
Toi aussi, rédige un discours pour Sarkozy
Bâtir un discours sarkozien, ce n'est pas si compliqué. Il suffit de piquer des mots à gauche et des idées à droite, de glisser quelques références historiques (mais simples : le pont d'Arcole, Jules Ferry, etc.) et d'accompagner chaque argument de quelques moulinets rhétoriques. Voici quelques conseils pratiques pour s'entraîner.
1. » Les mêmes qui disent ceci disent cela »
Figure réthorique habile. A utiliser sans se priver, même si les premiers » mêmes » n'ont rien à voir avec les autres » mêmes » . Exemples :
» Les mêmes qui exigent des résultats tout de suite, qui veulent un bilan tout de suite sont les mêmes qui nous décrivent comme trop pressés trop impatients, faut savoir. »
» Les mêmes qui disaient que je m'alignerais sur Bush me reprochent aujourd'hui de recevoir ceux qui n'aiment pas Bush. J'étais trop pro-israélien hier, je suis trop proarabe aujourd'hui. »
2. » Les autres ont échoué »
Insister le plus souvent possible sur ce point. Répétez l'idée jusqu'à ce qu'elle devienne évidente. Car elle induit l'idée symétrique de réussite (si les autres ont échoué, c'est donc que moi, je réussis).
Si vous avez été ministre du Budget, ministre des Finances, ministre de l'Intérieur sous les » autres » , ce n'est pas très pas grave, tout le monde a oublié.
Exemples :
» Si les autres ont échoué, c'est pas parce qu'ils étaient moins intelligents, c'est parce qu'ils avaient pas de stratégie. »
» Ils disent tous cela, et à l'arrivée qu'est-ce qu'on voit, rien ! »
» Après des décennies de pensée unique. »
» Ca fait des années qu'on parle de participation, et bien il faut la faire. »
» Et ça donne quoi ? Beaux résultats, Messieurs les généreux ! »
3. » C'est extraordinaire ! »
A jeter, çà et là, quand on cherche une phrase qu'on ne trouve pas.
Variantes :
» Ben enfin quand même ! »
» C'est pas possible ! »
4. » Croyez vous que… ? » » Comment voulez vous que… ? »
Prendre votre auditeur ou votre interlocuteur à témoin, directement. Lui prêter une pensée (même si elle ne lui a pas forcément traversé l'esprit). Idéal pour souligner l'idée qu'il n'y a qu'une seule pensée exacte, la vôtre.
» Si on ne s'attaque pas aux problèmes à l'école primaire, comment voulez vous que le collège puisse s'en sortir ? »
» Croyez-vous que je suis le fils légitime de Jacques Chirac et qu'il m'a assis sur le trône ? »
» Une fois qu'il n'y aura plus de pétrole, est-ce que vous croyez qu'on aura des gouvernements démocratiques ? »
5. » On peut pas faire comme si ça comptait pas, quand même »
Une petite astuce de bon aloi, qui permet de donner une petite patine populaire au discours : supprimer toutes les négations.
De même, préférer » y'a » à » il y a » :
» Y'a tant d'espoir, tant de dévouement. »
6. » Sans précédent » , » sans tabous » , » du jamais vu » , » jamais été fait »
Toutes les expressions courtes qui suggèrent l'idée de rupture sont à privilégier. En parsemer généreusement l'ensemble du discours.
7. » J'aimerais qu'on me prenne au sérieux quand je dis cela »
Prononcer cette phrase en regardant la caméra, d'un air vaguement menaçant, mais avec le sourire. Cela crée une tension dramatique, et renforce votre image de » dur » .
Dans le même esprit, ne pas lésiner sur les » je veux » :
» Je veux que la distribution d'actions bénéficie à tous les salariés. »
8. » Alors, on me dit »
A utiliser même si personne ne vous dit cela. » On » , ce sont » les autres » (voir conseil numéro 3).
