« L'argent dette », vidéo-star du Net, a une sale petite odeur

C'est une vidéo canadienne qui, par ces temps de crise financière, fait le tour d'Internet à la vitesse de la lumière, mais qui me met mal à l'aise. L'idée de départ du film, signé par le Canadien Paul Grignon, est d'expliquer le plus simplement possible comment fonctionne la monnaie. Une très bonne initiative, beaucoup de gens ignorant par exemple que ce sont les crédits qui font les dépôts, et non l'inverse. Mais le résultat est le déploiement d'une vaste théorie du complot, avec des relents très désagréables.

Beaucoup vantent les mérites pédagogiques de « l'argent dette » sans commentaires. C'est le cas de journaux comme Libération, ou de chercheurs comme André Gunthert, de l'EHESS. Il y a pourtant de quoi prendre ses distances, car si on lit bien entre les lignes, que dit cette vidéo ?

Elle dit que les banquiers connaissent depuis longtemps le (prétendu) secret de la monnaie (celle-ci est crée par le crédit, avec un effet multiplicateur) ; qu'ils se le transmettent de génération en génération depuis les premiers usuriers cupides de la Renaissance, issus de « certaines cultures » compétentes en orfèvrerie ; qu'ils ont étendu leur pouvoir sur le monde ; qu'ils assassinent au passage ceux qui risquent de dévoiler le grand secret, y compris des Présidents ; que les médias et les profs, complices, cachent l'information à des citoyens réduits à l'esclavage par leur ignorance…

J'exagère ? Je vous laisse juge. (C'est long : la vidéo dure 52 minutes)


Au début, une citation du banquier Mayer Anselm Rothschild :

« Donnez moi le droit d'émettre et de contrôler l'argent d'une Nation, et alors peu m'importe qui fait ses lois. »

Mais aussi une référence peu discrète à la franc maçonnerie : le forçat de la dette a pour arrière-fond la pyramide tronquée -symbole maçonnique- qu'on trouve sur chaque dollar depuis la fin du XVIIIe siècle.

Un peu plus loin, la naissance de la banque est présentée comme une idée de génie des orfèvres pour s'enrichir, des orfèvres issus de « certaines cultures » expertes dans le travail de l'or et de l'argent, précise le commentaire (image ci-dessus). Certaines cultures ?

Ci-dessous, une autre image évocatrice, un banquier lynché par la population qui comprend qu'elle a été bernée. La représentation de la pieuvre portant ses tentacules sur le monde (voir plus bas), est également inspirée d'une bien laide iconographie : voir ici , ou encore là. Le commentaire qui accompagne l'image est à l'avenant : « peu de gens savent aujourd'hui que l'histoire des Etats-Unis depuis la révolution de 1776 fut une lutte épique pour se libérer du contrôle des banques mondiales dominées par les Rothschild ». Et pendant que cette voix douce nous sussure cela, des mots défilent rapidement : « dépression, inflation, paniques bancaires, infiltrations, assassinats, possession de médias, tromperies des masses… »

Mais ce sont les dernières minutes du film qui mettent le plus mal à l'aise. L'auteur termine par quelques citations. Deux sont des citations lucides de présidents dont on précise qu'ils sont « morts assassinés » :

« Quiconque contrôle le volume d'argent dans ce pays est maître absolu de toute l'industrie et tout le commerce. Et si vous savez que le système en entier est très facilement contrôlable, d'une manière ou d'une autre, par quelques hommes très puissants, pas besoin de vous expliquer quelle est l'origine des périodes d'inflation et de dépression. » (James A.Garfield, ancien président des Etats-Unis, mort assassiné)

« Le gouvernement devrait créer, émettre et favoriser la circulation des monnaies et des crédits nécessaires à la satisfaction du besoin de dépense du gouvernement et du besoin d'achat des consommateurs. L'adoption de ces principes doit permettre aux contribuables d'économiser le paiement d'un gros volume d'intérêts. L'argent cessera de gouverner et se mettra au service de l'humanité. » (Abraham Lincoln, ancien président des Etats-Unis, mort assassiné)

Suit une déclaration prêtée à David Rockfeller, lors d'un discours devant la commission trilatérale en 1991, où il aurait évoqué un « plan pour le monde », visant à une « souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers internationaux ».

La dénonciation de « l'usure » (le prêt à intérêt, une formidable invention qui a permis de développer le commerce) et du complot des banquiers « internationaux » (on disait autrefois « apatrides ») m'a toujours semblé louche.

Et sur le fond de la vidéo ? Que l'essentiel de la monnaie soit créé par le crédit bancaire, ce n'est pas vraiment un secret, c'est dans tous les manuels d'économie. Mais pas de quoi en faire un grand complot.

Or la voix de la vidéo se demande pourquoi les gouvernements choisissent d'emprunter de l'argent aux banques privées et de payer des intérêts alors qu'ils pourraient créer tout l'argent dont ils ont besoin, exempt d'intérêts. La réponse implicite du film, c'est que les gouvernements sont complices de leurs maîtres, les banquiers.

Mais la réponse des économistes à cette question est plus simple :

  • D'abord, l'Etat n'emprunte pas auprès des banques (à court terme, il leur prêterait plutôt de l'argent…). Pour se financer, il émet des titres négociables, des obligations, qui sont souscrites par des particuliers, des entreprises, des assureurs, diverses institutions. La dette publique est financée par leur épargne.
  • Ensuite, la création monétaire par les banques centrales est bien plus inflationniste que l'emprunt. Pourquoi ? Parce que lorsque l'Etat emprunte, la ponction sur le marché des capitaux a lieu au détriment d'autres financements : les obligations d'Etat « évincent » le secteur privé, qui aurait lui aussi besoin de cet argent (« effet d'éviction » : lorsque l'Etat emprunte, il fait grimper le taux d'intérêt, ce qui pousse des entreprises à renoncer à leurs projets d'emprunts).

