Vin de spéculation contre vin de proximité

Le Spar de Philippe Quesnot à Grasse (Catherine Bernard)

Les évidences sont souvent aveuglantes. Il n'y a pas un monde du vin, mais des mondes, presque étanches, s'ignorant les uns les autres.

A Bordeaux vient de s'achever le marathon annuel des dégustations du millésime 2008 des grands crus et châteaux. S'y précipitent les négociants de la place, les acheteurs, français et étrangers, et les journalistes, français et étrangers aussi, soit quatre à cinq petits milliers de puissants du business du vin.

Ces dégustations sont supposées servir de référence pour fixer le prix des vins qui seront vendus en primeur en juin prochain, deux ans avant leur livraison. Un beau système que celui-là puisqu'il procure, aux producteurs une avance de trésorerie, à ceux qui les achètent, le sentiment d'avoir fait une bonne affaire, car, en principe, vendus moins cher.

Ces dégustations concernent uniquement les très grandes étiquettes (3% des vins produits dans l'appellation, mais 16% du chiffre d'affaires) et sont, en conséquence, très médiatiques. Cette année, il a été très peu question du vrai goût des vins dégustés mais beaucoup, des stocks que les négociants ont sur les bras, de la spéculation dont les millésimes 2006 et 2007 ont fait l'objet, atteignant des sommets astronomiques, de la braderie du 2005 à laquelle se sont livrés les investisseurs, en particulier américains et asiatiques, quand, à l'automne, la crise financière arriva.

Bien avant ces dégustations, répandue par les maisons de négoce et les acheteurs, en particulier britanniques, grands amateurs de Bordeaux, la rumeur a établi que le millésime 2008 était médiocre, peut-être le plus médiocre de ces dix dernières années. Les dégustations n'ont pas infirmé la rumeur.

L'ombre portée par les stocks et les prix atteints du temps de l'euphorie spéculative a définitivement donné aux vins de 2008 un mauvais goût. Dans deux-trois ans, à l'heure des foires aux vins de la grande distribution, il n'est pas à exclure que le discours aura opportunément changé, donnant à ce pauvre millésime un tout autre goût, sans que personne ne relève l'écart d'appréciation. Il y a dans ce « business must go on », les propriétaires des grands crus y participant, un déni qui vide le vin de sa substance.

Ce vin a le goût d'une plume qui viendrait caresser la peau

Pendant ce temps, je livrais. Pierre Ferrandez est l'un de mes premiers clients. Il tient depuis dix ans à Valbonne, sur la Côte d'Azur, un petit établissement qui fait cave, bar à vins et à jazz le vendredi soir, restauration. Il me sert un verre de rosé, un rosé très pâle. Ce vin a le goût d'une plume qui viendrait caresser la peau. Je ne sais pas le dire mieux. « Il n'y a que le rosé, un rosé discret comme celui-là, pour aller avec les délicats rougets », me dit-il.

Le bruit de la directive européenne qui autorisera la commercialisation de rosés obtenus par un assemblage de blanc et de rouge n'est pas venu jusqu'à ses oreilles. Le débat ne lui fait même pas lever le sourcil. Les grandes étiquettes comme les vrais et faux châteaux de la grande distribution sont des mondes qu'il ignore. Ce qui l'ennuie c'est qu'à Valbonne, il n'y a plus qu'un seul boulanger, un seul boucher, un seul primeur « qui ne vend pas des fruits et légumes mais de l'or », quatre ongleries. Oui, quatre ongleries.

Il m'emmène voir un de ses copains. Philippe Quesnot tient à Grasse, en face de la gare, un Spar qui fait aussi tabac, presse et « espace vins ». A l'intérieur, la surprise est double. On bute à l'entrée de la supérette sur une tête de gondole estampillée d'un « espace vins » inratable avec, sur les étagères des vins de vignerons, des vins que Philippe Quesnot aime parce qu'en bouche ils disent quelque chose d'unique et de particulier, des vins qu'il a dénichés dans les caves et dans les salons où l'ambiance est plutôt celle d'une réunion de famille que celle d'une foire.

