Nicolas Sarkozy kärcherise encore La Princesse de Clèves

Aux amateurs de vidéos de Sarkozy-ayant-l'air-pompette, je recommande celle-ci, que le site, jusque-là pourtant peu facétieux, Elysee.fr a mis en ligne jeudi. On y voit le président de la République vanter, dans un centre de vacances en Loire-Atlantique, le travail des bénévoles, à qui il veut offrir un bouquet de points de retraite et de médailles (« vous savez, les symboles, ça compte »).

Un passage a arrêté mon œil, ou plutôt mon oreille. Avoir fait du bénévolat, explique-t-il, devrait être une expérience reconnue par les concours administratifs, car après tout, « ça vaut autant que de savoir par cœur “La Princesse de Clèves” ». Après un silence, il ajoute : « Enfin… j'ai rien contre, mais enfin, mais enfin… parce que j'avais beaucoup souffert sur elle. » (Voir la vidéo.)

Ce n'est pas la première fois que Nicolas Sarkozy s'en prend ainsi à « La Princesse de Clèves ». En février 2006, à Lyon, le futur candidat déclarait ainsi à des fonctionnaires :

« L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur “La Princesse de Clèves”. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de “La Princesse de Clèves”… Imaginez un peu le spectacle ! »

Même si tout cela est dit sur le ton de la plaisanterie, il y a de quoi s'interroger. Nicolas Sarkozy trouve complètement inutile l'enseignement de ce chef-d'œuvre de subtilité, premier roman moderne, roman qui a ouvert la voie à tous les autres.

Tenus par un ministre, de tels propos avaient déjà de quoi choquer. Portés par le président de la République française, ils sont plus affligeants encore.

Certes, il n'est nul besoin d'avoir lu « La Princesse de Clèves » pour faire un bon agent public. Mais pourquoi tourner en dérision les enseignants qui essaient de faire passer aux jeunes générations un texte capital de la littérature française, qui a fait vibrer et réfléchir tant d'hommes et de femmes, de Voltaire à Camus, en passant par des millions d'anonymes ? Ou alors, le Président a cité « La Princesse de Clèves » comme il aurait pu prendre un autre exemple « Les Pensées », « Illusions perdues », « le Nœud de vipères »… Mais ce serait pire encore.

Non, monsieur le Président, vous n'avez pas souffert « sur elle ».

Jeudi, il ajoutait même, pour faire rire son auditoire :

« J'ai beaucoup souffert sur elle. »

« Sur elle », quelle bonne blague ! Eh bien non, Monsieur le Président, pas « sur elle », car justement, « La Princesse de Clèves » est une femme imprenable. Vous pouvez être « sur » les médias, « sur » le Parlement, « sur » les grandes entreprises, mais sur elle, vous ne pouvez pas.

En revanche, vous pouvez relire le roman. Après tout, vous allez peut-être le redécouvrir. Passions, jalousies, tourments : il y a des similitudes entre la cour du roi Henri II et la vôtre. Cela ne vous demandera pas un gros effort : deux petites heures de vos vacances à Brégançon. Le livre est même en ligne dans sa version intégrale sur Inlibroveritas.net.

Et si d'aventure vous changez d'avis, si « La Princesse de Clèves » parvient à vous habiter un tant soit peu, ce serait une bonne nouvelle pour la fonction présidentielle. Afin de vous aider à vous y replonger, voici les premières lignes du roman, magnifiques de simplicité :

« La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n'en était pas moins violente, et il n'en donnait pas des témoignages moins éclatants.

