
Modeste proposition pour sauver la Société Générale
Je voudrais formuler une modeste proposition pour sauver la Société Générale. L'idée que je veux présenter ici est simple. J'espère qu'elle va retenir votre attention, car la perte de tous ces milliards m'a rendu triste et je devine que vous êtes aussi un peu barbouillés. J'imagine les tracas pour les responsables sachant déjà comme on peut me gronder pour un petit dépassement de découvert. Les pauvres gens ! Aussi je me suis dit, oui, en mon âme et conscience, il faut agir pour combler ! Je pense qu'il en va de la responsabilité de chacun. Nous devons soutenir cette grande banque française (déjà qu'on en a plus beaucoup). Ne nous adresse-t-elle pas de son côté comme un signe et si gentiment cet émouvant slogan publicitaire : » On est là pour vous aider » ? Oui, je crois que c'est notre devoir de lui donner un coup de pouce et même d'appuyer fort. Et, croyez-moi : en vous formulant ma modeste proposition, je vous parle de solidarité, je vous parle d'humanité. Je vous parle, tenez, carrément, de » civilisation » Pourquoi agir avec ma méthode simple ?
Lorsque nous avons sauvé le Crédit Lyonnais avec nos impôts, j'avais trouvé dommage que l'opération ne fût pas davantage transparente. J'aurais aimé qu'on me dît ce que j'avais payé. La moquette murale ? Un ordinateur ? Un séchoir à main pour les toilettes ? … C'est frustrant de ne jamais savoir où va l'argent.
D'ailleurs, on ne sait même jamais combien on donne vraiment. Or, grâce à ma méthode simple de sauvetage de la Société Générale, chacun pourra maîtriser sinon contrôler l'ampleur de l'aide qu'il apporte à cette grande institution bancaire un peu flapie. Pour ce faire je me suis procuré ses tarifs applicables au 1er mai 2008 (Ils les publient six mois avant, peut-être parce qu'ils sont déjà pressés de les encaisser. Détail qui me conforte d'ailleurs dans mon idée.) Comment agir ? C'est enfantin : il suffira à chacun d'entre nous de générer des frais bancaires que la Société Générale ponctionnera sur nos comptes. Les occasions de frais ne manquant pas, nous disposons de toute une gamme de produits et de services qui nous permettra d'effectuer un ou plusieurs dons de notre choix.
Quelques exemples d'actions de soutien
Vous êtes sans le sou ? Etre pauvre ne doit pas vous dissuader de participer comme tout le monde à ce mouvement de solidarité ! Voire… Sans doute même vous et vos semblables samaritains serez ceux qui aideront le plus la Société Générale à combler son léger dérapage de 7 milliards d'euros étant donné que vous constituez une clientèle toujours plus importante. Songez que les petits ruisseaux font les grandes rivières ! Ainsi, faites-vous envoyer vos chéquiers à domicile (2 euros) puis tirez des chèques sans provision en prenant soin de vous » faire enfoncer la tête sous l'eau » , mais, cette fois, pour la bonne cause et dans la joie : les chèques rejetés sont facturés de 25,50 euros (ceux d'un montant de moins de 50 euros) à 50 euros (montant supérieur à 50 euros). Rédigez-en un par exemple pour régler votre loyer de février, voilà qui aidera un peu la Générale en début de ce mois difficile ! Puis faites opposition, puis levée d'opposition sur le même chèque : hop, ce sera toujours 10,90 euros qu'on vous ponctionnera deux fois pour le bien de tous. Tenez ? Et si vous changiez de code secret pour votre carte (8 euros) ? Ce genre de petites attention raviront le conseil d'administration : l'important c'est que chacun donne selon ses moyens ! D'autres petits » plaisir d'offrir, joie de recevoir » ? Téléphonez à votre agence (0,12 euro la minute). Souscrivez à des crédits revolving (en général on vous en propose quand vous êtes au plus bas. C'est le moment où jamais ! ).
Faites vos courses au Leader price avec Visa Premier (cotisation : 127 euros) : c'est très grand seigneur et ça épatera même le vigile.
Si vous n'êtes pas pauvre (mais pas riche non plus) ? Quelques suggestions aussi, car le principe étant le même, c'est la multiplicité des occasions supplémentaires de dons qui vous distinguera de la plèbe. Vous vous déplacez souvent ? Veinard, songez qu'un retrait de liquide par chèque dans une agence de la Société Générale autre que la vôtre vous coûtera 4 euros ! Effectuez un virement sur un compte en France ou à l'étranger (3,05 euros), prenez une carte.
