
Le vin rosé coupé, les jeunes et le cancer ? Je plante !
Tu as vu cette étude de l'Institut national du cancer (Inca) qui dit qu'au premier verre de vin on risque le cancer ? Tu as vu cette étude épidémiologique qui dit le contraire de ce que dit l'Inca ? Qu'attends-tu pour en parler ? Et l'Association des bons vivants, qu'attends-tu pour adhérer ? La réponse est : je plante.
En Languedoc, c'est le printemps, 29 degrés celsius au meilleur de la journée, les amandiers sont en fleurs. Je plante des mourvèdres, un cépage robuste, seigneur à Bandol, ombrageux ici. On dit de lui qu'il se plait la tête au soleil, les pieds dans l'eau, autant dire le mouton à cinq pattes de la viticulture. Mais voilà, j'aime ce cépage, son port dressé, son bois sec, ses raisins au goût un peu austère, un peu épicé, droit.
A la différence de la syrah, c'est un vrai méditerranéen, bien qu'on ne sache toujours pas bien s'il est plutôt provençal ou catalan. Le dictionnaire des noms de cépage du CNRS entretient le doute. Les premiers écrits le citant remontent à l'an 1349. Il répondait alors au nom de morrède.
Dans le silence du petit matin -aux premières heures du jour, le silence est plein-, j'ai planté 1800 pieds, un mètre entre chaque souche, deux mètres entre chaque rang. Ces pieds n'ont pas encore fait une feuille mais ils ont déjà une longue histoire. Ils proviennent des plus beaux sarments de vieux mourvèdres du Roussillon qui ont eux-mêmes déjà donné du vin.
Le vin a survécu à tous les chocs de l'histoire
Je suis allée les chercher un samedi de février il y un an. Un pépiniériste les a greffés sur des porte-greffe, seule solution qu'on ait à ce jour trouvé pour lutter contre le phylloxéra. Les greffés-soudés -c'est le nom du mariage entre le greffon et son porte-greffe, une vigne d'origine américaine- se sont acclimaté pendant un an chez un pépiniériste pour arriver cette semaine, un jour racine dans le calendrier lunaire, à Saint-Drézéry. Dans trois ans au mieux, cinq ans plus sûrement, ils donneront du raisin qui fera du vin. Plus ils vieilliront, plus leurs racines plongeront dans la terre, plus ils seront indifférents aux épisodes de sécheresse, plus ils seront équilibrés.
Je plante pour demain, pour les cinq, vingt ans à venir. Je plante en me disant que ce sont mes enfants ou ceux qui reprendront après moi les vignes qui en tireront le meilleur. Les mourvèdres survivront à plusieurs générations. Le vin qu'ils donneront survivra à ces générations. Le vin a survécu à tous les chocs de l'histoire.
Je viens de lire un livre absolument passionnant, érudit, sur l'histoire des relations entre les hommes de sciences, la vigne et le vin, de Lucius Columelle à Pasteur (Les hommes de science, la vigne et le vin , de l'Antiquité au XIXème siècle de Jean-Claude Martin, éditions Féret). En 1781, un certain Boisdecourt écrit, entre autres, dans « La Bibliothèque du cultivateur » : « aller chercher du plan dans ceux que l'on soupçonne avoir le plus de rapports avec son terrain ».
Dans son « Théâtre de l'agriculture et ménage des champs » (1600), Olivier de Serre pose les termes de ce qui lie l'homme au vin : « que celui qui est estimé homme de bien, qui a de bon vin ». En 1656, l'agronome italien André Baccio constate dans « Livres sur l'histoire naturelle des vins » que « les vins de Bordeaux s'améliorent en mer ». Le vin a toujours voyagé. La viticulture est une œuvre de réflexion. Tant qu'il y aura des hommes pour planter des vignes, il y en aura pour boire le vin. Il y a des choses plus puissantes que la toute puissance de la santé publique ou de l'économie.
