
Métaux lourds et pesticides dans le vin : l'omerta française
Une nouvelle étude sur la présence de produits nocifs dans les vins français est passée totalement sous silence ici.

L'information est arrivée à bas bruit. Pas comme toutes ces études épatantes qui nous disent sur tous les tons, et le coeur, et les vaisseaux, et le poumon, et la peau, à la façon des comptines enfantines, que boire un verre de vin tous les jours est bon pour la santé. Bientôt, ce sera comme pour le cochon, dans le vin, tout sera bon. Mais là, rien. Pas un mot, pas une ligne, pas un murmure de la profession. Silence radio.
Le 30 octobre dernier, le Journal Chemistry Central, revue scientifique en ligne, diffuse une étude difficile à digérer, dont je résume les conclusions : après analyse de vins en bouteille en provenance de 15 pays, il s'avère que ceux de cinq pays, dont la France, recèlent la présence de métaux lourds à un niveau dangereux pour la santé.
Les chercheurs, des Britanniques de l'université de Kingston -je précise qu'en l'espèce, on ne peut pas taxer les Anglais de malveillance puisqu'ils ne sont pas producteurs et sont en sus de grands amateurs- ont utilisé un coefficient de dangerosité déjà appliqué aux autres denrées alimentaires, notamment les légumes et les poissons, prenant en compte une absorption régulière tout au long de la vie. Dans le cas du vin, un verre tous les jours.
Ils ont une petite idée des causes. La carte des vins incriminés, pour ne pas dire contaminés, épouse en effet celle des zones climatiques humides et/ou à culture intensive de la vigne (la France), conduisant à recourir aux produits en « ide ». En conclusion, très raisonnablement et très logiquement, ils invitent les autorités sanitaires des pays concernés à conduire des études complémentaires.
Articles multiples dans la presse anglo-saxonne
C'est sûr, la nouvelle n'est pas très bonne. Il n'est pas sûr aussi que les Anglais aient définitivement raison et qu'il faille arrêter séance tenante de boire du vin français. Néanmoins, je regrette infiniment d'en avoir pris connaissance dans les bibles anglo-saxonnes du vin : Wine Spectator, Decanter, le très sérieux Washington Post et même dans un obscur site canadien, Psychomédia, lequel titre : « Des niveaux dangereux de métaux dans la plupart des vins français et européens ». On appréciera à sa juste valeur la mise en exergue de la mention française.
En mars dernier, un peu avant donc que je me lance dans ces chroniques, sont tombées dans ma boîte mail d'autres nouvelles pas réjouissantes-réjouissantes, sous le nom énigmatique de « message dans une bouteille ».
Le message était émis par les associations du Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe). Il disait, en substance, que tous les vins issus de l'agriculture conventionnelle étaient contaminés par des résidus de pesticides à un niveau élevé, et forcément pas très bon pour la santé, même les très chers à 200 € euros la bouteille, tandis que les vins issus de la viticulture biologique en étaient exempts.
Pour information et rappel du contexte, le vignoble représente 3% de la surface agricole en Europe mais 20% des pesticides utilisés. La profession à laquelle j'appartiens maintenant un peu a néanmoins traité la chose avec un mépris tout à fait élégant. Là encore, je résume :
- Circulez, il n'y a rien à voir car les niveaux de contamination constatés ne dépassent pas les limites maximales autorisées.
- Retournez à vos chères études, le champ de l'enquête est bien trop limité pour en tirer des leçons.
Je me méfie des tenants de l'apocalypse et des ayatollahs, mais quand même. Après la parenthèse des vendanges et de l'épisode pluvieux (pas loin de 700 mm en Languedoc), je suis retournée faire un tour dans les vignes. Les vignes sont au repos mais pas le sol.
Accélération de l'érosion
Cette année, après observation, j'innove. Je vais semer de la vesce noire d'Auvergne, de la moutarde et de l'orge que je faucherai au printemps dans l'espoir d'y faire revenir les vers de terre dont Darwin dit :
« Il n'y a pas beaucoup d'autres animaux qui ont joué dans l'histoire du globe un rôle aussi important que ces créatures d'une organisation si inférieure. »
Sur mes parcelles, malgré l'absence de « ides » depuis au moins une décennie, le sol n'est pas loin d'être mort.