On se méfie en revanche beaucoup (peut-être trop ? ) de la création monétaire directe par la banque centrale. Il est vrai qu'elle a très souvent, par le passé, conduit à de l'inflation. Pour être saine, elle doit entraîner la création de nouvelles activités. A tort ou à raison (c'est un autre débat), la plupart des pays occidentaux ont préféré éloigner d'eux ce pouvoir trop tentant. Ils ont confié la « planche à billet » à des banques centrales indépendantes, au motif « qu'on ne laisse pas la crème à la garde du chat ».

Mais peut-être les économistes font-ils partie du complot…

L'auteur de la vidéo, Paul Grignon, est un artiste et vidéaste canadien. Il est aussi le co-réalisateur de « Chemtrails - Mystery Lines in the Sky », un film qui, lui, tente de démontrer que les traces d'avions dans le ciel seraient en fait des produits chimiques répandus dans le cadre de programmes gouvernementaux ultra secrets destinés à contrecarrer le réchauffement climatique.

A lire aussi : la présentation de la vidéo sur Arrêt sur images (payant).

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A 2 ans de la retraite (-1) | 19H58 | 13/10/2008 | Permalien

D'accord avec vous sur le côté nauséabond sur l'aspect complot, avec amalgamme de la Franc-Maçonnerie et des banquiers. L'important est à mon avis qu'il explique correctement la création d'argent.
Ces textes sont issues de fiches réalisées par G Galand de l'association « chômage et monnaie » dont le site est : http://www.chomage-et-monnaie.org/.
C'est, à priori, un site sérieux :
« Elle a pour but l'étude des relations entre le système monétaire et l'activité et, dans ce cadre, la promotion des réformes conduisant à la réduction du chômage. L'association s'attache à mettre en évidence les comportements plus ou moins restrictifs des autorités monétaires et à proposer des politiques innovantes et plus dynamiques. Elle vise également à faire preuve de pédagogie dans un domaine réputé pour son aridité. L'association s'investit également dans l'étude des conséquences de la mondialisation financière sur l'autonomie des politiques monétaires dans tous les pays.
L'association est apolitique et détachée de tout lien confessionnel.
Le bureau de l'association comporte actuellement six membres.
- J.Berthillier, ancien chargé de mission au Commissariat au plan
- J.P. Dutrieux, cadre d'entreprise
- G.Galand, économiste
- A.Grandjean, consultant.
- J. de Montety, ingénieur conseil retraité.
- J.P.Rolland, ingénieur des Ponts et Chaussées retraité
Le bureau définit, en fonction de sa stratégie, des sujets d'étude dont chacun est traité par un sous-groupe dans un délai défini. Il définit et met en œuvre les actions visant à promouvoir ces travaux. »

Extrait des fiches de G Galand

« Terminons ces notions de base par une remarque fondamentale. Nous avons parlé
plusieurs fois dans cette fiche de “ confiance ”. En fait ce système monétaire n'existe
que parce que tous les citoyens lui font confiance. Il n'y a pas si longtemps, il était
encore écrit sur les billets en Francs : “ Payable à la Banque de France ”. C'est-à-dire
que vous pouviez vous faire rembourser le billet correspondant. En quoi ?
Historiquement, en or. Mais en pratique les monnaies ne sont plus convertibles en or
depuis plusieurs dizaines d'années. En fait plus personne ne pense à cette éventualité de
remboursement. On fait confiance aux garanties de l'Etat, sans bien même les connaître.
Et, depuis qu'on se méfie un peu de l'Etat, on fait confiance aux banques centrales. On
fait aussi confiance aux banques secondaires, qui “ ne peuvent pas ” faire faillite en
emportant vos comptes à vue dans le néant.
Cette confiance collective montre que la monnaie est un fait social majeur, et qu'il
n'est pas possible de l'enfermer, comme le font certains économistes, dans un rôle
purement fonctionnel sans incidence sur le fonctionnement de l'économie. »

« Quels sont les inconvénients de la monnaie d'endettement et les avantages de
la monnaie permanente ?
La monnaie d'endettement a trois inconvénients majeurs :
- elle ne peut être créée qu'en contrepartie d'un endettement supplémentaire d'au moins
un agent économique public ou privé.
- sa création coûte des intérêts.
- son émission est fonction de la conjoncture économique et a un effet amplificateur et
non régulateur des cycles : quand l'économie est déprimée les agents économiques ne
veulent ou ne peuvent pas s'endetter ; les banquiers prêtent difficilement ; la monnaie
n'est pas créée et peut venir à manquer. A l'inverse quand l'économie est en surchauffe
la monnaie peut être émise en excès sauf à recourir à des actions sur les taux d'intérêt
qui, elles, peuvent à terme se révéler dépressives.
La monnaie permanente a, symétriquement trois avantages :
- sa création ne génère pas d'endettement
- elle est gratuite
- elle peut être émise pour relancer l'activité si nécessaire lorsque l'économie est en
récession. Une stricte procédure de contrôle est à mettre en place pour éviter les
surchauffes.
Une création monétaire déconnectée des mécanismes de crédit n'est-elle pas
nocive ?
La création de monnaie sans contrepartie apparente choque voire scandalise de
nombreux esprits qui l'assimilent à de la fausse monnaie. Cette objection plus psychologique
que technique peut être exprimée sous bien des formes.
En fait, qu'elle soit d'endettement ou permanente, la monnaie scripturale est
créée dans tous les cas ex nihilo. La conception la plus élémentaire de la justice et de la
morale conduit à souhaiter que le bénéfice de cette création revienne à la collectivité et
non à des intérêts privés. C'est pour cette raison que Maurice Allais (prix Nobel
d'économie) est favorable à la création monétaire au profit exclusif de l'Etat. Malgré
l'expérience malheureuse des assignats de la Révolution et les pratiques parfois légères
des autorités publiques, nous pensons que la création monétaire est un bien public. Afin
d'éviter tout abus une stricte procédure de contrôle est à mettre en place »
Rédacteur : Gabriel Galand