Des vins rosés au corps inversement proportionnel à leur pâleur
Planter des vignes, c'est s'inscrire dans le présent pour l'à venir. C'est imaginer un vin. Sur le tracteur qui avance à cinq à l'heure entre les rangs, tandis qu'un autre arrose les plants un à un, les pensées vagabondent, s'envolent avec les bergeronnettes venues chercher à manger dans la terre fraîchement retournée. A Gagny en région parisienne, des jeunes ont attaqué des jeunes, à Winneneden, en Allemagne, un jeune a tué des jeunes.
D'année en année, sans qu'aucune ne ressemble à une autre -il n'y a que l'humain pour répéter-, les Provençaux font du rosé avec le mourvèdre. Sitôt vendangé, il est pressé jusqu'à ce que la peau rouge teinte le jus blanc de rose pâle. Le mourvèdre, cépage tannique, donne des vins rosés au corps inversement proportionnel à leur pâleur.
Un règlement européen adopté le 27 janvier dernier et qui a cette semaine soulevé de colère la France viticole va autoriser les producteurs à faire du rosé en mélangeant du vin blanc à du vin rouge.
Pour signifier la vulgarité marchande de ce règlement, on ne parle pas dans ce cas d'assemblage, mot noble pour désigner ce que l'on fait avec les bordeaux, mais de coupage, comme on coupait les vins du Languedoc avec ceux d'Algérie, comme cela continue à se faire en catimini avec des vins argentins ou d'autres pays viticoles à la rue, dans le but de commercialiser l'incommercialisable et/ou de vendre plus. Un geste donc pas joli-joli.
Je ne sais pas si les mourvèdres que j'ai plantés et arrosés un 12 mars 2009 feront du rosé. Ils donneront du vin qui aura le goût du vin. Les chiens aboient, la caravane passe
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De webastien
Développeur | 20H49 | 15/03/2009 |
« Un règlement européen adopté le 27 janvier dernier et qui a cette semaine soulevé de colère la France viticole va autoriser les producteurs à faire du rosé en mélangeant du vin blanc à du vin rouge. »
Moi je m'en fous, je n'aime que le rouge : -)
à webastien
De oui ben non
22H15 | 16/03/2009 |
Moi je ne m'en fous pas, pourtant je ne bois pas de vin : -)
De kawouede
21H05 | 15/03/2009 |
Merci pour l'éclairage rosé… Au fait y a marché des vins bio à Montreuil (93) samedi prochain (21 mars)
http://bouffonsbios.ouvaton.org/communique.htm
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nc | 22H12 | 15/03/2009 |
Non seulement votre article est passionnant, mais en plus il est très bien écrit : c'est un vrai plaisir que de vous lire.
Qui écrit bien parle bien et vit bien ; j'en déduis que votre vin doit être du même tonneau.
Je ne peux hélas, plus en boire. Mais rien ne m'empêche de le humer et d'y retrouver tous ses arômes comme dans ceux d'un parfum.
Merci.
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 22H48 | 15/03/2009 |
Tu es privé de vin ?
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 23H08 | 15/03/2009 |
D'alcool en général : j'ai poussé le bouchon trop loin, dans la picole… Je me suis fait eu comme un bleu. Donc, dans ces cas-là, ben t'as pas le choix : où t'arrêtes tout, ou tu meurs vite.
Mais comme j'ai pas mal d'avance sur le consommateur moyen et que je connais à peu près tous les secrets intimes de la bouteille, je me sens pas frustré du tout. Et surtout : y a toujours plein de bon vin à la maison pour les amis.
Même sans le boire, j'aime le vin. Quand il est bien fait, c'est le paradis.
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De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 01H01 | 16/03/2009 |
Eh beh…
Tu as dû bien profiter, en effet ; -)
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De oui ben non
22H18 | 16/03/2009 |
Bonjour, je m'appelle X et je suis alcoolique. Moi aussi j'ai de l'avance…
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 22H32 | 15/03/2009 |
Cette règlementation est une aberration.