Exemple :
» Alors on me dit, c'est compliqué, faut attendre. »
9. » Les mots ont un sens »
Idéal pour appuyer un propos. Pas besoin d'ailleurs de connaître le sens correct du mot en question :
» Monarchie, ça veut dire héréditaire… Excusez-moi, Monsieur Joffrin, les mots ont un sens. »
10. » J'attends les critiques avec intérêt »
Une phrase qui marche toujours très bien (même s'il n'existe aucune critique sur le sujet traité). Cela renforce le propos (je suis tellement sûr de moi que j'ai hâte d'entendre les critiques) et suggère l'idée de courage, de volonté d'en découdre.
Variante :
» C'est toi qu'a dit ça ? Descends un peu l'dire ! »
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à Ponponbesogne
De les_canards
13H48 | 09/01/2008 |
En même temps, s'il ne fait même pas exprès, ça me fait encore plus peur. Penser qu'un homme incapable de parler français correctement est Président de la République Française… (et penser qu'il ne doit pas être franchement malin, car pour ne pas maîtriser le français en ayant grandi à Neuilly et en ayant eu tout plein de gentils cours particuliers, il faut être une bonne buse ! pas étonnant qu'il ait failli rater son bac).
à les_canards
De Ponponbesogne
Plus on est de fous, moins il y a d... | 20H34 | 09/01/2008 |
Visiblement, vous êtes plus « malin » que lui.
Toutes les personnes ayant votées pour lui sont des « buses » si l'on décrypte votre propos, ce que vous aimez tant faire.
Pas étonnant que la gauche ne passe pas avec des personnes comme vous. Remarquez, tant mieux. Ne changez surtout pas.
De Alien7
11H38 | 09/01/2008 |
La meilleure de la mauvaise foi :
« Quoi, vous préféreriez que je parte en vacances avec l'argent public comme mes prédécesseurs ? »
Et pas un pour lui répondre :
Mais avec le tiens Nico. Comme tout le monde.
à Alien7
De mrleon
Chanteur Country | 12H13 | 09/01/2008 |
Et si possible sans l'escorte à rallonge qui elle, est payée par le contribuable.
à Alien7
De Alien7
15H54 | 09/01/2008 |
Mais qui a ajouté une faute d'orthographe à mon commentaire ?
Le tien avec un « s » ; c'est nouveau.
De mrleon
Chanteur Country | 12H14 | 09/01/2008 |
On a vraiment à faire au champion du monde de la démagogie et de la rhétorique.
Le problème, c'est le sentiment d'impuissance que cela provoque. Que faire ?
à mrleon
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 12H52 | 09/01/2008 |
Suffirait peut être que les journalistes se concertent avant, que l'un d'eux pose la bonne question, mais comme ce journaliste n'a pas le droit d'intervenir après la réponse du Président, faudrait qu'un deuxième journaliste le fasse à sa place… Après tout, les réponses du Président sont vachement prévisibles. La force de l'UMP, c'est justement la concertation - faudrait peut être que les journalistes fassent pareil !
à Di
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 17H00 | 09/01/2008 |
Ce n'est la qualité de la question qui compte ici hélas !
Mais l'absence de journalistes (ahurissant quand on apprend après coup qu'il y en avait 650 à l'écoute). Ailleurs, le journaliste suivant aurait repris ou reformulé la question qui a été bottée en touche.
Il semblerait que le micro était repris et qu'aucun journaliste ne pouvait réagir à la réponse apportée à sa question. Verra-t-on un jour des journalistes apporter leur mégaphone ?
De Avril
12H50 | 09/01/2008 |
« Une fois qu'il n'y aura plus de pétrole, est-ce que vous croyez qu'on aura des gouvernements démocratiques ? »
elle est bonne celle-là. Il l'a vraiment sortie ?
à Avril
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 16H10 | 09/01/2008 |
: -D
C'est probablement ce qu'il espère en secret, pour en finir avec la démocratie et passer à la dictature…
De compte supprimé 22 janvier
12H57 | 09/01/2008 |
Le plus lassant chez ce type, c'est que ce qu'il ne réussit pas :
- le pouvoir d'achat des autres
- faire accepter son comportement ostentatoires décomplexé -pour ses revenus triplés et ses frasques
- et accepter soi-même qu'on ne soit plus en odeur de sainteté auprès d'une majorité de Français.
Là il prend la mouche et se justifie sans la moindre rupture politique avec le passé.
