06/10/2009 à 16h09

Table ronde sur les modèles économiques de la presse en ligne

Laurent Mauriac | Cofondateur Rue89

Les nouvelles pistes de recettes pour les médias étaient explorées lors d'une table ronde à laquelle j'ai participé, dans les locaux du Figaro, le 23 septembre. Etaient présents à mes côtés pour en débattre Bertrand Gié (directeur délégué des nouveaux médias du Figaro), Jean-Luc Marty (rédacteur en chef de Géo Magazine) et Nicolas Boutet (président de l'éditeur de logiciels « cross media » Wedia).

On y parle notamment de publicité en ligne, de la possibiltié de faire payer les internautes pour une information généraliste ou de la conversion au papier (comme Bakchich) pour diversifier les recettes. (Voir la vidéo ci-dessous ou sur le site du Figaro)

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  • Fifidou
    Fifidou
    Post Doc
    • Posté à 17h01 le 06/10/2009
    • Internaute
      Post Doc

    Je suis assez d'accord avec le fait qu'il n'existe pas de moyen indolore de payer sur Internet, et que cela reste à inventer.
    Justement, techniquement, je ne pense pas que ce soit si compliqué que cela. Après, l'étape compliquée consiste à faire adopter un seul standard pour tout le monde, mais...
    Avez vous déjà posé la question à des banques (qui me semblent les plus à même de vouloir proposer un tel service à leur clients), s'ils voulaient développer la « carte bleu du web » ?

    • Laurent Mauriac
      Laurent Mauriac répond à Fifidou
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 17h33 le 06/10/2009
        éditeur
      • Journaliste
        Cofondateur

      Nous nous sommes renseignés auprès de quelques banques au moment où nous avons lancé le mur de Rue89 (Lien). Les solutions actuelles, proposées par les banques, ne sont pas adaptées au micro-paiement dans la mesure où elles impliquent des commissions incompressibles sur chaque transaction. En outre, elles sont complexes à mettre en oeuvre, si bien que nous avons finalement préféré utiliser Paypal.

      Pour mettre en place un système de micro-paiement, on pourrait envisager sans doute une solution de contournement, mais qui nécessite le développement d'une plate-forme informatique : permettre aux internautes d'acheter des crédits, pour quelques dizaines d'euros, et ensuite de les dépenser en achetant des articles pour quelques centimes pièce.

      Comme vous le suggérez, une telle plate-forme serait d'autant plus efficace qu'elle serait partagée par plusieurs sites... Pourquoi pas ? Sauf que Rue89 n'a pas vocation à faire payer ses articles. Donc nous ne sommes pas en première ligne pour proposer un tel système.

      En revanche, nous avons soumis dans le cadre des appels à projet Web innovant du secrétariat d'Etat à l'économie numérique un projet de plate-forme de dons en ligne permettant à tous les sites adhérents au système de recevoir des contributions volontaires des internautes. Ce projet a été sélectionné et nous avons maintenant un an pour le mener à bien.

      Enfin, l'utilisation de la carte bancaire pour des abonnements en ligne est un usage détourné et pose problème aux fournisseurs. En cas de perte, de vol ou de changement de carte, ce qui est fréquent, la procédure est à recommencer. Il vaudrait mieux pouvoir prélever directement sur le compte. Mais cela suppose l'envoi d'un formulaire d'autorisation imprimé accompagné d'un RIB.

      La « carte bleue du web » dont vous parlez n'existe pas encore...

      • Fifidou
        Fifidou répond à Laurent Mauriac
        Post Doc
        • Posté à 13h34 le 08/10/2009
        • Internaute
          Post Doc

        Merci pour la réponse.

        Juste pour préciser 3 secondes ma pensée, j'imaginais assez bien transformer le format de la carte bleue en clé USB. Ensuite pour payer, il suffirait d'entrer un code à 4 chiffres en ayant la clé USB sur l'ordinateur, et le tour est joué. « carte bleu du web », en quelque sorte.
        Je m'étonnais juste que les banques, dans leur quête infinie pour nous refourguer des nouveaux services (payants), ne nous ai pas encore mitonné un truc utile comme celui là, contrairement à toutes les propositions commerciales à la ¤@`# qu'ils s'obstinent à vouloir entasser dans ma boîte aux lettres.

        Sinon, pour compenser l'oubli du premier message, j'ai beaucoup apprécié le contenu du discours de cette table ronde. Et je ne souhaitais en aucune façon remettre en cause le modèle économique de gratuité de Rue89, juste une pensée en appelant une autre ...

  • A déménagé le 13-10-2012 2
    • Posté à 00h09 le 07/10/2009
    • Internaute
      non connue

    Dites nous simplement combien il vous faudrait par internaute , après libre a nous de vous envoyer un chèque du montant de notre choix en + ou en - , on se marre bien parfois et comme le rire ça vaut un bon steak ...

    • Laurent Mauriac
      Laurent Mauriac répond à A déménagé le 13-10-2012 2
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 08h26 le 07/10/2009
        éditeur
      • Journaliste
        Cofondateur

      Un chèque en - ne nous intéresse pas trop a priori. Si c'est en + vous pouvez acheter une brique (montant de votre choix) sur le mur de Rue89 : Lien

      • A déménagé le 13-10-2012 2
        • Posté à 09h00 le 07/10/2009
        • Internaute
          non connue

        Une brique ne m'intéresse pas , je ne saurais pas quoi y mettre , par contre , je ferais volontier un chèque annuel car je m'y plais bien sur la rue .
        Si mon chèque ne vous intéresse pas , tant pis ! !
        Mais si demain vous obligez a prendre un abonnement donc se retrouver stérilement entre payants , je ne viendrais plus .