Ce site vous renvoie à la page de l'OFCE (Office Français des Conjonctures Economique) dirigé par JP Fitoussi, dangereux gauchiste, qui au sujet de la dette conclue :

« Certains dénoncent les charges d'intérêt comme une dépense particulièrement anti-redistributive puisque les intérêts sont versés aux plus riches. Nous avons déjà vu que leur poids effectif est faible, sauf si on se donne comme objectif de réduire le niveau de la dette (c'est ce que raconte Sarko). De plus, cet objectif peut être atteint de deux façons. Soit les arbitrages budgétaires sont défavorables aux dépenses sociales, qui sont réduites pour diminuer le déficit public ; soit l'effort porte sur les ménages disposant des revenus et des patrimoines les plus élevés, qui détiennent la dette, qui reçoivent les intérêts, et à qui l'État peut demander collectivement de rembourser la dette, en particulier par l'impôt sur le revenu et l'impôt sur la fortune. L'effet anti-redistributif disparaît alors.
Le pouvoir d'influence des différents groupes sociaux est donc au coeur de l'arbitrage politique et social qui apparaît si l'État se donne comme objectif d'aboutir à une dette nulle. Mais l'État n'est pas un ménage. Immortel, il peut avoir une dette en permanence, il n'a pas à la rembourser. »

Ceci explique en partie les montants pharaoniques actuellement annoncés (irremboursables), et comment on s'est fait niquer aux dernières élections uniquement basées sur le remboursement d'une dette qui ne pourra jamais l'être. Imaginez qu'un économiste vienne raconter que le remboursement de la dette est impossible et qu'il le démontre, combien de politicards auraient survécus aux élections ?

Alors, pourquoi de la dette ? Pourquoi travailler plus pour gagner plus si c'est pour rembourser une dette qui ne le sera jamais ?

Une autre citation trouvée sur rue89 :
« Lorsqu'un gouvernement est dépendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. […] L'argent n'a pas de patrie ; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain. » Napoléon Bonaparte (1769-1821), Empereur Français

µ

Portrait de Toby E

De Toby E

20H15 | 13/10/2008 | Permalien

Bravo Monsieur Riché pour la disqualification par l'antisémitisme ! Encore un effort, et vous rejoindrez Val, Adler, BH Lévy parmi les GRANDS PENSEURS DE NOTRE TEMPS.

Portrait de Pascal Riché

à Toby E Portrait de Toby E De Pascal Riché (auteur) 7

Rue89 | 21H34 | 13/10/2008 | Permalien

Bravo Monsieur E., pour la disqualification par l'amalgame !

Portrait de clive

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De clive

08H39 | 14/10/2008 | Permalien

Bravo à tous les deux

Portrait de Raoul Parker

De Raoul Parker

Internaute | 20H28 | 13/10/2008 | Permalien

sourires c'est mon premier post ici !

Merci à Drecman d'avoir argumenter sur le fond !

La faiblesse de cette vidéo est effectivement dans certaines références et commentaires mais vous occultez ainsi le fond de l'argumentaire de la vidéo : le fait que le pouvoir économique n'est plus dans les mains des politiques ! Sans oublier le facteur exponentiel de la croissance !

J'avoue être nul en Eco mais dites moi : si L'État n » emprunte pas aux banques , il emprunte donc aux contribuables et aux entreprises et cela pour renflouer des « errements “ boursiers ! , j'ai compris ou je retourne à l'école ?

Portrait de Pascal Riché

à Raoul Parker Portrait de Raoul Parker De Pascal Riché (auteur) 7

Rue89 | 21H00 | 13/10/2008 | Permalien

En réalité, 60 % de la dette de l'État français est détenue par des ménages ou entreprises étrangers !

Portrait de Grégory

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De Grégory

16H50 | 14/10/2008 | Permalien

Corollaire : est ce que nous détenons des dettes étrangères ?

Portrait de zorbek

De zorbek

20H42 | 13/10/2008 | Permalien

Évidemment, comme finalement très peu de gens veulent faire l'effort de comprendre comment fonctionne réellement l'économie, et encore moins comment fonctionnent les marchés financiers, il est clair que ce genre de vulgate représente un danger certain pour tous ceux qui sont prêts à gober n'importe quelle explication simpliste. A défaut d'y comprendre qc, il est toujours plus facile de postuler un complot, voire un coupable, et le tour est joué : le bouc émissaire est prêt à l'emploi.

Pour éviter tout malentendu et rester factuel, ce que j'entends par comprendre l'économie c'est concrètement comprendre ce qu'un article du Wall Street Journal ou du Financial Times veut dire, je ne me réfère évidemment pas à la soupe prédigérée que l'on trouve dans la plupart des journaux de gauche, et je précise que je ne soutiens en aucun cas la majorité des positions droitistes des journaux cités. Il est regrettable que l'héritage marxiste et ses produits dérivés dans l'idéologie de la gauche française n'aident pas beaucoup à la compréhension, l'explication toute faite du profit et de la capitalisation comme incarnation du Mal n'étant d'ailleurs que la prolongation de la morale chrétienne qui lui a servi de support.

Bravo pour cet article démystificateur.

