Vanessa Paradis et les néos : le bonheur est dans les vignes

Johnny Depp et Vanessa Paradis à Hollywood (F. Prouser/Reuters).

Les Vanessa Paradis, à qui Johnny Depp, je cite Decanter.com, « a offert un domaine viticole à 15 km au nord-est de Saint-Tropez, dans le Var, dans la commune de Plan-de-la-Tour », comme les Jean et Jeanne de Florette de mon espèce, ne se comptabilisent pas aisément à l'échelle de la Nation.

Cela devait être la première chronique de ce blog, car autant commencer par ce qui me semblait être le début : les néovignerons, dont je suis. Mais comme l'on ne se défait pas facilement de vingt ans de journalisme, je tenais à vérifier, à l'aune de la statistique, que phénomène de société il y avait bien et que ce n'était pas là une vue de mon esprit.

En 1996 -c'était hier, je devais déjà penser à faire la bascule-, Etienne Chatiliez faisait presque cinq millions d'entrées avec son film « Le Bonheur est dans le pré ». Le réalisateur y raconte l'histoire d'un chef d'entreprise fatigué qui change de vie en se requinquant à la campagne.

Cette même année, Bertrand Hervieu et Jean Viard, profs à Sciences-Po, publient « Au Bonheur des campagnes », réédité en 2001. Le livre commence ainsi :

« La France charnelle est de retour, celle des bois et des prés, des villages, du bocage normand, des alpages, de la haute Provence et des rivages. Oui, on l'aime cette France-là, terrienne et paysanne, sauvage et naturelle, terre de plaisir et de mémoire. »

Des néos aspirant à une nouvelle vie

Toujours éponges, les « médias » véhiculent le rêve, jamais fracturé par la réalité. Voici un extrait parmi d'autres, tiré du quotidien Le Figaro : « Nous avons été éblouis par la beauté du lieu, ses horizons sans fin, cette lumière enveloppante, cette terre ocre chargée d'histoire et ce climat cristallin. » Le journal cite Philippe Riboud, ancien champion d'escrime, « heureux propriétaire » -il va de soi- du Château Roubine dans l'arrière-pays varois.

En 2004, sur les chaises du CFPPA (Centre de formation professionnelle et de promotion agricoles) du lycée Agropolis de Montpellier, nous étions douze à suivre les cours pour devenir « chef d'exploitation viticole ». Que des néos, âgés de 32 à 59 ans, aspirant à une nouvelle vie. Il y avait une pharmacienne, un ouvrier, un gérant de supermarché, un gérant d'hypermarché et son épouse, un ingénieur agro (mexicain), l'épouse colombienne d'un vigneron, une restauratrice, un ancien commercial de chez Rank Xerox, une DRH, et une journaliste, moi-même donc. Depuis la création de cette formation en 1999, les promotions se suivent et se ressemblent.

Dans le Roussillon, ils sont une petite bande à reprendre des vignes pentues ou en terrasse, vouées à l'abandon par l'agriculture intensive. Avec fierté –comme si c'était un label- ils « sulfatent », machine sur le dos, et désherbent à la pioche. Le Roussillon est une sorte de Larzac du XXIe siècle ; les « néos » sont les établis des temps modernes. La « solidarité paysanne » est une valeur restaurée et hissée haut.

A Paris, à Toulouse, à Marseille, quand je regarde les rayons des cavistes, je ne vois que ça : des vins de néos. Beaucoup travaillent en agriculture biologique, certifiée ou non, concoctent comme je le fais dans ma cuisine, des tisanes d'orties, des décoctions de prêles, ressortent le cheval de l'écurie, font brouter l'hiver les brebis dans les rangs de vigne.

« Buvabilité » et fruit contre « vins justes bons à tartiner »

Un certain nombre pousse l'audace jusqu'à vinifier « nature », c'est-à-dire sans ou quasi sans soufre. Ils font l'éloge « de la buvabilité » et du « fruit », par opposition « aux vins justes bons à tartiner sur du pain grillé » selon l'expression d'un de mes copains pour désigner les vins d'œnologues. Il faut noter, pour complexifier la chose, que vins d'œnologues et vins de néos se revendiquent pareillement du terroir.

Le domaine viticole de Verchant, repris par un 'capitaine d’industrie' (DR).

