
Le jour où le monde du vin a basculé (1/2) : vu de Napa Valley
Sort ces jours-ci en DVD « Bottle Shock », un film de Randall Miller, joli succès aux Etats-Unis, jamais diffusé dans les salles en France. Bottle Shock est une fiction tirée d'un livre sorti cet été dans sa version française, « Le Jugement de Paris » (éditions Gutenberg), lequel doit lui-même son titre à un article paru dans le magazine Time. (Voir la bande-annonce, en anglais)
Les deux sont de George M. Taber, correspondant de Time au moment des faits. Je ne sais pas ce que vaut le film. Le livre est passionnant. Il a, en plus, la saveur de ces plats que l'histoire passe et repasse avant qu'on en reconnaisse le goût, en l'espèce celui du millésime 1976 qui sonne, en France, dans le Languedoc, sur la RN 113, la fin d'un monde, et salue aux Etats-Unis, sur la route 66, l'avènement des vins du Nouveau monde.
Paris, le 24 mai 1976. Steven Spurrier, citoyen britannique, caviste respecté à Paris, organise une dégustation à l'aveugle mêlant des vins californiens et français (des grands bordeaux et bourgognes). Le jury réunit des dégustateurs incontestables, rien que des Français.
L'Anglais veut faire découvrir aux Français les vins californiens. Dans les deux catégories, blanc et rouge, les Californiens l'emportent sur les Français. Avec le talent pour la communication qui est le leur, les Américains le firent savoir et imposèrent deux genres qui ont depuis changé la face du monde du vin : les dégustations à l'aveugle comme étalon de classement (dont il y aurait beaucoup à dire), et les vins de cépages (dont il y a aussi beaucoup à dire).
La prohibition a changé le goût du vin des Américains
Partant de ce fichu « jugement de Paris », George Taber raconte la naissance du vignoble à Napa Valley (XIXe siècle), sa quasi mort avec la prohibition (1920-1933) et sa résurrection à la fin des années 50. Comme souvent dans l'histoire américaine, le vin californien est une histoire de pionniers, de fous pour tout dire, inscrite dans un Etat et une période l'un et l'autre contestataires, une aventure terriblement humaine. Je l'avais oubliée.
Le cousinage est frappant. Comme en France, le vin californien doit beaucoup à la religion catholique, les franciscains ayant fondé autant d'églises que de vignobles, 21. Grâce encore à la religion -et à la médecine et aux familles italiennes-, il échappe à la mort totale pendant la prohibition, Beaulieu, l'une des caves, devenant « “ La maison du vin d'autel”.
La prohibition -rampante aujourd'hui chez nous, disent certains-, a aussi pour effet de profondément modifier le goût du vin des Américains :
“Les consommateurs exigeaient maintenant deux sortes de vin, tous deux de très mauvaise qualité. (…) Le premier était un vin de table sec surnommé ‘Dago’, du nom du producteur italien qui en faisait une grande quantité. (…) L'autre était un vin doux, sucré. En 1935, les vins doux représentaient 81% de la production en Californie.”
Ainsi tombent les clichés, Coca-Cola n'est pas le “deus ex machina” du “vin universel, rond, sucré, vanillé”.
Napa Valley renaît grace à des pionniers, admirateurs du vin français
Après-guerre, les héros du “réveil” sont pêle-mêle des immigrés, Mike Grgich, débarqué de sa Croatie en 1958 à Napa Valey avec un béret noir et quelques dollars glissés dans les semelles de ses chaussures, des fils d'immigrés, Winiarski (fils de vigneron en polonais), des “pieds tendres de Los Angeles”, Jim Barret, avocat “souffrant de surmenage industriel” qui ressuscite Château Montelena et autres.
“Parfois, ils venaient seuls ; le plus souvent ils étaient en couple. Certains étaient milliardaires, d'autres n'étaient pas loin de la pauvreté. Ils arrivaient de tous les coins du pays. Tous avaient un parcours différent. (…)
Nombre d'entre eux étaient en quête d'un mode de vie plus proche de la nature. Comme les premiers pionniers arrivés en Californie près de deux siècles auparavant, ces nouveaux venus espéraient trouver un peu de terre et s'y construire un avenir.”
