
Métaux lourds et pesticides dans le vin : l'omerta française
Une nouvelle étude sur la présence de produits nocifs dans les vins français est passée totalement sous silence ici.

L'information est arrivée à bas bruit. Pas comme toutes ces études épatantes qui nous disent sur tous les tons, et le coeur, et les vaisseaux, et le poumon, et la peau, à la façon des comptines enfantines, que boire un verre de vin tous les jours est bon pour la santé. Bientôt, ce sera comme pour le cochon, dans le vin, tout sera bon. Mais là, rien. Pas un mot, pas une ligne, pas un murmure de la profession. Silence radio.
Le 30 octobre dernier, le Journal Chemistry Central, revue scientifique en ligne, diffuse une étude difficile à digérer, dont je résume les conclusions : après analyse de vins en bouteille en provenance de 15 pays, il s'avère que ceux de cinq pays, dont la France, recèlent la présence de métaux lourds à un niveau dangereux pour la santé.
Les chercheurs, des Britanniques de l'université de Kingston -je précise qu'en l'espèce, on ne peut pas taxer les Anglais de malveillance puisqu'ils ne sont pas producteurs et sont en sus de grands amateurs- ont utilisé un coefficient de dangerosité déjà appliqué aux autres denrées alimentaires, notamment les légumes et les poissons, prenant en compte une absorption régulière tout au long de la vie. Dans le cas du vin, un verre tous les jours.
Ils ont une petite idée des causes. La carte des vins incriminés, pour ne pas dire contaminés, épouse en effet celle des zones climatiques humides et/ou à culture intensive de la vigne (la France), conduisant à recourir aux produits en « ide ». En conclusion, très raisonnablement et très logiquement, ils invitent les autorités sanitaires des pays concernés à conduire des études complémentaires.
Articles multiples dans la presse anglo-saxonne
C'est sûr, la nouvelle n'est pas très bonne. Il n'est pas sûr aussi que les Anglais aient définitivement raison et qu'il faille arrêter séance tenante de boire du vin français. Néanmoins, je regrette infiniment d'en avoir pris connaissance dans les bibles anglo-saxonnes du vin : Wine Spectator, Decanter, le très sérieux Washington Post et même dans un obscur site canadien, Psychomédia, lequel titre : « Des niveaux dangereux de métaux dans la plupart des vins français et européens ». On appréciera à sa juste valeur la mise en exergue de la mention française.
En mars dernier, un peu avant donc que je me lance dans ces chroniques, sont tombées dans ma boîte mail d'autres nouvelles pas réjouissantes-réjouissantes, sous le nom énigmatique de « message dans une bouteille ».
Le message était émis par les associations du Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe). Il disait, en substance, que tous les vins issus de l'agriculture conventionnelle étaient contaminés par des résidus de pesticides à un niveau élevé, et forcément pas très bon pour la santé, même les très chers à 200 € euros la bouteille, tandis que les vins issus de la viticulture biologique en étaient exempts.
Pour information et rappel du contexte, le vignoble représente 3% de la surface agricole en Europe mais 20% des pesticides utilisés. La profession à laquelle j'appartiens maintenant un peu a néanmoins traité la chose avec un mépris tout à fait élégant. Là encore, je résume :
- Circulez, il n'y a rien à voir car les niveaux de contamination constatés ne dépassent pas les limites maximales autorisées.
- Retournez à vos chères études, le champ de l'enquête est bien trop limité pour en tirer des leçons.
Je me méfie des tenants de l'apocalypse et des ayatollahs, mais quand même. Après la parenthèse des vendanges et de l'épisode pluvieux (pas loin de 700 mm en Languedoc), je suis retournée faire un tour dans les vignes. Les vignes sont au repos mais pas le sol.
Accélération de l'érosion
Cette année, après observation, j'innove. Je vais semer de la vesce noire d'Auvergne, de la moutarde et de l'orge que je faucherai au printemps dans l'espoir d'y faire revenir les vers de terre dont Darwin dit :
« Il n'y a pas beaucoup d'autres animaux qui ont joué dans l'histoire du globe un rôle aussi important que ces créatures d'une organisation si inférieure. »
Sur mes parcelles, malgré l'absence de « ides » depuis au moins une décennie, le sol n'est pas loin d'être mort.