Portrait de Raoul Parker

De Raoul Parker

Internaute | 20H52 | 13/10/2008 | Permalien

Euh Monsieur Zorbek !

Excusez moi, le nul en éco que je suis,il a quand même bon à son interro quand il répond que cette vision de l'économie que vous semblez défendre…elle affame la moitié de la planète tout en dilapidant ses réserves ? !

Portrait de Weatherboy

à Raoul Parker Portrait de Raoul Parker De Weatherboy

Comédien dans un système oligarchiq... | 21H27 | 13/10/2008 | Permalien

Et bien, disons que zorbeck (bonjour en passant) m'a affirmé il y a quelques jours que le discours critique des effets du libéralisme et du capitalisme en Afrique était une manoeuvre des grands lobbies de la FNSEA (psss faites gaffe à Aminata Traoré, certainement un agent infiltré)
On a les petits complots qu'on veut bien entendre

Portrait de zorbek

à Weatherboy Portrait de Weatherboy De zorbek

06H27 | 14/10/2008 | Permalien

Je n'ai pas dit cela.

Ce que je dis c'est que voir le libéralisme comme source de l'exploitation du tiers monde est non seulement très réducteur mais est en plus un contre-sens : la cause réelle de l'appauvrissement des paysans africains, c'est le protectionnisme occidental. Ce sont les subsides des pays riches (US et EU) qui le coulent, et ceci n'a rien à voir avec le libre échange. Il est impossible pour un petit paysan africain de continuer à survivre et à maintenir son savoir ancestral en vendant les produits de son travail car ceux-ci sont invendables face à la concurrence des produits subsidiés par la PAC et équivalent US. Il n'a plus d'autre recours que d'abandonner son savoir-faire et aller peupler les mégalopoles du tiers-monde. Si on veut diminuer la pression migratoire des candidats à l'immigration clandestine, il faudrait peut-être aussi voir les choses jusqu'à leur origine.

Mettre cette politique fondamentalement injuste sur le dos du libéralisme est un contre-sens total : c'est purement et simplement de l'impérialisme économique (et politique) dont il s'agit et ça n'a rien à voir avec une économie de marché car le jeu des échanges est fondamentalement faussé par nos barrières douanières d'une part, et par nos subventions à l'exportation d'autre part. Et cette situation est effectivement voulue par des lobbies genre FNSEA, ne vous en déplaise. Mais il est évidemment beaucoup plus confortable d'escamoter le problème derrière le drapeau commode de l'anti-libéralisme que de reconnaitre les effets pervers de nos agissements. Ce qui n'empèche pas d'un autre coté qu'exiger des pays du tiers-monde un assainissement budgétaire comme le font la banque mondiale ou le FMI (alors qu'on leur taxe leurs exportations) fait partie de l'hypocrisie que la FNSEA n'est pas seule à partager.

Je ne suis d'ailleurs pas le seul à le dire :
http://www.rue89.com/madmundo-tv/jacques-diouf-la-faim-nest-pas-un-probl…

Portrait de clive

à zorbek Portrait de zorbek De clive

08H53 | 14/10/2008 | Permalien

Le libéralisme a toujours existé, ça s'appelle « le commerce ».

Le système actuel, dégénéré, est celui que vous nommez vos-même -protectionnisme occidental-produits subsidiés-politique fondamentalement injuste-l'impérialisme économique-etc..

La concurrence libre et non faussée, sorte de libéralisme idéal, est un concept irréel, car promue par ceux qui n'ont comme motivation que le profit immédiat et le refus de la concurrence…

Quand au rôle effectif du FMI, pas sa mission déclarée, lire Jean Ziegler apporte un éclairage, et il n'est pas le seul à le dire…

Portrait de guerzit

à zorbek Portrait de zorbek De guerzit

Incomprenant majeur | 09H30 | 14/10/2008 | Permalien

Le libéralisme fantasmé des gens comme vous n'a jamais existé et n'existera jamais… Les discours qui prétendent que c'est juste une mauvaise application des théories libérales sont mensongères car il y aura toujours à un moment du processus un élément qui viendra assurer la domination de certains sur la majorité ; le protectionisme au niveau international, la domination des CA au niveau de l'entreprise, la concurrence comme instrument de maitrise des salariés.

Le libéralisme n'est pas un principe humaniste mais une extension de la lutte entre individus.

Portrait de Weatherboy

à zorbek Portrait de zorbek De Weatherboy

Comédien dans un système oligarchiq... | 17H35 | 14/10/2008 | Permalien

Zorbeck, je crois qu'on ne va pas refaire l'échange ici, ce n'est pas le sujet, et tu viens de répéter ce que je disais (de façon caricatural, c'est vrai).
Tu me dis le débat sur le libéralisme occulte celui sur la PAC. Et je dis l'inverse.
Est-ce équivalent ? Dans les faits, je te le redis : non. Car non zorbeck, la PAC a elle seule n'est pas capable d'imposer les prix des marchandises dans les pays africains, ceux que chaque paysan constatera et qui poussera à ses choix qui te révolte (la destruction des cultures vivrières locales). Et non, un pays libre n'est pas les mains liés face à la PAC, et dispose normalement de procédés de défense : les barrières douanières.
Et j'ai bien dit « libre », car qui est-ce qui désarme ces pays de ce point de vue ? Oui, les ajustements structurels du FMI, oui le libéralisme, oui la propositions d'accords de libres (que la sémantique est belle…) échanges comme l'ont été les APE proposés encore récemment par l'Europe.