Bien sûr, il y a loin entre les « people » (les Vanessa Paradis, Gérard Depardieu et autres sont de bons indicateurs de société), les « ex-capitaines d'industrie, la foi vigneronne chevillée au corps et à l'âme », délicieuse formule d'une agence spécialisée dans les domaines viticoles, et les anonymes Jean et Jeanne de Florette.

Mais il y a bien aussi quelques traits communs, des totems partagés, consacrés par des formules de langage, certes éculées mais malgré tout à l'œuvre dans nos imaginaires, puisant à la source des paradis perdus : « le retour à la terre », « la terre ne ment pas », « la tentation de Venise », « la quête de l'authentique ».

En tout cas, dans mon installation sur quelques hectares de vignes, il y avait bien de ça, et d'autres choses encore de cet acabit. C'est ce renversement sociologique qui précisément m'intéresse alors qu'il y un quart de siècle, Henri Mendras, avec d'autres, prédisait « la fin des paysans ».

Le migrant, nouvelle espèce d'agriculteurs

Les études et les statistiques sont finalement arrivées, il y a quelques jours, par La Poste. Tout arrive. Le phénomène des « néos » est donc bien réel, 1 500 par an, soit 10% des nouveaux installés. Le Cnasea (Centre national pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles), et l'organisme qui distribue les aides à l'installation l'a mesuré. Ceux que je désigne par « néos » sont pour le Cnasea des « HCF » (Hors cadre familial), catégorie migrants.

Je résume et je cite : le « migrant » apparaît au détour des années 1990. Il n'a pas de parents agriculteurs. Il est « étranger », au moins à la région, si ce n'est au pays, souvent citadin. La plupart du temps, il n'est pas éligible aux aides à l'installation soit parce qu'il est trop vieux (plus de 40 ans), soit parce qu'il s'installe sur de trop petites surfaces, soit parce qu'il n'a pas de diplôme (Vanessa Paradis et les ex-capitaines d'industrie). Il est souvent pluriactif (c'est mon cas). Le migrant s'engage, plus que les « fils de », dans des productions marginales (poissons tropicaux, ruches, escargots) et/ou qualitatives, « notamment par la pratique d'une agriculture biologique ». Il exploite de plus petites surfaces foncières. Il est champion de la vente directe, de la diversification (gîtes, fermes-auberges, accueil pédagogique), de la valeur ajoutée.

Les citadins, l'avenir du monde agricole

Enfin, il s'installe par « amour du métier et de la nature », et a, en conséquence, une vision différente du métier d'agriculteur :

« Il associe la notion de chef d'exploitation à des notions de liberté, d'indépendance, de proximité avec la nature ou encore à une diversité d'activités. »

Le migrant aime particulièrement le Midi de la France, pas seulement à cause du soleil, mais parce que le foncier y est moins cher qu'ailleurs.

Il rencontre plus que les autres des difficultés financières (un sur quatre), mais persévère (dix ans plus tard, neuf sur dix sont toujours là). Comme dans le livre de Pagnol, « les agriculteurs déjà en place ne voient pas toujours avec plaisir l'installation d'un migrant, eux qui avaient prévu le démantèlement à leur profit de la ferme voisine ». J'apprécie la litote. Mais, « même en cas d'insertion difficile, la situation s'améliore avec le temps, la justification des compétences du nouvel agriculteur et l'entraide aidant ». C'est vrai aussi. Je participe de tout cela.

Au bout du compte, le Cnasea, dont le rôle principal est de distribuer la fameuse DJA (Dotation aux jeunes agriculteurs), se demande quel rôle pour les migrants ? Et répond : « Les citadins qui rejoignent la ferme font partie de l'avenir du monde agricole. » Ouf ! Je demande : le monde agricole peut-il s'offrir le luxe de mégoter sur des bras et du sang neufs ? Réduit à une population vieillissante de 500 000 contre 5 millions en 1900, accusé de maltraiter les sols et les produits, il est investi par la loi d'orientation de 1999 d'une triple mission : économique, socioterritoriale, et environnementale. Le rêve peut courir toujours. Joie et bonheur.