Une solution simple mais digne
Si chacun ouvre un compte à la Société Générale et sème des chèques en bois, la perte de la banque ne serait-elle pas comblée en un éclair ? J'insiste sur l'humanité de ma proposition simple, car elle permettrait à la banque et à tous ses employés de continuer à faire leur métier traditionnel envers les gueux comme les » bling-bling » , et, ce faisant, à conserver tant leur emploi que leur dignité. Cela permettrait même à ce pauvre établissement bancaire de pouvoir continuer à embaucher, comme il le désire sur cette annonce qui cherche peut-être à remplacer un trader devenu bien trop médiatique ! Ne la forçons pas à se rabattre sur un stagiaire gratos ! Une modeste proposition désintéressée
Je veux enfin préciser que je formule cette modeste proposition en étant moi-même désintéressé. En effet, je n'ai pas de compte à la Société Générale et donc aucun avoir chez elle à » sauver » en cas de faillite ou autre OPA, écroulement, calamité policière, crash, chute des cours… Si je n'ai pas de compte à la Société Générale, c'est d'ailleurs grâce à sa propre clairvoyance.
Dans les années 90, une de ses agences m'a refusé l'ouverture d'un compte et le montage d'un prêt au prétexte que je ne rentrais pas dans leur catégorie intitulée » Jeune espoir » , car trentenaire autodidacte, -et ce, malgré des revenus alors confortables.
Je n'étais, paraît-il, pas un client sur lequel la banque désirait » investir » . Non diplômé, je n'avais que » peu de chance de voir mes revenus évoluer » . Ce en quoi la maison n'a pas eu tort de décliner ma clientèle. J'aurais pu lui coller cauteleusement un découvert. Enfin, disons plutôt : un trou » à ma dimension » .
J'avais à l'époque l'âge de Jérôme Kerviel, mais il est vrai ni le talent ni la formation pour creuser une aussi belle tombe que lui. La Société Générale avait bien senti que j'étais un looser, un petit bras. Elle ne pouvait décemment pas me faire confiance. Pas folle la banque.
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De DidierB63
Devant un écran | 11H55 | 05/02/2008 |
Votre proposition est intéressante, mais elle me gène un peu à titre personnel.
En effet, étant client de La Banque Postale, je contribue, grâce à mes découverts et autres frais, au maintien du service public dans les petits villages de France.
Aider la Société Générale me plairait beaucoup, mais en matière de philanthropie, il faut savoir faire des choix.
http://polemiquons.over-blog.com/
De la rousse de poche
13H09 | 05/02/2008 |
ouvrez un compte au crédit coopératif, il ne joue pas votre argent en bourse, il est gratuit, il vous permet de contribuer à aider des associations humanitaires ou spécialisées dans l'environnement, il ne fait pas de publicité, mais c'est quand même une banque.
De existe
14H39 | 05/02/2008 |
Excellente proposition !
A populariser auprès des militants de la LCR et de SUD-Solidaires, présents parmi les salariés de la Société Générale.
Mais si ! Mais si !
De La Framboise Congelée
16H01 | 05/02/2008 |
Quelle belle initiative citoyenne que celle-ci..
Chiche,
Le compte à la société générale : je l'ai..
Pour les frais, j'y participe aussi activement puisque dernièrement pour un découvert total d'environ 40 € sur mon compte courant (sans rejet de chèque) il m'a été facturé 8.40 euros de Frais incidents de fonctionnement, et 11,00 euros pour l'envoi d'une lettre type (envoi simple sans aucune recommandation)…
Et je ne suis pas à l'abri de récidiver un de ces jours…
On pourrait aussi, mais là faut pas rêver, créer une taxe applicable uniquement sur le salaire de Mr Bouton. Une CSI (contribution sociale individuelle), un p'tit 10%. Car est-il utile de rappeler que cet homme à Hautes Responsabilités est le 2ème patron de France le mieux payé. Mais malgré cela, il n'est que le 40ème salaire du groupe.
