
La mâche contre le muscadet : le progrès, c'est moderne
La mâche est une petite plante potagère sympathique. De plus en plus sympathique depuis qu'on la trouve en barquettes filmées (70 millions commercialisées), lavée, quasi prête à manger, toujours fraîche, tandis que sa lointaine cousine la laitue s'affaisse au premier coup de chaud ou de froid.
Elle s'accommode des poires aussi bien que du roquefort et, comme les chiffres du chômage et les fraises, est dessaisonalisée. Du temps de Ronsard, elle était au bassin de l'estuaire de la Loire ce que la roquette est au midi, une plante sauvage, au goût inimitable, douce amère, qui pointait avec le gel de l'hiver.
Avec les civelles (la pibale dans l'estuaire de la Gironde) et le muscadet, la mâche a formé le goût de générations de Nantais, dont le mien, puisque c'est quasi de là, côté nord de la Loire, que je viens. Les civelles sont devenues le caviar de l'estuaire, c'est-à-dire quelque chose qu'on ne mange pas tous les jours et même plus du tout, tandis que l'on peut depuis quelques années déjà mâcher de la mâche tous les jours, en toute saison, à Paris comme dans le Midi. Il est bien plus facile de trouver de la mâche que du muscadet. Les maraîchers nantais en produisent 32 000 tonnes. La progression est fulgurante : le double en dix ans.

Je ne m'étais jusqu'à maintenant jamais demandé comment un tel miracle –manger de la mâche à Montpellier de septembre à avril- était possible. A Noël, en allant rendre visite à des collègues vignerons, j'ai vu, là où, dans mon souvenir il y avait des vignes, des lignes et des lignes éblouissantes de tunnel de plastique blanc, faisant penser à des lacs ou des taches de neige, au choix.
« Ici, une vigne vaut le prix de l'arrachage plus celui de la terre, soit entre 8 000 et 10 000 euros l'hectare. Les maraîchers en offrent le double pour cultiver la mâche », m'a expliqué Marc Pesnot, un des vignerons auquel le muscadet doit beaucoup. L'hiver dernier, il a tenté de s'opposer à l'arrachage d'une parcelle de vignes jouxtant les siennes sur la commune du Loroux-Bottereau. Un jeune voulait s'y installer. Il a téléphoné au président du syndicat de défense de l'appellation et à la Safer (Société d'aménagement foncier de l'espace rural). On lui a répondu :
« Contre les lotissements et les routes on peut faire quelque chose, mais contre les maraîchers, on ne peut rien. C'est une histoire entre agriculteurs. »
Il a insisté : « Mais enfin, ces terres sont classées en AOC (appellation d'origine contrôlée) ! » Ça ne change rien. Depuis, il y a des tunnels de mâche, laquelle, je l'apprends sur l »un des sites de la mâche est aussi une indication géographique protégée. On n'arrête pas le progrès.
L'offre et la demande faisant loi, à l'étroit sur Saint-Julien de Concelles et la Chapelle-Basse-Mer, proches de la Loire, donc du sable et de l'eau dont la mâche a besoin, les maraîchers grignotent sur les communes voisines. La culture de la mâche s'étend désormais sur 6 500 hectares, celle du muscadet sur 11 000 hectares. La première a doublé ses surfaces, la seconde a perdu 2 000 hectares.

Le miracle, c'est le génie de l'homme qui a dessaisonalisé et automatisé de A à Z la culture de celle qu'on appelle aussi la boursette, la blanchette, la galinette, l'herbe douce et d'autres petits noms. Les terres à vignes sont transformées en terres à mâche. Les roches sont concassées. Les cailloux sont extraits. On rajoute du sable. On installe l'eau. On aplanit. On place des arceaux. On sème. On filme en même temps qu'on traite (une injection). Au bout de trois semaines, on récolte. On peut visualiser ce progrès dans la vidéo proposée par le site de l'un des groupements de producteurs.