A côté des salades, il y a un autre « espace vins », avec toujours des vins de vignerons, conservés dans une armoire frigorifique, prêts à boire. Au fond du magasin, entre les condiments et les eaux minérales, il y a un troisième rayonnage avec aussi des bouteilles de vin, mais celui-là n'est pas signalé comme un « espace vins ».

On y trouve les références que l'on trouve dans tous les rayons de toutes les supérettes de France et de Navarre. Ce sont les vins de la centrale d'achat. « Il faut de tout. Ceux qui aiment le vin ne se trompent pas de rayon. »

Comme Pierre Ferrandez, Philippe Quesnot connaît tous les hommes et femmes qui se cachent derrière la bouteille. Il les prend en photo, chaussés de grosses lunettes et de faux yeux. Ces photos ont fait un livre, « Vin d'yeux » (Editions Ellébore) et alimentent un blog collectif d'amateurs pour qui le vin est trop sérieux pour être pris au sérieux. Cela fait deux vies en une au service de la proximité.

« Chez Zem, le vin est bon »

Zem, un autre de mes clients, s'est rangé des tournées de spectacle, à Marnay, un village situé à une grosse vingtaine de kilomètres de Besançon. Un village ordinaire qui ne fait pas rêver. Il tient un établissement dans lequel on peut acheter du vin, des vins de vignerons, aussi, et consommer sur place, au comptoir ou sur une grande table d'hôtes. Ses clients sont sans distinction en bleu de travail ou en col blanc.

Ils habitent Marnay et d« autres villages ordinaires qui ne font pas rêver. Parfois ils viennent de Besançon. Ils vont chez Zem parce que “ chez Zem, le vin est bon ”. C'est un critère suffisant. La table et les verres sont une version moderne de la cheminée et des contes, plus vivants que la télé. Je trouve que les Zem, Quesnot et autres devraient être décorés du Mérite agricole.

Photo : Le Spar de Philippe Quesnot à Grasse (Catherine Bernard)

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Portrait de Pascal Riché

De Pascal Riché 7

Rue89 | 10H28 | 21/04/2009 | Permalien

Il faut se méfier des évidences aveuglantes. Au risque de te scandaliser, Catherine, je suis en général déçu par les vins « bios ». En revanche, je suis parfois surpris de trouver des vins excellents et pas trop cher « dans les rayons des supérettes de France et de Navarre » (dernièrement, un médoc 1998, cru bourgeois, chez Franprix à 9,50 euros)… Rien n'est simple !

Portrait de Tassin

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De Tassin 70606

Inquiet | 11H12 | 21/04/2009 | Permalien

Le bio ne préjuge en rien de la qualité d'un vin, c'est simplement le mode de production du raisin qui est soumis aux règles de l'agriculture biologique, pas la vinification. Enfin il me semble.

EDIT : Apparement c'est bien ça. http://vinbio.free.fr/france/vendange.html

Portrait de Humain

à Tassin Portrait de Tassin De Humain

11H32 | 21/04/2009 | Permalien

Pour traiter la vigne :
La bouillie bordelaise est un fongicide à base de sulfate de cuivre (20%) additionné à de la chaux, de couleur bleu turquoise.

Cette recette qui permet de lutter contre les maladies de la vigne est « toléré » par le « bio » ! !

En effet ce que nous nommons agriculture biologique en France, se nomme agriculture la « growing agriculture » ou encore « organic agriculture »….
Ce qui signifie agriculture sans chimie… A en conclure que le sulfate de cuivre et chaux n'est pas de la chimie…
Bref : rions un peu.
Le « bio » est avant tout un marché.