Les grosses pluies automnales, caractéristiques du climat languedocien, accélèrent l'érosion. Pour le coup, le spectacle est vivant (pas chez moi, mais juste à côté) : désherbés chimiquement, ratissés pour faire propre ou joli (ce qui, en langage agricole classique, revient à peu près au même) au « rotovator », un outil qui a pour conséquence de former une croûte imperméable, gavés au printemps d'engrais azotés, les sols fichent le camp.
Dans son livre « Le sol, la terre et les champs », fort bien réédité avec des photos chocs (au Sang de la terre), l'agronome renégat Claude et Lydia Bourguignon rappellent qu'« assise sur ses quatre piliers (la manipulation génétique, les pesticides, le travail du sol et les engrais), l'agronomie en est toujours à faire la guerre à la mauvaise herbe ». Les démons sont puissants. Obama peut-il quelque chose à tout cela ?
Photo : sur le chemin de mes vignes, le pompon de la pomponnette, conséquence d'une viticulture tout chimique (Catherine Bernard).
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à albin
De babayaga
musique du monde | 01H32 | 14/11/2008 |
perso, j'aime bien la bière d'Orval dont je me suis régalée à la frontière belge. Dommage qu'on ne la trouve pas ici !
à babayaga
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 07H43 | 14/11/2008 |
Alors essayez la Duvel !
Santé !
De yoye-2000
se leve tard et travaille mou | 16H37 | 13/11/2008 |
Je veux pas avoir l'air de faire le malin, mais mis a part les détails, où est le scoop là dedans ?
tout le monde sait que l'agriculture intensive (culture, élevage…) a donné lieu à des pollutions terribles de tout ce qui a trait au sol. Je vois pas très bien pour quelle raison le vignoble serait épargné par le phénomène…
La vraie question, c'est peut être de savoir pourquoi des vins (les français en l'occurrence) seraient plus touchés que d'autres…
http://ma.vie.a.nantes.over-blog.com/
à yoye-2000
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H08 | 13/11/2008 |
Oui yoye, mais hélas tout le monde ne le sait pas et en plus c'est bien de le rappeler.
Pour les vins français pollués plus que les autres, c'est que la France entière est polluée et rien n'a été fait sérieusement.
Dans certaines régions ils se contentent de couler une chape de béton. Et un petit tremblement de terre par ci et un autre par là, tout va un beau jour remonter à la surface.
à yoye-2000
De beubeuch
17H56 | 13/11/2008 |
puis l'agriculture classique (mais, blé…) utilise des pesticides qu'on pourrait appeler de « gentil », les dérivés du glyphosate comme le roundup, à coté de ça, les pesticides utilisés en vigne contre le mildiou notamment sont beaucoup plus lourd : cuivre, soufre… Au moins mille fois plus toxique que l'agriculture classique à l'hectare !
à yoye-2000
De Eric citoyen
"Casse ta tv" c'est ta seule chance... | 18H03 | 13/11/2008 |
Ben Oui, Ce n'est pas un scoop … c'est une information !
La vraie question, c'est … pendant combien de temps va t-on encore continuer à empoisonner la planète ?
Bon appétit
Bésitos
Eric
http://monmulhousebio.canalblog.com/
à yoye-2000
De Yémanja
Toulouse | 18H40 | 13/11/2008 |
La France est le premier pays « consommateur » de pesticipes, herbicides, fongicides (etc…) au monde par hectare - avec un record supérieur de 30% (en moyenne) au second (les USA au hasard).
La réponse est là, pas la peine d'aller chercher très loin.
Merci TOUS les ministres qui se sont succédés depuis les années 50 et qui se sont tous couchés tant devant la FNSEA que devant les entreprises de l'agro-business.
à yoye-2000
De Sanuk
Designer | 21H41 | 13/11/2008 |
Oui helas, l'agriculture industrielle est en train de detruire notre ecosysteme et nous avec.
Ce qui est dingue, c'est que le terme d'« agriculture conventionnelle » s'oppose a agriculture biologique, c-a-d que l'agriculture dite « conventionnelle » est celle qui favorise les pesticides. C'est le monde a l'envers.
Mais on peut cultiver avec de tres bons rendements sans detruire la terre pour autant et sans « chasser la mauvaise herbe'.
Le Japonais Fukuoka la demontre.
a lire son ouvrage “La Revolution d'un seul brin de paille”. Ca remet en cause pas mal de choses…
De wardog
16H40 | 13/11/2008 |
Article intéressant, reste à savoir où sont les vins bio et comment les reconnaitre.
Pour ma culture générale, pourquoi de la vesce noire d'Auvergne, de la moutarde et de l'orge ? Comme engrais ou pour nettoyer les sols des pesticides et des métaux lourds (ou les deux ? ).
