
Michel Barnier, le vin de table et les œufs au plat
Mon ministre, Michel Barnier, a présenté le 30 mai dernier « un plan quinquennal de modernisation de la filière viticole française ». Il n'y a guère que les viticulteurs du Midi et les Anglais à l'avoir salué. Comme à leur habitude, les premiers ont manifesté, brûlé des pneus, et à la nuit tombée, sur le chemin du retour, bombé des messages inratables à l'entrée des villages. C'était mercredi 4 juin.
A Saint-Drézéry, là où sont mes vignes, je lis sur le mur des vestiaires du club de tennis : « la viticulture ce meur/ réveillon nous/ crav ». Le Crav (comité régional viticole) est un peu au Midi ce que le FLB est à la Bretagne, un drapeau agité quand l'identité se sent menacée. Les viticulteurs doivent trouver que le plan ne va pas assez loin et/ou ne donne pas assez. C'est difficile de savoir car les revendications sont hors sujet du plan, comme si celui-ci n'existait pas.
Les seconds, les Anglais –à croire que ceux-là existent rien que pour nous mettre sous le nez nos faiblesses et nos contradictions- s'en félicitent tout en se moquant (précisons que nous l'avons bien cherché). Dans le Times, Charles Bremmer commence ainsi son article, illustré d'un dessin au fusain datant de Mathusalem : « Après avoir longtemps méprisé l'engouement international pour les vins “vulgaires”, la France a rejoint hier le cortège et autorisé ses producteurs à faire et marketer leurs produits à la manière fruitée du Nouveau Monde. »
Pour une plus grande lisibilité des vins français
On peut prendre connaissance, sur Internet, du « plan quinquennal de modernisation de la filière viticole française », ou plus exactement de la communication des vingt-sept mesures qui le composent, car pour ce qui est du contenu réel et détaillé, il faut aller à la pêche auprès des « pros ».
Applicable dès 2009, il se présente comme une nouvelle hiérarchisation et donc une plus grande lisibilité des vins français. Il faut comprendre : les vins d'AOC (Appellation d'origine contrôlée) –transformée, sic, en AOP (Appellation d'origine protégée)- seront vraiment des vins de terroir et de qualité, de véritables gaulois en somme. Nous ne baissons pas totalement la garde.
Les autres vins ressembleront à ceux de nos voisins. Concrètement, tout le monde pourra produire d'ex-vins de table encore sans nom réglementaire, même les Bourguignons qui ne commercialisent jusque-là que des AOC (donc aussi le pire). Ainsi, en 2009, il y aura dans les rayons des supermarchés et des cavistes des bouteilles de pinot millésime 2008 de la marque Trucmuchetagada, résidus de pinots de Bourgogne non conformes à l'AOP (ex-AOC). C'est plutôt bien pour l'AOP.
Pour ces vins, « vulgaires » en attendant mieux, le plan autorise ce qui ne l'était pas et serait à l'origine de nos râteaux à l'export : les copeaux de bois, les tanins artificiels, le gewurtztraminer, cépage alsacien que l'on pourra dorénavant planter dans le Midi et assembler avec un gewurtztraminer planté en Bretagne, les étiquettes où l'on pourra inscrire -et donc lire- le cépage et le millésime. En résumé, tout ou presque sera possible, le meilleur comme le pire. De mystère il n'y aura plus, les vignerons feront œuvre de transparence. C'est tendance, la transparence.
L'illisibilité des vins français est-elle seulement là ? Un vin de table est-il forcément un vin industriel ? Un vin d'AOP est-il forcément un vin de vigneron ? Un vin de vigneron est-il forcément une garantie de bon goût et de respect de l'environnement ? Qu'est-ce qu'un vin de qualité ? En quoi 480 AOC seraient-elles un handicap ? Mis à part de Gaulle, qui se plaint qu'il y ait autant de fromages ? Aveuglés par l'humiliation –voilà que les Espagnols et les Italiens exportent davantage de bouteilles que nous qui plafonnons à treize millions d'hectolitres tandis que le marché mondial explose-, nous opérons un changement de forme. Mais le fond ? Ce qui fait qu'au fond, nous buvons ou non du vin, ce que nous en attendons, ce que le vin dit des paysages, imaginaires et réels, qui nous habitent autant que nous les habitons, ce que le vin dit de notre manière de nous mettre à table, à la maison ou au restaurant, seul, en famille, ou avec des amis, tous les jours et les jours de fête, de faire terrasse, ce qui est à l'origine de notre goût du vin, ce qui en fait l'essentiel, une marque de civilisation, a été oblitéré.