Les grosses pluies automnales, caractéristiques du climat languedocien, accélèrent l'érosion. Pour le coup, le spectacle est vivant (pas chez moi, mais juste à côté) : désherbés chimiquement, ratissés pour faire propre ou joli (ce qui, en langage agricole classique, revient à peu près au même) au « rotovator », un outil qui a pour conséquence de former une croûte imperméable, gavés au printemps d'engrais azotés, les sols fichent le camp.
Dans son livre « Le sol, la terre et les champs », fort bien réédité avec des photos chocs (au Sang de la terre), l'agronome renégat Claude et Lydia Bourguignon rappellent qu'« assise sur ses quatre piliers (la manipulation génétique, les pesticides, le travail du sol et les engrais), l'agronomie en est toujours à faire la guerre à la mauvaise herbe ». Les démons sont puissants. Obama peut-il quelque chose à tout cela ?
Photo : sur le chemin de mes vignes, le pompon de la pomponnette, conséquence d'une viticulture tout chimique (Catherine Bernard).
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De lancienz
libre penseur | 12H37 | 14/11/2008 |
Votre article me console et j'espere qu'il sera diffusé dans nombre de médias.
J'aime le produit de la vigne et j'ai aimé travailler la vigne.
Je trouve toujours que cette alchimie entre le vigneron et sa vigne est, et restera une des plus belle aventure humaine faite d'amour, d'humilité, de partage, de connaissance, de culture.
Cependant peu de vignerons reste, beaucoup sont devenus viticulteurs et/ou vinificateurs abandonnant tout ce qui fait, faisait et fera qu'un vigneron reste un humain et non un outil productiviste soumis à la loi des phyto-sanitaires et du produit marketing, proné par les chantres de l'agro-alimentaire appuyé par l'administration et les syndicats agricoles.
Le vin n'est pas un produit de première nécéssité et à ce titre il aurait pu bénéficier d'une exception culturelle au même titre que la culture.
Pour en revenir au fond de votre billet, j'ai pendant plusieurs années habité dans une région vticole.
Les produits de traitements utilisés ont eu et ont toujours des effets novices sur la population locale et plus particulierement sur les viticulteurs, augmentation considérable des cancers, des malformations à la naissance des nouveaux nés, de la stérilité aussi bien chez les hommes et les femmes, diminution des capacités intellectuelles etc etc etc
La msa alertée depuis longtemps par ces phénomenes a d'ailleurs mis en place des suivis et des controles plus fréquents en particulier en direction des salariés agricoles, et a demandé l'abandon de l'utilisation de certains tel que celui utlisé pour l'émondage chimique.
La pollution aérienne due aux traitements des vignes était à l'époque plus importante dans notre région que la pollution par gaz d'échappement dans la metropole de plus d'1 millions d'habitants située à quelques 50 kms plus au sud.
Il n'est pas étonnant que tout celà se retrouve dans le vin !
à lancienz
De Catherine Bernard
(auteur)
Vigneronne | 21H43 | 14/11/2008 |
C'est juste de signaler les enquêtes de la MSA. Je les avais oubliées.
De DARKP
Dauphin | 12H55 | 14/11/2008 |
J'ai lu dans une très sérieuse revue scientifique qu'il suffit de 7 grains de raisin pour qu'un enfant de -de 20 Kg ai atteint sa dose maxi journalière de pesticide ! !