Vous me direz, et alors ? Alors, comme là où s'élèvent les pins, là où pousse la mâche, plus rien d'autre ne pousse, surtout pas de la vigne. Quelques heures suffisent à détruire un sol. Des milliers d'années sont nécessaires avant qu'il se constitue. Le terroir du muscadet est une mosaïque de sols où affleurent les roches dites mères, exprimant des nuances à l'infini, du minéral au cristallin.
Le muscadet est un petit cousin du Languedoc (je relève au passage que, me concernant, l'exil est ainsi une réalité toute relative). Ces deux vignobles ont du mal à totalement se défaire de la réputation de produire de petits vins, et sont, en conséquence, toujours prêts à bazarder leur patrimoine au mieux disant. Une bouteille de muscadet coûte à peine plus cher qu'une barquette de mâche. Pourtant, quand il a été bien travaillé et qu'on lui laisse le temps de vieillir, comme s'il se souvenait de ses origines, le melon de bourgogne, le cépage unique de l'appellation, « meursaulte ». Souvent, la mâche n'a plus qu'un lointain goût avec la petite plante potagère sauvage. Après nous les mouches vertes.
Photos : la mâche, une salade de plus en plus sympathique depuis qu'elle pousse en barquette (DR). Près de chez Marc Pesnot, au Loroux Bottereau : quelques heures suffisent à détruire un sol (Marc Pesnot). Culture de la mâche, comme des lacs ou des taches de neige (Marc Pesnot).
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De jean.jean
étudiant en écologie | 18H07 | 20/01/2009 |
« Alors, comme là où s'élèvent les pins, là où pousse la mâche, plus rien d'autre ne pousse, surtout pas de la vigne. Quelques heures suffisent à détruire un sol. »
Je n'y connait rien et je me demande en quoi le sol est il détruit par la culture ?
à jean.jean
De sup. à la demande du riverain 24.09.09
18H36 | 20/01/2009 |
On met du sable, regardez les photos. Et je ne parle pas des pesticides et des engrais (mais ça ça existe aussi pour le vin).
« Quelques heures suffisent à détruire un sol. Des milliers d'années sont nécessaires avant qu'il se constitue. “ C'est ça le génie de ‘la modernité’.
Si on sacrifie même le patrimoine du pinard dans ce pays…
à sup. à la demande du riverain 24.09.09
De jabier
31087
consultant dans les Landes | 19H27 | 20/01/2009 |
Le sable est dragué au large de l'estuaire de la Loire au nord de Noirmoutier, puis une péniche surchargée le ramène vers les lieux de cultures.
à jabier
De karlM
19H57 | 20/01/2009 |
chez nous on cherche des terres pour faire du maraichage bio local et la SAFER nous emmerde comment s'en débarrasser ?
Les primes européennes,aussi, plus y a d'hectares, plus y a de subventions font que se sont les gros qui grossissent…toujours petitement (200 hectares ! ! ) par rapport aux gros céréaliers de la Beauce (qui n'a plus qu'un sol stérile)
à jean.jean
De kazhkoad
- | 18H34 | 20/01/2009 |
Alors, comme là où s'élèvent les pins, là où pousse la mâche, plus rien d'autre ne pousse, :
les pins n'ont jamais rien empêché de pousser (celà acidifie un peu le sol, comme le hêtre mais ne produit pas de toxines comme l'eucalyptus… ! ! !
Par contre la culture intensive sans repos (travail du sol toutes les 3 semaines et moult produits chimiques, sans amendements organiques), elle, peut détruire un sol !
Ne comparont pas les méfaits d'une agriculture productiviste à l'extrême et une légère tendance naturelle d'une essence résineuse !
à kazhkoad
De Galciv
Mandarin | 18H56 | 20/01/2009 |
Si je me souviens bien, les aiguilles de certains résineux comme les ifs acidifie progressivement mais profondément le sol. A un point que parfois seule la bruyère arrive à s'y implanter !