Comme il réussissait admirablement dans tous les exercices du corps, il en faisait une de ses plus grandes occupations. C'étaient tous les jours des parties de chasse et de paume, des ballets, des courses de bagues, ou de semblables divertissements ; les couleurs et les chiffres de Mme de Valentinois paraissaient partout, et elle paraissait elle-même avec tous les ajustements que pouvait avoir Mlle de la Marck, sa petite-fille, qui était alors à marier… »

Mise à jour, 2 décembre 2008. Un lecteur, Jean-Michel, m'écrit cela :

« J'ai peut-être trouvé le fin fond de l'histoire dans un papier du Figaro d'hier. En fait, la raison pour laquelle Sarko a descendu ce bouquin en flèche est peut-être beaucoup plus simple que ce qu'on croyait jusqu'à présent. Ce n'est sans doute pas parce qu'il “avait beaucoup souffert sur elle” comme il l'a dit et redit. On apprend dans Le Figaro d'hier (article “La culture générale chassée des concours de la fonction publique”, page 13) que, selon André Santini, la secrétaire de Sarko, fonctionnaire de catégorie C, a échoué à un concours interne parce qu'elle ne savait pas qui avait écrit “La Princesse de Clèves”, “un sujet qui divise jusqu'aux spécialistes”, selon Santini. Voilà, tout s'explique. L'énigme est peut-être enfin résolue. La réalité est donc beaucoup plus terre à terre. J'aurais adoré connaître le bobard que nous aurait pondu Sarko si sa secrétaire s'était plantée au concours sur le nom de l'auteur de Belle du Seigneur ou du Voyage au bout de la nuit (les livres préférés de Sarko si j'en crois la presse). Ou plus drôle : l'auteur des Mémoires de guerre… »

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289 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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De JP_JP

12H08 | 25/07/2008 | Permalien

Ceci dit, vos Voltaire, Camus et Cie, qu'ont ils apporté au CAC40 ?

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 12H09 | 25/07/2008 | Permalien

Holà, M. Riché, comme vous y allez ! Pour Sarkozy, dire du mal de la Princesse de Clèves, c'est vraiment un péché véniel au regard des autres actes pendables de son « administration ».

La Princesse de Clèves a ouvert la voie au roman moderne, dites-vous ? C'est peut-être vrai pour les critiques littéraires franco-français, et pour certains auteurs connus qui se sont interrogés sur la proposition de renoncement que nous présente Mme de Lafayette, car elle nous pose le problème de l'investissement personnel dans un monde où règnent « le luxe, le lucre et le stupre », pour reprendre une formule célèbre.

J'ai suivi il y a très longtemps un cours de littérature comparée tout ce qu'il y a de sérieux sur la préhistoire et l'histoire du roman (pas seulement français) mais dont le programme ne comprenait pas La Princesse. Je vous cite les ouvrages traités :

- Apulée, « L'âne d'or »
- « La Celestina », un ouvrage du moyen âge espagnol dont l'auteur demeure inconnu (sauf découvertes récentes des érudits ; je n'ai pas suivi les recherches dans ce domaine)
- Chrétien de Troyes, « Cligès »
- Tristan et Iseut, version de Thomas (il y a une autre version contemporaine (dite de Béroul, si je me souvbiens bien) rédigée dans une langue plus proche de l'occitan et plus « brute »)
- Cervantès, « Don Quichotte », ouvrage séminal s'il en est car il ouvre la tradition picaresque développée jusqu'au milieu du 19ème siècle
- Daniel de Foe, « Moll Flanders », une histoire de jeune fille habile passant de la prostitution à la respectabilité
- Lesage, « Gil Blas de Santillane », une tentative française de s'inscrire dans la tradition picaresque, sans plus
- Richardson, « Clarissa Harlowe » ou « Pamela », romans à l'eau de rose que Fielding transpercera avec gaîté
- En option, Diderot, « La religieuse » ou même « Les bijoux indiscrets ». Nous sommes loin de l'austérité chaste de la Princesse !
- Goethe, « Werther ». Sans commentaire. C'est un ouvrage immense qu'il faut avoir lu.
- Fielding, « Tom Jones », lequel a eu influence importante sur Stendhal, notamment.
Ce texte comique et très ironique démystifie les tabous (sexe, sacerdoce prétendu d'ecclésiastiques concupiscents, parade de petits nobles décadents) et inaugure le processus d'intervention directe du narrateur dans son œuvre par l'entremise de clins d'œil répétés à l'adresse du lecteur.
- On passe ensuite aux romans du 19ème siècle, période d'éclosion des plus grands talents, du moins en Occident et en Russie.