Portrait de pgs

à Humain Portrait de Humain De pgs

Informaticien freelance | 12H14 | 21/04/2009 | Permalien

Ça m'emmerderais grave que ça ne soit qu'un « concept'…

Portrait de Gudule

à Humain Portrait de Humain De Gudule

12H22 | 21/04/2009 | Permalien

Le bio est aussi un marché. Mais s'arrêter à ça est, comment,…simpliste ?

Si on regarde bien, tout est chimie puisque tout est ensemble de molécules.
La culture traditionnelle de la vigne est, avec les fruitiers, une des pires qui soit.

La culture biologique ne signifie pas « rien du tout », mais « autrement » et « mieux ».

Portrait de Astre-noir

à Gudule Portrait de Gudule De Astre-noir

13H41 | 21/04/2009 | Permalien

la culture bio, c'est » autrement » et « mieux » ?

Hum hum…Je n'en suis pas sûr !

Heureusement que l'apport de Cuivre a été limité depuis 2006 à 6kg par ha et par an.

Parce que le Cuivre est un phytotoxique très puissant. Et dans certains sols traités massivement à la bouillie bordelaise depuis des années, on a pu trouver des teneurs en Cu allant jusqu'à 200 mg/kg.

Le résultat : des sols devenus stériles.
Tant que des vieilles vignes sont en place, on ne s'en rend pas compte, car le cuivre s'accumule plutôt dans les horizons superficiels, et les racines de la vigne vont plutôt chercher les nutriments en profondeur, mais dès qu'on veut replanter : bernique, plus rien ne pousse !

Ce qui est la preuve qu'il vaut mieux se méfier des idées toutes faites, et que le bio peut aussi être mal fait et avoir des conséquences dommageables.

A tout prendre, je préfère un bon viticulteur, qu'il soit en bio ou non, plutôt qu'un mauvais bio.

Et comme décidément rien n'est simple, je suis obligé de reconnaître qu'un charlatan comme Nicolas Joly, apôtre (le mot est choisi à dessein) de la biodynamie, qui s'apparente plus à une démarche sectaire qu'à une pratique agricole, fait du très bon vin à la Coulée de Serrant.

Mais ceci dit, comme il a un terroir d'exception, je suis sûr qu'il ferait un vin aussi bon en utilisant des pratiques plus conventionnelles. Mais comme il a le monopole de l'appellation, on ne peut pas comparer

Portrait de Tassin

à Astre-noir Portrait de Astre-noir De Tassin 70606

Inquiet | 14H50 | 21/04/2009 | Permalien

« Heureusement que l'apport de Cuivre a été limité depuis 2006 à 6kg par ha et par an.

Parce que le Cuivre est un phytotoxique très puissant. Et dans certains sols traités massivement à la bouillie bordelaise depuis des années, on a pu trouver des teneurs en Cu allant jusqu'à 200 mg/kg. »

Il faut faire remarquer qu'en agriculture conventionnelle, il n'existe pas de seuil maximal d'utilisation de bouillie bordelaise.

Portrait de Astre-noir

à Tassin Portrait de Tassin De Astre-noir

15H34 | 21/04/2009 | Permalien

Tout simplement parce que le Cu n'est quasiment plus utilisé en agriculture conventionnelle : trop contraignant à mettre en oeuvre, trop de risques de se louper…
Le Cu n'est utilisable qu'en préventif, est facilement lessivable par les pluies. Dans les climats humides (Anjou, Bordelais), il nécessite trop d'interventions.

Il existe maintenant des produits curatifs et préventifs, et systémiques, qui permettent d'intervenir beaucoup moins souvent (et oui, quelque fois en conventionnel, on traite moins qu'en bio…) et plus efficacement

Portrait de Humain

à Humain Portrait de Humain De Humain

12H56 | 21/04/2009 | Permalien

Une info sur le Bio et le sulfate de cuivre…

Limites d'utilisation en agriculture bio sont les suivantes :

Extrait des recommendations :
« A compter du 1er janvier 2006, dans la limite maximale de 6 kilogrammes de cuivre par hectare et par an ». ( ! ! )

Donc sulfate de cuivre et chaux, oui dans le Biologique, parce qu'on a rien trouvé d'autre ! !