Dans les vignes et dans les caves, ils expérimentent, s'entraident, travaillent avec les universités. Tout est possible, du système D aux premières fermentations artificielles :
“En 1956, Bruce fit un peu de vin, avec des raisins du cépage concord, qu'il pressait de façon unique. Il mettait les raisins sur un grand morceau de plastique, qu'il repliait, avant de recouvrir l'ensemble de planches.
Puis il passait en voiture sur les planches. Pour finir, il versait le jus dans des bonbonnes de quatre litres où la fermentation commençait avec de la levure Fleischmann, utilisée en général pour le pain.”
Du stade artisanal à une industrie employant 200 000 personnes
Dans le lot, il y a Robert Mondavi. Se crée, écrit George Taber, “une fraternité viticole locale”. Ils ont pour modèle les vins français qu'ils boivent et reboivent :
“Après les avoir bus, ils plaçaient les bouteilles vides dans leur local de mise en bouteilles, presque comme des offrandes sacrées à Bacchus.”
George Taber termine ainsi son enquête :
“Ce qu'il y a de plus frappant en Californie, depuis la dégustation de Paris, c'est le bond effectué par la viticulture d'un stade artisanal à une industrie pesant 45 milliards de dollars de chiffre d'affaires, et employant 200 000 personnes.”
Les riches entrepreneurs de Silicon Valley ont commencé à chercher des maisons avec vue sur les vignes.
“Comme les Rothschild en France, un siècle auparavant, les nouveaux riches américains demandent au vin de les anoblir.”
Montredon, le 4 mars 1976. Deux petits mois avant la dégustation de Paris menant au firmament le Nouveau Monde, sur le pont de Montredon, dans les Corbières, la manifestation de vignerons tourne à la fusillade et se solde par deux morts, un chez les CRS, un chez les viticulteurs. Cela ressemble à une répétition des crises viticoles, dont la glorieuse de 1907.
C'est bien plutôt la fin d'un monde, une rupture. C'est par cette rupture qu'aujourd'hui je peux, comme d'autres étrangers, cultiver des vignes et faire du vin en Languedoc.
(Suite et fin, prochain épisode.)
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De Olivier_B
Lecteur régulier, commentateur épis... | 14H11 | 12/02/2009 |
De grâce, relisez-vous (à voix haut, par exemple)…ou mieux encore : demandez à quelqu'un d'autre de l'équipe de vous relire, car votre style est des plus confus.
« Montredon, le 4 mars 1976. Deux petits mois avant la dégustation de Paris menant au firmament le Nouveau Monde, sur le pont de Montredon, dans les Corbières, la manifestation de vignerons tourne à la fusillade et se solde par deux morts, un chez les CRS, un chez les viticulteurs. Cela ressemble à une répétition des crises viticoles, dont la glorieuse de 1907. »
Votre paragraphe est affreusement mal construit, coupé n'importe où et n'importe comment.
De p.
14H21 | 12/02/2009 |
Après « Le Monde selon Monsanto'
voir le film “Mondovino” qui vous fera détester les Michel Rolland, Robert Parker et autres Mondavi…
Sur ce, MANGEZ BIO
à p.
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 16H18 | 12/02/2009 |
Justement non.
La beauté de Mondovino est que les interviews se succèdes avec les arguments de chacun et ne prend à aucun moment parti. C'est rare qu'un documentaire n'oriente pas le débat dans un sens. Ce qui laisse à chacun le soin de se faire son idée.
En y repensant, je tire mon chapeau au réalisateur et au monteur de Mondovino.
à Homer555
De p.
16H31 | 12/02/2009 |
Mais ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! c'est moi qui prend parti ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
Je disais juste que ce documentaire montre bien (POUR MOI) l'avidité de gens comme Rolland, Parker et les Mondavi pour qui la cupidité semble être une philosophie de vie. Ils aiment le vin, mais ils aiment encore plus le fric.
JE PENSE que ce n'est pas le produit qui doit s'adapter au consommateur mais bien l'inverse.
PS pour ceux qui ont vu ce doc : Rolland ne vous a pas fait penser à un certain Nanard de la grande époque….. ?
à p.