55 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 13H40 | 03/07/2008 | Permalien

Un bel article qui je l'espère va motiver les foules urbaines à s'enfuir à la campagne. Partez ! Exilez vous ! Fuyez ! Et laissez nous votre place, nous les pauvres ruraux qui ont fui la cambrousse et sa vie que vous trouvez si charmante et que nous trouvions si horrible !

Si vous arrivez à vous faire accepter par les indigènes (pas facile mais faut être patient), à supporter de prendre la voiture même pour aller acheter une baguette (bon il y a l'option « centre du village »), à n'avoir à disposition que le quart des services et des divertissements auxquels vous étiez habitués, à supporter les routes tortueuses et défoncées, à avoir des télécommunications des années 80 (le portable et l'ADSL sont loin d'être partout…), et pire que tout de ne pouvoir courtiser que des femmes (ou hommes) mariées ou vielles, alors l'Auvergne vous tend les bras !
En échange vous gagnerez l'air pur (mais attention à l'eau…), la tranquillité et la solitude, la convivialité des voisins (mais adieu le réconfortant anonymat), le bonheur de voir son chien et ses mioches courir sans laisse (gaffe à l'unique route quand même), la chance de pouvoir faire pousser en plein air ses légumes et son herbe (de Provence, bien sur) et must du must, d'aller au ski tous les weekend en ne payant que les remontées (enfin, si la neige est là…).

En plus, il y a beaucoup de travail (en proportion de la population, bien sur), et pas seulement en chevauchant des tracteurs ou en chassant la vache sauvage. Moult artisans recherchent en vain des apprentis, et nombre de commerçants désespèrent d'employer de l'aide, on voit même les rares industries et services se plaindre du manque de main d'œuvre. Cette région à vraiment besoin de sang neuf, aussi bien professionnellement que culturellement ou génétiquement (je peux vous garantir que la consanguinité n'est pas un mythe là bas : /)

Et pour être honnête et vous laisser entendre les raisons de cette plaisante propagande, outre mes piques mesquines mais fondées sur un lieu que j'ai fui sans jamais le regretter, si tous les Parisiens malheureux dans leur magnifique ville s'enfuit en masse, cela fera de la place pour ceux qui aiment la Capitale de tout leur cœur.

Portrait de Kibboutz

à Keldan Portrait de Keldan De Kibboutz

inscrit à l'ANPE | 15H48 | 03/07/2008 | Permalien

merci pour votre commentaire, moi aussi issue du massif central (aveyron) et toulousaine sans emploi, qui ne se résigne toujours pas à reprendre l'exploitation agricole parentale, parce que quand même retourner dans ce trou et me pourrir la santé pour 3 copeks, je suis pas prête.
tous ces commentaires de citadins « au fort pouvoir d'achat » qui magnifient la terre et la nature et se sentent investis de la mission de faire le bien, et de ramener le bons sens à ces sauvages de paysans pollueurs, ça m'effraie un peu et ça ne m'aide pas à modifier mes (pré)jugements sur tous ces riches qui ont acheté maison et terrain et qui se croient en droit de faire tuer le coq du village, faire taire la salle des fêtes, fermer la porcherie et délocaliser le forgeron pour pollution visuelle…
bref, oui c'est une chance que des jeunes(je veux dire actifs), qui ont envie de faire vivre un territoire viennent s'installer dans nos trous perdus, mais ce n'est pas toujours le profil des « néo-propriétaires »

Portrait de NuklearCocroach

De NuklearCocroach

14H12 | 03/07/2008 | Permalien

Louis XVI avait offert un truc dans le même genre à sa grosse,ça ne les a pas empêché de se faire raccourcir par de moins biens lotis qu'eux…Autre univers,autres préoccupations…

Portrait de adaunis

De adaunis

Nul part....si adelyne me plaque...... | 14H58 | 03/07/2008 | Permalien

Catherine Bernard gentille Vigneronne, avez écris un régal de papier (enfin papier…) !
Un plaisir à boire avec modération, un mélange de cépages, dans lequel je verrai bien un peu de cabernet, ou merlot, (pour la rondeur et la finesse), lequel mélange je soupçonnerai avoir un aspect gouleyant, en tout cas quelque chose de « facile à boire » !
Me tromperais-je ?
En tout cas un excercice instructif, sur votre parcourt, et cette reconversion.
Je vous soupçonne également d'avoir parlé et mis le « couple » Depp-Paradis en « tête de gondole », pour nous allécher, et inciter à vous lire !
Mais même si ce n'est pas le cas ou si c'était simplement pour « illustrer », sans rancunes aucunes !