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H44 | 13/11/2008 |
« Sur mes parcelles, malgré l'absence de “ ides ” depuis au moins une décennie, le sol n'est pas loin d'être mort. »
10 ans d'absence de pesticides et le sol est contaminé par l'entourage ? C'est terrible.
Voilà pourquoi il faut faire comme les nordiques interdire tous les pesticides et autres saloperies à la vente, point barre.
On peut faire autrement et on continue à empoisonner les gens.
Et pour le champagne c'est la même chose ?
La seule chose à faire est de ne plus acheter de vin, (désolée Catherine) les pouvoirs publics seront bien obliger de modifier les règles.
Ou alors lancez une pétition, mais faites quelque chose, les consommateurs sont tout puissant s'ils le voulaient, arrêtez de consommer de produits traités et en l'absence de vente, ils seront bien obligés de faire autrement.
à Les Chats
De DBL8
Retraité | 20H22 | 13/11/2008 |
»…interdire tous les pesticides et autres saloperies à la vente, point barre. »
OUI ! !
Mais le lobby des chimiquiers est très puissant !
Comment ses pauvres gens vont-ils vivent s'il ne nous vende plus leurs saloperie ? Vont-ils vivent sous la toile aux bords des autoroutes ?
à vrai dire, je m'en fou à un point difficilement imaginable !
De simpleman33
citoyen | 16H59 | 13/11/2008 |
Pour info, sachez que la pratique de viticulture raisonnée ou bio utilise aussi du cuivre…
Faut-il se retourner vers le Cognac (vin distillé 2 fois) pour être à peu près sur de ne pas consommer de métaux lourds ?
à simpleman33
De trichogaster
curieux | 20H09 | 13/11/2008 |
Le cuivre est-il vraiment un métal lourd ? …
à trichogaster
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 21H51 | 13/11/2008 |
Tout dépend de la dose puisqu'il fait parti des oligo-éléments au même titre que le fer,le zinc ….
« Le cuivre est un oligo-élément indispensable à de nombreuses enzymes. Il intervient notamment dans l'entretien des cartilages, des os. Il est également essentiel dans la lutte contre les infections et le bon fonctionnement du coeur. Il est également utilisé en cas d'arthrose. Heureusement, sa carence est rarissime »…
http://www.doctissimo.fr/html/nutrition/vitamines_mineraux/cuivre.htm
à trichogaster
De Sexus Empiricus
22H54 | 13/11/2008 |
Votre question présuppose une définition claire de « métal lourd ».
(On emploie plutôt l'expression au pluriel - métaux lourds - ce qui indique un ensemble, dont les éléments les plus connus du grand public sont le plomb, le mercure, l'arsenic voire le cadmium, en raison d'intoxications médiatisées bien avant, disons : l'affaire des dioxines.)
Est-ce une acception physique ? Bio-chimique ? Toxicologique ?
Un métal lourd peut être « lourd » de conséquences, même à l'état de traces. En toute rigueur, remarquer que le cuivre est un « oligo-élément » n'est pas très éclairant sur la toxicité du cuivre, car cela ne signifie pas grand chose, en tout cas pas « bon pour la santé » (au sens absolu, terminé, tournez la page).
Car quel oligo-élément est inoffensif ou anodin ? Si la carence est nocive, voire mortelle, l'excès ne l'est pas moins. Or, entre la carence et l'excès, il y a souvent une différence incertaine.
En suivant une des références du CHU de Rouen voici ce qu'on lit :
« Ce métal rouge agit normalement dans l'organisme comme oligo-élément, c'est-à-dire en quantités infimes, pour faciliter des réactions biologiques. L'observation d'ouvriers travaillant dans des mines de cuivre a suggéré qu'il pouvait favoriser l'apparition du cancer de l'estomac. »
http://www.chu-rouen.fr/ssf/prod/cuivre.html
Information maigre. Pour en savoir plus, il faudrait pouvoir consulter des bases de données en pharmacologie, ou mieux : en toxicologie, voire en éco-toxicologie. Or le sujet est mal documenté, ou peu accessible au grand public.
Ce qui est sûr, c'est qu'il suffit de peu - surtout si ce peu est prolongé à longueur de temps - pour que la sur-dose d'un oligo-élément fasse… over-dose.
à Sexus Empiricus
De trichogaster
curieux | 21H03 | 14/11/2008 |
Pour être concis, le cuivre ne fait pas partie des métaux lourds !