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 13H02 | 13/02/2009 |
Rolland est quelqu'un qui ne se prend pas pour de la merde, c'est certain. Contrairement à ce que montrait mondovino, où on a l'impression qu'il gère complètement des crus, je dirait qu'il est un simple conseiller un peu comme ces cabinets de conseil markéting. Sauf que lui c'est du conseil œnologique. Maintenant suffisant ou pas, il faut reconnaitre qu'il a des connaissances. Il est, je dirais, un des personnages les moins importants du film et du monde bordelais.
Le consommateur qui s'adapte au vin… ce n'est pas si simple. Parker est LA référence au Etat Unis en matière de guide du vin. Et Parker considère qu'un rouge doit être boisé, fruit rouges, vanillé pour être bon. Je pense sincèrement que Parker n'a pas compris cette philosophie du terroir qu'on à, nous consommateurs, en France.
Malheureusement, un vin cité au Parker est sur de multiplier son chiffre d'affaire au Etat Unis (et inversement, un vin non cité ne s'imposera jamais là bas) et cela à mené à la standardisation mais seulement à cause des américains crédules qui n'ont pas cherché à comprendre le vin par eux même.car le guide parker n'est pas beaucoup écouté en France où le Hachette a une bien meilleure notoriété.
Cela à bien profité aux cabernets sauvignons qui s'y prête bien et donc aux bordelais.
Enfin, j'ai eu la chance de pouvoir observer les vignobles Magrez que vous connaissez surement. C'est sur, l'argent y coule à flot mais je dirais que c'est une constante dans le bordelais et dans une bien moindre mesure dans beaucoup de domaines des autres appellations. Magrez a 36 ou 37 châteaux sans compter la gestion des domaines de Depardieu. On peut dire aussi que c'est quelqu'un de très people, Les photo de célébrités (télé, sport, gastronomie…) constellent les châteaux. Cela dit son argent sert avant tout à la production des vins (pas d'hésitation sur le nombre d'employés, chais refais à neuf après le rachat du château, une grande majorité de futs neuf chaque année…). Des moyens quoi. Et puis la restauration et l'entretien des domaines, le rachat d'antiquité et leurs restauration (Le château pape clément contient une jolie structure métallique de type eiffel du début du siècle vitrée restaurée en salle de bal). Je trouve que c'est une belle manière de dépenser l'argent. Ce que je veux dire, c'est que l'argent du bordelais sert beaucoup à la mise en valeur du terroir. On est encore assez loin du vrai monde financier.
Mondavis est resté pour moi un personnage mystérieux
à p.
De Laquiche
se lève tôt pour gagner beaucoup mo... | 12H47 | 13/02/2009 |
« JE PENSE que ce n'est pas le produit qui doit s'adapter au consommateur mais bien l'inverse. »
Puisse Bacchus vous entendre ; )
Ca s'appelle la culture mais cette notion (pour ce qui est du vin et de tout les produits français) a disparue.
Alors aujourd'hui, le Vin Doit s'Adapter et non l'inverse. C'est à cause de ça que nous avons perdu nos parts de marché, nous n'avons pas été à l'écoute du consommateur.
C'est pas un souhait mais une question de vie ou de mort, nous en sommes réduit à ce niveau.
à Laquiche
De Shug
13H46 | 13/02/2009 |
La culture, ça s'éduque, et là je me demande si chaque maillon de la chaîne n'a pas sa part de responsabilité, du vigneron (pas toujours très enclin à dévoiler ses méthodes) au consommateur (qui ne cherche pas toujours vraiment à savoir ce qu'il boit) en passant par les centrales d'achat, certains négociants etc.
Et l'Etat ! Car c'est l'état qui décide des programmes scolaires, non ? Enfin je crois. Bref, je ne comprends toujours pas pourquoi il n'y a pas de cours d'oenologie qui soit prévu au programme dès le collège. C'est ça qui sauverait le Vin ! !
à Shug
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 18H30 | 13/02/2009 |
Avec une politique anti-alcoolisme des jeunes ? Les gens ne comprendrais pas.
J'ai entendu que l'état envisage d'interdire les foire aux vins pour protéger les jeunes. Je n'ai jamais, je dis bien JAMAIS vu un jeune de 15-20 ans faire des achats en foire au vin.
à Homer555
De Laquiche
se lève tôt pour gagner beaucoup mo... | 20H38 | 13/02/2009 |
En fait l'Etat ne souhaite pas interdire « directement » les foires aux vins mais les open bar en votant une loi dans ce sens., car consommation d'alcool « gratuite ».