Comme quoi le business même en « bio » est une réalité !

Portrait de Fifidou

De Fifidou

Thésard en Physique | 11H09 | 21/04/2009 | Permalien

Peut être l'auteure pourrait répondre à cela mieux que moi, mais je donne quand même mon impression. Amateur « a peine » éclairé, j'ai l'impression que les bons vins sont souvent fait par des gens qui font attention à leur vigne et respectent leur terroir. Alors, que cette passion vienne en cultivant bio, ou pas, c'est à mon avis secondaire. Il doit aussi y avoir des vins Bio faits un peu par dessus la jambe, juste pour pouvoir mettre le pied dans un marché porteur et donner au client l'illusion qu'il va avoir un produit splendide.
Je suis parfaitement en accord avec Catherine sur l'importance d'un bon caviste. A paris, j'en connais une palanquée de franchement moyens, qui vendent plus cher du vin qu'on trouve aussi en supermarché. Un bon caviste, il sort un truc magnifique à tout les coups ou presque, qui correspond au type de vin qu'on lui a demandé. N'empèche que pour le cru bourgeois 1998 à 9€50, ça ressemble quand même à une bonne affaire. Je l'aurais vu à un Franprix, j'aurais vraiment eu peur que le vin était trop vieux.
Bref, je n'ai pas de conclusion, mais j'ai a peu près dit ce que je voulais dire

Portrait de Humain

à Fifidou Portrait de Fifidou De Humain

12H57 | 21/04/2009 | Permalien

Comme vous le dites… Il y a du « bio » pas terrible !

Une info sur le Bio et le sulfate de cuivre…

Limites d'utilisation en agriculture bio sont les suivantes :

Extrait des recommendations :
« A compter du 1er janvier 2006, dans la limite maximale de 6 kilogrammes de cuivre par hectare et par an ». ( ! ! )

Donc sulfate de cuivre et chaux, oui dans le Biologique, parce qu'on a rien trouvé d'autre ! !

Comme quoi le business même en « bio » est une réalité !

Portrait de Catherine Bernard

à Fifidou Portrait de Fifidou De Catherine Bernard (auteur)

Vigneronne | 18H07 | 21/04/2009 | Permalien

Je ne peux pas mieux répondre, et je souscris.

Portrait de Humain

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De Humain

11H09 | 21/04/2009 | Permalien

Pas trop cher ? Un vin à 9,50 Euros, hé bien ! !

Vous avez les moyens ; bling bling !

Portrait de Lemmy_Nothor

à Humain Portrait de Humain De Lemmy_Nothor

The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 11H32 | 21/04/2009 | Permalien

Bling bling a 9,50 ?
Chateau Petrus, Yquem etc…..la c'est bling…..et encore, seulement si l'utilisateur ne fait pas la difference entre ça et un Chateau Migraine….

Portrait de DBL8

à Lemmy_Nothor Portrait de Lemmy_Nothor De DBL8

Retraité | 12H51 | 21/04/2009 | Permalien

Exact, à 9€50 ce n'est pas du bling bling, dans ce cas comment faut-il appeler des bouteilles à 30 € ?
Là c'est carrément les cloches qu'il faut faire sonner ! !

Mais c'est vrai que je n'ai pas les moyens de mettre aussi cher dans une bouteille.

Portrait de Lemmy_Nothor

à DBL8 Portrait de DBL8 De Lemmy_Nothor

The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 13H03 | 21/04/2009 | Permalien

C'est pas le prix qui fait que c'est bling ou pas…..ce qui fait bling c'est celui qui achète ou qui boit ( parfois les deux ) quelque chose qu'il n'apprecie pas automatiquement, mais plutôt pour épater la galerie…

Moi je ne peux pas boire de vin…..ou si peu que je n'en achète jamais…..la bouteille est imbuvable après deux semaines ouverte.