Rien d'étonnant à ce que cela se retrouve dans le vin…
Ceci dit baladez vous un peu dans le languedoc ou le bordelais (régions fort sympa pour la tournée des château et vous vous étonnerez de voir la vie en bleue ; -) tout est bleu du fait des traitements genre bouillie bordelaise (cocktail de produit chimique pas tous rigolos). je vous jure que l'envie de grappiller un grain de raisin sur le pied de vigne ne vous prendra pas ! et encore ce n'est que la partie visible à l'œil nu, le reste des produits qu'ils utilisent est plus pervers encore…
Seule solution les vins bio et un max de contrôles mais les grands châteaux ne peuvent pas suivre en garantissant la continuité de la qualité gustative et de garde donc pas de solution à court terme malheureusement…
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 13H20 | 14/11/2008 |
http://www.hospices-de-beaune.com/
De Esperanto64
Aquitaine | 13H36 | 14/11/2008 |
Edifiant ! Je pense que je vais désormais m'encanailler avec des vins venus d'ailleurs, issus de terres d'ailleurs car le choix est grand ! Chili, Afrique du sud, Australie, Argentine, et à des prix moindres que notre bibine nationale… Pour - certes avec d'autres goûts que « les nôtres », les daubés, les assassins, les vicelards de la grappe - une qualité bien plus homogène et souvent supérieure…
Allez, bon vin ! Pardon, bon vent.. ?
à Esperanto64
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 13H57 | 14/11/2008 |
Sachez que à l'étranger certaines pratiques utilisée (comme l'utilisation de copeaux) sont interdites en France. Et puis qui vous dit qu'ils n'utilisent pas aussi énormément de produits ? Ils n'ont pas de maladie de la vigne ? Demandez vous comment ils font pour être moins cher avant.
De plus je trouve que beaucoup de vins étrangers cherchent un gout markéting (vanille, bois, fruits rouge…) dit dans le milieu gout « parker » ou vin « parkerisé » . C'est un bon vin de qualité homogène je suis d'accord mais c'est clairement la voie de l'uniformisation. Moi, je trouve que les vins du nouveau monde n'ont, pour la plupart aucune recherche de typicité du terroir.
De kemardo
Trublion | 14H02 | 14/11/2008 |
Les quelques commentaires sur le 11 septembre et la conférence qui a lieu a Paris en ce moment ont été supprimés. Certes, ceux-ci n'avaient rien à voir avec le sujet sur le vin.
Mais vu qu'aucune tribune n'est accordé à ce genre de sujet, il est normal de lancer des appels de temps en temps sur ce thème polémique.
Le modérateur du forum pourrait-il s'expliquer sur cette censure avérée ? ? ? Ou vont-ils supprimer mon compte comme ils semblent l'avoir déjà fait avec un autre utilisateur qui s'inquiète du silence sur la question ? ? ?
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 14H34 | 14/11/2008 |
De Descoins C.
14H34 | 14/11/2008 |
Je réagis à propos du post sur les « additifs » :
-1/ Le sucre est autorisé pour les vignobles septentrionaux, dont la Champagne. C'est du sucre de betterave ou de canne. Rien de plus naturel
-2/ les levures ne sont pas des additifs mais des organismes vivants sans lesquels il serait impossible de faire du vin : certaines sont sélectionnées et vendues par des fabricants de produits oenologiques, d'autres sont naturellement présentes sur la peau des raisins.Les premières permettent des fermentations harmonieuses, gérables dans le temps et sont adaptées aux grosses structures. Elles évitent les déviations organoleptiques et les fermentations aléatoires ou incomplètes qui peuvent arriver en utilisant les secondes. Les deux sont des organismes naturels, non OGM (je précise au cas où certains confondraient sélection et modification du patrimoine génétique).
3/ Le soufre : le grand débat. Le méchage (faire brûler du soufre solide dans un fût) existe toujours. Sa combustion produit du dioxyde de soufre qui va se fixer sur les parois du fût et éviter la prolifération de germes (action antiseptique). On peut ajouter une solution liquide de bisulfite d'ammonium ou de potassium pour protéger les môuts et vins. C'est tout à fait légal et nécessaire, car comme l'on dit certains ici, le soufre protège de l'oxydation (deuxième effet). Le bisulfite est le conservateur E220, que l'on retrouve partout (patisserie, conserves) sans que cela ne vous donne mal à la tête.On peut utiliser du gaz carbonique, de la neige carbonique (et non de l'air liquide ! ) pour priver le milieu d'oxygène qui reste l'ennemi du vin (prenez une pomme et laissez la à l'air…vous aurez une idée de ce que l'oxydation veut dire). mettre en évidenc la teneur en SO2 est ridicule, on a déjà la femme enceinte…
3/ Les copeaux : mieux vaut des copeaux sains qu'une barrique mal entretenue. Et si le consommateur veut un vin boisé, qu'on lui fasse un vin boisé (selon le toastage des copeaux, on développera des notes de plus en plus grillées/torréfiées) ce qui peut faire un bon vin.