à Galciv
De kazhkoad
- | 21H20 | 20/01/2009 |
si vous voyez un jour une forêt d'ifs, faut me le dire ! je n'en ai jamais vu ; un ou quelques ifs isolés dans une forêt ok, et dans ce cas l'impact sur le sol est faible notamment s'ils sont sous des feuillus à dégradation des feuilles rapide
à Galciv
De kazhkoad
- | 22H45 | 20/01/2009 |
Souvent c'est parceque le sol est acide et pauvre et qu'aucune essence à part le pin ne peut supporter un tel sol où on peut retrouver de la bruyère, qu'on y trouve du pin et pas l'inverse…
et parfois, il a du mal à s'y régénérer pour diverses raisons au nombre desquelles on peut trouver des toxines diffusées par la callune (espèce proche des bruyères).
Les pins ont souvent une mauvaise réputation mais ils sont naturellement adaptés aux sols ingrats, et pour de nombreuses régions en France, il s'agit d'une essence autochtone et non introduite…
à Galciv
De Desiderio
10H14 | 21/01/2009 |
Et c'est pourquoi la Champagne qui a été largement replantée en résineux au cours du XIXe s., notamment sous Napoléon III, n'a jamais pu être l'une des plus grandes régions viticoles et agricoles de France…
à Desiderio
De kazhkoad
- | 19H35 | 21/01/2009 |
Les sols où poussent la vigne sont souvent impropres à la plupart des autres cultures et ne sont pas forcément (loin s'en faut) de bons sols pour la forêt !
à jean.jean
De guilapeyre
21H03 | 20/01/2009 |
Bonsoir
Comme expliqué plus bas, les cultures intensives telle que pratiquées dans le cas de la mâche appauvrissent le sol parce que la succession d'opérations culturales mécaniques et chimiques épuisent rapidement la réserve disponible en éléments minéraux que tout sol cultivé ou non, contient.
Réserve contenue dans des proportions plus ou moins importantes en fonction de la nature géologique et de ce qu'il y pousse : un sol de pinède est ainsi assez peu riche en règle général, un sol sur lequel pousse du blé dans la Beauce également, un sol forestier planté de Chêne est beaucoup plus fertile.
Ainsi les sols s'épuisent progressivement : l'humus ( qui est le résultat de la dégradation des matières organiques apportées en surface et l'un des fournisseurs en sels minéraux indispensables à la croissance des la plupart des végétaux, cultivés ou non) disparaît car il n'y a plus d'apport en matières organiques fraîches et que la vie biologique (oui car un sol qui n'est pas cultivé comme celui de la mâche c'est plein de petites bêtes et micro-organismes très gloutons) qui permet leurs dégradation est peu à peu anéantie.
Le travail du sol et les traitements chimiques répétés (engrais et protection contre les parasites) finissent d'achever le travail et l'on se retrouve en un rien de temps avec un sol maintenu sous perfusion pour qu'y pousse quelques malheureuses feuilles de salades… et rien d'autre naturellement avant longtemps.
Mais les sols des vignes ne sont pas épargnés et les techniques culturales sont peu ou prou les mêmes. En Languedoc, il faut faire du chemin avant de trouver dans les sols des vignes un ver de terre qui gesticule. Ces sols sont devenus, à force de culture intensive et inadaptée, des « supports de culture », comme ceux dans lesquels l'on fait pousser des plantes en pots, avec force engrais et produits de traitement.
Quant aux sols où poussent des Pins, vous êtes étudiant en écologie, vous devriez connaître vous même la réponse : allez faire un tour dans les forêts landaises pour vous en convaincre.
Bonne soirée et au plaisir de vous lire.
à guilapeyre
De karlM
07H03 | 21/01/2009 |
voir les chercheurs claude et lydia bourguignon, spécialiste des sols
à karlM
De guilapeyre
12H24 | 21/01/2009 |
Tout à fait d'accord :
Une vidéo sur Claude BOURGUIGNON et ses travaux
http://fr.youtube.com/watch ? v=vzMhB1fgWew
De ljos
photographe / géologue | 19H11 | 20/01/2009 |
mouais …. en même temps qu'est ce qu'il vaut mieux ?
… un carré de mache ?