De Bardamu
difficile | 13H41 | 09/01/2008 |
Diable, que de puristes à gauche ! Je ne savais pas les riverévolutiens si élitistes… Surtout après avoir lu ici-même leurs réactions émerveillées devant l'« authenticité » du moindre borborygme émis par un « djeun » de banlieue ou la plus discrète éructation d'un Joey Starr…
Blague à part, Sarkozy utilise massivement un procédé rhétorique bien connu : à chaque question posée 1/ mettre en cause la pertinence de la question, 2/ mettre en cause la légitimité du questionneur.
C'est tout simplement une resucée du très soixante-huitard « d'où parles-tu, camarade ? », directement issu de la dialectique marxiste…
Ironie de l'histoire : c'est maintenant la gauche qui en fait les frais !
Bon, c'est vrai ; Sarkozy s'exprime mal. Soyez indulgents : c'est un fils d'immigré.
Sinon, il reste encore un homme politique qui sait faire claquer opportunément un imparfait du subjonctif ou glisser une allusion littéraire dans un dicours, c'est Jean-Marie le Pen.
J'espère que vous lui en savez gré !
à Bardamu
De les_canards
13H50 | 09/01/2008 |
Non, il y a Dominique de Villepin, aussi. Qui, à droite, a quand même une vraie classe. Je ne suis pas sûre que le jour vienne où Sarkozy aura une « standing ovation » à l'ONU…
à Bardamu
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 14H10 | 09/01/2008 |
Baste, comme vous y allez, beau doux ami ! J'ignorais jusqu'alors que le difficile Bardamu fût à ce point enclin à la gouaille du rhéteur vulgaire !
à Bardamu
De machinchose
14H39 | 09/01/2008 |
j'aimerais que vous me trouviez où diable nous nous sommes à ce point émerveillés… votre premier argument sent un poil trop la lecture du figaro « à gauche on adore le moindre rappeur et on le compare à rimbaud » … on ne sait pas trop d'où ça vient mais bon c'est le genre de cliché qui fonctionne.
Autre chose : Joey Starr a pour lui d'avoir décrit et prédit la situation dans les banlieues avec une pertinence et un style que Sarkozy n'aura jamais.
Enfin, Joey Starr a ma connaissance n'est pas président de la république mais artiste, il a le droit de faire ce qu'il veut de la langue. Le président aussi mais comprennez que son niveau nous afflige.
à machinchose
De Bardamu
difficile | 15H26 | 09/01/2008 |
Voilà d'« où ça vient » :
http://rue89.com/2008/01/03/rado-si-tu-techappes-pas-de-la-cite-tes-mort
http://rue89.com/2007/12/09/joeystarr-il-faut-arreter-cette-politique-ca…
à Bardamu
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H18 | 09/01/2008 |
Vos arguments de droite sont amusants , Bardamu .
Et a propos de droite , vous savez qui a été le premier a defendre avec talent , les 35 heures , dans le texte suivant :
« Bien sûr on peut pas supprimer, l'usine dès lors étant admise, combien d'heures faut-il y passer dans votre baratin tourbillant pour que le boulot soye accompli ? toutes les goupilles dans leurs trous, que vous emmerdiez plus personne ? et que le tâcheron pourtant crève pas, que ça tourne pas à sa torture, au broye-homme, au vide-moelle ? …
Ah ! C'est la question si ardue… toute délicate au possible. S'il m'est permis de risquer un mot d'expérience, sur le tas, et puis comme médecin, des années, un peu partout sous les latitudes, il me semble à tout bien peser que 35 heures c'est maximum par bonhomme et par semaine au tarabustage des usines, sans tourner complètement bourrique ».
C'est Celine en 1941 dans un des ses horribles pamphlets anti-semite . Vous voyez , c'est toujours facile , de retourner les arguments gauche/droite sur des details ..