4/ Enfin, les intrants d'origine animale sont de plus en plus écartés (colles, gélatines etc…)
5/ Reste mon avis personnel sur les vins bio ; ils permettent par un artifice marketing d'augmenter considérablement le prix de vente des bouteilles pour compenser les pertes financières dûs aux choix de vinification. Faire du vin est un système éconnomique, comme pour faire de la betterave ou du blé qui doit générer des bénéfices. Vendre 100 bouteilles à 5 euros ou 10 à 50 est économiquement identique mais on change de catégorie de produit et on glisse doucement vers le 100 * 50 ! . Faites les comptes.
Pour terminer, je dirais que le vin est une boisson la plus naturelle qui soit, faite à partir de jus de raisin fermenté. Songez-y donc quand vous boirez un verre de soft-drink !
à Descoins C.
De lancienz
libre penseur | 15H42 | 14/11/2008 |
Vous traitez dans votre billet de la vinification et non de la viticulture, sujet du billet initial !
Maintenant sur le vin bio
Le vin bio est produit à partir de raisins issus de l'agriculture bio !
Maintenant pour la vinification la charte est beaucoup moins structurée et bien plus permissive.Aussi est ce au vigneron d'agir avec le plus de discernement possible.
Concernant les levures, la grande majorité des vinificateurs utilise des levures chimiques « aromatisées » ou pas.
Ainsi à partir d'un moût obtenu avec du gamay (cépage) vous pouvez obtenir un vin au gout de banane cerise ananas etc etc ou copier le gout d'un autre cépage !
Il est plus facile de declencher une fermentation avec ces levures que de pratiquer en faisant « un pied de cuve » à partir d'un levain fait avec des ingrédients bio.
D'autre part la thermo-vinification est trés utilisée dans les vignoble septentrionaux, on chauffe ou refroidit le mout de fermentation suivant divers parametres température, t% de sucre (alcool) degres d'alcool désiré etc etc.
Cette pratique si elle a l'avantage de controler la premiere fermentation a aussi l'inconvénient de standardiser le gout et de faire disparaitre la tipycité d'un vin que l'on essayera de retrouver en utilisant des levures « aromatisées ».
Concernant les sulfides, les quantités utilisées sont trés couramment bien supérieures aux quantités nécéssaires, et ceci pour réduire au minimum les risques de vin qui « tourne ».
Les sulfides additionnés aux quantités excessives de sucre apportées à la fermentation concourent à donner des maux de tete. Tout est dans la mesure.
Mais lors d'une années en manque d'ensoleillement le vinificateur est bougrement tenté d'ajouter des quantités de sucre excessives pour avoir un vin et non pas une « piquette » bien que le sucre soit controlé.
D'autre part les produits de collage sont aussi des produits chimiques.
Aujourd'hui trés peu de vignerons utilisent les procédes naturels d'avant.
à lancienz
De Descoins C.
16H03 | 14/11/2008 |
Je suis, comme vous vous en doutez, du monde du vin…pas(trop) de la vigne et je répondais à un billet sur les « additifs » car comme vous venez de le démontrer dans votre texte, le vocabulaire est important car sinon on commet de graves faux-sens.
Il n'existe pas de « levures chimiques aromatisée » : la levure dite chimique est du bicarbonate de sodium et de l'acide tatrique utilisé en boulangerie (voir Wikipedia). Par contre, les levures du Beaujolais sont sélectionnées pour réveler et conserver cette expression de caractère vin jeune type banane. Tous les vins en fin de fermentation ont plus ou moins cet arôme, d'ailleurs.
D'autre part, on dit des sulfites et non des sulfides !
