désavantage- pour tout le monde ( ! ) d'emprunter sans intérêt ». Qu'en pensent les constructeurs de petites maisons familiales… qui paient deux fois leur maison ?
extrait de : DEMAIN, C'EST L'AN 2000 ! de Jean-Gaston BARDET (éd. Jacques Petit, Angers, 1950)
Jean-Gaston BARDET (1907-1989) architecte et urbaniste, professeur international, il fut en poste dans de nombreux endroits du monde, Europe, Afrique, Moyen-Orient, les Amériques, en particulier l'Amérique Latine, dont le Méxique, où il travailla à six reprises. Une grande partie de ce livre fut écrite quand il était en poste en Argentine.
à Phyrezo
De bankster
webmaster | 23H26 | 15/10/2008 |
on retrouve souvant cette vidéo sur des sites pas très clair (bankster.tv).
On peut savoir en quoi bankster.tv n'est pas très clair ?
De Quen_tin
17H43 | 14/10/2008 |
Effectivement la première partie de la vidéo est assez pédagogique mais la suite beaucoup moins.
Le lien entre la croissance / consommation et le système monétaire est clairement abusif. Ce n'est certainement pas nos banquiers qui vont nous forcer à consommer, ou qui vont forcer les entreprises à produire, il y a confusion.
Ensuite les intérêts de la dette servent à payer les salaires des banquiers, les frais de fonctionnement de la banque et également les intérêts des dépôts, c'est à dire les miens (j'ai de l'argent sur un compte et pas de dette en cours).
Le film le dit à un moment mais l'oublie ensuite et on a l'impression que nous sommes tous enchainé à une dette dont les intérêts vont directement dans la poche des banquiers…
Le problème c'est le basculement de la pédagogie à l'idéologie, de l'explication du système à l'affirmation « la dette = le diable », sans transition. Mais le travail crée bien de la richesse… Si j'emprunte 10 euros à mon banquier avec lesquels je fabrique pour 12 euros de patates, et que je lui rembourse le tout, intérêt compris, en patate… où est le problème ?
Donc on peut voir dans le système monétaire quelque chose de tout a fait sain. La dette représente ce qui aujourd'hui est investi dans l'avenir. Normal qu'elle soit positive. Son intérêt représente les frais de fonctionnement du système financier. Normal qu'il y en ait.
à Quen_tin
De fde
technicien | 19H01 | 14/10/2008 |
« Ensuite les intérêts de la dette servent à payer les salaires des banquiers » ; « intérêts des dépôts, c'est à dire les miens »
L'intérêt permet de faire de l'argent à partir d'argent. Dans la mesure où cela couvre un véritable travail des employés des banques, il n'y a rien à redire. Mais ce qui est réellement critiqué dans ce film, c'est la possibilité d'un enrichissement oisif par ce système (un enrichissement oisif, car non lié à un travail réel).
Je ne vais pas vous dire que je suis complètement contre ou complètement pour. La réalité est sans doute que nous avons tous un niveau de tolérance morale face à l'enrichissement par les intérêts.
« l'explication du système à l'affirmation “ la dette = le diable ” »
Non, la dette n'est pas critiqué. D'ailleurs, ils présentent les SEL comme exemple d'alternative à un niveau local. Et le SEL repose sur un principe d'endettement, mais SANS intérêt.
Si on fait abstraction de son côté militant, ce film explique clairement que les échanges reposent sur le basculement entre l'endettement et le prêt. Et que finalement ce principe de l'endettement est la définition même de l'argent.
Ce qui est critiqué dans ce film, c'est l'intérêt.
« Si j'emprunte 10 euros à mon banquier avec lesquels je fabrique pour 12 euros » ; « La dette représente ce qui aujourd'hui est investi dans l'avenir »
C'est un peu rabâché, ce genre d'arguments… En plus, je devine là-dedans l'idée qu'on produira toujours plus de richesse. Justement, l'autre idée soulevée par le film est qu'un développement durable ne peut reposer sur une augmentation exponentielle des biens produits. Le film cherche alors à établir un lien entre l'intérêt et une telle croissance exponentielle. Je n'ai pas une connaissance suffisante pour me prononcer sur l'exactitude de cette assertion, mais au moins, il serait bien que les critiques de ce film proposent une réponse aux questions qu'il soulève.
En conclusion, ce film est certes orienté idéologiquement, mais il explique un mécanisme réel (première partie) et je trouve qu'il pose des questions importantes, à une époque où on se préoccupe de plus en plus de pénurie de ressources.
à fde
De Thucydide
Bêcheur de fond en Bourbonnais | 22H45 | 14/10/2008 |
Le SEL ne se contente pas d'être sans intérêt : il correspond dans les deux sens à une création de richesses réelles.