De Princesse de Clèves, point.

Ce n'est pas que ce roman soit ignoré, mais il trône, unique car totalement dépourvu d'ironie, dans un contexte où la filiation picaresque se régénère rapidement en bousculant allègrement les prétentions de la bourgeoisie naissante et d'une aristocratie finissante.

La Princesse ne suscite donc pas l'admiration universelle. Ce roman est perçu comme un signe de la négation de l'Histoire qui poursuit inexorablement sa route. C'est un texte « hors du temps », en quelque sorte, qui évoque la quête d'un absolu personnel dans un monde où les nobles perdent leurs repères. On comprend qu'il ait attiré l'attention de la critique et des auteurs français par la suite, mais seulement à l'ère moderne et pour des raisons « sui generis ».

On conçoit que Sarkozy le frivole ne prise guère l'austérité de Mme de Lafayette. Le milieu finalement fermé, quasi monacal, de la Princesse est même à l'opposé du monde que le « zident entend créer par sa politique de “ rupture ”.

La Princesse de Clèves, c'est tout le contraire du bling bling. A mon sens, c'est à cette aune qu'il faut apprécier les commentaires intempestifs de Sarkozy, qui n'est pas, en l'occurrence, coupable d'un grand crime. Il y a suffisamment d'autres choses qu'on peut lui reprocher, AVEC VEHEMENCE.

Portrait de Pascal Riché

à Jaycib Portrait de Jaycib De Pascal Riché (auteur) 7

Rue89 | 16H25 | 25/07/2008 | Permalien

Péché véniel, certes, mais combien significatif !
Quant à la Princesse de Clèves, on peut y voir le premier roman « psychologique » -donc moderne. Ceux qui l'ont précédé racontent certes des histoires, mais sans entrer dans l'analyse des sentiments.

Portrait de Jaycib

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 13H30 | 26/07/2008 | Permalien

Je ne comprends pas comment on peut parler d'un roman « moderne » parce qu'on y procède à une « analyse des sentiments ». La seule modernité de la Princesse de Clèves consiste à transposer à très petite échelle ce qui est exprimé de manière autrement plus éclatante dans les tragédies de Racine, par exemple, ou plus encore de Shakespeare. Je vous concède que Shakespeare était méconnu même des des plus fins lettrés français de l'époque (il faudra attendre Hugo et sa Préface de « Cromwell »). Il n'empêche que personne ne pouvait sortir indemne ou aveugle d'une confrontation aux sentiments de Phèdre ou d'Iphigénie ! Le mérite de Mme de Lafayette et de ses amis et possibles co-auteurs (La Rochefoucaud, etc.) n'est donc pas si grand qu'on le croit.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard que la « Princesse » soit structurée comme une tragédie. C'est le seul modèle qu'on connaissait en France à l'époque, et son influence persistera jusque bien plus tard au 18ème siècle, y compris dans les pièces de Voltaire, aujourd'hui bien oubliées, à une ou deux exceptions près.

Portrait de A_no_Nîmes

De A_no_Nîmes

satellite | 12H22 | 25/07/2008 | Permalien

Je pense qu'il est nécessaire d'étudier des textes provenant de différentes périodes de l'histoire car ils permettent d'apprécier la pensée de cette époque, les styles littéraire de celle-ci.
Je trouve néanmoins que la place réservée aux auteurs « moderne » et étranger est limitée, alors que cela permettrait pour les second d'avoir une autre vision sur le monde et sur nous.
Sinon pour M.Sarkozy, chacun ses bêtes noires, moi c'est Chateaubriand mais je ne regrette pas de l'avoir étudié, ni reproche à mes enseignants d'avoir choisis ces ouvrage. Donc Monsieur ne lisait pas la princesse de Clèves si vous voulez mais n'empêchez les enseignants d'interroger sur cette œuvre.

