11/09/2009 à 09h58

L'Agence centrale de presse, nouveau modèle pour pigistes ?

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89


Robert Redford et Dustin Hoffmann incarnent les journalistes dans Les Hommes du président (www.collectionchristophel.fr)

La chose est suffisamment rare pour être notée : un acteur du monde des médias fait son apparition en proposant un modèle économique inédit, et en l'assortissant d'un discours non pas simplement optimiste, mais résolument positif et conquérant. Il s'agit de l'Agence centrale de presse, qui entrera en fonction début 2010.

Ce nom dira sans doute quelque chose aux plus anciens : deuxième agence de presse française derrière l'AFP, l'ACP avait disparu, en 1990, « sabordée » par son propriétaire, le magnat britannique des médias Robert Maxwell, selon un article de L'Humanité à l'époque.

Le nom a ensuite été racheté par Christian Ciganer-Albeniz, président d'un fonds d'investissement et propriétaire du groupe Imacom, qui coiffe déjà les agences photo Sunset, Visual ou DPPI.

« Réinventer la relation entre journalistes et médias »

Avec Judikaël Hirel, désormais rédacteur en chef de l'ACP, Christian Ciganer-Albeniz (frère de Cécilia Attias) propose rien moins qu'un « nouveau modèle économique au journalisme à forte valeur ajoutée », en mettant en relation des journalistes (photographes ou rédacteurs) avec des médias.

« Nous proposons aux journalistes de garder à la fois leur liberté de revenus et leur liberté d'expression », explique Judikaël Hirel, qui se réclame d'une maxime de Gaston Leroux :

« Leroux disait que le journalisme, c'est voir, savoir, savoir faire et faire savoir. Nous, on est dans le faire savoir. Nous voulons réinventer la relation entre journalistes et médias. »

Sur son site, l'ACP se prononce « pour un journalisme de qualité » :

« Pour l'ACP, plus qu'une crise de supports, la crise actuelle est avant tout une crise de contenus. Quelle originalité dans les angles, dans les contenus, imprimés comme en ligne ? Quel travail d'enquête dans la durée ? Quel soutien des grands médias à l'égard du photoreportage ? »

« La grille tarifaire sera conçue pour éviter le dumping »

Dès 2010, l'ACP sera une « plate-forme éditoriale en ligne », sur laquelle des journalistes rédacteurs ou photographes mettront en ligne sans frais leur production, qui sera ensuite achetée au coup par coup par des médias qui, eux, paieront 5 000 euros annuels de droit d'accès.

Le prix de chaque contribution sera fixé en fonction de différents critères (importance ou exclusivité du contenu, notoriété du signataire, etc.), selon une grille tarifaire qui reste à établir. « Cette grille sera conçue pour éviter le dumping », prévient Judikaël Hirel.

A l'ACP, une rédaction professionnelle produira elle-même du contenu en recréant « le tandem journaliste et photographe », et traduira les articles en langues étrangères. Son rédacteur en chef envisage aussi de cofinancer les grands reportages de journalistes free-lance.

Pas question de rivaliser avec les grandes agences de presse filaires que sont l'AFP, Reuters et Associated Press : l'ACP, qui ne proposera que du texte et de la photo, entend se limiter à 1 500 contributeurs et 1 000 médias abonnés, « pour des raisons techniques mais aussi de qualité ».

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  • armi11
    • Posté à 10h17 le 11/09/2009

    Encore un outil de propagande pour les financiers ?

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 10h18 le 11/09/2009
    • Internaute
      Roboticien utopiste

    Etant peu initié aux arcanes de l'AFP et aux pratiques des agences de presse, j'ai un peu de mal à comprendre où se situe la nouveauté, à la lecture de cet article...

    Les medias s'abonneront, pourront republier les nouvelles à leur façon et après ? L'AFP ne marche pas déjà comme ça ?