D'ailleurs, quel jeu au final « est faussé » ? Celui du libre-échange, celui du FMI et la Banque mondiale ? C'est à dire d'institutions qui n'ont toujours élu à leur tête depuis leur création qu'un membre des US ou de l'Europe de l'Ouest ?
Et malgré cela tu continuent de croire que ces institutions ont été mises en place pour bénéficier à d'autres ? Alors que son fonctionnement dans les faits montre explicitement le contraire
Etant donné les divers procédés d'exploitation mis en place notamment par la dette du Tiers-Monde, justement ici, soyons sur qu'en continuant sur cette voie ça n'est pas prêt de changer

Portrait de zorbek

à Weatherboy Portrait de Weatherboy De zorbek

19H31 | 14/10/2008 | Permalien

Il est évidemment plus facile de noyer le poisson en agitant le libéralisme comme source de tous leurs maux pour mieux oublier que c'est notre protectionnisme qui les accable (protectionnisme US et européen) quand ce n'est pas le leur. D'autre part, comme le libéralisme est implicitement associé aux pays anglo-saxons, cela permet de mieux de se dédouaner à bon compte de toute responsabilité et d'ignorer nos propres agissements : il est beaucoup plus commode de taper sur sur le FMI que de regarder d'un peu plus prêt par exemple les conséquences de la politique française en Afrique, qui je vous l'accorde ne se limite pas à la PAC. Que le FMI ne soit pas peuplé d'enfants de choeur, je veux bien le reconnaître, mais c'est complètement mensonger d'en faire les seuls responsables, comme si La France étatiste de Mitterrand ou de Chirac, anti-libéraux devant l'Eternel, représentait une alternative un peu plus morale…

Je reprends ici, tel quel, le post d'un contributeur éclairé sur la question.

Comment peut se targuer d'avoir « dépensé » 300 Milliards d'euros dans les aides publiques versées aux états africains qui soit dit en passant ne sert que des intérêts prives et des intérêts personnels alors que la majorité des sociétés établies en Afrique sont françaises. La domination politique, économique et militaire incontestée de la France sur ses anciennes colonies d'Afrique Noire est enracinée dans une devise, le franc CFA. Créée en 1948 pour permettre à la France de contrôler le destin de ses colonies, quatorze pays (le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la Guinée Bissau et le Tchad) ont maintenu la zone franc même après qu'ils aient obtenu leur indépendance des décennies auparavant.

En échange de la garantie française de la convertibilité du franc CFA, ces pays ont consenti à déposer 65 % de leurs réserves de devises étrangères sur un compte spécial du ministère des Finances français et ont accordé à la France un droit de veto sur la politique monétaire de la zone franc chaque fois que ce compte spécial serait trop à découvert.. Ces décisions ont eu des conséquences dévastatrices pendant quarante ans.

La majeure partie de la réserve de francs CFA provient du commerce entre la France et ses alliés africains. Par conséquent, la zone franc a toujours eu peu d'argent à sa disposition et des taux d'intérêt élevés. D'un autre côté, conformément aux programmes d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, une discipline budgétaire rigoureuse a permis de conserver une inflation faible, comme si se serrer davantage la ceinture au nom de la stabilité des prix constituait la priorité à adopter en matière de politique dans des pays désespérément pauvres touchés par des décennies d'une demande en baisse.

Résultat, une combinaison redoutable de convertibilité des devises, de taux d'intérêt qui grimpent en flèche, d'inflation faible et de mouvement des capitaux sans entraves, qui ne fait qu'alimenter la spéculation et la fuite des capitaux. Les spéculateurs transfèrent des sommes d'argent énormes de la France vers des comptes de dépôts locaux portant des intérêts élevés, collectent leurs gains exonérés d'impôt tous les trois mois et font de nouveau le plongeon de garantie du découvert.

Les banques commerciales sont inondées de ces fonds de spéculation à court terme instables qu'elles prêtent aux gouvernements selon les conditions les plus
draconiennes possibles. Les banques et les spéculateurs récoltent une coquette somme, les gouvernements sont criblés de dettes commerciales insoutenables, le secteur national de production est privé de financement sur le moyen et le long terme, et la majorité des individus restent empêtrés dans une pauvreté écoeurante.

Entre-temps, le transfert libre des profits, le remboursement des dettes et la propension de l'élite à expatrier leurs biens entraîne une fuite des capitaux. Cette hémorragie massive de la devise étrangère est dirigée exclusivement vers la France grâce au contrôle des capitaux qu'elle a mis en place en 1993. Par conséquent, certains des pays les plus pauvres du monde financent une partie du déficit budgétaire français.

La seule raison logique de l'existence du franc CFA est la connivence qui existe entre la France et les élites qui gouvernent ses anciennes colonies dans le but de piller les états de la zone franc. Même les effets bénéfiques de la devise commune sur le commerce entre les pays membres ont été neutralisés par la décision paradoxale prise par les anciennes colonies françaises d'Afrique noire en vue de démanteler la structure gouvernementale fédérale et le marché unique de l'époque coloniale et d'édifier des barrières commerciales à la place. Comme si tout cela ne suffisait pas, le taux de change du franc CFA, qui était demeuré inchangé depuis 1948, a été dévalué de 50 % en 1994. Y avait-il un meilleur moment (du point de vue des investisseurs étrangers,
cela va sans dire) pour entreprendre une vaste privatisation des biens de l'Etat ? Sous les auspices du FMI et de la Banque mondiale, des secteurs lucratifs tels que l'énergie, les télécommunications, l'eau et les banques ont été liquidés aux entreprises
occidentales à des prix défiant toute concurrence. Ainsi, le partenariat conclu entre la France et ses anciennes colonies africaines s'est finalement soldé par un déséquilibre spectaculaire. La France a obtenu un vaste marché pour ses produits, une réserve constante de matières premières à bon marché, le rapatriement de la part du lion qu'elle s'est taillée sur les économies locales, une influence politique incomparable, une présence stratégique importante avec des bases militaires occupées à titre gracieux, et la certitude qu'elle peut compter sur le soutien diplomatique de ses alliés africains. Mais pour les Africains, le partenariat a signifié une performance commerciale faible, une somme d'argent restreinte, des taux d'intérêt élevés, une fuite massive des capitaux et des montagnes de dettes dont le remboursement empêche tout investissement supplémentaire dans les domaines de l'éducation, de la formation, de la santé, de la production alimentaire, du logement et de l'industrie.