à trichogaster
De El mamón méxicano
17H29 | 14/11/2008 |
Concernant le cuivre…
Il me semble (dites moi si je me trompe) que les viticulteurs n'emploient pas de cuivre à proprement parler mais du sulfate de cuivre (qui entre dans la composition de la bouillie bordelaise) pour combatre le mildiou et qui lui est toxique.
à El mamón méxicano
De trichogaster
curieux | 20H57 | 14/11/2008 |
En effet, les viticulteurs ont souvent recours au sulfate de cuivre en traitement (préventif ou curatif) de certaines maladies comme le mildiou.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H59 | 13/11/2008 |
Et vive l'hydroponie, comme ça on n'est pas embêté par la qualité du sol. Et la micro diffusion, pour ne pas asperger avec dix fois trop de complément. Et les lampes solaires, afin de ne pas être embêté par la météo.
Aller, gardons espoir, dans un siècle on pourra peut être synthétiser du vin sans avoir besoin de faire pousser du raisin.
à Keldan
De kebra
Bisounours killa | 23H24 | 14/11/2008 |
Avec le réchauffement climatique, les viticulteurs devront bientôt recréer en Indoor le climat d'antan ou renoncer à faire du vin. A moins de retirer une partie de l'alcool à un certain stade du processus, une méthode coûteuse. Ils vont bien galérer avec les racines en aéroponie.
L'avenir est donc au champagne letton et au bordeaux anglais. Les agriculteurs français étant parmi les responsables du dérèglement écologique, je ne vais pas les plaindre. Pour forcer les paysans à revenir à la qualité, rien ne vaut la concurrence des produits homemade. Un exemple ? Le cannabis marocain est nettement moins mauvais depuis qu'il a une concurrence européenne.
En fait, il est possible d'autoproduire plus ou moins biologiquement la plupart des psychotropes. On peut acheter des plants de tabacs, des kits pour la bière, des mini-pressoirs à cidre, trouver des plans pour bricoler des alambics, commander des spores de champignons, des graines de weed, de pavot, de datura, des cactus… Seul le vin nécessite un espace et un terroir particulier.
Autant abandonner la consommation de vin…
à kebra
De El mamón méxicano
01H12 | 15/11/2008 |
en parlant de kits de bière et d'auto production…
Allez donc faire un tour sur ce site : www.brouwland.com(j'ai testé les kits de bière et les résultats sont excellents : ).
De Tintinac
17H02 | 13/11/2008 |
Quel est le pourcentage minimum de raisin dans un litre de vin ?
De Bon Scott
17H04 | 13/11/2008 |
Quitte à me répéter, faites comme moi, achetez la clé USB WINE
http://www.mensup.fr/usbwine/ ? act=insc&mp=USBWINE&o=92&p=61
Etonnant non !
à Bon Scott
De Alexad
17H21 | 13/11/2008 |
Fini la tristesse ! ! Magnifique ! !
à Bon Scott
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H41 | 13/11/2008 |
Trop drôle. Je n'ai pas osé cliquer sur tester ; -)
Méfiants Les Chats. Il se passe quoi ?
à Les Chats
De Bon Scott
18H14 | 13/11/2008 |
@ Les Chats
Tout simplement, comment utiliser la clé USB WINE !
( il n » y a pas de piège )
à Bon Scott
De DBL8
Retraité | 20H35 | 13/11/2008 |
Comment devenir pochetron devant son PC ? !
Adoptez une clé…
Vous voyez dans les squares des internautes ce torcher en WiFi ?
Après les pizza et la bière, le pinard ! ! !
De TARPON
17H15 | 13/11/2008 |
Les metaux lours sont partout dans la salade comme dans le Bordeaux : demain,j'arrete la salade.
De Aviateur34
Pilote viticole..... | 17H21 | 13/11/2008 |
Joli travail, comme toujours avec toi Cat, il y a de l'investigation derriére….
Bisous
Vive le vin Bio…. surtout le tien.
De michel 13
| 17H43 | 13/11/2008 |
Très intéressant de nous rappeler que la dive bouteille peut nous conduire en enfer… Ce srait intéressant, si possible, de nous donner un peu plus de détails, car en généralisant tout cela reste assez flou, même si je pense que les sols sont pollués assez fréquemment. Mais c'est bon de faire cette piqure de rappel afin de prévenir les consommateurs des risques encourus. Les producteurs n'apprécieront pas trop !