Au Washington Post, interdit de tweeter ses opinions
La nouvelle fera sûrement sourire les journalistes français adeptes de Twitter et qui ont pris l'habitude d'utiliser cet outil pour dire ce qu'ils pensent et commenter l'actualité.
Le Washington Post vient d'édicter des règles interdisant à ses journalistes de livrer leurs opinions politiques ou observations personnelles sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et Twitter.
Le médiateur du journal explique longuement comment cette décision a été prise, avant de la détailler.
L'un des rédacteurs en chef du quotidien, Raju Narisetti, a commis l'imprudence de suggérer sur Twitter que si on peut augmenter les déficits pour faire la guerre, on pourrait aussi l'envisager pour améliorer le système de santé, ou encore qu'un sénateur de 91 ans, hospitalisé après une chute, pourrait songer à se retirer de la vie politique. Affolement : « Dans le contexte politique hyper-sensible actuel, les tweets de Narisetti pourraient être interprétés comme une prise de position de la part d'un des rédacteurs en chef du Post sur la question de savoir si la réforme du système de santé doit être neutre pour le budget », craint le modérateur dans son article.
Depuis, Raju Narisetti a fermé son compte Twitter.
Vendredi, le Washington Post a publié de nouvelles règles sur l'expression de ses journalistes, notamment sur Facebook et Twitter.
« Lorsque nous utilisons ces réseaux, rien de ce que nous faisons doit soulever la question de l'impartialité de notre jugement sur les informations. Nous ne devons jamais abandonner les règles qui régissent la séparation de l'information et de l'opinion, l'importance du fait et de l'objectivité, l'utilisation appropriée du langage et du ton et les autres caractéristiques qui font la marque de notre journalisme. »
Conclusion :
« Les journalistes du Post doivent s'abstenir d'écrire, de tweeter ou de poster quoi que ce soit -y compris des photos ou des vidéos- qui pourrait être perçu comme reflétant un parti-pris ou un favoritisme politique, racial, sexiste, religieux ou autre, qui pourrait être utilisé pour ternir notre crédibilité journalistique. »
Addendum, 28/09/09 à 9h : Le site PaidContent publie l'ensemble des nouvelles règles.
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De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 21H48 | 27/09/2009 |
Au moins, ils osent l'écrire.
Souvenons-nous de TF1, qui n'avait pas dit ni écrit que le Groupe était favorable à la loi « création et Internet »… Pour (trop tard) indiquer qu'il ne fallait pas être contre !
De Lapin Bleu
Journaliste n°89910 | 22H31 | 27/09/2009 |
Hallucinant ces Américains,
Depuis quand ce que je pense moi engage-t-il mon employeur ? ?
(moi qui ne suis pas rédacteur en chef, ni ministre, ni tenu à aucun devoir de réserve)
Depuis quand mon expression dans la rue ou sur le web devrait-elle bridée par crainte que quelqu'un en comprenne quelque chose que je n'ai jamais dit ni pensé ?
(comme cela arrive tous les jours, tant l'expression « chacun voit midi à sa porte » est exacte, -- y'a qu'à voir la possible interprétation déformante que suggère le modérateur du Post, faisant lien entre sénateur grabataire et réforme du système de santé. N'importe quoi ! )
Il me semblait que certaines évidences de base étaient acquises depuis longtemps sur Internet. Je constate que non, en fait.
Je suis bleu.
à Lapin Bleu
De ysengrimus
22H51 | 27/09/2009 |
TWITTER, je dis : surprenant…
http://ysengrimus.wordpress.com/2009/06/01/twitter-represente-t-il-la-mi…
TWITTER, je dis : prudence. C'est que le patron s'en approche de plus en plus… ces faits le prouvent…
Paul Laurendeau
De Tita
oiseau | 22H33 | 27/09/2009 |
Tout cela nous rappelle que ces réseaux sociaux ne sont pas des lieux privés dans lesquels on peut tout dire sans conséquences.
Ceci dit, même dans un lieu public, un journaliste ne peut-il pas exprimer ses opinions personnelles (en dehors des heures de travail par exemple) ? L'abandon de la vie privée, est-ce le nouvel esclavage ? Ou plutôt, ne veut-on pas ici nous faire croire qu'il n'y a pas de différence entre « ne pas avoir d'opinion politique, religieuse, etc… » et « ne pas les exprimer » ? Franchement, peut-on trouver un seul journaliste politique qui n'aurait pas d'opinion politique ? J'en doute. Conclusion : j'ai plus confiance envers quelqu'un qui avoue avoir des opinions que celui qui les tait hypocritement. Après tout, la vraie preuve d'indépendance, c'est d'avoir les mêmes opinions politiques, mais d'oser quand même critiquer.