Murdoch veut retirer ses journaux des radars de Google
Dans la guerre, jusque là verbale, qui oppose l'archange Ruppert Murdoch au dragon Internet, le magnat australo-américain vient de lancer une nouvelle offensive : il vient de déclarer qu'il va retirer les articles de ses journaux (le Sun, le Times, le Wall Street Journal…) des radars de Google.
Dans une interview à la télévision Sky News Australia, Murdoch a déclaré qu'il envisageait de bloquer Google sur l'ensemble des sites de ses journaux, une fois que leur contenu serait payant. A la fin du mois d'août, le magnat avait annoncé qu'il ne croyait plus au modèle de la gratuité (les recettes de pub de son groupe ayant chuté de 14%), et qu'il allait donc passer au « tout payant ».
« Cleptomanes »
Murdoch, comme une grande partie de la presse, accuse depuis longtemps Google, cette bande de « cleptomanes », de s'enrichir en profitant de ses contenus. Le moteur de recherche américain siphone en effet une partie de la manne publicitaire, alors qu'il n'est pas le fournisseur du contenu qui attire celle-ci.
Murdoch, qui n'a jamais mâché ses mots, a traité Google de « parasite »… sans pour autant retirer le site de ses journaux des moteurs Google ou Google News… « Je pense que nous le ferons, mais quand nous commencerons à faire payer [les internautes] », déclare-t-il aujourd'hui. Dans son interview, Murdoch s'en prend à Google mais aussi à quelques autres :
« Les gens qui se contentent de piquer des trucs et de s'enfuir avec, de voler nos articles, ils ne font que les prendre. C'est le cas de Google, de Microsoft de Ask.com, de plein de gens… Ils ne devraient pas pouvoir systématiquement prendre ces articles sans rien avoir à payer, et je pense que [sur cette question] nous avons dormi. »
Réaction sur twitter de Jeff Jarvis, spécialiste des médias numériques :
« Triste, en fait. Murdoch avait l'habitude de se bagarrer. Aujourd'hui, il pleurniche ».
« Si nous réussissons, tout le monde nous suivra »
Murdoch, 78 ans, est toujours pris au sérieux dans le monde de la presse. « Si nous réussissons, tout le monde nous suivra », a-t-il claironné lorsqu'il a annoncé sa volonté de faire payer ses contenus. Et de fait, une certaine excitation a parcouru les rédactions de la presse écrite dans le monde entier : cette vieille baderne de Murdoch n'a-t-elle pas déjà sauvé la presse britannique dans les années 1980, en affrontant les ouvriers de l'imprimerie ?
En terme de business, ne reste-t-il pas le meilleur ? Son groupe Newscorp ne se porte pas si mal : FoxNews, le Wall street journal, The Sun, News of the World, The Times…
Sur le sujet Internet, Murdoch n'a pourtant pas l'air de maîtriser parfaitement ce dont il parle. Ainsi, si ses sites deviennent payants, quel problème y a-t-il à profiter du moteur de recherche de Google pour attirer le chaland ? On ne voit pas trop l'intérêt qu'il aurait, s'il fait payer ses contenus, à les cacher sous une cape d'invisibilité.
Dans son interview (dont nous publions la vidéo au bas de cet article), il explique que, déjà, les internautes qui cherchent un article via Google sur le site du Wall Street Journal, tombent sur le premier paragraphe de l'article suivi d'un formulaire d'inscription (payante). La réalité est pourtant très différente : si l'on passe par Google, on peut tomber sur des articles entiers gratuits. Exemple :
-
Si vous allez directement sur cet article, vous ne verrez certes qu'un paragraphe suivi d'une invitation à payer pour lire la suite.
-
En revanche, si vous googlez quelques mots de ce même article, et que vous vous y rendez en cliquant sur le lien de la page Google, vous le lirez entièrement, et gratuitement !
L'interview donne l'impression d'un Murdoch un peu désorienté. Et ses menaces ne devraient pas trop impressionner Sergei Brin et Larry Page, les fondateurs de Google.
Murdoch a beau être le plus puissant propriétaire de journaux au monde, son retrait du champs de vision de Google fera probablement à ce dernier l'effet d'une piqûre de moustique sur la peau d'un rhinocéros. En revanche, pour Murdoch, ce coup aura un coût. (Voir la vidéo, en anglais)
- ► Murdoch: "nous retirerons probablement nos sites de l'index Google" (mUmBRELLA, en anglais)
- ► Murdoch rend ses sites invisibles aux moteurs de recherche, pas si vite (paidcontent.org, anglais)
- ► L'avis de Mark Cuban : "Rupert is right. Deal with it"
- ► Et si Murdoch avait raison ? (paroles d'expert)
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De guyome
18H11 | 09/11/2009 |
D'un certain coté ne plus être référencer par Google/Yahoo/Ask ne vas sûrement rien changer pour le Time ou le Sun. D'abords parce que ni le Time, ni le Sun n'ont besoin de Google pour être connu. Ensuite, entre peu de personne qui rapporte bcp et bcp qui rapporte peu, je ne suis pas sûr que la balance soit en faveur de la seconde solution. Surtout que cela ne change rien à la présence de pub.
Par contre, si tout les sites sont payants il va falloir qu'ils établissent une relation particulière avec leurs lecteurs, sinon ils vont soit se faire "pirater", soit les gens vont partir.
Vraiment curieux de voir si Murdoch va aller jusqu'aux bout.
De Muppet
Terrien | 10H28 | 10/11/2009 |
Sans Google pas de Rue 89.
De Muppet
Terrien | 10H36 | 10/11/2009 |
Quelle hypocrisie !
Google vole les articles de Murdoch !
Il devrait changer son webmaster.
Murdoch n'a de toute façon jamais cru au modele internet.
Internet est un reseau libre n'en deplaise a tout ceux qui veulent controler le web. Les Murdoch(s) et les etats cherchent à controler et filtrer son contenu.
C'est comme ça depuis le 16eme siecle avec l'imprimerie, cela a donc mis 400 ans pour créer un moyen libre de diffusion : internet.
Murdoch peut verouiller ses journaux ce serait tres bien. Et ce n'est pas grave car ils sont tellement bien que tout le monde va payer pour les lire et tout le monde sera content. Google va surement deposer le bilan à cause de cela et ce sera bien fait.
On voit qu'il a pris la mauvaise habitude de prendre les gens pour des c.. mais tout ca c'est fini ; les c... choisissent aujourd'hui .
Qu'il verouille son site et qu'il arrete de crier au scandale parce que Google est gratuit.
Parce que en fait son vrai probleme c'est ça : Google est gratuit est ca fait chier beaucoup mais alors vraiment beaucoup de monde.
De Flashbill
pacsé | 14H13 | 10/11/2009 |
Murdoch a parfaitement raison et il tape sur le talon d'Achille de Google et des agrégateurs qui exploitent commercialement le boulot des autres sans que cela ne leur coûte rien. Un modèle qui, de toute façon, à terme ne sera plus possible (les Adsense ne rapporte pas un clou aux exploités, il est temps de le crier haut et fort) Un outil Google traduction sert avant tout à traduire les contenus pour ajouter de la publicité correspondant à la langue dans tous les pays du monde (imaginer ce que cela peut leur rapporter).
Quand à se faire connaître sans Google, il suffit de communiquer ailleurs que sur le Net.