« Les sulfides additionnés aux quantités excessives de sucre apportées à la fermentation concourent à donner des maux de tete. “…le sucre pourrait donner mal à la tête, je ne savais pas !
Pour la vigne, traitons avec les produits adéquats, aux doses préconisées et en fonction du seuil d'alerte fixé.
à Descoins C.
De freestyler
16H34 | 14/11/2008 |
On peut aussi privilégier une lutte plus préventive que curative qui s'intègrera dans une réflexion globale avec l'enherbement (engrais verts), des pratiques « mécaniques », l'emploi de prépartions naturelles plutôt que des produits chimiques de synthèse évidemment les résultats sont moins constants notemment dans le cas d'une reconversion mais à moyen et long terme les résultats sont là avec en plus une terre plus riche et qui subit beaucoup moins l'érosion hydrique.
Qaund au prix des vins bio, il est vrai que certains se reconvertissent avec pour unique point de mire la valeur ajoutée à leur vin que représente le label AB, ils sont néanmoins très rares.
A 10 15 km de chez moi, je connais des produsteurs de vins blancs AOC BIO qui vendent leurs bouteilles en de çà que celles de leurs concurents qui pratique une viticulture lambda et en plus au niveau gustatif y'a pas photo toutefois que de quelques cas je ne me permettrait pas de tirer une généralité, chacun peut s'y retrouver suivant son portefeuille et ses gouts.
à Descoins C.
De lancienz
libre penseur | 18H52 | 14/11/2008 |
tout d'abord mille excuses pour les « sulfides ».
Le sucre, combiné aux sulfites, potentialise les effets des dits sulfites, une fois ingéré.
Les levures sont « aromatisées » c'est une réalité et même du vécu.
à lancienz
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 16H32 | 15/11/2008 |
Les levures sont des organismes vivants qui transforment le sucre en alcool + CO² + Aromes. Comment un produits chimique pourrais y arriver ? Nos scientifiques ont crées la vie dans leurs éprouvettes ?
Peut etre vouliez vous parler de levure indigène au cépage ? En Procédé naturel.
De daniel
16H09 | 14/11/2008 |
J'ai pas tout lu, mais je dirais, que tant qu'ils ne mettent pas de mélamine, je continuerais à boire notre bon vin avec du bon fromage et du bon pain..
sérieux, ça fait flipper ce genre d'histoire.
De mecontent
18H02 | 14/11/2008 |
Je pense très souvent qu'il faut que nous soyons terriblement résistants pour ne pas crever plus tôt. Et quand on évoque les temps où l'on mangeait de meilleurs produits on passe pour des ringards. Une pomme véreuse ça ne se met pas à la poubelle, ça s'épluche et ça se mange. Mais oui ! J'ai mangé dans ma jeunesse des kilos de cerises dont nombre contenaient un petit ver blanc que l'on ne découvrait que si l'on ouvrait le fruit, ce qui nous apportait, diraient les scientifiques des protéines.C'était délicieux. J'aurais d'autres exemples. J'habitais la campagne et les fruits n'étaient JAMAIS traités.
Quant au vin je ne connais pas son « élevage ». Pourquoi certains vins, normalement alcoolisés, disons 12°, bus en faible quantité,disons 25cl à un repas, rendent la tête un peu lourde, alors que d'autres, bus en plus grande quantité, vous griseront sans vous rendre malade ? Tout le monde a pû le constater.
Le progrès ? Quand j'entends parler d'industrie agro-alimentaire ça me coupe l'appétit.
De lof3925
Enseignant | 18H34 | 14/11/2008 |
Ces informations semblent confirmer des évidences. Quand on sait tout ce qui est balancé dans les vignes et même plus tard dans la cave.
Il faut vraiment faire quelque chose, mais quoi ?
Le bio…
J'essaye le plus possible de boire des vins bio mais que de déceptions… A part les blancs on rencontre fréquemment des rouges qui s'approchent du vinaigre soit juste après l'ouverture soit peu de temps après.
Pourquoi ? Manque de formation des viticulteurs qui produisent bio ? Certainement !