Portrait de flixp

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De flixp

12H26 | 21/04/2009 | Permalien

le vin dans les superettes ou supermarchés est à boire et surtout à ne pas conserver. Il est transporté et entreposé dans des conditions abominables. Cela m'a été raconté par un responsable pinard d'une grande surface. Donc le 98 chez franprix à mon avis ne vaut pas le même 98 chez un bon caviste.

Portrait de Astre-noir

à flixp Portrait de flixp De Astre-noir

13H44 | 21/04/2009 | Permalien

Et vous croyez vraiment que le médoc cru bourgeois de 1998 traîne dans les rayons de Franprix depuis plus de 10 ans ?

Portrait de Guillaume H.

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De Guillaume H.

chimiste | 08H16 | 22/04/2009 | Permalien

Je suis assez d'accord pour le bio…c'est simple pourtant, qui dit bio dit une récolte sur des raisins un peu moins mûrs, d'où pour certains vins une perte évidente d'arômes.

Portrait de vinzoseerys

De vinzoseerys

Mâle Sain en Perpétuelle réflexion.... | 11H31 | 21/04/2009 | Permalien

« Ce vin a le goût d'une plume qui viendrait caresser la peau »

une description qui fait envie ! ! ! En ce retour de journées allongées et de soleil, j'ai hâte de déguster de bons rosés sur les terrasses des restos de la ville (peut-être aurai-je cette sensation)…

Portrait de Humain

à vinzoseerys Portrait de vinzoseerys De Humain

11H39 | 21/04/2009 | Permalien

Dépéchez vous, car dès demain le rosé sera un mélage de rouge et de blanc…
Il ne restera bientôt de ce vin rosé que son image.

Tout comme restera l'image de nos départements sur les plaques minéralogiques : un endroit virtuel !

(Réflexion perso :
Je m'étonne que l'Europe flingue les pécheurs et les vignerons avant les élections Européennes, et non après les élections ! Par manque de tact, manque d'interet ? )

Portrait de Gudule

à Humain Portrait de Humain De Gudule

12H23 | 21/04/2009 | Permalien

En même temps il y a une étiquette sur les bouteilles de pif. Faut la lire avant d'acheter.

Portrait de Humain

à Gudule Portrait de Gudule De Humain

13H01 | 21/04/2009 | Permalien

Faux… Lire l'étiquette d'un vvin n'est pas suffisant.

Prenez un rosé Australien : croyez vous qu'il y sera noté « mélange »… ? Vous riez ! !

A Tolérer ceci ou croire les réglements Européens vous acceptez que Bruxelle tue les régions, les vins, les vignes et les emplois ! !

Même l'huile d'olive est maintenant dénaturée… Mais Bruxelles l'accepte.

Portrait de Homer555

à Humain Portrait de Humain De Homer555

travailleur plus qui à gagné moins | 18H20 | 21/04/2009 | Permalien

J'attend de voir une adaptation de la règlementation des AOC avant de crier au loup. L'INAO veille encore. Il est clair que pour l'instant, un domaine de cote de Provence qui passera dans le coté obscur du mélange n'obtiendra plus l'appellation d'origine et sera reclassé en vin de pays.

De la même façon, je pense qu'une appellation cote de Provence se vendra mieux et plus cher sous AOC que sous vin de pays. Donc pour l'instant, hormis pour bazarder des invendus, ce n'est pas dans l'intérêt des producteurs AOC de passer au mélange.