         
        • Laurent Mauriac
          Laurent Mauriac répond à A déménagé le 13-10-2012 2
          Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
          • Posté à 19h30 le 07/10/2009
            éditeur
          • Journaliste
            Cofondateur

          Votre chèque nous intéresse, mais Rue89, comme toutes les entreprises, n'est pas habilitée à recevoir des dons. D'où le mur, qui peut remplir un rôle de soutien à Rue89. Vous pouvez en profiter pour soutenir une cause humanitaire... ou même Rue89. Nous pouvons nous occuper de la création de votre brique.

        2 autres commentaires
  • bg3166
    bg3166
    gérant
    • Posté à 08h54 le 07/10/2009
    • Internaute
      gérant

    Débat intéressant avec de bons intervenants et j'ai bien aimé votre remarque pertinente : « A-t-on posé la question aux internautes pour savoir s'ils étaient prêts à payer ? ». Car au final, ce sont eux les clients.
    Je suis bien en phase avec la notion de « process de l'info » que le média web induit. En revanche je suis toujours surpris d'entendre que le journalisme web est « fondamentalement » différent du journalisme « papier ». Je n'ai rien entendu qui vienne justifier, éclairer ce « Fondamentalement »
    Je constate également que vous et votre équipe qui faites un excellent travail sur le web venez tous du média papier. Donc une bonne formation papier n'est-elle pas la meilleure des formations pour évoluer vers une information « en mouvement » telle que j'entends le « process de l'info » ?
    Au final, il me semble que la passion que vous transmettez sur cette nouvelle dimension pour LE JOURNALISME ne doit pas être loin des Albert Londres en leur temps... Et finalement quel que soit le media d'expression, les fondamentaux du métier de journaliste demeurent ?
    Merci de votre éclairage sur ce point et au plaisir de continuer à vous lire.

    • Laurent Mauriac
      Laurent Mauriac répond à bg3166
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 09h32 le 07/10/2009
        éditeur
      • Journaliste
        Cofondateur

      Merci pour cet encouragement !

      Vous avez raison, le journalisme web n'est pas fondamentalement différent du papier. Les règles du métier sont les mêmes et doivent être les mêmes. Je pense par exemple que l'ensemble des journalistes, quels que soient les médias, devraient se retrouver dans les recommandations de Dan Gillmor :

      Lien

      C'est peut-être un peu comme en médecine avec les différentes spécialités, c'est le même métier qui se prolonge avec des spécificités.

      Sur le Web, ces spécificités sont nombreuses. On cite bien sûr tout de suite le multimédia, mais ça va bien au-delà, avec cette idée d'article comme un processus qui rompt avec l'idée d'article comme produit fini. Un article continue de vivre après sa publication, notamment à travers les commentaires. La notion de bouclage n'est plus pertinente. Une formation ou une expérience dans la presse papier fournit les bases, mais aussi parfois de mauvaises habitudes.

      La majeure partie de l'équipe de Rue89 vient du papier, mais ce n'est pas le cas de tout le monde : David Servenay travaillait avant à RFI, Julien Martin sortait d'école quand il est arrivé, Zineb Dryef n'avait pas fini ses études...

      • bg3166
        bg3166 répond à Laurent Mauriac
        gérant
        • Posté à 10h36 le 07/10/2009
        • Internaute
          gérant

        Merci pour votre réponse très claire et la bonne comparaison avec la médecine.
        Au-delà des mauvaises habitudes et du poids de l'histoire ou encore des grandes logiques de « business model », pensez-vous qu'il soit réellement impossible dans une rédaction de faire cohabiter les différentes spécificités, un peu comme on le ferait dans un cabinet médical ou une clinique pour reprendre votre comparaison ?

        Continuez longtemps à faire vivre l'info !

         
        • Laurent Mauriac
          Laurent Mauriac répond à bg3166
          Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
          • Posté à 19h36 le 07/10/2009
            éditeur
          • Journaliste
            Cofondateur

          C'est sans doute possible mais délicat.

          Les journaux ont tenté deux modèles différents, mais aucun ne s'est révélé pleinement satisfaisant.

          - Fusionner les deux rédactions, mais se pose la difficulté des différences de rythme et de logique rédactionnelle. Il est complexe pour un journaliste de gérer tous les jours un double rythme, produire à la fois pour le Web et pour le journal papier.

          - Séparer les deux rédactions (ce que font par exemple le Monde ou 20 Minutes), mais ce fonctionnement implique souvent que deux journalistes suivent le même dossier, d'où une déperdition d'énergie...

          La solution est sans doute entre les deux, mais aucun média ne semble encore l'avoir trouvée.

        1 autres commentaires
  • Théophraste Renaudot - ACP
    Théophraste Renaudot - ACP
    Agence Centrale de Presse - ACP
    • Posté à 01h15 le 09/10/2009
    • Internaute
      Agence Centrale de Presse - ACP

    N'y a-t-il pas un marché inexploité auquel le Web 2.0 peut donner vie ? Il s'agirait pour les rédactions de générer des revenus grâce à la rencontre entre une multitude de communautés, et des journalistes spécialisés qui trouveraient en celles-ci leur public de prédilection. Les sites internet des journaux continueraient de publier les contenus « grand public » gratuitement, et proposeraient divers contenus communautaires payants dont le public serait une diversité de minorités friandes d'information sur un sujet en particulier. Les contenus communautaires, à haute valeur ajoutée, feraient appel aux potentialités que seul Internet propose (débats en direct, tchats avec des experts d'un secteur, etc.).