Portrait de Catherine Bernard

à adaunis Portrait de adaunis De Catherine Bernard (auteur)

Vigneronne | 11H16 | 04/07/2008 | Permalien

De retour des vignes, je vous réponds.
Non vous ne vous trompez pas trop. Je fais deux vins, un vin de table, au sens propre et réglementaire, fait avec du cinsault (j'en parle dans une autre chronique, et j'en reparlerai sans doute, tant j'aime ce cépage), et un vin AOC, un Coteaux du Languedoc avec du mourvèdre, du marselan (je parlerai aussi un jour de cépage, c'est un cépage improbable, croisement de grenache et de cabernet sauvignon), et du grenache. Pas de merlot donc. En Languedoc, le merlot a tendance à murir trop vite et à goûter plat plat. Je m'arrête là.
Oui, aussi pour Vanessa Paradis. C'est un vieux réflexe de journaliste d'amener le lecteur/l'internaute à lire. Mais pas complètement non plus. Il y en a presque tous les jour des « people » à faire l'acquisition des vignobles (là, j'exagère un peu). Et, les « people » m'intéressent pour ce qu'ils disent de notre monde. je crois que vous avez très bien lu tout cela.

Portrait de Kibboutz

De Kibboutz

inscrit à l'ANPE | 15H39 | 03/07/2008 | Permalien

Je tousse un peu, un peu trop idéalisée votre campagne, votre nature, un discours un peu ressemblant à celui de certains néos qui achètent un terrain, une maison, et croient avoir acheté un territoire, et le droit d'y vivre comme bon leur semble, sans se soucier des pratiques et de la culture existante. je suis « fille de » et refuse de reprendre l'exploitation familiale, peut être parce que j'ai trop vu mes parents se tuer à la tâche, avoir une santé déplorable à 50 ans et ne jamais avoir rien gagner de leur production. Vous sanctifiez la nature, vous citez Pétain (la terre elle ne ment pas)et vous croyez que l'amour de la nature de l'indépendance et de la liberté est réservé aux citadins qui découvrent la campagne. Les ruraux pur souche sont peut être trop peu instruits pour comprendre et sentir de tels concepts ?
Vous parlez des difficultés financières et glorifiez les choix extensifs, respectueux de l'environnement des néos. Combien de « néos » installés ont la nécessité de faire des bénéfices sur l'activité agricole. Combien ont un conjoint qui travaille à l'extérieur, une rente, un héritage qui leur permet de cultiver la terre pour s'amuser ? Il n'y a rien de criticable à l'arrivée de néo ruraux qui choississent pour leur plaisir de travailler la terre, mais l'enjeu est selon moi celui de la coopération et du respect entre les habitants. les préjugés sont forts(dans les deux sens) entre néos et « du cru » et malheureusement votre article conforte un peu mon scepticisme à l'égard de ces gens nouveaux venus qui se prennent pour les sauveurs de la nature, les colporteurs des bonnes méthodes des bonnes valeurs, et qui méprisent les habitants anciennement installés….
ça ne vous rappelle pas la découverte de l'Amérique ?

Portrait de CA Not Dead

à Kibboutz Portrait de Kibboutz De CA Not Dead

Glandouilleur Pro | 17H37 | 03/07/2008 | Permalien

Vous cultivez les préjugés ?

Dans le genre caricatural, vous faites très fort !

Vous avez réussi en un post a faire mieux que mireille dumas et delarue réunis.