Les effets négatifs de cet accord s'étendent en outre au continent africain dans son ensemble. Au niveau politique, la France et ses alliés sont opposés au concept d'un gouvernement continental prôné à la fin des années 1950 et au début des années 1960 par des individus comme Nasser et Nkrumah. Ils ont contribué à faire obstruction au projet et à fonder le club africain notoirement inefficace composé de chefs d'Etat, l'Organisation de l'unité africaine (OUA), ramenant ainsi l'intégration africaine des décennies en arrière.

Lorsque l'OUA a mandaté la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) afin de promouvoir l'union monétaire et économique régionale, la France
et ses alliés ont agi rapidement pour y faire obstacle en menant la création de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC). Ils ont ainsi empêché en partie la CEDEAO d'imiter les performances économiques de ses organisations soeurs, la Communauté de développement de l'Afrique australe (CDAA) et le Marché commun de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe (COMESA). Mais pour les alliés africains de la France, la greffe d'un programme d'intégration économique sur une union monétaire artificielle préexistante est illusoire et impraticable. En effet, cette greffe a séparé la structure de ces sociétés depuis la soi-disant indépendance de 1960. Il n'est pas étonnant qu'à l'heure actuelle, la majorité de ces pays soient confrontés à des troubles civils, des rébellions et un risque d'implosion.

Pour que l'Afrique française puisse se développer, la zone franc doit être démantelée. La naissance de l'euro a offert à ces anciennes colonies une chance de se libérer de l'étreinte étouffante de la France. Ils ne l'ont pas saisie. Au lieu de cela, ils ont fixé leur devise sur l'euro et non plus sur le franc CFA, tout en gardant les mêmes règles, les mêmes institutions et le même mode de fonctionnement. Cette décision aura certainement des conséquences tragiques pour les citoyens de l'Afrique francophone.

Voici l'extrait du solde du compte courant extérieur pour quelques pays d'afrique de l'ouest visible par tous sur le site de la banque de france :

Solde du compte courant extérieur auprès de la banque
de france pour l'année 2004 en franc cfa

benin 733 milliards fcfa = 1,11 milliards d'euro
burkina faso 659 milliards fcf= 1 milliard d'euro
cote d'ivoire 4563 milliards = 7 milliards d'euo
guinée bissau 97 milliards = 147 million d'euro
mali 984 milliards = 1,5 milliard d'euo
niger 445 milliards = 678 millions d'euro
senegal 2336 milliards = 3,5 milliards d'euro
togo 823 milliards = 1,25 milliard d'eruo

A titre exemple pour comprendre le mécanisme, lorsqu'un pays comme la cote d'ivoire vend du cacao pour un million de dollards aux etats unis, les etats
unis donne 1 million de dollars au tresor français et celui-ci garde 65 % (la part de la banque de France) et donne 35 % à la bceao.

Anachronix Cedric Cadoret

Portrait de Weatherboy

à zorbek Portrait de zorbek De Weatherboy

Comédien dans un système oligarchiq... | 20H41 | 14/10/2008 | Permalien

D'un je crois qu'on est largement HS ici et que si je commence on a pas finit( ! ! ! ) ; de deux le message que tu recopie ici ne contribue pas vraiment à défendre ce que tu disais plus haut ; de trois, pour te le dire honnêtement j'ai déja lu des articles sur ce sujet (du franc CFA) et je me sens mal placé pour affirmer si la question vraiment fondamentale ou non.
(A ce sujet j'avais même lancé une question sur Eco89 de savoir quel serait les effets d'une monnaie unique mondiale, histoire de les chatouiller un peu -> jamais publié. Ca semble gaucho comme ca, pourtant c'était la proposition de Keynes rejetée à Bretton Woods…)
Ce que je crois c'est que se serait absolument génial que des problèmes spécfifiques comme le CFA et la PAC, règlent la question ! Puisqu'il y a quand même une foule de pays de par le monde qui sont dans la même merde sans avoir besoin de ca. C'est assez emblématique de l'assoc Survie ce truc qui essaye d'expliquer le monde à travers la France, en oubliant qu'elle est loin d'etre le centre du monde et de l'afrique en particulier : -\
Même si c'est certainement un problème, contrairement à ce qui est dit dans ta citation, il me semble plus logique de penser que le service de la Dette (qu'elle soit en CFA, en euro ou qu'importe) contribue de manière beaucoup plus efficace à la duperie sur l'aide(Lire ici), que ne le fait ce problème.
Tu dis « le FMI ne sont pas des enfants de choeur » mais cette phrase ne répond pas à la question de ce qui est fondamental ici, je t'avais cité Vandiva Shiva, Aminata Traoré, j'aurais pu rajouter Thomas Sankara et Stiglitz(Lire ici), on est un peu loin de la FNSEA, non ?

Portrait de zorbek

à Weatherboy Portrait de Weatherboy De zorbek

06H26 | 15/10/2008 | Permalien

Bien sur que la PAC ou le CFA n'expliquent pas tout. Mais d'où vient à votre avis le succès des Chinois en Afrique ? N'est-ce pas là le signe d'une alternative au FMI ou à la Francafrique qui se dessine à l'horizon ?