Quand j'ébourgeonne les Cinsault –c'est le travail du moment dans les vignes-, je pense au vin qu'ils vont donner. Un vin de table, un vin rouge clair, de petit degré, simple au goût, que l'on boit en dînant d'une salade verte croquante, d'un œuf au plat et d'une mouillette trempée dans le jaune, avec pour finir -c'est tellement dur de quitter, de finir-, une dernière rasade avec des fraises au sucre. J'apporte le même soin aux cinsault qu'aux mourvèdre qui vont, eux, dans le Coteaux du Languedoc, mon autre cuvée, un vin d'AOC (future AOP).
Avant comme après le plan de modernisation, le vin que je fais avec les cinsault restera un vin de table. Les parcelles sur lesquelles ils sont plantés ne sont pas dans le périmètre de l'AOC et le cinsault lui-même n'est pas reconnu comme un cépage majoritaire. Il n'est pas sûr qu'au fond, au bout du bout, cela en fasse moins un vin de terroir que le Coteaux du Languedoc, mais cela en fait à coup sûr, dans sa fonction et la réglementation à laquelle il obéit, un vin de table, une boisson de tous les jours. Il n'y a pas de honte, plutôt même de la joie. On le voit, le vin de table est simple, mais sur l'étiquette, avec ou sans plan quinquennal, sa lisibilité reste complexe.
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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H54 | 11/06/2008 |
Vous n » allez pas etre beaucoup aidés ( vous non plus) par le Président de la République ,les viticoles, j'en ai peur :
Les dépenses de l'Elysée ont augmenté de 8,4% en 2007
Elles sont passés de 32,38 à 35,1 millions d'euros en un an. Les frais de personnels augmentent de 10,9%, la dotation du chef de l'Etat de 53%. Les dépenses de vin baissent elles de 44%.
Sarkozy :
Il n » aime pas le vin
Il n » aime pas la bonne bouffe
Il n » aime pas la baise ( il a besoin de Mannequins hyper refaits ou du pouvoir pour bander)
Il n » aime pas la ville, il n » aime pas la montagne , il n » aime pas la mer, il n » aime pas la campagne
Il n » aime pas la musique ( sauf des merdes)
Il n » aime pas la lecture
Il n » aime pas l » art
Il n » aime pas la culture
Il n » aime pas la France ! QU'IL LA QUITTE ! ! !
De DIOPZO
14H06 | 11/06/2008 |
Il arrive très souvent que les grands vignerons vendent leur meilleure production en vin de table ou vin de pays car la législation y est plus souple et leur permet d'exprimer leur talent. Ces bouteilles valent plusieurs dizaines d'euros et les amateurs se les arrachent.Alors que signifie encore une étiquette ?
Quant aux anglais, fins connaiseurs de nos terroirs, nous pouvons leur faire confiance pour la défense de nos produits et nous secouer les puces quand il y a urgence. J'ai encore en mémoire la défense du camembert au lait cru…par le prince Charles d'Angleterre.
Nous ne croyons plus en nous-mêmes.Le vin est produit culturel en Espagne, diabolisé chez nous.Je me souviens du temps ou le président Pompidou faisait la promotion du vin de Cahors.Il est vrai que c'était un homme de culture.ça se fait rare à la tête de l'état.
De Chabouline
Au coeur de la Tarentaise (73) | 14H43 | 11/06/2008 |
Bien la première photo, à côté du traditionnel pressoir, l'enseigne « Bienvenue chez Mac Donald“ !
Le lien vers l'article de Charles Bremmer ‘404 Error’ : c'est de l'humour Anglais !
Bon, je reprend un p'tit verre de vin bien français !
à Chabouline
De Catherine Bernard
(auteur)
Vigneronne | 15H56 | 11/06/2008 |
Pour lire Bremner en VO je redonne le lien : http://www.timesonline.co.uk/tol/life_and_style/food_and_drink/wine/arti…
A la vôtre
De Jaùsep
| 13H42 | 12/06/2008 |
Encore une fois il semble que la mondialisation vienne interférer sur les coutumes nationales, voire régionales.
Pour rendre plus lisibles les informations sur les produits concernant une région de production, on va lisser les différences et les caractères très particuliers des terroirs existants dans une même AOC. Quel dommage !
Si je prends en exemple le vignoble bordelais, AOC grand vin de Bordeaux, il regroupe divers terroirs aux caractères très différents :
Les Médocs, les Graves et le Sauternais, l'Entre-Deux-Mers, le libournais avec Saint-Émilion et Pomerol sans oublier au nord les côtes de Bourg et côtes de Blaye.