Manque de rémunération également ? Surement !
Quels sont les viticulteurs qui ont les moyens de laisser la récolte sur pieds les mauvaises années ou il ne sera pas possible de produire un vin acceptable sans SO2 par ex ?
Est-il possible de vivre en produisant 5136 bouteilles (à 7 euros environ ! ) pour 3.6 ha comme l'auteur de ce blog ?
Alors, faites des propositions…
De Salaves
Métallo | 20H20 | 14/11/2008 |
Il y a le vin fait à partir de raisins issus de l'agriculture biologique et qui contient comme la plupart des sulfites et du vin vraiment bio qui n'en contient pas du tout et qui à cause de cela ne se conserve que très peu de temps.
Pour en savoir plus voir le n° hors série de Politis d'avril/mai 2008.
De tandaba
citoyen | 22H40 | 14/11/2008 |
Et voyus savez ce qu'on met dans les primeurs pour obtenir un arôme vanille, fruit rouge, banane… ?
De Al-Ice
-_-' | 23H09 | 14/11/2008 |
Bon.
Les fruits, les légumes, les pti'Lu, la viande, les pâtes, les yaourt, les surgelés, les plats préparés sont tous néfastes pour une raison x ou y. Bien entendu, je ne m'étais donc décidée qu'à vivre de l'ivresse du vin. Raté.
Amour et eau fraîche ?
De barbara44
rédactrice | 23H54 | 14/11/2008 |
J'ai bien apprécié ce que dit Catherine Bernard de ces « sols morts », et c'est vrai que le nombre de vers au m2 est un bon indicateur.
Il existe maintenant de très bonnes solutions pour revitaliser la terre et l'eau, notamment via les divers « systèmes » Plocher ; les résultats, bien que progressifs, sont remarquables ! Roland Plocher est un chercheur allemand, et j'ai vu certains lacs non négligeables en taille (notamment le Lac de Joux à la frontière franco-suisse) régénérés par sa méthode il y a plusieurs années déjà ; moyennant qu'on arrête les déjections,ce qui est récupéré est définitivement regagné. Ses diverses découvertes sont utilisées aujourd'hui en agriculture, horticulture, piscicultures, arboriculture fruitière. J'aimerai bien que ce soit testé pour diminuer « la salade de mer » qui pollue tant les Côtes d'Armor (et dont les émanations peuvent tuer).
Alors, si cela vous intéresse, tapez le nom de ce chercheur ou les mots « vitales racines » dans un moteur de recherche pour en savoir plus ! Souvent, ces différents produits sont distribués par des agriculteurs militants, qui testent et essaient de convaincre leurs collègues du bien-fondé de cette démarche.
A part cela, ce que raconte Catherine Bernard sur les vins m'embête pas mal : je n'ai pas encore trouvé « le » viticulteur bio dont la saveur du produit me convainque vraiment ! Et c'est dur, pour une gourmette gourmande, qui trouve que les saveurs, c'est un gros plussss dans la vie !
De Le Vert et le Vin
Caviste en ligne | 09H01 | 15/11/2008 |
Tout d'abord, voici le lien avec l'étude en question : http://www.mdrgf.org/pdf/Rapport_vin_pesticide_fr.pdf
Ensuite deux ou trois réflexions en passant.
Sur le titre, il est exact que, hormis les milieux très spécialisés, cette étude n'a quasiment pas été reprise par les médias « grand public ». Le terme « omerta » n'est donc pas vraiment galvaudé.
Oui, l'alternative au tout chimique est la conversion en bio ! Et qu'on ne me parle pas de la « viticulture raisonnée », qui n'est que de la poudre (sic) aux yeux ! ..