Donc interdiction des dégustations gratuites, donc des foires aux vins. Très franchement je doute que ce ne soit amendé. Mais c'est quand même l'exemple que nos gouvernements successif et surtout les derniers en date se foutent royalement des conséquences.
De Chandrakhala
15H44 | 12/02/2009 |
Le roman est peut-être bon, mais pour avoir vu le film, je vous le déconseille : un long métrage mal filmé, sirupeux au possible, rempli de grosses ficelles (relations filiales, amours adolescentes, rivalité amoureuse, tout ça sur fond de compétition viticole et de difficultés financières), mettant sur un piédestal des héros idéalisés. J'espère que les vins californiens sont meilleurs que leurs films !
De Hélène Crié-Wiesner
Ecrivain, spécialisée en environnem... | 16H13 | 12/02/2009 |
Je suis arrivée au Etats-Unis en 2000, au Texas plus précisément. A cette « époque » encore, les vins offerts dans les pots professionnels et les fêtes - c'est à dire bus par les gens normaux - étaient immondes : servis dans des bouteilles de 2 litres, rouges rapeux ou outrageusement boisés, et pour le blanc, systématiquement du Chardonnay un peu sucré. Beurk ! Neuf ans plus tard, il est bien rare de se voir offrir ce genre de piquette, les gens seraient insultés.
Au Texas, des « vins de pays » commençaient à faire leur apparition. Très chers, trop cher pour la qualité tout de même inférieure à celle des vins californiens, mais on sentait que les nouveaux vignerons en voulaient. Maintenant, je suis en Caroline du Nord (Sud, mais côte Est), et les vins locaux de très bonne qualité pullulent. On se fait régulièrement des virées dans les vignobles, on achète en caisses, et on est très content d'avoir trouvé une alternative raisonnable aux vins de Californie, très, très chers, même pour les Américains.
Il paraît que la culture du raisin sur les anciens champs de tabac rend particulièrement bien. En plus, ici, pas besoin d'installer des ventilateurs géants pour éviter aux vignes le gel nocturne, comme en Californie, où la consommation d'énergie des vignerons est hallucinante. Si un jour, en France, vous tombez sur des bouteilles de Caroline du Nord, n'hésitez pas.
A part ça, les vins français, du moins ceux de qualité moyenne, restent moins chers que les vins locaux. Car oui, on trouve énormément de vins français aux Etats-Unis, et plus seulement dans les épiceries de luxe, comme c'était le cas il y a dix ans.
De Hélène Crié-Wiesner
Ecrivain, spécialisée en environnem... | 16H13 | 12/02/2009 |
Je suis arrivée au Etats-Unis en 2000, au Texas plus précisément. A cette « époque » encore, les vins offerts dans les pots professionnels et les fêtes - c'est à dire bus par les gens normaux - étaient immondes : servis dans des bouteilles de 2 litres, rouges rapeux ou outrageusement boisés, et pour le blanc, systématiquement du Chardonnay un peu sucré. Beurk ! Neuf ans plus tard, il est bien rare de se voir offrir ce genre de piquette, les gens seraient insultés.
Au Texas, des « vins de pays » commençaient à faire leur apparition. Très chers, trop cher pour la qualité tout de même inférieure à celle des vins californiens, mais on sentait que les nouveaux vignerons en voulaient. Maintenant, je suis en Caroline du Nord (Sud, mais côte Est), et les vins locaux de très bonne qualité pullulent. On se fait régulièrement des virées dans les vignobles, on achète en caisses, et on est très content d'avoir trouvé une alternative raisonnable aux vins de Californie, très, très chers, même pour les Américains.
Il paraît que la culture du raisin sur les anciens champs de tabac rend particulièrement bien. En plus, ici, pas besoin d'installer des ventilateurs géants pour éviter aux vignes le gel nocturne, comme en Californie, où la consommation d'énergie des vignerons est hallucinante. Si un jour, en France, vous tombez sur des bouteilles de Caroline du Nord, n'hésitez pas.
A part ça, les vins français, du moins ceux de qualité moyenne, restent moins chers que les vins locaux. Car oui, on trouve énormément de vins français aux Etats-Unis, et plus seulement dans les épiceries de luxe, comme c'était le cas il y a dix ans.