J'ai lu l'article de Stilgitz avec beaucoup d'intérêt et je n'ai rien à y redire, ses vues sont tout à fait pertinentes.

Par contre, question duperie, avec ceci je ne peux être d'accord : « On est un peu loin de la FNSEA… ». Est-ce que vous vous rendez compte que c'est environ la moitié du budget européen qui est sacrifié à l'agriculture ? Comment voulez-vous que des pays pauvres puissent faire face à un tel déséquilibre ?

Avez-vous seulement entendu les paroles de Jacques Diouf ?
http://www.rue89.com/madmundo-tv/jacques-diouf-la-faim-nest-pas-un-probl…

Portrait de Weatherboy

à zorbek Portrait de zorbek De Weatherboy

Comédien dans un système oligarchiq... | 00H52 | 16/10/2008 | Permalien

J'ai vu la vidéo de Jacques Diouf, mais je pense toujours la même chose à propos de ce genre de personne qui est loin d'être isolé :
- d'un part, il en sait certainement plus que moi dans le domaine économique dont c'est le domaine de prédilection,
- de l'autre, par le fait d'avoir justement du faire sien les règles économiques capitalistes, il en vient nécessairement à demander une application parfaite
Mais ce système est-il bon en lui même c'est un peu ca la question. Regardez (je vous vouvoie parce que je voie que vous continuez dans cette voie, bon) un peu cette vidéo sur la dette, finalement on se rend compte que même le système ici est verreux, et pourtant ces gens là essayent de réaliser la même chose ailleurs, c'est terrible…
Bon je pense qu'on aura le temps d'en reparler ailleurs, (parce que là le sujet à complètement sauté de la page d'acceuil, et j'ai navigué pour le retrouver ! )

Portrait de Courageux anonyme

De l´axe du bien

21H07 | 13/10/2008 | Permalien

« La réponse implicite du film, c'est que les gouvernements sont complices de leurs maîtres, les banquiers. »
A quel point la réalité serait donc éloignée de cette affirmation, quand bien même elle serait accompagnée d´idioties antisémites, selon vous ?
autant je trouve l´idée de complot pour expliquer la crise idiote, autant il est vachement difficile de nier les liens tres forts, souvent personnels, entre cercle politique et économique, banques incluses évidemment.
on ne peut pas nier non plus que beaucoup de banques ont obtenu leur cadeau de noel vachement tôt cette année, et pour plusieurs noels de surcroît…
mais bon, je suis sûr que les pauvres aussi vont bientôt trouver 300 milliards sous leurs ponts…
j´en connais d´autres, des sales odeurs, qui viennent des étages supérieurs… et a nous de nettoyer leur merde !

Portrait de Jovan

De Jovan

Nouille Orquee | 22H56 | 13/10/2008 | Permalien

J'ai entendu parle de cette video recement en plutot positif, et voila que je la decouvre enfin saupoudree de theorie du complot. L'odeur de ce documentaire ne me fait pas de doute et comme toute theorie du complot il y a une bonne dose de vrai, des temoignages implacables et une bonne dose d'amalgammes. Mais voila, comment contrer ce genre d'arguments si on n'est pas economiste ? Vous rue/eco89, que pouvez vous repondre a cette video ?
Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est flou ? Qu'est qui releve de la pure econo-fiction ? Personellement je ne sais pas. Mais ca m'interresse.

Portrait de Pascal Riché

à Jovan Portrait de Jovan De Pascal Riché (auteur) 7

Rue89 | 23H17 | 13/10/2008 | Permalien

Certains raisonnements de la vidéo sont critiqués. Lre par exemple ici :
http://vuedegauche.canalblog.com/archives/2008/10/10/10898502.html
Mais beaucoup de points sont justes (et bien connus).

Portrait de Jovan

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De Jovan

Nouille Orquee | 23H45 | 13/10/2008 | Permalien

Tres bon article !
Merci : )

Portrait de amilcar

De amilcar

peureux célèbre | 23H35 | 13/10/2008 | Permalien

j'ai longuement regardé les vidéos, et l'analyse me parait assez limpide, c'est très bien résumé, tout n'y est pas, forcément, mais qu'y aurait-il d'autre à dire que les banquiers nous ont maintenus en esclavage avec la complicité de nos hommes politiques ? c'est exactement ce que je pense, la conclusion optimiste qui réconciliera tout le monde c'est que nous pouvons tous désormais emprunter sans fin, il suffit de recharger sa carte bleue à une borne, il suffit de constater que la pénurie d'argent n'a aucun intérêt, et les banquiers ne sont pas juifs, bientôt on nous accusera de racisme anti-banquier, après la théorie du complot cette semaine vous aurez la théorie du complot raté quand le système bancaire va se ramasser en une chute définitive, le problème n'étant pas tant qu'il y ait un complot que le fait qu'il y ait un complot absurde de fuite en avant, cette infamie inaugure l'ère de la générosité universelle, la pénurie d'argent, c'est fini.

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

Hi-Han | 00H13 | 14/10/2008 | Permalien

Cette vidéo n'est qu'une tentative de désinformation.
Actuellement certaines monnaies ne valent pas tripette pour la simple raison qu'elles ne reflètent pas la richesse produite ou détenue par le pays d'où elle provient. Ce fut longtemps le cas du rouble car l'URSS ne vendait rien hors de ses frontières et les biens qu'ils détenaient sur leur territoire n'étaient pas accessibles.
La « planche à billet » ne fonctionne correctement que lorsqu'elle ne produit pas plus de monnaie que le PIB du pays concerné, si tel n'est pas le cas elle perd de sa valeur chez elle (inflation) mais surtout sur les places financières extérieures.
La BCE fait trés attention à ce problème et ne laisse pas un pays de l'UE produire plus d'argent papier que ne le permet son PIB.
Par contre les USA laissent un peu trop fonctionner leur « planche à billet », tant et si bien que leur dollard était il y a peu à 1,5 euro alors qu'au départ il était à parité.
Si la crise financière des USA a touché le monde entier c'est parce que les banques du monde entier croyant faire des bonnes affaires ont placé de l'argent chez eux.