De piggy75
trentenaire à Montmartre | 13H44 | 09/01/2008 |
Le petit « truc » en plus, c'est de s'la jouer cool-relax… Les autres présidents n'étaient pas forcément plus sympa avec les questions des journalistes qui ne leur plaisaient pas (cf Mitterand…), mais s'ils voulaient les ridiculiser, ils se débrouillaient seuls. Là c'est le triomphe du « diviser pour mieux régner ». La question du journaliste qu'on n'aime pas, on la prends, on pousse le raisonnement jusqu'à l'absurde pour faire marrer ses confrères… Du coup bien sûr tt le monde se marre (qu'il est con qd même ce Nico hihi ! ), esprit de connivence… La question a l'air con ou super partisane, du coup plus la peine d'y répondre sérieusement… puisque sa formulation de départ s'est évaporée dans les rires complices…
Franchement, je n'ai pas voté pour Nico, et il y a pleins de choses que je n'aime pas chez lui… mais vraiment la com », c'est son truc ! Si je pouvais m'y prendre aussi bien avec les hommes, je serais probablement déjà marier à Georges Clooney ; -)
De Lunikoff
14H04 | 09/01/2008 |
Il arrive à faire des fautes d'orthographe meme lorsqu'il parle ! Navrant !
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 14H17 | 09/01/2008 |
Le point numéro 6 (la rupture), me rappelle quelques bricoles…
N'y a-t-il pas eu une intervention télévisée le 31 décembre ? Le candidat avait dit qu'il ne parlerait pas le 14 Juillet ni le 31 décembre (il a préféré le 12 juillet, jour anniversaire de la nomination de Laval par Pétain… plus classe… mais a conservé le 31 décembre) mais uniquement lorsque cela serait nécessaire (à savoir chaque jour ou presque).
Ne va-t-il pas en Inde pour le 26 janvier ? Giscard l'avait fait en 1980. Sacrée volonté de rupture !
Il va en loucedé au Val-de-Grâce alors qu'il disait hier de ne pas le suivre partout ? Certes, ce ne semblait pas aussi grave que Mitterrand, mais je croyais qu'il ne cacherait rien aux Français…
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 14H22 | 09/01/2008 |
Je m'étais fait la remarque, à l'occasion du discours du 6 mai, du nombre de fois où apparaissaient ce jour-là les « je veux », « je voudrais » ou les variantes. La chose m'avait frappé parce que, ce jour-là au moins, il devait avoir conscience de l'étendue des pouvoirs qui seraient les siens. De sa part, compte tenu de sa personnalité un brin autoritaire et volontariste, je me serais plutôt attendu à des « je demanderai », « je ferai », voire des « j'exigerai ». Bref, des futurs de l'indicatif.
Chacun peut se rendre compte à quel point cette expression de volonté n'en est pas une : elle est bien plutôt l'expression d'un désir. En quelque sorte, il dit « je veux » ou « je voudrais » en pensant « j'aimerais bien ».
J'ai l'impression que, dans le discours sarkozien, ce martèlement de sa volonté n'est rien d'autre en fait que l'expression de son impuissance. Notez que, lorsqu'il peut vraiment faire quelque chose, il ne dit pas « je veux ».
Par ailleurs, pour appuyer la remarque de Machinchose, je suis stupéfait de constater à quel point les collègues de Joffrin (qui n'est pourtant pas ma tasse de thé) l'ont laissé être ridiculisé.
Mettre les rieurs de son côté, c'est un procédé vieux comme le monde, certes. Mais hier les rieurs ne faisaient que se soumettre au puissant de l'instant. Quant à Sarkozy, il a profité de ce qu'il ne pouvait pas être contredit. Je suppose que, dans son esprit, il a monré du courage en résistant à l'hydre de la presse de gauche. En un sens, c'est vrai : un courage de pleutre.
à thierry reboud
De machinchose
14H43 | 09/01/2008 |
d'ailleurs rue 89, ne serait il pas possible d'avoir un petit « micro-trottoir » des journalistes présents hier pour leur demander en substance ce qu'il y avait de si drole dans le spectacle d'un micro monarque se moquant d'un collègue en faisant étalage de son ignorance…
De Bon Scott
14H25 | 09/01/2008 |
Suite au discours « langue de bois » du locataire de l'Elysée, rien sur le pouvoir d'achat ? la place du citoyen dans la société ? les réformes ? (ce ne sont que des sacrifices demandés aux plus faibles et moyens revenus ) ! la place de La France dans l'Europe et dans le monde ? Du bla, bla, bla ! et le comportement « garde à vous » des journalistes présent dans la salle,sans autres commentaires … Enfin de compte sur le social, le locataire de l'Elysée n'est autre que l'exécutant du cynique MEDEF.