… ou un carré de pavillon ?
quitte à choisir …
il y a trop d'Ha de vignes en France par rapport à la consommation qui chute … même soucis ici en Savoie … perso, je suis pas contre moins d'Ha de vignes, pour plus de qualités de vin … .en Savoie ça a du mal à changer … mais certains ont compris qu'on ne peut pas continuer à faire des hectolitres de piquettes. La Cristaline a remplacé le pinard à table … et les jeunes boivent de la vodka aromatisée ….
quant aux pesticides … hum … les vignerons ont toujours eu la main lourde là dessus, c'est une des cultures qui en utilisent le plus.
reste le sol … qui change … mais un sol ne met pas plusieurs milliers d'années à se refaire, surtout pas celui de la vigne qui est intégralement façonné par la main de l'homme … en qqes dizaines d'années.
pour finir … c'est marrant … on s'inquiète des Ha de sol de vignes détruits … on ne s'inquiète pas du tout des milliers de km² de sols de la Beauce complètement anéanties où plus aucun insecte ne se trouve ou presque. La Beauce devrait être un désert sans l'apport massif d'engrais …. mais ça … tout le monde s'en fout.
à ljos
De Cataphractaire
Asen | 20H34 | 20/01/2009 |
>Sauf qu'une agriculture productiviste pollue les terres voisines. Les engrais empêchent une production de qualité du vin.
Et non une terre n'est pas aussi facile à reconstruire. Parce qu'avec une agriculture intensive les sols sont délavés facilement : irrigation à outrance, pas de plante (mis à part celle mise en culture) pour stopper cette eau qui emporte tous les sels minéraux.
De plus l'irrigation apporte un autre problème : un apport massif d'eau. Or la vigne, pour faire un vin d'un peu de qualité nécessite peu d'eau ou tout du moins une maîtrise se son apport.
« La Beauce devrait être un désert sans l'apport massif d'engrais ». Faux. Les sols ne nécessite pas (ou peu) d'engrais pour produire les cultures adaptées. Il faut revenir à une production adaptée au terroir : sol, culture locale et agriculture environnante.
Ce genre de discours pro-engrais a détruit la Bretagne et on a des dérogations sur la qualité de l'eau pour satisfaire le lobby de la FNSEA. Ces personnes reçoivent des subventions pour en recevoir toujours plus. Et quand les subventions vont s'arrêter les sols seront détruits, personne ne pourra financer leur réhabilitation, et la crise sociales sera encore pire.
Suivez le nouveau modèle agricole breton d'André Pochon !
à ljos
De Albert Fulor
15H22 | 21/01/2009 |
Concernant le Pays nantais, on arrache les vignes pour pouvoir à terme construire des pavillons. Le vignoble jouxte l'agglo.
Il faut savoir qu'en 10 ans c'est léquivalent d'un département français qui a été artificialisé. A cette vitesse là, il n'y aura plus de place en France pour cultiver, tandis que la population mondiale augmente et que beaucoup de terres se désertifient.
De jabier 31087
consultant dans les Landes | 19H18 | 20/01/2009 |
Savez vous qu'on peut en ramasser, sauvages, dans nos prairies.
Le goût n'a rien à voir.\ ; o))
De ToRDReLoRDRE
chien de talus | 19H55 | 20/01/2009 |
si vous avez un jardin, vous en semez au début de l'hiver sur les plates-bandes vacantes et ça pousse tout seul, vous enfouissez ce qui n'a pas été consommé au printemps et ça fait un engrais vert.
De TARPON
19H59 | 20/01/2009 |
c'est donc pour ça qu'un peu partout ,les immeubles,les trains ,on voit de petits panneaux « Attention à la mache ».
De Spiripotain
dilettante | 20H41 | 20/01/2009 |
Merci pour vôtre article qui met en relief une évolution catastrophique propre à la région nantaise mais dont, très certainement, on trouverait les équivalent ailleurs. Vous pointez très bien le manque de confiance des viticulteurs dans leur vin et l'appêtit insassiable des maraîchers.
Je vais néanmoins prendre moins de précautions que vous. Beaucoup de viticulteurs de la région nantaise ont d'autant moins confiance en leur propre production qu'ils savent très bien ce qu'ils font. Sous prétexte d'une mauvaise qualité de la terre, d'un temps humide, ils sulfatent à tout va. Les terres sont tellement lessivées par les désherbants que, des années et des années après l'arrachage d'une vigne, il est impossible d'y faire pousser quoi que ce soit. Mais le chauvinisme local fait passer toute honte. Et le premier qui critique est invité à déménager…
Quand on mesure la différence avec les viticulteurs de la vallée du Rhône, qui cherchent, inventent, innovent, retrouvent d'anciens cépages, etc… on est consterné.