Portrait de drecman

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De drecman

A 2 ans de la retraite (-1) | 00H49 | 14/10/2008 | Permalien

A mon avis, vous avez pas tout compris. Ceci dit sans moquerie. Il faut bien comprendre que cette vidéo cherche à démontrer l'absurdité d'un système où tout argent est à crédit. C'est le moteur de la société de consommation : Produire plus pour détruire plus pour consommer plus pour s'endetter plus pour produire plus pour détruire plus pour consommer plus…etc.
Casser ce moteur c'est changer le fonctionnement du monde actuel. Il reste à inventer.

Portrait de Thucydide

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 20H50 | 14/10/2008 | Permalien

Un raccourci de la création monétaire peut faire comprendre le problème :
Le principal prêté est fictif, le principal et les intérêts remboursés sont,eux, bien réels.

Portrait de bankster

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De bankster

webmaster | 17H29 | 15/10/2008 | Permalien

Faut aller prendre ses gouttes ou commencer par expliquer pourquoi alors EUROPE réunis = 2 x le montant injecté par la FED (pour rien, parce que ca n'a servi a RIEN, sauf ruiné le peuple)

Portrait de Anastaze

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De Anastaze

☺ | 18H34 | 15/10/2008 | Permalien

Si vous dites vrai, il faut prévenir le président Sarkozy de toute urgence, car il fait fausse route.
A lire :
Le plan français pour les banques financé par la dette publique

Regardez la vidéo et revenez pour nous expliquer comment fonctionne la « planche a billet » sans que l'argent soit indexé par une matière première de référence.

Votre remarque montre que vous faites une confusion entre l'argent et la monnaie, ce que vous ne ferez plus jamais après avoir vu la vidéo.

Portrait de mfgtour

De mfgtour

01H24 | 14/10/2008 | Permalien

Prodigieux ! Voilà le rédacteur en chef qui vient nous dire ce qu'il faut penser. Etions nous stupides ! Nous n'avions, pauvres de nous, rien compris. Loin d'être une tentative de décryptage cette video est en fait, selon notre Guide à qui rien n'échappe, ni plus ni moins qu'un tract antisémite. Nous voici rouges de confusion. Merci Pascal. (putain 20 ans à Liberachion ça les esquinte…)

Notons également la suffisance du « rédacteur en chef » quand il nous sort, la bouche en coeur : « beaucoup de gens ignorant par exemple que ce sont les crédits qui font les dépôts, et non l'inverse » Pascalou, lui,sait. On est prié de pas le confondre avec le troupeau… (c'est du moins ce que l'on comprend « si on lit bien entre les lignes », évidemment, et si vous eussiez été correspondant 6 ans à Washington vous sauriez)

Notre savant se fait ensuite exégète d'images : ce que vous voyez n'est pas ce que vous voyez, ce que vous voyez moi Docteur Riché, je vais vous l'enseigner, en vérité vous voyez bel et bien, et « en arrière-fond » s'il vous paît, « une pyramide tronquée »… Et Pascal pousse la coquetterie jusqu'à (modestement) nous instruire encore : c'est « une référence à la maçonnerie » (et « peu discrète », hein, tient à préciser notre cuistre)…

Et comme le bougre n'a rien, ou pas grand-chose à se mettre sous la dent pour étayer sa dénonciation panurgienne il extrait 2 mots (certaine culture), y met des guillemets, et, contant de sa trouvaille, s'en va les répétant, en bon perroquet, comme ses pareils (Pascal a fait « journalisme », et tient à nous le faire savoir, ignorant que ça saute aux yeux)

Même démarche pour ce qui concerne l'emploi des mots : ainsi choisit-on, en accroche, « sale petite odeur », puis c'est « des relents très désagréables »… C'est bon, on a compris : il s'agit que chacun se pénètre du sens profond que Pascal, tout seul comme un grand, a détecté… Certes c'est un peu lourd mais ça n'est pas un problème pour Pascal : depuis le temps qu'on lui apprend à faire le chien savant il fait ses cabrioles tout seul maintenant. Pascal est indépendant. Il sait parfaitement, et plutôt deux fois qu'une, devancer le désir de son maître.

Zélé donc, ce qui est le propre de tout bon domestique, il en vient à bénir « l'usure » qu'en un raccourci saisissant, et éloquent, il définit comme un simple « prêt à intérêt, une formidable invention qui a permis de développer le commerce »…A quand un hymne aussi pour l'esclavage ?

Ca se termine par l'inévitable pont-aux-ânes typique de la journaille libellée « Vive la crise » : la banque centrale qui est « indépendante » et, de même il n'existe qu'une sorte d'économistes : ceux qui pensent comme Pascal et son « journal ». Ce sont « les économistes. Et ils ont “la réponse” (ça nous donne : “la réponse des économistes est…”).

Merci pour cette leçon, professeur.

Portrait de CA Not Dead

à mfgtour Portrait de mfgtour De CA Not Dead

Glandouilleur Pro | 08H28 | 14/10/2008 | Permalien

Bah c'est assez dans les habitudes du personnage… Mais j'aime bien lire ses « vérités », arrosées de « on sait que… », ça me mets de bonne humeur le matin ! A prendre avec autant de pincettes que les films conspirationnistes…

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