à Hélène Crié-Wiesner
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 16H22 | 12/02/2009 |
Il me semble qu'il y a des traitements supplémentaires avec les vins californiens comme un passage à la désalcoolisation qui doit aussi avoir un cout. Qu'en est t'il de nos jours ? Les californiens ont toujours recours à cette pratique ?
à Homer555
De Hélène Crié-Wiesner
Ecrivain, spécialisée en environnem... | 16H55 | 12/02/2009 |
Je ne savais pas qu'on ôtait l'alcool des vins en Californie. Pourquoi font-ils ça ? Perso, quand je vois trois verres de vin californien, ça me fait le même joyeux effet que trois verres de vin français.
à Hélène Crié-Wiesner
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 17H26 | 12/02/2009 |
Il me semble que à la production, le vin californien est beaucoup plus alcoolisé qu'un Français en raison du soleil beaucoup plus fort sur cette terre.
Je me souvient qu'a un moment, il fallait le mettre en camion citerne et l'emmener à l'usine de désalcoolisation. De mémoire, il faut retirer les arômes et les colorants. Ensuite, de l'eau + alcool qu'il reste, on retire une partie de l'alcool par évaporation avant de remettre les arômes + colorants. C'est tout un passage en usine.
Mais le monde du vin est en constant mouvement donc je ne sais pas si la pratique est encore rependue.
à Homer555
De RedIsDead
17H55 | 12/02/2009 |
Les vin ont tendance à contenir de plus en plus d'alcool, car, en général cela va de paire avec la concentration des arômes qui plaît tant au consommateur moyen.
Les vins produits sont de ce fait nettement plus impressionnants et, lors des dégustations, ils ressortent le plus souvent du lot ce qui dans une perspective commerciale n'est pas négligeable. Par ailleurs, les vins très alcoolisée et fruités sont souvent appelé « vin modernes » (Mondovino ? )
Normalement le taux d'alcool contenu dans un vin ne devrait pas dépassé 15°.
En fait, la pratique de la désalcoolisation permet surtout à un vin de conserver ses qualités aromatiques tout en restant à un niveau d'alcool acceptable. En France cette pratique est interdite et perçue, jusqu'ici, comme artificielle. Certain producteurs dénoncent ainsi une concurrence déloyale des vins du nouveau monde qui ne se mettent pas ce genre de barrières, alors que d'autre refusent toutes idées de manipulation « artificielle » des procédés de vinification.
On assiste ainsi à l'émergence d'une nouvelle culture oenophile qui prône le retour à des vins moins riches en alcool et plus fin perçu comme plus « authentiques ». Posant de la sorte les bases de l'eternel débat entre conservateurs et progressistes, mêlé cette fois ci à une guerre globale contre le « goût industriel » (trop intense pour être naturel…)
à RedIsDead
De Laquiche
se lève tôt pour gagner beaucoup mo... | 12H43 | 13/02/2009 |
Attention, la désalcoolisation sert souvent à obtenir des vins à des concentration d'alcool plus faible que la teneur minimale de l'appellation (souvent 8-9%vol). Cette pratique n'est pas interdite car pratiquée, même en france et légalement. Par contre elle sort du cahier des charges de l'AOC.
Les résultats de ces procédés sont très irréguliers mais j'ai été bluffé par certains vins dégustés à l'aveugle.
De jean-claude touvois
oh | 17H55 | 12/02/2009 |
Chére viticultrice,
J'avoue que j'ai un peu de mal à vous suivre, car que nous annoncez-vous ? L'arrivée de vins « étrangers » en France ?
Une nouvelle crise viticole ? La « gourmandise » des anglais pour les vins du monde y compris le nouveau ? La possibilité du faire du vin en Languedoc ?
Concernant les vins « étrangers » sur les tables françaises ; Depuis les vins de Chypre au 12éme siécle que les vénitiens livraient en carafe de cristal au bouchon de verre scellés à la poudre d'émeri, en passant par les vins de malvoisie venus de Gréce, le Tokay considéré comme le meilleur vin du monde depuis le 13éme siècle, le vin de Constance qui suivra Napoléon dans son exil de Sainte -Hélène, les riesling en vendange tardive au 19éme, sans parler du Xéres, du Pasto, de l'Amontillado… Et j'en passe.