Je suis surpris par contre de ne plus entendre ces philosophes, essayistes … si prolixes lors de la campagne des présidentielles demandant à voter pour SArko ?
André GLUCKSMAN
http://www.dailymotion.com/video/x1uje7_andre-glucksman
Alain FIENKIELKRAUT
http://lesogres.info/article.php3 ? id_article=2875
http://www.potomitan.info/matinik/dieudonne5.php
Pascal BRUCKNER
http://livres.fluctuat.net/pascal-bruckner.html
Les autres peoples « Faudel, Macias, Hanin, Séguéla, Doc Gynéco, Farrugia, Sevran …. pour ces opportunistes (je retourne ma veste), je me passe de leur commentaire !
Ces personnes qui réagissaient sur la société Française, leur vision, l'avenir, etc … de cette dernière, aujourd'hui plus un mot ? ? ?
Mangent ils leur chapeau, pleurent ils devant le mur des lamentations ? (pour leur lamentable prestation ! )
A ce jour, pas beaucoup de monde dans le milieu médiatique, intellectuel, philosophique, pour analyser le manque de profondeur du discours populiste du locataire de l'Elysée ? !
PS : à Laurent JOFFRIN, hier à sa place j'aurai quitté la salle après s'être fait “humilié” par cet inculte Président », la monarchie …
Aux journalistes de ce pays ayez plus de courage pour analyser le comportement de Sarko ( Sarko,dans la presse étrangère un flop ).
Note à SArko pour sa prestation, sur la forme 14/20, sur le fond 3/20
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 14H49 | 09/01/2008 |
Par construction les réponses du président sont définitives donc bonnes puisqu'il n'est pas possible de les discuter dans la foulée.
Je ne sais pas si des journalistes se sont rendus compte de cet effet pervers de ces grand'messes médiatiques. Mais aprés avoir posé leur question et obtenus leur réponse, je suis sûr qu'ils ressentent en eux une immense frustration.
Outre le fait d'être là pour rien, tout en le sachant dès le départ, créant malgrés eux l'évènement dont seul l'organisateur en tirera quelque bénéfices, je ne vois aucun intérêt à leur participation. Ils ne font que de la représentation, les hallebardiers du théatre.
Le seul intérêt n'est pas journalistique, il est financier. Remplir des écrans TV, des feuilles de papier, des crânes vides…
Et cette utilisation des journalistes fait que son discours fonctionne si bien.
à Servais-Jean
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 19H58 | 09/01/2008 |
Pour l'instant, c'est le Président qui organise toujours tout à sa manière et pour sa plus grande gloire, ( ; -)) mais les journalistes ne sont pas des idiots, ils vont très vite comprendre la tactique Sarko et au contraire s'en servir pour mieux le coincer. J'en ferais le pari ! Il ne réussira pas à les faire passer pour des idiots bien longtemps encore, du moins je l'espère !
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 16H44 | 09/01/2008 |
Il est significatif de trouver cet article aujourd'hui. On vit une véritable floraison de réactions de ce type.
Ce matin, je découvre une page de Libé passionnante « Figures de style » sur SA rhétorique.
Hier soir la demoiselle météo de Canal+ s'était essayé à la déclamation sarkozyenne. Appliqué à la météo, ça fonctionne aussi !
On devrait pouvoir bénéficier de cette façon de dire les choses dans des tas de domaines. Je vais m'entraîner. Est-ce que c'est mal de vouloir bien le faire, je vous le demande ?
Je sais que vous allez le condamner mais qui êtes vous pour vouloir m'empêcher de prendre exemple sur ce qui se fait de meilleur et qui a obtenu, faut-il vous le rappeler, l'aval des Français, de tous les Français, de ceux qui se lèvent tôt et de ceux qui les envient de pouvoir le faire car ce n'est pas une mauvaise chose que d'envier quelque chose d'honorable. Sachez-le. Il faudra bien vous y faire ! Je parlerais comme je le voudrais et je n'aime vraiment pas que vous pensiez pouvoir m'en empêcher. Il faudrait beau voir que vous vous y opposiez !