Portrait de Kibboutz

à CA Not Dead Portrait de CA Not Dead De Kibboutz

inscrit à l'ANPE | 00H35 | 04/07/2008 | Permalien

Mireille Dumas et Jean Luc Delarue parlent rarement des agriculteurs et du quotidien à la campagne.
vous ne seriez pas du genre initiateur de pétitions contre la casse, parce que c'est pas joli des carcasses de voitures au bord de mon chemin, qui part de ma maison, que j'ai payé très cher pour être loin de la ville ?
Puisque j'ai des références très beauf, je persiste et vous renvoie à un sketche de Moustic (journal de Groland) qui montre des « vieux paysans » en blouse entrain de brûler des merdes pour, disent-ils « attirer les cons ». la merde brûlée, on voit arriver une famille de parisiens qui sort de sa voiture clean , et un d'eux s'exclame : « hum ! ça sent la ferme ici ! » ;
et je pourrais reprendre aussi la formule d'un militant de la conf, regrettant l'opposition aux éoliennes de « néo ruraux » pleins de bonnes intentions(souvent associés aux propriétaires de châlets qui ont peur de la baisse de valeur de leur domaine à proximité d'une éolienne) ; qui explique : « la nature eux , ils la sanctifient, nous on la vit, on la travaille »

Portrait de CA Not Dead

à Kibboutz Portrait de Kibboutz De CA Not Dead

Glandouilleur Pro | 09H46 | 04/07/2008 | Permalien

Ils parlent rarement des agriculteurs certes, mais faire des sujets sur les néos, c'est très a la mode en ce moment…

Pétition contre la casse ? A part si cette casse pollue, je vois pas pourquoi…

J'ai pas payé cher, et j'ai tout retapé moi même… Alors pour les gros riches on repassera !

Moi j'ai rien contre les éoliennes, mais je ne peux malheureusement pas m'en payer une (10.000 €)…

Je pense quand même que vous généralisez par rapport à des cas ayant fait les manchettes de quelques journaux… Ce type de discours est assez dangereux, mais peut être avez vous peur des migrants (cause de tous les maux) ?

Portrait de Flood

De Flood

Citoyen du monde | 15H55 | 03/07/2008 | Permalien

En voyant le titre un peu racoleur (la preuve j'ai quand même cliqué dessus…) j'ai eu très peur que Rue89 ne se mette à faire du people ! Heureusement que ce n'est pas le cas. Votre article est très intéressant, j'ignorais absolument tout de cette dimension de la viticulture et je continuerai à suivre avec intérêt ce que vous écrivez

Portrait de patrick du 14

De patrick du 14

toujours naze et qui cotises pas | 19H27 | 03/07/2008 | Permalien

je pratik je pratik

Portrait de Lujien

De Lujien

19H35 | 03/07/2008 | Permalien

Houlà du calme.

Je suis moi même fils de viticulteurs, ouvrier viticole pour l'instant, sans doute exploitant à l'avenir, et je voudrais tout de suite freiner les ardeurs des néos.

Pour citer : « Les citadins, l'avenir du monde agricole ». Je ne crois pas que ce soit à prescrire pour le monde agricole. Tout d'abord, il faut différencier le type de production : entre un bien de confort, et un bien de consommation usuelle. Le bien usuelle, celui qui nourrit les individus chaque jour, ne peut se transmettre qu'à des mains expertes, ayant un savoir technique important, nécessaire à nourrir la planète. Le bien de confort est un produit qui se veut plus « idéologique », qui ne consomme dans des occasions particulières, pour les réjouissances, ou satisfaire une envie idéologique (ou de conscience ? .

Les Néos, personnellement, j'ai rien contre. Ils ont des idées, une vision idéaliste des campagnes et de leurs gestions. Mais techniquement, sont ils en mesure de répondre à tout les dangers, risques, ou attentes d'un consommateur, ou d'une législation ?

Humpf.

J'en doute. Alors oui, on peut s'amuser à faire du vin, et satisfaire une élite « Bourgeois Bohème ». Mais on ne peut pas s'improviser agriculteur…

Portrait de eric_strasbourg

De eric_strasbourg

21H45 | 03/07/2008 | Permalien

« Son blog

La vigne et le vin m'intéressent pour ce qu'ils disent de nous ….. »

moi je dis, quand on entend parler le vin, faut arrêter !
on commence bobo, on finit à l'hosto !

Portrait de Nondupe

De Nondupe

07H17 | 04/07/2008 | Permalien

Vanessa, enfin au paradis !

Bon,, c'est biern joli tout ça, mais ça pue le bobo friqué qui va prendre l'air et jouer à la fermière à la campagne.
Ca me fait penser à Marie Antoinette et son gentil serrurrier !