Alors qu'aujourd'hui les vins de Californie, entre autres, arrivent sur nos tables, il n'y a là que rien de plus normal, mais certainement pas une rupture dans la chaine de l'histoire viticole mondiale.
Que les Anglais soient attirés par les « nouveaux vins »,. Ils ne font que continuer ce qu'ils ont toujours fait. Découvrir des vins, et les faire apprécier à travers le monde. C'est d'ailleurs en Angleterre au 18éme siécle que l'abbé Claude Arnoux établi dans le commerce du vin, constatant que le goût anglais est plus raffiné que celui des français y fait publier un lexique franco-anglais du vocabulaire oenologique.
Quand à la crise du vin…. Elle permet pour l'instant d'ouvrir des débats sur le type de vin qu'il faut développer, et là comme dans beaucoup de secteurs il y a les tenants du « productivisme » à gros rendements, de « l'élitisme » à gros prix, du « naturel » à découvrir et du plaisir à partager autours d'une bonne bouteille.
De mondrian14
06H07 | 13/02/2009 |
J'ai lu « Le Jugement de Paris » de George Taber qui est absolument merveilleux. Tous les amateurs de bons vins devrait se précipiter pour le lire. « Bottle Shock », le film inspiré de cette histoire, en revanche, est ridicule.
Le style de cet article n'est pas génial, mais le fond est bon…. (si je peux me permettre)
De brouzh
- | 16H06 | 13/02/2009 |
je dois dire que je ne suis pas d'accord avec le fait que « Mondovino » ne prenne pas parti. Même si l'auteur ne prends pas de parti de manière explicite, la manière de filmer, le choix des scènes, le choix des personnes interviewée bref, tout dans le film est fait de façon à orienter le spectateur vers une opinion.
Tout est fait pour montrer Rolland et Mondavi comme les gros méchants. Rappelons quand même que Robert Mondavi a été à lui seul une incroyable locomotive pour toute la viticulture californienne et que Rolland à fait connaitre et promouvoir des vins français aux 4 coins du globe (ce que les vignerons français ont bien du mal à faire).
Alors oui il faut faire attention à la standardisation et à l'uniformisation du gout mais il faut aussi arrêter de dénigrer ces personnalités qui jouent aussi leur role dans le monde viticole. Mondovino est certes très intéressant et clairement un documentaire à voir mais ce n'est pas la seule source d'information sur laquelle il faut se reposer…
De hedona
retraitée | 20H24 | 13/02/2009 |
L'effet Parker : corruption des liens entre vinocratie bordelaise et marché du vin. IL a introduit la prévarication mentale chez une élite de producteurs non plus soucieux de faire des vins conformes à leur appellation d'origine, mais sont devenus obsédés par les cotations d'un « gourou américain » se souciant comme une guigne des valeurs de l'A.O.C). Parker a été soutenu par des oenologues mercantiles.
Les foires aux vins ont par ailleurs transformé le consommateur en buveur d'étiquette.
Comme l'a écrit un journaliste (oublié qui) : Halte aux châteaux-moutons-de-panurge !
Personnellement, j'ai vu quelques petits trafics dans des dits châteaux et le nom de château me donne des boutons : ce ne sont que des pinardiers. Ras-le-bol de cette appellation « château ceci ou cela » pour la moindre petite parcelle de vignobles.
De ShowViniste
Blogueur et citoyen du vin | 00H18 | 14/02/2009 |
J'aime beaucoup la fin de votre article sur la fin d'un monde, la rupture qui vous permet aujourd'hui de faire du vin en Languedoc.
Car je vois bien dans ce vaste vignoble la montée de cette nouvelle génération qui nous propose des vins à l'opposé de la standardisation et du matraquage technologique de la vigne et du vin.
La nature s'équilibre, si d'un côté des concentrations vont se réaliser sous la pression d'un marché mondial forcément uniformisé, la chance des pays traditionnellement producteurs de vins comme la France c'est de pouvoir, en réaction, faire émerger un nouveau monde du vin, nature ou bio, par l'initiative de plusieurs centaines de vignerons, aspirés par une demande d'un marché de niche et poussés par leur propre racine, leur attachement charnel à leur terroir !
Ca explique la progression constante, en France, de la consommation et de la production des vins sous label bio (voir article)