Portrait de Alcide Nikopol

De Alcide Nikopol

Passé a l'Est | 12H45 | 25/07/2008 | Permalien

La Princesse de Cleves n'est ici qu'un exemple, ce n'est pas le fond du probleme.

Ce qui choque c'est ce mépris qui transparait dans ses propos (a l'égard d'une oeuvre, de son administration, de ses fonctionnaires). L'Etat, c'est lui.

Il est juste désolant de voir le Chef Supreme faire aussi peu de cas d'un livre important de la littérature francaise, et des travailleurs de la République (c'est plus un amateur, ni un pauvre con, c'est un sadique ou un imbecile).
Y'a pas outrage la ?

Pour quelqu'un qui dit aimer la France, et que « les symboles ca compte » avec tout ce que ca signifie quand on a sa fonction, je le trouve un peu border line not » président.

Ca ne fait que confirmer une fois de plus que M. Sarkozy excelle dans l'art du rabaissement d'autrui, et qu'il semble meme y prendre un certain plaisir.

Portrait de Courageux anonyme

De John Lénine

12H49 | 25/07/2008 | Permalien

je serais curieux de savoir combien de commenteurs () ont lit () « la princesse de claive “() . Aux moins maintenant je sais qui c'est (la prinçaisse).

Il veut embaucher des bénévoles pour le gouvernement , je crois qu'ils confond bénévole et esclave .

Portrait de Alain Provist

De Alain Provist

14H05 | 25/07/2008 | Permalien

Je lève le doigt !
La Princesse de Clèves est un des premiers « romans modernes » dans la mesure où le genre du roman en prose était peu estimé au XVIIe siècle (on lui préférait la tragédie. C'est aussi un des premiers romans psychologiques (le Moyen-Age préférait le littérature épique) qui préfigure ainsi les romans du XIXe siècle. Enfin, c'est un roman écrit par une femme ce qui le rend encore plus rare.
Nul n'est obligé d'aimer ce roman mais avant de le rejeter, ne vaut-il pas mieux essayer de comprendre en quoi il constitue un maillon essentiel de la chaîne littéraire qui va de Chrétien de Troyes à Le Clézio ?

Je comprends que tous les consommateurs de cinéma américain, de télévision, de jeux vidéos et de polars survitaminés s'ennuient à lire ce roman « où rien ne se passe ». L'époque formate les esprits à la rentabilité et à la suractivité même dans le domaine artistique. Mais la littérature peut s'intéresser aussi à l'introspection, à la méditation, aux nuances de l'âme et de la description, aux subtilités et aux impasses des relations humaines, à l'analyse d'un milieu et d'une société…

Allez moins vite, pour comprendre plus. Je comprends que certains ne s'y fassent pas.

Portrait de GanLanShu

De GanLanShu

shodavid.blog.lemonde.fr | 12H49 | 25/07/2008 | Permalien

La suffisance et la vulgarité n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat navrant que dans les premières années du règne de Sarko 1er. Ce faux prince était présent, trop présent, désespérément court et amoureux de lui-même, mais sa passion pour CBS, idole des beaux quartiers, inaugurée vingt mois plus tôt, l'enflammait au point d'en livrer des témoignages édifiants à tout bout de champ.
Comme il réussissait admirablement dans tous les exercices du tort, il en faisait une de ses plus grandes obsessions. C'étaient tous les jours des parties de classe sacrifiées et de paume déniée, de balayages musclés, des courses de dague, ou de semblables divertissements ; les couleurs et les chiffres de CBS paraissaient partout, et elle paraissait elle-même avec tous les ajustements que pouvait avoir Mme de C., qui l'avait courageusement précédée avant de s'enfuir épouvantée…

Portrait de ras-la-patience

à GanLanShu Portrait de GanLanShu De ras-la-patience

15H09 | 25/07/2008 | Permalien

LA SUITE ! LA SUITE !