Des vins structurés autour de divers cépages (cabernet-franc, cabernet-sauvignon, merlot, malbec et pour les blancs sauvignon, sémillon, muscadelle)
Avec un vigneronnage différent qui leur apporte un caractère spécifique, même sur un terroir identique.
Ces différences donnent aux exploitations, une forte synergie, une volonté de conserver au produit un caractère d'excellence mais aussi de diversité.
Certes le prix de vente n'a cessé de croître, mais aussi les moyens mis en oeuvre dans cette compétition au sein d'une même région a sublimé le travail réalisé tant de la viticulture que du travail de vinification.
Ces territoires, dont les revenus sont prioritairement dépendants de la vigne, seraient extrêmement affaiblis et menacés si l'on venait déconstruire ce savoir faire et cette émulation qui n'ont cessés de s'accroître.
Quid de ces nouvelles règles, imposées par la mondialisation sur ces contrées éminemment traditionnelles ?
Espérons que l'Europe et l'état saura défendre, bec et ongle, ces sources de savoir séculaire.
PS : Je regrette aussi la proximité du pressoir ancien et de l'affiche Mac Do sur la photo !
De AbdulAziz
PEINARDE | 10H23 | 12/06/2008 |
Jausep ,il faut persuader McDo ,KFC ,Quick de vendre du pinard moins cher qu'le Coca/Pepsi.
Pressoir et Mc Do c'est le jazz et la java.
J'aime le vin,surtout le maconnais, le blanc de l'ile de Porquerolles, de Cassis et tous les autres.
Mais j'aime pas les alcooltests.
à AbdulAziz
De marie 75
3563
12H17 | 12/06/2008 |
(…)Sarko pas satisfait de sa flotte, pas de son vin non plus
Hasard du calendrier, ce même jour, Le Canard Enchaîné révélait que les dépenses de l'Elysée ont augmenté de 8,4% de 2006 à 2007. Des dépenses qui comprennent la réfection du Château, une progression du personnel élyséen de 957 à 1045 personnes soit une hausse de 10,9 %. « Les voyages officiels ont été multipliés par trois » écrit également Le Canard.
Sur son blog, Jean-Dominique Merchet, spécialiste des questions de défense de Libération rapporte une information savoureuse.
Dans le plus grand secret, le ministère de la Défense envisagerait d'acheter un airbus A330-200 « d'occasion » et de le transformer en avion présidentiel. Sorte d'Air Force One à la sauce Sarkozy. Coût de l'opération : 180 millions d'euros.
Le président ne serait pas satisfait de la « flotte » dont il dispose à l'heure actuelle et souhaiterait l'élargir.
Et en matière de flotte, l'hôte de l'Elysée en connaît un rayon… Le Canard rapporte que les dépenses qui ont connu la plus forte baisse depuis son arrivée au pouvoir sont celles qui concernent le vin, qui ont chuté de 44%. Les vignerons apprécieront… (..)
cf marianne
De Jaùsep
| 11H24 | 12/06/2008 |
@AbdulAziz
C'est vrai qu'avec 1100 restaurants et plus de 1,2 millions de repas/jour chez nous, Mc_Do France offrirait un secteur de vente étendu. : )
Mais j'imagine mal la qualité des vins français accompagner un big mag, un hamburger ou autres malbouffes servies dans ces établissements.
Là je crois que le coca tient bien sa place, l'odeur de friture convenant mieux au soda.
Après une bonne bouffe, arrosée comme il se doit, il n'est pas nécessaire de faire sa digestion au volant d'une voiture, bien d'autres activités peuvent suivre la dégustation, tout aussi agréables.
Celà permet d'écarter la nuisance des contrôles et autres éthylo_vinicides. : )
à Jaùsep
De cosmicludovic
guitariste ultra rock pop trash | 04H43 | 15/06/2008 |
Surtout le vin dans des godets en plastique, c'est super bon : (
De le poupre
contempleur | 08H51 | 13/06/2008 |
Les quels de oeufs les bio sont plus cher et il y a moins d'empoisonnements . Dans le vin de qualités normal y a des trucs empoissonnant c'est impressionnant même les vins soit disants de qualiter supérieur , y a les vins bio que je connais pas . Quand j'avais arrêtez de boire ils étaient rares a mon époque . IlS vous faudra demandés une rallonges pour votre salaire pour acheter des oeufs bio si vous êtes 4 par famille . Il en tient une couche Barnier comme le reste du gouvernement et leur chef d'escadrille Sarko .