Donc, le vin n'étant pas toujours très bon et personne n'ayant l'idée de pratiquer un autre type de viticulture, plus respectueuse de la terre, le vin se vend peu cher, du coup la tentation de vendre les parcelles en terrain constructible est irrésistible. A défaut de satisfaction professionnelle, autant s'en mettre plein les poches…
Voilà qu'arrivent les maraîchers, plus avides encore. On rase les haies à coup de bulldozers, on étale une couche de sable et on fait pousser x récoiltes de poireaux ou de mâche par an, à grand renfort d'engrais et de pesticides. J'oublie les glaieuls et le muguet. On couvre le sable de tunnels en plastique, pour forcer la pousse. Le plastique est discrètement brûlé à l'air libre, de nuit. Ou mieux, enterré, toujours de nuit (2 procès-verbaux dans ma commune à ce sujet). Je passe sur les syndicats interdits,le travail de forçat, etc…
J'ajouterais bien l'enfouissage discret de carcasses de voiture dans les sols instables gagnés sur la Loire mais on ne me croirait pas.
Dénoncer, protester serait peine perdue ! Ce mot, de la bouche même d'un conseiller régional (PS) auquel je dénonçais ces pratiques : On ne touche pas aux maraichers !
Quand au monde agricole, inutile d'engager le débat sur la pollution, le massacre du paysage ou qui que ce soit lorsqu'on n'est pas issu du milieu. Au mieux reçoit en guise de fin de non-recevoir : « il faut bien que tout le monde vive ! »
Alors que faire ? Attendre que des hectares de lotissements alternant avec des hectares de maraichages recouvrent le tout ? Après tout, il y a d'autres belles régions en France. Ces gens là ont raison, finalement, on peut toujours aller habiter ailleurs.
De erpe
retraité | 20H57 | 20/01/2009 |
Quand j'etais minot dans le sud de Nantes, dans le pays du muscadet nous ramassions sans problème la mache, comme les pissenlits au pieds des ceps de vigne.
Alors pourquoi ne pas la cultiver au milieu des vignes sans modifier la structure de la terre, sans arracher la vigne.
De nemo3637
Déchoukeur | 21H12 | 20/01/2009 |
On en apprend beaucoup ici sur cette petite salade.
La dernière fois que j'en ai mangé c'était à La Pignatta, ma cantine préférée quand je vais à Paris, rue d'Orsel. Elle accompagnait à merveille une pizza au jambon de montagne. Plaisir simple.
Dans les vignes, la mache ? Me méfiant des traitements chimiques, je n'y cueillais que des poireaux sauvages à la saveur inégalée . C'était en des temps de « vaches maigres ».
Vivre à la campagne procure, même si on n'a pas trop d'argent des plaisirs rares, comme une sauce au cerfeuil.
De nicogé
le colporteur | 21H56 | 20/01/2009 |
mangeons bio, de saison et si possible de noter jardin, OK.
ceci dit, la culture intensive la vigne, c'est horrible aussi.
De moravagine
Observateur désabusé | 22H23 | 20/01/2009 |
Bravo !
Modeste enseignant de lettres (hé oui ça existe ! ) dans un lycée agricole normand, je me régale des articles que vous écrivez ! Mais je me régale aussi des réactions des lecteurs qui, même en désaccord profond, essayent d'expliquer leurs positions sans vouloir écraser leurs interlocuteurs de certitudes.
Par contre j'ai du mal à croire qu'en quelques heures on puisse sabrer un sol mis au point par le travail des ans sur plusieurs millénaires ! Ceci dit, je ne suis pas spécialiste, tout au plus amateur de muscadet alors que la mâche … ben, je m'en passe assez volontiers !
Continuez à décrire vos expériences ! Très intéressant !