Portrait de GanLanShu

à ras-la-patience Portrait de ras-la-patience De GanLanShu

shodavid.blog.lemonde.fr | 15H46 | 25/07/2008 | Permalien

Adéquation fond/forme… Le monsieur en question faisant court, il convient sur ce point de s'adapter… Plus amusant d'envisager un autre incipit… Merci quand même ! : )

Portrait de Mobile

De Mobile

13H01 | 25/07/2008 | Permalien

Lu (je rêve…). Et Marianne (Cécilia ? ) dit : « J'ai beaucoup souffert sous lui. »
in « Le Prince du glaive » par Môssieur Savéki Sétou, Éd. du Tonnerre, page 1789
==] ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; >

Portrait de boboétie

De boboétie

13H05 | 25/07/2008 | Permalien

Occasion inutile, il me semble, d'encore parler de Lui.
On sait suffisamment, maintenant, à qui on a à faire.
Dommage que beaucoup ne l'aient pas pressenti…
À propos de cette pauvre Princesse… : un chef-d'oeuvre qui n'aurait pas le droit de connaître son purgatoire (comme tant d'autres l'ont connu ou le connaissent encore ? ) Qu'est-ce que c'est que ce « terrorisme culturel » ? À lire bcp de commentaires, on s'aperçoit que les jeunes lecteurs ont surtout flippé sur la Vlady !
Au fait, lors d'une brocante ou autres puces, établissez votre palmarès des livres dont « tout le monde » veut se défaire… c'est vrai que la Princesse n'est pas dans les derniers du classement…
Ah ! du Mozaâârt ! et à ce moment je fais écouter à un de mes invités l'une des centaines (des milliers, devrais-je dire) de symphonies qui ont été composées par ses contemporains…

Portrait de majorrouen

De majorrouen

travailleur | 13H09 | 25/07/2008 | Permalien

Moi je vais relire Fahrenheit 451…

Portrait de gudule62

De gudule62

13H15 | 25/07/2008 | Permalien

comme dirait Mr Morel avec les Dechiens : « Yourcenar, yourcenar… c'est ta yourcenar qui va tailler la haie ? hein ? Dire qu'il va nous faire chier jusqu'au BAC ! »

Portrait de Hautdoubs

De Hautdoubs

13H25 | 25/07/2008 | Permalien

Cela fait partie des cafouillages du président, mais le fond de son intervention est séduisant puisqu'il s'agit de rendre hommage aux gens qui travaillent dur au service des autres.
Je ne suis pas sarkozyste, mais il est président de la république, alors nous devons après tout tirer un meilleur profit de ce qu'il propose, mais ne pas lire entre les mots ce qui n'a pas tellement d'importance dans le thème.
La spontanéité de Sarko lui a souvent joué de sale tour devant le médias, car on le prend toujours au mot.
Mais sans vouloir, minimiser l'importance des classiques de la littérature, essayons d'éplucher le contenu du projet du président sur le bénévolat, le droit à la mobilité et surtout la reconnaissance de l'action de ceux qui travaillent dans l'ombre, y compris l'engagement des jeunes dans ce domaine.
Abdel

Portrait de Valdo Lydeker

De Valdo Lydeker

journaliste, auteur | 13H30 | 25/07/2008 | Permalien

Ganlanshu : excellent !
Quant à Octave, c'est au point où je me demande si ce n'est pas un fake (d'où ma question précédente sur le deuxième degré parce que vraiment, il y en a certains qui font tellement fort dans la caricature involontaire ! )

Portrait de Louve Bleue

De Louve Bleue

en survie | 13H34 | 25/07/2008 | Permalien

Des points pour ceux qui feraient du bénévolat ? Mais alors ce ne serait plus du bénévolat !
Et quel bénévolat ? Pour la bibliothèque municipale ou pour greenpeace ? Vous voyez ce que je veux dire ?

Portrait de Alain Provist

De Alain Provist

13H44 | 25/07/2008 | Permalien

Pourquoi brîle-t-il les livres ? parce qu'il ne sait pas lire ! Relisons ce texte célèbre de Victor Hugo qui résume bien le débat

Victor Hugo : « L'Année terrible »

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?
Oui.
J'ai mis le feu là.

