Les 22 conseils de Dan Gillmor aux journalistes à l'heure du Web
Dan Gillmor, un journaliste américain passé du print au Web, auteur d'un livre célèbre « We the media », est un critique sévère des pratiques journalistiques. Dans un article publié par le quotidien britannique The Guardian sous le titre « les nouvelles règles de l'information », il donne 22 conseils aux journalistes à l'heure du Web, qui nous semblent suffisamment pertinents et incitatifs à la réflexion pour en relayer ici les principaux.
- Ne jamais commémorer d'anniversaires, sauf exceptions : c'est le refuge des journalistes paresseux.
- Inviter les lecteurs à participer au processus journalistique sous toutes les formes, crowdsourcing (faire appel à l'intelligence collective), blogs de lecteurs, wikis etc.
- La transparence est un élément central du journalisme. Par exemple, publication d'un encadré avec chaque article, intitulé : « ce que nous ne savons pas »...
- Création d'un service de notification aux lecteurs des erreurs découvertes au cours de notre travail journalistique.
- Faire de la « conversation » un élément essentiel de notre mission.
- Refuser de faire de la « sténographie » et appeler ça du journalisme.
- Remplacer la novlangue des relations publiques et autres formes de vocabulaire orwellien par des mots plus neutres, plus précis.
- Utiliser le lien hypertexte autant que possible, mettre des liens avec tous les médias de notre communauté, quelle que soit la définition de cette communauté.
- Rendre les archives libres d'accès, avec la création d'applications permettant à chacun de les utiliser sous toutes les formes.
- Aider les membres de notre communauté à devenir des utilisateurs actifs, pas des consommateurs passifs, des médias.
- Ne jamais publier de listes de dix, c'est de la paresse ou du manque d'imagination [ce qui n'empêche pas Gillmor de faire sa « liste de 22 »..., ndlr]
- Sauf cas exceptionnel, ne jamais citer de sources anonymes.
- Le mot « doit » -au sens de « le président doit faire çi ou ça...“- doit être banni des éditoriaux ou autres commentaires de nos journalistes.
- Renvoyer au travail de nos concurrents ou des nouveaux entrants comme des blogueurs qui couvrent des sujets pointus au lieu de prétendre, comme ça se fait généralement, qu'ils n'existent pas.
- Ne jamais publier de points de vue d'hommes politiques ou de chefs d'entreprise, étant entendu qu'ils n'écrivent pas eux-mêmes leurs textes...
Pour la liste complète des 22 points et de leurs définitions, lire l'article sur le guardian.co.uk.
► Correction : au point 15, corrigé point de vie en point de vue, c'est plus correct mais moins poétique. Merci à Johan Hufnagel pour sa vigilance sur deux sites à la fois...
- Sur Rue89Journalisme en ligne : les forçats de l'uniformisation
- Sur Rue89Assises du journalisme français : votre avis nous intéresse
- Sur guardian.co.ukThe new rules of news, par Dan Gillmor, sur Guardian.co.uk
- Sur mediactive.comLes articles de Dan Gillmor sur Mediactive.com
- Sur rue89.comTous les articles de Presse sans Presse
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oiseau
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12. Sauf cas exceptionnel, ne jamais citer de sources anonymes.
Quand l'anonymat protège de près ou de loin la source, il me semble qu'il vaut mieux que cette protection ne soit pas exceptionnelle.
13. Le mot « doit » -au sens de « le président doit faire çi ou ça…“- doit être banni des éditoriaux ou autres commentaires de nos journalistes.
Warf, warf. Le mot ‘doit’ doit être banni comme il est interdit d'interdire. Ainsi, le serpent se mord la queue.
Plus sérieusement, concernant ces 22 principes, il est peu probable qu'on trouve des journalistes qui ne soient pas d'accord (tout comme la plupart des gens se disent par principe égalitaire et non-raciste), mais dans les faits, ne vont-ils pas continuer à se comporter comme avant (tout comme le gens dans leurs quotidiens font des gestes emprunt de discrimination) ?
En bref, entre la déclaration de principe et le comportement réel, il y a souvent une nuance assez ... grosse.




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