Quand un client viens me voir et me demande si le rosé est un mélange entre le rouge et le blanc, je souris et je lui répond en lui expliquant les vraies raisons de cette couleur pale.
Maintenant, ce qui n'était qu'une croyance est devenu une réalité. Mon seul souhait est qu'on pourra les différencier très facilement.
à Homer555
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 22H50 | 15/03/2009 |
Il suffira d'expliquer aux clients que maintenant, on fait aussi du vin rosé en coupant de la piquette rouge avec de la pisse de vache. Ca aidera pour la pub de ce nouveau breuvage inutile.
à Homer555
De jaoc93
pas encore chomeur | 16H07 | 16/03/2009 |
Certes une aberration, mais ne serait-ce pas une méthode de fabrication du champagne rosé, cette méthode d'assemblage de vin rouge et blanc ?
Je ne suis pas si fin oenologue pour acclamer ou vilipender le champagne rosé, je constate qu'il existe et qu'il se consomme sans trop d'effort ni de mal de tête le lendemain.
Un bon (et honnête) vigneron pourra faire un bon rosé par cette méthode, s'il s'en donne la peine. Quant au mauvais…il pourra s'inspirer du beaujolais nouveau.
à jaoc93
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 18H31 | 16/03/2009 |
C'est vrai, le champagne rosé est élaboré en y ajoutant un chouia de bouzy en général. C'est quand même moins dérangeant, sachant que le pinot noir est déjà présent dans l'assemblage de base sous sa forme blanc.
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 22H48 | 15/03/2009 |
Le vin, le bon vin, protège du cancer du cul.
La démonstration empirique en est faite tous les jours.
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De hershellgordon
22H58 | 15/03/2009 |
et de la prostate…pas sûr…
à hershellgordon
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 23H03 | 15/03/2009 |
Le cancer de la prostate, c'est pas si grave, c'est purement physique.
Tandis que le cancer du cul attaque l'esprit, c'est plus embêtant…
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 23H09 | 15/03/2009 |
C'est vrai qu'il y en a qui ont la tête dans le cul…
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De hershellgordon
23H21 | 15/03/2009 |
c'est bien cela le problème du crabe…trop couard pour avancer et trop fier pour reculer…donc il marche de travers…mais bon je suis rasséréné…je n'ai que le cancer du cerveau…des idées…noires…
à hershellgordon
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nc | 23H26 | 15/03/2009 |
grmblblbgrmmblblblbrrrrrr…
à hershellgordon
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 23H34 | 15/03/2009 |
Laisse tes idées noires Hershellgordon (pfff, quel nom ! : -)) ) , jeudi c'est la fête ! De l'espoir plein les rues !
à Pseudo
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 23H42 | 15/03/2009 |
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 23H31 | 15/03/2009 |
http://www.dailymotion.com/video/x3e5hj_lhomme-qui-plantait-des-arbres-p…
à Numerosix
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nc | 23H53 | 15/03/2009 |
…Son chien, silencieux comme lui, était bienveillant, sans bassesse…
Qui fait de belles phrases comme celle-là, de nos jours ? Plus grand monde…
Ah ! Giono !
Et l'animation est splendide.
De affreuxjojo
00H04 | 16/03/2009 |
Planter aujourd'hui pour un produit qu'on aura dans 50 ans et poursuivre ainsi des traditions centenaires donne forcément un regard différent. Merci de savoir communiquer cela aux damnés du tout, tout de suite. Ceux qui savent attendre seront comblés.
De désenchantée
aucune | 01H01 | 16/03/2009 |
boire un p'ti coup c'est agréable boire un « ti coup c'est doux…. juste de temps en temps pour se mettre de la joie au coeur…..sinon s'abstenir !
à désenchantée
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 01H03 | 16/03/2009 |
Boire un gros coup, c'est pas mal non plus, tant qu'on boit du bon.