Et pour ceux qui auraient du mal à le faire, il y a des agences pour le développement de l'AB : http://www.agencebio.org/# Mais le problème n'est-il pas plutôt de changer sa façon de voir les choses et ses habitudes de travail ? Les remises ne question personnelles sont toujours les plus dures à mettre en place…
Que l'on veuille améliorer la qualité du vin, certes. Mais pas au détriment de la santé du vigneron, du consommateur et de la vie des sols. Pourquoi de grands noms de la viticulture française, tels la Romanée-Conti en Bourgogne ou Pontet-Canet à Bordeaux, sont-ils en bio, voire en biodynamie ? Si ce n'est parce qu'ils ont compris que c'était le meilleur moyen de magnifier leur terroir…
Enfin, sur les vins naturels, qu'ils commencent par établir une charte de vinif précise. Car pour l'instant, il n'existe aucune règle pour codifier ces pratiques. Et on peut s'autoproclamer « vigneron naturel » et faire tout et n'importe quoi. Même si beaucoup de ceux qui militent pour le « sans soufre » sont certifiés bio…
JMI
http://levertetlevin.com/
De jlsjls
diplômé d'oenologie | 11H30 | 15/11/2008 |
Je crains malheureusement que cet « article » ne soit inspiré que par des considérations candides ou de promotion personnelle. Sensationnalisme et imprécisions sont ses mamelles, peut-être alourdies de métaux plus ou moins précieux.
Il suffit, par exemple, de se rapporter à l'article de « Wine Spectator » cité par notre vigneronne. Et de le lire : on y apprendra que l'étude est perçue comme incomplète, imprécise (derrière les pays incriminés, pas de détails quant aux régions, cépages, etc.) et scientifiquement douteuse. Leur conclusion : en buvant de l'eau, on frôle parfois les mêmes risques.
Soyons clairs : il ne s'agit pas de jouer aux naïfs, tout le monde sait que certains sols sont chargés de polluants. Mais quand on est aussi courtement péremptoire, il faut venir avec des arguments et non pas des affirmations de café de commerce.
A la vôtre.
De anonymous_coward
Commercial | 11H49 | 15/11/2008 |
J'ai une question qui n'est pas beaucoup traité dans les média grand public : pourquoi la plupart des vins sont maintenant au delà des 12 degrés d'alcool ? Il devient difficile de trouver des vins légers. Si vous regardez bien, dans les rayons d'un supermarché lambda, les vins sont plutôt à 13 voire 14 degré.
Personnellement je n'aime pas.
à anonymous_coward
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 17H03 | 15/11/2008 |
L'alcool, c'est le sucre. Certains cépages donnent des raisins plus sucré. L'éxposition compte aussi, dans le sud les vignes recoivent une dose plus imortante de soleil et donnent donc plus de sucre. Certains vins doux (banyuls, rivesaltes par exemple) tapent à 16° en raison du taux de sucre. Au dela, je pense que les levures meurent du trop fort taux d'alcool. Il faut alors distiller pour monter plus haut.
Maintenant, l'alcool à la faculté de cacher certains gouts du vin. Des vignerons, poussent donc la production d'alcool des levures pour avoir cet effet. Mais comme les consommateurs sont regardants, surtout avec la repression automobile, la plupart évitent cette pratique.
Je pense que vous n'avez du regarder que les languedocs, bourgognes et cotes du rhone qui atteignent souvent les 13 à 14.5°. Cherchez donc plus du coté des bordeaux 12.5° ou meme des loires et beaujolais 12°. Ou alors tournez vous sur les alsaces et rosés 11-11.5°.
Comme je dit à mes clients, si le taux d'alcool est plus fort, il faut en boire moins c'est tout. Au lieu de remplir à raz le verre de son invité, on le remplira aux 3/4. : )
De ode34
pas d'étiquette | 13H29 | 15/11/2008 |
jJe voudrais dire que dans les écoles des « futurs agriculteurs », les mots sont là… protection, lutte raisonnée, bio, PBI et j'en passe…
Dans les Faits… hum hum c'est pas encore ça et je trouve ça lamentable !