De Dedalus
10H26 | 10/01/2008 |
le petit président a dit également : « L'authenticité se lit sur mon visage (…) personne ne m'a pris le doigt dans le pot de confiture du mensonge ».
Bon,accordons-lui qu'en effet, le doigt, non :
http://sarkononmerci.fr/assets/confituredumensonge-grand.jpg
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 10H44 | 11/01/2008 |
Quel beau titre ?
Vraiment, il est réussi.
Pourrait-on faire mieux ?
Sûr, on a tous envie de devenir le parolier, le porte-parlottes d'une marionnette marionnettiste, d'un moulin à paroles, d'un émetteur de loghorrées efficaces contre nos maux et nos diarrhées. Des paroles à dé-penser … depuis que dé.penser est le contraire de penser.
à Claude PELLETIER
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 14H47 | 11/01/2008 |
Ça alors M. Pelletier ! On me prête de noirs desseins alors que je ne fais que traduire ce que veulent les Français. Qu'est-ce à dire M. Pelletier ? On boulotte ses carotte par la racine et on ne sait même pas qu'on est un remueur de merdes. Que voilà un jardinier qui ne sait pas d'où vient le fumier, notre fertilisateur à tous. Alors comme ça, je dis une chose et vous me faites dire le contraire, à l'opposé de ma pensée. Est-ce bien raisonnable ? SI je me retenais pas, je sais très bien ce que je vous répondrais mais je ne le ferais pas. Je vous le demande. Je ne suis pas comme les autres, les prédécesseurs, les Mitterrand et les Chirac ; la transparence, eux, ils ne faisaient pas, ils ne savaient pas. Quand ils disaient une chose mais que voyait-on au bout de la route ? Le contraire de la chose annoncée ou souvent rien. Moi je n'aime pas le rien. Je bouge, je remue, je trépigne, ça passe et je me calme. Et ça on le sait.
Moi j'ai écouté, et j'ai entendu personnellement les Français. Et ils m'ont ému. On voit que vous ne le savez pas. Navré mais je sais faire la différence entre écouter et entendre. Qu'est-ce qu'ils nous disent les Français ? Hein je vous le demande. Eh bien écoutez moi et avec attention. Il veulent une « télé de service publique qui soit au service du public qui la regarde » et donc …… ils ne veulent plus de publicité. C'est quand même facile à comprendre. Dire que vous avez fait dix ans d'études après le bac et que vous ne comprenez pas cela. On se dit là qu'on ne comprend vraiment pas votre façon de penser mais merci. Moi je vous remercie de m'offrir du pain sur la planche car figurez-vous, j'ai toujours faim. ET quand j'ai fini de déjeuner je commence illico le diner… Je n'aime pas le vide.
Mais la publicité, nos concitoyens —rappelez-vous qu'ils sont Français, qu'ils appartiennent à un pays de longue tradition et de bon sens— ils savent que c'est important dans le monde moderne. Si vous l'ignorez, on n'est plus au temps de la réclame et des cadeaux Bonux cachés dans la lessive. On est en 2008, et les Français le savent. En ligne de bataille avec leur zapette à la main, prêts et prêtes à appuyer sur la détente, les Français et les Françaises me soutiennent. Et la pub, ils l'aiment bien au fond sur la télé privé (est-ce qu'ils la choisiraient si souvent TF1 avec une pub qui dure 34 jours sur 365 s'ils ne l'aimaient pas ? ). En vieillissant, sachez qu'ils la bénissent, on a plus souvent besoin d'aller au petit coin faut-il vous le dire à partir d'un certain âge ? D'ailleurs on a le droit de profiter de la pub même quand on est bien vieux et atteints par ce fléau d'Alzheimer. C'est un droit démocratique, entendez-vous. La lutte contre cette maladie est une de mes priorités. Il faut que les cerveaux soient en bon état de marche et de remplissage pour y recueillir tous ces bons sodas … Mais là c'est un autre chantier qui est bien lancé, il roule à fond les manettes et bientôt j'accélèrerai of course. À la vôtre !