Daniel Bouton a vu son salaire fixe augmenter de 25 % en 2006 à 1,250 millions d'euros. En y ajoutant la part variable, son salaire total s'élève à 3,3 millions d'euros. Avec les stock-options, ses revenus ont ainsi dépassé les 10,8 millions en 2006.
Sarkozy a surement été ulcéré d'apprendre que Bouton gagnait plus que lui !
L'avocat de Daniel Bouton à dit cette belle phrase de racine en parlant pour son client :
Tout m'afflige, et me nuit, et conspire à me nuire !
Mais si vous avez 5 minutes, allez lire l'article sur les premières mesures de réductions de pertes appliquées par cette société vraiment géniale :
Société Générale : l'Etat pourrait rembourser 1 milliard d'impôts
« Quelles conséquences aura pour les finances françaises la fraude massive imputée par la Société Générale à un de ses traders, et qui lui aurait coûté 4,82 milliards d'euros ? Mardi 5 février, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a en tout cas estimé sur RTL que le traitement fiscal de cette perte devrait être examiné attentivement.
En effet, la Société Générale a imputé cette perte, réalisée en 2008, sur son exercice 2007. Or, elle avait déjà acquitté une grande partie de son impôt sur les bénéfices 2007 en se basant sur un bénéfice de 5,5 milliards, alors qu'il ne devrait finalement être que de 600 à 800 millions d'euros. L'Etat pourrait donc avoir à rembourser à la banque un trop-perçu d'environ 1 milliard d'euros. »
le lien :
http://www.challenges.fr/actualites/business/20080205.CHA7075/societe_ge…
Préparez votre avenir dès aujourd'hui pour mieux en profiter demain qu'ils disaient …
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 15H31 | 05/02/2008 |
J'adhère aux parties, enfin je suis d'accord sur les grandes lignes.
MAIS, comme DidierB63, je suis à LaPoste depuis 1981. Et pas n'importe quel centre : l'un des deux plus cools de France. Que même que par deux fois interdit bancaire voici plus de vingt ans, eux me laissaient émettre des chèques et ne tenaient pas compte des interdictions émises par l'Instidom.
Alors je ne déménage pas ! Même si les frais de tenue de compte ont considérablement augmenté (10 €/an, contre 5 F en 1981… soit grosso modo le double en euros constants).
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H44 | 05/02/2008 |
Les Banques , c'est un peu comme les americains..
» Mais pourquoi personne ne nous aime « ?
De Irréductible
18H54 | 05/02/2008 |
Très bien vu, Francis : tu serais ainsi le Sauveur (accorde vite une interview à l'AFP pour contrebalancer celle du « trader fou »…) de la Socgen, qui en a bien besoin.
Au passage, n'oublie pas cependant de prendre une petite commission… sur l'idée elle-même !
Ton humour sulfurique doit faire péter les boutons des costumes de certains employés de la Socgen qui consultent en catimini le site de Rue 89, au lieu de suivre le yo-yo des cours de leur banque al dente.
Un ex-« brigadiste » qui repense au « Buffet à volonté » de la rue Beaubourg…
De oualou
salarié (pour l'instant) | 21H20 | 08/02/2008 |
Belle idée. Mais elle est déjà mise en oeuvre, et par toute les banques !
Pour ce qui est de la tarification valable à partir du 1er mai, c'est en fait la date d'application d'un décret paru en novembre 2007 suite à une loi votée en … mars 2007 limitant les frais perçus par les banques. Le décret prévoyait un délai de 6 mois aux banques pour s'adapter. Si vous voulez vraiment renflouer de façon efficace la banque que vous citez, faites un chèque sans provision de + de 100 euros d'ici au 30 avril, il vous coûtera bien plus cher : 75,20 euros ! Alors que vous ne lui « rapporterez » que 50 euros de frais pour ce même chèque après cette date …
De parousnik
18H10 | 10/02/2008 |
Le 7 février 2008 (Nouvelle Solidarité) - Présenté comme « une autre affaire qui embarrasse la Société Générale », le journal satirique Bakchich.info révèle que fin décembre 2007, après plus d'un an d'enquête, la section anti-fraude de la banque a « relevé de curieuses anomalies concernant le fonctionnement de près de 900 comptes bancaires ouverts dans des agences parisiennes et en Ile-de-France » par où transitaient des centaines de millions d'euros d'origine douteuse investi par la suite dans des projets immobiliers de grande ampleur à Paris ou sur la Côte d'Azur. Au centre du dispositif, un groupe investissant dans la pierre, contrôlé par deux frères dans l'orbite des oligarques milliardaires russes basés à Londres, connus comme la « nébuleuse Eltsine » : Roman Abramovitch, Oleg Deripaska et Lev Tchernoy.