De chautagnard_745
viticulteur | 15H09 | 15/11/2008 |
Avant toute chose je tiens a vous préciser que le vin bio ça n existe pas,la mention portée sur les bouteilles est » vin issu de l agriculture biologique » déja grosse nuance.En bio certain produits sont autorisé comme le soufre et le cuivre produit naturel mais tres poluant des traces sont encore visible dans le terrains des decenies apres l arret de la production de vignes surles dites terres.Quand on analyse une exploitation en bio on s aperçois que celle ci polue plus qu une exploitation dite conventionnel,car pour entretenir le terrains il font un nombre superieur de passage de tracteur et les produits utilisés sont dit de contact donc apres une pluie de 30mm il faut recommencer onc nun bilan carbonne tres élevé et une dose de produit également.Je suis viticulteur en conventionnel avec une certification agri@confiance pratiquant l agiculture raisonnée et convaincu que je ne polue pas plus qu eux voir meme moin. Mais a ce jour le mots BIO est tres en vogue et tout le monde fonce les yeux fermé et apporte sont petit commentaire qui parfois est a l opposé de la raison et du concret ! ! ! !
à chautagnard_745
De zénon denon 84
Bonne | 20H47 | 15/11/2008 |
Oh ,oh, le mot Bio est en vogue ! ! !
Mon cher amis depuis plus de 30 ans .
Allez demander « Aux amis de la terre »
Ils ne sont pas de la dernière couvée .
Alors ,ne me parlez pas de mode ,surtout pas .
Parlez-moi de vie …Et au contraire
personne ne fonce les yeux fermés,vous plaisentez !
Chacun se renseigne,à la source ,compare
et choisit .Tout bêtement .
Un énorme renversement se produit .
Un grand mouvement de fond ,donc .Tant mieux .
De vinoveritas
Retraité | 18H34 | 15/11/2008 |
Je trouve l'article intéressant, et approuve le fait que la dénonciation de faits ou de dissimulations de faits ou de rapports, ou le silence gêné… soient possibles et même favorisés dans nos contrées de droit et de démocratie.
Mais, le propos, dès qu'il s'enferme dans le manichéisme, me gêne. C'est le cas dans de nombreux commentaires ici-même. Il n'y a pas le bien VS le mal. Et pour bien des producteurs, il y a des compromis avec des modes de conduite tendant vers, sinon « le bien », en tout cas « le mieux »…
Il n'y a pas la chimie VS le bio. Soufre et cuivre pulvérisés dans le vignoble, au cahier des charges de la bio, sont des produits chimiques. Ruisselant au sol, le soufre contribue à une acidification, qui peut être nuisible en sols argileux en surface ; et le cuivre - un métal - a montré sa nocivité, année après année, sur les lombrics et sur d'autres détritiphages… Cela pour dire que non seulement le manichéisme est dangereux, mais le « mieux » peut aussi avoir des effets pervers. La roténone (insecticide d'origine naturelle, comme l'était la nicotine, puissant toxique, et jusqu'ici autorisé au cahier des charges de la bio) va être retirée du marché, sauf par exemple dans les vignobles soumis à la flavescence (lutte encadrée). Il se trouve qu'autant la roténone est vite décomposée, par la lumière déjà, et ne pose pas de problèmes de résidus, autant c'est un toxique dangereux à manipuler et pulvériser (en plus de la toxicité aiguë, la littérature parle de Parkinson, comme pour d'autres pesticides) ; ce qui explique son retrait par les autorités. Là encore : pas simple, pas manichéen…
Je connais des viticulteurs (des vignerons) dont les pratiques de haies composites, d'enherbement spontané, d'observations et de règles de décisions, etc, sont classées « viticulture raisonnée » alors qu'on est dans un accommodement le plus naturel possible et un compromis entre hygiène culturale et recours limité et ciblé aux « médicaments » qui sont remarquables. On est loin du tétrasulfure de carbone, des tonnes de cuivre et de soufre de la fin du 19ème siècle…
Dernier point, il y a les personnes (vignerons, salarié(e)s, tailleurs, releveurs, cueilleurs..) ; il y a le produit (raisin, vin) ; il y a le patrimoine (la vigne, le sol, l'environnement)…
De DIOPZO
21H51 | 15/11/2008 |
Et si Catherine Bernard était une « Taupe » chargée d'infiltrer les milieux vignerons pour y distiller les arguments des associations anti-alcooliques ? méfiance, méfiance.