Portrait de néthou

à Homer555 Portrait de Homer555 De néthou

fonctionnaire | 21H29 | 21/04/2009 | Permalien

« L'INAO veille encore »
C'est la meilleure de la semaine, celle-là.
Si depuis le temps l'INAO veillait vraiment au respect des AOC, ça se saurait, jeune homme. Le respect des AOC, par exemple, ça pourrait bêtement commencer par ne pas l'accorder pour des appellations qui ne le méritent manifestement pas. Ce que l'INAO n'a cessé de faire depuis 20 ans en jetant la notion de terroir aux orties depuis belle lurette.
Que pèse l'INAO face au marché mondial du vin ? Les viticulteurs languedociens (et d'ailleurs) qui montent régulièrement au créneau en se lamentant sur le marasme ambiant se tournent-ils vers l'INAO pour sauvegarder la qualité de leurs vins, ou plutôt pour lui demander, raisonnant à courte vue libérale, d'assouplir la règlementation en cours afin d'être compétitifs (du moins le croient-ils) face aux vins du nouveau-monde, qu'ils soient australiens, néo-zélandais ou d'amérique du sud ?

Portrait de Homer555

à néthou Portrait de néthou De Homer555

travailleur plus qui à gagné moins | 21H44 | 21/04/2009 | Permalien

3 mots contredits sur un commentaire complet ? Pas mal comme score…

Portrait de néthou

à Homer555 Portrait de Homer555 De néthou

fonctionnaire | 22H23 | 21/04/2009 | Permalien

Mesquin, va…
Ma bonté d'âme me perdra.
J'aurais aussi pu dire qu'à attendre une évolution de la règlementation des AOC, de l'eau aura coulé sous les ponts comme du Beaujolais le 3ème jeudi de novembre dans un bouchon lyonnais (ou singapourien, doit bien y » en avoir), que les « intérêts » des producteurs d'AOC doivent être aussi nombreux et variés qu'il y a de dits producteurs, et que si un vin rosé se vendra certes plus cher en AOC, il ne se vendra pas nécessairement mieux qu'un rosé trafiqué comme la règlementation européenne souhaite désormais l'autoriser. Si l'économie du vin était aussi simple, la viticulture française serait plus florissante que jamais et les vins étrangers ne nous tailleraient pas des croupières à l'exportation.
Que l'on ne se méprenne pas cependant : je serais des plus heureux que votre propos soit ultérieurement validé par les faits. Je crains malheureusement que l'on n'en prenne pas le chemin, depuis de nombreuses années déjà balisé…

Portrait de Yvon le Zébulon

De Yvon le Zébulon

L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 12H14 | 21/04/2009 | Permalien

« VIN DE SPECULATION CONTRE VIN DE PROXIMITE »

Bon sang mais c'est bien sur…
- Vin pour les riches…
- Piquette poison pour les autres…

PS : Il est interdit de faire de la Pub pour le vin, pas pour la Bière !

BONNE CUITE aux futurs chômeurs…car le listing est en préparation.

Portrait de DBL8

à Yvon le Zébulon Portrait de Yvon le Zébulon De DBL8

Retraité | 12H53 | 21/04/2009 | Permalien

Magnifique ! !
Merci.

Portrait de Manu de la bas

De Manu de la bas

Altermondialiste light | 12H30 | 21/04/2009 | Permalien

Article qui m'a d'autant plus intéressé puisque ex habitant de Grasse, j'ai pas mal pratiqué le Spar face à la gare les week end de panne de clopes, ainsi que le bar a vin de Valbonne, pour ses concerts et son patron mythique.
A noter cependant que la population de Valbonne est (ou était) en grande partie anglaise et visiblement susceptible de ne boire que du Bordeaux : o)

Toujours est il que j'ai pu pratiquer pendant un petit nombre d'année la tournée des petits vignerons du coin et que j'ai pu détecter certains trésor gustatifs qui auront certainement été cachés par la main des gros investisseurs pressés de faire valoir leur stock.

Comme pour tout, l'artisanat sera toujours mangé par les grosses pompes en cuirs des business men … mais seul un village (ou groupe) d'irréductibles gaulois résistent … groupe qui risque de s'étendre de plus en plus si ça continu comme ça !

J'en appelle à la résistance, à l'amour du terroir, et surtout au retour à l'age de pierre !

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