Ne doutons pas qu'il faudra quelques figurants (pris dans la population locale) pour vinifier le bon breuvage vendu à prix d'or à d'autres bobos ébahis par les talents de Vanessa : « merveilleuse, si douée, bourrée de talents cette gamine ! » -dommage que Brialy ne soit plus là, le rôle lui aurait convenu !

Tout cela sent franchement l'ancien régime !
Jusqu'à quand la populasse ira s'esbaudir de ces jolis gens dans leurs jolies propriétés avec leur jolis enfants et leurs jolis chiens.
Pendant ce temps, le peuple doit bosser plus pour gagner des clopinettes.
Continuez comme cela !

Portrait de PourquoiPas

De PourquoiPas

07H56 | 04/07/2008 | Permalien

Il faut attendre la fin de l'article pour comprendre ce qu'est avant tout un « néo » : un citadin qui en a marre de sa vie en milieu urbain. De plus, quand on fait attention aux exemples de néos qui sont donnés, on comprend que ces personnes en mal de campagne sont des gens riches, ou relativement aisés. Ces gens là n'ont pas l'obligation de vivre de leur travail de vigneron, puisqu'il ont déjà un bon capital qui leur permet de vivre correctement. Pour ceux qui ont un peu plus de mal, comme vous sans doute, Mme Bernard, la pluriactivité est nécessaire car le métier de vigneron ne remplit pas suffisamment le porte-monnaie.
Les agriculteurs à l'ancienne, eux, sont dans l'obligation de monter des entreprises économiquement viables pour pouvoir vivre. Ils n'ont pas acquis un capital avant de s'installer.
Je vous rappelle en passant que l'agriculture ne peut être durable que lorsqu'elle est économiquement viable. L'agriculture durable s'appuie sur 4 grands principes : la production, la rentabilité économique, le respect de l'environnement et le développement social (main d'œuvre, maintien d'un tissu économique, d'une population jeune…).
Je ne critique pas les néos qui sont évidemment les bienvenus dans nos campagnes, mais je les mets en garde : qu'ils ne se prennent ni pour des sauveurs de la ruralité, ni pour des modèles. Leur histoire, leurs objectifs, leur vision diffèrent des ceux des ruraux de souche, mais il n'y a pas vraiment de comparaison possible entre les deux.
Quand je dis que les néos sont les bienvenus dans nos campagnes, je le pense sincèrement. Les néos représentent un apport de capitaux, de sang neuf et de diversité. Ils participent, à leur échelle, à un petit rééquilibrage entre ville et campagne.
Enfin je pense que vous faîtes erreur quand vous dites que les vins fruités sans sulfite des néos sont meilleurs que les vins d'oenologues. Déjà parce que le goût est très subjectif, et ensuite parce que chaque vin a ses avantages et inconvénients. Peut-être que vos vins ne peuvent pas se conserver plus d'un ou deux ans, par exemple, quand les vins « d'oenologues » ont une garde de 20 ou 30 ans… Vos produits sont différents, et si vous trouvez tous une clientèle qui les apprécie alors nous ne pouvons que nous réjouir d'une telle diversité.

Portrait de Kibboutz

à PourquoiPas Portrait de PourquoiPas De Kibboutz

inscrit à l'ANPE | 15H00 | 04/07/2008 | Permalien

juste merci pour votre commentaire, vous savez mieux formulez et expliquer les choses que moi ! et puis ça me rassure aussi que d'autres internautes et lecteurs de Rue89 aient ce point de vue.

Portrait de PourquoiPas

à Kibboutz Portrait de Kibboutz De PourquoiPas

15H10 | 07/07/2008 | Permalien

Il n'y a pas de quoi. J'ai bien aimé vos commentaires à vous aussi.

Portrait de marie 75

De marie 75 3563

07H58 | 04/07/2008 | Permalien

quand on sait que les viticulteurs luttent parce qu'ils crèvent…
Il faudrait peut-être que rue89 ne nous la raconte pas « les bobos parlent aux bobos ».
Faudrait suivre l'info et non la prese people !

Portrait de Fraise des Bois

à marie 75 Portrait de marie 75 De Fraise des Bois

Buveur | 16H15 | 04/07/2008 | Permalien

pas tous quand meme : sinon il n'y aurait plus de vignerons. Il y en a qui se font des boules en or aussi.