Mais oui, nos concitoyens savent bien que la publicité est inévitable, que c'est nécessaire ; on ne la leur fait pas ; chaque entreprise de ce pays a besoin de publicité et les chaînes privées sont bien des entreprises, et quelles entreprises ! Des fleurons que le monde entier nous envie. J'aimerais qu'ils ne l'oublient pas tous ceux qui ne comprennent pas et qui n'écoutent pas le monde tel qui va et qui oublient tout le bien que je veux vous faire……
Moi, les Français je les écoute, et je dis et je fais. Je ne vous le fais pas dire. Bientôt ils s'apercevront que les chaînes publiques gèrent mal les fonds publiques, je ne le sais pas, ça je le pressens, je les entends déjà les technocrates de la télé gémir « On n'a plus assez d'argent ». Et si les Français, à ce moment-là, dans l'éclat de leur souveraineté si légitime trouvent qu'il faut réduire la voilure des chaînes publiques et que peu de monde, pas assez, les regarde, et bien nous ferons ce qu'il faut, nous tiendrons compte de la situation car rien n'est plus important pour nous que l'avis des Français. Pourquoi croyez-vous que j'ai été élu ? On veut que ça change, et cela tombe bien car moi justement, je veux que ça change. Si on s'assoit dans un premier temps sur l'audimat des chaînes publiques c'est aussi pour que cette « déesse aux cents bouches » comme disaient les anciens Grecs ne puisse pas s'échapper. ON la tient la déesse, la rumeur. Faudrait être bête comme l'âne l'est si souvent pour lui rendre sa liberté et qu'elle se mette à évaluer les propos de mon gouvernement voire pire. L'opération de transformation des journalistes en observateurs de pipoleries nous a coûté assez cher comme ça. Au fait, mon staff recherche trois chauffeurs de salle car David ne peut tout faire. C'est jeune et ça tient pas la route, quels petits cons…
Voilà j'ai répondu à l'inquiétude de mes concitoyens. Un dernier mot pour finir, les publicitaires savent bien que l'on regarde de plus en plus les publicités comme s'il s'agissait du meilleur du cinéma ; figurez-vous bien qu'on est plus au temps des réclames et de la mère Denis ; finies les réclames fades. Les pubs d'aujourd'hui, elles sont belles, elles sont intéressantes, elles sont devenues du vrai cinéma avec des réalisateurs de renom. Quelle humanité dans le regard du fan de crétin.fr ? Regardez-les. Aujourd'hui ce n'est plus les films qui sont coupés par les réclames … ce sont les belles publicités qui sont coupées par des émissions de plateau et des téléfilms faits à la chaîne. Ils savent bien où s'est réfugié l'Art…… Et vous voudriez que la totalité de ces petits bijoux que sont les pubs n'orne pas les chaînes privées lesquelles doivent être soignées comme la prunelle de nos yeux… ? Et enfin arrêtez de dire que je tais tout ça dans l'intérêt de M. Bouig et que nous sommes liés familialement. Cela n'a pas le sens commun. Je n'ai rien à voir avec cette couche sociale. Vous le voyez M. Bouif au bras de Paris Hilton non mais ! Ne suis-je pas un avocat de formation ? Je suis un homme de culture. Aux pyramides d'Égypte, j'ai épaté tout mon petit monde en me rappelant la phrase célèbre de Jules César « Du haut de cette pyramide, quarante secondes de silence te contemple ». Et hop je vous salue tous. Vous avez été très bien. Merci.
P-P-P
Porte-Parlotte-Présidentiel
De PhilippeG
14H08 | 13/01/2008 |
Très beau billet ! J'ajouterais la fréquence remarquable de l'adverbe « parfaitement », qui remplace en quelque sorte le « naturellement » de Chirac…
D'autre part, parmi tous les points cités, « je veux » est écrit dans les discours, et pas improvisé, comme on peut le voir dans la comparaison que j'ai effectuée entre le discours écrit et le texte prononcé sur mon blog :
http://gambette.blogspot.com/2008/01/sarkozy-lorateur-2-dcryptage-de-limpro.html