De Rezonor
Collectif | 03H26 | 16/03/2009 |
Votre diatribe « pro alcool » quoique parée des atours stylistiques de la poésie agreste qui tente de leurrer internautes et voisins nostalgiques de leurs origines paysanes ou rurales, ressemble beaucoup à de la publicité. Désolé, l'argutie de la fausse critique ou de la dignité de l'auguste planteur de mourvèdres ne prend pas.
L'agence de communication du lobby des « empoisonneurs » et autres phosphateurs, en gros et en détail, fait bien son sale boulot mais pas assez pour tromper la vigilance des citoyens sobres désirant le rester malgré la sophistique de votre argumentaire de représentant de commerce en « bonne franquette » convivialisante.
Hélas, que le spectre de la loi Evin écornée, trahie puis défigurée au lieu d'être développée et soutenue par les autorités de santé publique, ne dresse sa figure de commandeur au lieu d'autoriser les cuistres à se donner carrière, sous la protection de l'existence du pire (distillats, open bar, soft drink,…), ainsi qu'à toutes leurs ruses éculées de propagandistes patentés de la distribution de substances toxiques mettant en danger la vie d'autrui : il n'est que de lire matin, le lundi de préférence, dans la Dépêche du Midi, L'indépendant, Midi-Libre ou La Croix du Midi, toutes éditions confondues, le compte-rendu des accidents survenus nuitamment à la sortie des boîtes pour se convaincre que le désastre alcoolier n'attend ni l'heure de la cirrhose ni celle du cancer.
Le plus odieux est à venir : la majorité des personnels notoirement sous-payés parce que travaillant à la pièce ou à la tâche : la différence tient à la nature du travail (taille traitements, vendange) et considérés en conséquence, sont assez fréquemment, dans cette région, des personnes originaires du Maroc qui professent la confession musulmane, lesquelles n'ont donc pas accès à la dégustation des « produits » qu'elles suent sang et eau pour fournir aux seuls bénéfices d'entrepreneurs (c'est le terme consacré) sous-traitant pour le compte des propriétaires des conditions d'exploitation quasi-négrières : arbitraire, précarité totale, logements insalubres pour les saisonniers, chantage à l'obtention de condition d'accès au territoire français pour les proches, etc.
J'ai vécu dans cette région dont l'opacité entretenue par les propriétaires épaulés par des politiciens adonnés à un clientèlisme d'un autre âge est totale. La nomenclatura municipale se déduisant du cadastre, aux plus grosses surfaces les places avec en toile de fond la seule hochet de promotion pour la population récemment arrivée : l'arme démographique : en ces déserts humains, l'aritmétique électorale en tient un compte maniaque !
De grâce épargnez aux lecteurs vos allégations marketing de fond de bouteillon !
à Rezonor
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 03H38 | 16/03/2009 |
C'est d'un convenu, d'un politiquement correct, voire d'un politiquement débile, votre intervention…
En lisant : « des personnes originaires du Maroc qui professent la confession musulmane », j'ai presque eu l'impression que vous vouliez dire : « des bougnoules que vous exploitez ».
A chier…
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 07H28 | 16/03/2009 |
Allons , Hulk . Il n'est pas ininteressant de connaitre les arguments des politicars corrects qui nous préparent une société angoissante d » une tristesse infinie contre les barbares ultra libéraux .
Personnellement , je trouve que ce n'est pas un choix et je les déteste tous .
à Numerosix
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 10H55 | 16/03/2009 |
Le truc bien, avec les hygiénistes, c'est qu'on peut se torcher avec : on risque pas le staphylo culier.
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H38 | 16/03/2009 |
C''est vrai , tu leurs balances une mandale , c'est pas la douleur qui les inquiéte , c'est ta main qu » a pas été désinfectée juste avant …
Ces gens la voudraient des radars et des caméras alcotests automatiques tous les 500 m sur les routes …