Portrait de DIOPZO

De DIOPZO

08H14 | 04/07/2008 | Permalien

L'agriculture a besoin de bras mais la viticulture ? j'en doute.Ma fille et mon gendre sont dans le métier du côté de Nîmes.Les propriétés viticoles y sont nombreuses,la lutte est féroce pour y vendre son vin.Avec la chute des cours du foncier certains viticulteurs sont ruinés avnt d'avoir commencé de rembourser les premières mensualités de leurs emprunts.Deux voisin se sont suicidés l'an dernier.Lorsque la crise sera passée (si elle passe) il ne restera que les plus forts…c'est la loi de la nature.L'avenir n'est quand même pas noir,il appartient soit aux très grandes structures capables de s'attaquer au marché mondial avec des vins standardisés (qui ne veut pas dire mauvais) vendus à prix concurrentiels, soit aux toutes petites avec un faible volume de production jouant la carte de la qualité (et des prix, hélas, en conséquence).C'est dans ce deuxième créneau que les néos ont leur place.

Portrait de cybêêle

De cybêêle

gasconne | 08H24 | 04/07/2008 | Permalien

Eh bien moi, ça ne me fait pas envie, en revanche, cet article digne de Marie-Claire me fait franchement marrer : de la photo « people-rebelles » aux poncifs, avec un sale petit arrière-goût pétainiste (bio ? ), déjà signalé par un autre internaute. Finalement, si la terre ne ment pas, elle, ça nous fait au moins un point commun entre le paysan de base et le néo-rural amoureux des vraies valeurs ! Faudrait être particulièrement naïf et ignorant des réalités de la vie rurale pour se laisser enivrer, non ?
Merci de nous parler aussi, à nous citadins abrutis, des nouvelles mesures de répression et fichage destinées aux mineurs à partir de 13 ans et aux dangereux terroristes anarcho-autonomes qui soutiennent les sans-papiers…

Portrait de marie 75

De marie 75 3563

10H08 | 04/07/2008 | Permalien

tu as raison …. tou cela est « charmant »…
Mais sans aucun intérêt !
Mais pour publier sur les sans-papiers, le fichage, la mort du sce public … il faut en avoir (je parle du vin sur la table pour se donner du courage).
Beaucoup quittent Rue89 bobo… isant …
Mediapart gagne des parts de marché.
Relation de cause à effet ?

Portrait de lili25

De lili25

déchaînée | 11H16 | 04/07/2008 | Permalien

C'est bien, ils sont beaux, riches et s'offrent des domaines viticoles… habiter à la campagne peut tout-à-fait paraître suppôrtable quand on a aussi un appartemant à Paris, un loft à New york et j'en passe… « chéri, t'en as pas marre de sentir la bouse j'irais bien respirer à la viiiille » ah les petits plaisirs des people !
Quant à ces soi-disant « vraies valeurs » de retour à la terre, elles font un peu froid dans le dos… et d'un point de vue écolo c'est limite de devoir prendre sa voiture pour la moindre course ou sortie, sans parler du prix de l'essence…bref, moi je veins d'une région rurale et je vais devoir aller « à la capitale » pour trouver du taf… c'est grave, docteur ?

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 17H45 | 04/07/2008 | Permalien

Y A-T-IL EU DENONCIATION DU CONTRAT MORAL
ENTRE RUE89 ET SES RIVERAINS ?

(Post retiré suite à la réponse de Yann Guégan donnée sur une autre page.)

Portrait de Fraise des Bois

De Fraise des Bois

Buveur | 16H23 | 04/07/2008 | Permalien

Chere Catherine, puis-je poser une question indiscrete ?

Combien ca coute 3,60 hectares de vignes a acheter ? Combien avez-vous investi dans ce domaine depuis 1999 ? Etes-vous rentable aujourd'hui ? En vivez-vous bien ?

Et votre vin, ou vos vins (car vous avez peut etre plusieurs cuvees) ? Comment s'appellent-ils ? Ou puis-je me les procurer ? Si je google votre nom sur le net, les trouverais-je ?

J'ai beaucoup de respect pour les vignerons qui font un travail exceptionnel (surtout les « petits » exploitants). Beaucoup sont souvent mal apprecies et mal recompenses. Je vous soutiens en buvant vos vins.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code