Mais c'est un crime inouï,
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage !
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi ! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d'¢uvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poëtes ! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des Jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? le livre est là sur la hauteur ;
Il luit ; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine ;
Il parle ; plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille ;
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ebloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître ;
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître ;
A mesure qu'il plonge en ton c¢ur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur ; tu sens fondre
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi, comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un n¢ud gordien.
Il est on médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !

- Je ne sais pas lire.

Portrait de compte supprimé 22

à Alain Provist Portrait de Alain Provist De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 14H04 | 25/07/2008 | Permalien

« Tu deviens en lisant grave, pensif et doux »

Pas mieux, Totor ! Ne plus être léger comme quelqu'un qui ne sait que zapper, se mettre à penser, perdre la violence des émotions précuites.

N'aurait jamais bossé à la télé, lui ! (Arte, peut-être…)

Portrait de Alain Provist

à compte supprimé 22 Portrait de compte supprimé 22 De Alain Provist

14H10 | 25/07/2008 | Permalien

Heureux de vous retrouver sur ce terrain cher PMB ! Cela faisait longtemps.

Portrait de ras-la-patience

à Alain Provist Portrait de Alain Provist De ras-la-patience

15H15 | 25/07/2008 | Permalien

sacré Hugo, je viens encore d'avoir le souffle coupé par cette tirade, personne ne peut mieux écrire !
peut-être que guignol65- « révolutionnaire » pourrait se l'imprimer et la mettre à son mur ?

Portrait de Marie Antide

De Marie Antide

Cadre en entreprise | 13H51 | 25/07/2008 | Permalien

Il ne s'agit pas tant de dénoncer les pitreries de Mr Sarko que son attitude de Président de l'entreprise France qui met en permanence l'accent sur le travail (ce que j'appouve) mais en dénigrant tout ce qui n'est pas rentable au sens économique … comme la lecture de la Princesse de Clèves.

Mon problème avec cette attitude qui se répand par mimétisme partout : elle endort la curiosité et le goût de la découverte qui contribuent si fortement à la construction d'une personne libre.

Sarko n'innove rien, il ne fait qu'ériger en modèle son mode de fonctionnement testé-gagnant puisqu'il lui a permis d'atteindre son objectif. Ce profond manque de respect pour l'Autre et sa différence, est, à ce niveau de l'Etat, assez inquiétant.

Oui vraiment, Mr Riché a eu raison de nous présenter cet article !

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 14H03 | 25/07/2008 | Permalien

Au delà de cette nouvelle saillie sur la « princesse de Clèves », Sarkozy est méprisant vis à vis de la culture, en général… ! Il est méprisable… ! !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de adaunis

De adaunis

Nul part....si adelyne me plaque...... | 14H03 | 25/07/2008 | Permalien

Je ne sais, comme toujours j'arrive en retard, sur ce sujet déjà bien « labouré » par des experts « patentés », « charrueurs bretons », des « prisonniers globaux », des porteurs de noms « d'empereur Romains » qui pensent manipuler les « riverains » en utilisant l'artifice de la langue (comme si l'octave était la base musicale de la basse au castra) !

Bref, pour en revenir à ce « maitre » es manipulation, que d'aucun ont déclaré inculte, effectivement ce retour en arrière que nous propose Pascal Riché m'interpelle.
A croire, qu'il a appris par cœur certaines répliques et s'en sert à foison.
Il a à son crédit, des intellectuels qui l'on aidé et formé.

Un Comédien rare, serviteur de grands textes de notre littérature : C.Clavier.
Des « Zartisses » qui sont les « maitres penseurs de l'art contemporains et de l'expression “zartistique”.
M.Mathieu, D.Barbelivien, E.Macias, Faudel, Une “grande voix” contemporaine de la chanson à texte : une Carla B, des “contempteurs” pour qui la “philosophie” est une cuisine de gare, (à la vitesse où ils vendent leur pensées), Finkelmachin, et BHl (bazar de l'hôtel de l'ile).
Enfin que du beau monde, et c'est pourquoi, j'estime que l'on devrait être compatissant envers ce “grand homme d'état” !
Oui, “passe que” je crois savoir que tout cela est parti d'un immense, je dis bien énorme malentendu.