Amicalement
à moravagine
De kazhkoad
- | 22H33 | 20/01/2009 |
« un sol mis au point par le travail des ans sur plusieurs millénaires ! “
effectivement l'homme détruit (peut être pas en quelques heures mais en quelques décennies sous nos climats, beaucoup moins ailleurs) : cf les rapports de la FAO sur la perte de sols dans le monde ; et la France avec notamment ses zones céréalières ou de maïsiculture, n'est pas en reste !
Il existe des terres qui sont semées tous les ans en maïs depuis 3 ou 4 decennies avec apport de pesticides dont Atrazine jusqu'à il y a quelques années, avec des exportations jamais compensées par le moindre apport de fumier ou d'autre amendement organique, avec un travail du sol toujours le même à la même profondeur… Celà représente une part importante de la SAU française et pas besoin d'être ingénieur agronome pour comprendre que celà consiste à aller à fond dans le mur (l'accélérateur étant notamment les pesticides et les engrais )
à moravagine
De Mich de Solignac
68 tard | 13H48 | 21/01/2009 |
On peut aimer la Mâche et le muscadet.
C'est mon cas.
Comme chacun sait salade (vinaigrée) et vin ne font pas bon ménage.
Alors je vous conseille : arrosez votre repas de muscadet.
Sur la fin : un petite mâche, agrémentée d'huile de noix ou de noisette et vous verrez : vous ne pourrez plus vous en passer !
Et c'est bon pour la santé. Pour le moins autant que le mumu.
De Karg se
Ingénieur agronome en recherche d'e... | 22H25 | 20/01/2009 |
Rajouter une couche fine de sable va surement pas tuer un sol, sachant qu'a la base les sols viticoles sont les plus pollués, vue que c'est la culture la plus consommatrice de produit phytosanitaires, avec l'arboriculture.
Franchement vaut mieux de la mâche, sur un cycle rapide dans sans trop de maladie, que faire de la vigne en faisant 40 traitements par ans pour espérer récolter quelque chose.
Après si ça gène certains de voir des gens gagner de l'argent par le travail, qu'ils aillent dans un pays pauvre.
à Karg se
De Spiripotain
dilettante | 11H02 | 21/01/2009 |
L'agriculture intensive a encore ses thuriféraires. Qu'ils soient ingénieurs agricoles n'étonnera personne.
L'arguement qui nous invite à aller vivre dans un pays pauvre rappelle le temps où faute d'argumentr, les gens de Droite rétorquaient : Allez vivre en URSS !
Vous savez mieux que quiconque qu'un grand nombre de pays pauvres, africains entre autres, le sont parce que le FMI leur a imposé la monoculture intensive (coton, par exemple).
De domino78
22H34 | 20/01/2009 |
Savez que dans le Nord – Pas de Calais, la mâche est connue sous le nom de « salade de blé » ?
Car autrefois, on la faisait pousser, une fois le blé coupé, fin Août, entre les rangs avant de labourer en hiver.
Une autre salade est délicieuse et se marrie très bien avec la salade de blé : l'endive, appelée aussi « chicon » dans le Nord.
De argiope
chatouille ou pique, c'est selon | 22H52 | 20/01/2009 |
Primo, la mâche c'est une plante d'hiver qui monte tout de suite à graine dès les premiers beaux jours, à semer en août au plus tôt (je me demande comment ils font les maraîchers pour empêcher ça en le faisant pousser en toute saison).

Deusio, c'est une des rares plantes à supporter le gel, et la seule salade verte que l'on peut récolter en plein hiver ; c'est aberrant de la cultiver à un autre moment.
Troisio, c'est justement quand elle a eu bien froid qu'elle est bonne, elle forme des petites rosettes très compactes et croquantes et goûteuses à souhait, rien à voir avec les grandes feuilles molles insipides en barquettes. Par exemple : la coquille de Louviers (à comparer avec la photo de l'article)
Une fois de plus, l'industrie nous fait prendre des vessies pour des lanternes.
Pour finir : la mâche s'appelle aussi « rampon » et le rampon c'est bon avec des lardons des oeufs mollets et un filet d'huile de noix.