Bakchich.info : « d'effrontés journalistes ont voulu associer ces deux frères à la mafia. Pour des businessmen qui recourent aux services des plus grands cabinets d'avocats de Londres, Genève et Paris, quelle insolence ! »
La Société Générale a donc, en décembre 2007, adressée une déclaration de soupçon de blanchiment circonstancié à Tracfin, le service anti-blanchiment de Bercy. Selon Le Parisien d'hier, Tracfin aurait, de son côté, « d'ores et déjà » déclenché une enquête.
Les enquêteurs de la Société Générale auraient identifié le circuit de blanchiment des millions douteux.
Selon Bakchich.info, « les fonds transitant sur les comptes bancaires n'ont pas suivi non plus un parcours très clair. L'argent arrivait du Luxembourg après être passé aux Pays-Bas, au nom de sociétés dont les ayant droits ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Le Luxembourg et les Pays-Bas appartiennent à l'UE et sont intégrés au Gafi (le groupe de travail des pays industrialisés sur le blanchiment), mais la transparence y reste, encore aujourd'hui, un concept assez élastique. Et nos amis milliardaires ont un goût prononcé pour les sociétés off-shore aux Bermudes, au Luxembourg, en Suisse… »
Si avant, tous les chemins conduisaient à Rome, ils mènent désormais à Londres.
De EZEKIEL
20H26 | 11/02/2008 |
Je pense personelement que ce sont au actionnaire les plus important de la Societe Général de sauver leur entreprise cela au dépit de leur bénéfice trés important dégager durant c'est derniere années.
Le paradoxe est troublant car ca devrait étre encore le contribuable qui devrait par sont bon coeur résoudre tous les problemes ecologie et compagnie. Assez du foutage de gueule à chacun ses responsabilités et la solidarité devrait servir a des causes bien plus nobles que celle ci .
De bilbolehodebit
11H33 | 12/02/2008 |
A cause de vos sacarsmes la societe generale va se prendra une veste, une jolie veste certes, un modele fantaisie en 4 points, neuf.
Mais une veste sans bouton, avec 1 col blanc, 2 manches et 2-3 proches plaques.
et pendans ce temps-la, l'associe tres gene rale.
De abcd
retraitée | 15H35 | 12/02/2008 |
Il est devenu très habituel dans notre société de mutualiser les pertes et les faire partager par le plus grand nombre, et d'engranger les bénéfices dans les poches d'une minorité.
De jcs03
PME LILLE 59 | 20H50 | 12/02/2008 |
Réalité décapente d'une procédure de renflouement d'un édifice national qui vacille, pourquoi extrapoler une situation déjà bien en place au sein de la SG, un petit sondage auprès des petits clients de cet édifice, nous confirmerait que la position c'est déjà durcie en ce debut d'année…. et ce n'est qu'une amorce.
Monsieur Bouton comme vous me faites penser à ce cycliste dopé à l'insu de son plein grè…. O.P.O / O.P.E / O.P.A ; que de similitudes ou le pas vu pas pris est maitre mot, et quand le vent tourne il faut bien vite prouver qu'un trublion a maquillé ses positions pour les rendres positivement crédibles,il est assez navrant de se rendre compte qu'il est assez aisé de rouler dans la farine son patron-banquier,et puis faute avouée est a moitié pardonnée ( don de 6 mois de salaire )quand au reliquat c'est la méthode « le plus grand nombre des petits clients déjà ponctionné par les taxes bancaires et crédit revolving “ qui régleront la note. quelle époque merveilleuse que celle de pouvoir n'être responsable que de sa réussite et de réussir à faire payer aux autres les pertes, a tous les coups l'on gagne….
” cette nuit j'ai fait le rêve de n'être plus responsable de ma gestion, de prélever sur les salaires de mes salariés mes futurs choix délictueux, de n'être redevable de rien ou si peu….c'est décidé demain à mon réveil je téléphonne à mon conseillé SG, je sais maintenant qu'il me comprendra, il est comme moi sur le même radeau, cette fois enfin nous parlerons la même langue, merci KERVIEL.