Il ne voulait pas parler pour la énième fois de la “princesse de Clèves” et même s'il le voulait comme le précise P.Riché, en réalité sa langue a fourchée, car il voulait surtout exprimer son désarroi et son courroux, contre la “bassesse des Grèves”, ou la “tristesse de la plèbe”, ou la “justesse des rêves”, enfin vous comprenez, rien qui ne pouvait vous offusquer Monsieur Riché.
CQFD

Portrait de spartacus1

à adaunis Portrait de adaunis De spartacus1

17H02 | 25/07/2008 | Permalien

@adaunis, ne critiquez pas Carla B., elle a quand même réussi l'exploit d'être la première chanteuse aphone.

Portrait de Millecalottes SARKASTIK

à spartacus1 Portrait de spartacus1 De Millecalottes SARKASTIK

Variable | 18H02 | 25/07/2008 | Permalien

Et auto-dictat !

Pardon…

Portrait de adaunis

à Millecalottes SARKASTIK Portrait de Millecalottes SARKASTIK De adaunis

Nul part....si adelyne me plaque...... | 20H13 | 25/07/2008 | Permalien

Pardon à vous deux, je m'étais laissé aller.

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 14H15 | 25/07/2008 | Permalien

Ca doit bien être la première fois que je suis d'accord avec lui… Mais honnêtement, arrêtez ces cours de français où l'on nous force à lire des bouquins minables, mais minaaaaaaables.

Je veux dire, ok pour les bouquins, mais des biens ! Au collège, j'avais une prof qui nous avait lire les Chroniques Martiennes et Chronique d'une Mort Annoncée. Rien à redire, ce sont des vrais livres.
Mais j'ai du passer mon oral de français en parlant de Thérèse Desqueyroux de F. Mauriac. J'aurais peut être pas du être franc et dire qu'il s'agit du plus mauvais polar que j'avais lu et que l'auteur avait pas le dixième du talent de A. Christie… j'ai pris 2 : D

Le pire, c'est que durant mes 6 ans de cours de français, j'ai du me taper au moins 10 pièces de Molière… Ça c'est pire que tout. Une ou deux ok, mais dix fois ces pièces pourries, c'est une torture. Tout ce que ça permet, c'est de comprendre que ces navets qu'on appelle les comédies françaises ne datent pas d'aujourd'hui.
Et à 17 ans, j'ai découvert Shakespeare. Et là j'ai décidé de renier mes cours de français.

En tout cas, j'ai eu de la chance. A la différence de bien d'autres, cela ne m'a pas dégouté de la lecture. Mais ce n'est pas ça qui m'a fait aimé les livres, c'est juste la grande bibliothèque de mes parents, avec ses ouvrages de la « Bibliothèque Verte » qui m'ont rendu accro dès mes 7 ans.

Moralité, les cours de français devrait se limiter à apprendre le français, et quand je vois le niveau actuel, c'est vraiment pas du luxe.
Gardez donc vos livres, lisez-les, aimez-les, mais foutez-nous la paix, laissez nous lire ce qu'on aime et ne nous imposez pas votre dictature littéraire !

Portrait de Alain Provist

à Keldan Portrait de Keldan De Alain Provist

14H31 | 25/07/2008 | Permalien

Le but du cours de français au collège et au lycée devrait être de faire aimer la lecture, le livre, la littérature. Cela suppose que le professeur essaie de transmettre sa passion de la lecture et de l'écriture… une passion qui parle à l'émotion autant qu'à la raison. Cette passion peut faire passer les textes les plus arides si l'on fait découvrir l'homme derrière le monument.

Pourtant, les cours de français obéissent aussi à une logique programmatique : il faut préparer les élèves à des examens et à des évaluations formelles. Celui qui au nom de sa passion abandonne cette règle du jeu faire courir le risque de mettre ses élèves en position de faiblesse face à ces échéances.

Il faut donc essayer de joindre l'utile et l'agréable.

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