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Iv
      journaleux - blogueur
      • Posté à 07h19 le 13/09/2009
      • Internaute
        journaleux - blogueur

      L'ACP n'était pas une agence comme les autres…
      ————
      Ca fait tout de même un rôle de raccourci que de lire :
      « Ce nom dira sans doute quelque chose aux plus anciens : deuxième agence de presse française derrière l'AFP, l'ACP avait disparu, en 1990, “ sabordée ” par son propriétaire, le magnat britannique des médias Robert Maxwell, selon un article de L'Humanité à l'époque. »

      Car les « plus anciens » devraient, eux, se souvenir des années soixante, de Mendes France, de Guy Mollet, de Gaston Defferre, Roger Quillot et autres, qui gravitaient autour de l'agence… qui a été entre autres fondée par Defferre. Et, ironie du sort, à une période où Defferre possédait deux quotidiens à Marseille (Le provençal et Le Méridional), un seul des deux était abonné à l'ACP. Le Méridional, dont la ligne éditoriale était pltôt à droite, était abonné à l'AFP. Pour le foot comme pour les élections, les journaux avaient des lectorats différents.
      Voici quelques jours, Le Monde avait commencé un sujet sur « le journalisme sans Internet ». Et là, ça aurait évité un fâcheux raccourci.
      Dans « L'affaire du point de détail : effet médiatique et enjeux de mémoire »
      Lien
      le rôle crucial de l'ACP est bien raconté, pour expliquer que, sans l'agence (qui par la suite allait se lancer dans l'audiovisuel avec RTL et RMC), jamais les propos de Le Pen ne seraient allés aussi loin. Ce qui avait été rapidement dit sur RTL aurait pu être oublié, si l'ACP n'avait pas insisté. Puis, à la fête des BBR suivante, Le pen a attaqué l'ACP, et pas l'AFP, qui était restée plutôt silencieuse (Le Monde, 22/09/1987).
      Le « filtre de l'information », c'est la « qualité Maxwell » qui l'a instaurée sur le fil France, pour en fair une agence aussi fade que l'AFP, puis la faire taire en 1990, ne laissant que le fil financier et le fil télé, qui sont morts l'été 1993.

      Voilà, Augustin, ce qu'était l'ACP pour les « plus anciens ». Je n'ai bossé qu'à la télé, et que les six derniers mois avant que la clef ne soit mise sous le paillasson, mais j'ai connu des collaborateurs du fil France. Et il m'est arrivé de piger pour le fil Caraïbes, qui était basé à San Juan (Puerto Rico), lorsqu'il fallait remplacer le collègue de l'ACP, comme je remplaçais aussi celui de UPI.

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Iv
      journaleux - blogueur
      • Posté à 07h19 le 13/09/2009
      • Internaute
        journaleux - blogueur

      L'ACP n'était pas une agence comme les autres…
      ————
      Ca fait tout de même un rôle de raccourci que de lire :
      « Ce nom dira sans doute quelque chose aux plus anciens : deuxième agence de presse française derrière l'AFP, l'ACP avait disparu, en 1990, “ sabordée ” par son propriétaire, le magnat britannique des médias Robert Maxwell, selon un article de L'Humanité à l'époque. »

      Car les « plus anciens » devraient, eux, se souvenir des années soixante, de Mendes France, de Guy Mollet, de Gaston Defferre, Roger Quillot et autres, qui gravitaient autour de l'agence… qui a été entre autres fondée par Defferre. Et, ironie du sort, à une période où Defferre possédait deux quotidiens à Marseille (Le provençal et Le Méridional), un seul des deux était abonné à l'ACP. Le Méridional, dont la ligne éditoriale était pltôt à droite, était abonné à l'AFP. Pour le foot comme pour les élections, les journaux avaient des lectorats différents.
      Voici quelques jours, Le Monde avait commencé un sujet sur « le journalisme sans Internet ». Et là, ça aurait évité un fâcheux raccourci.
      Dans « L'affaire du point de détail : effet médiatique et enjeux de mémoire »
      Lien
      le rôle crucial de l'ACP est bien raconté, pour expliquer que, sans l'agence (qui par la suite allait se lancer dans l'audiovisuel avec RTL et RMC), jamais les propos de Le Pen ne seraient allés aussi loin. Ce qui avait été rapidement dit sur RTL aurait pu être oublié, si l'ACP n'avait pas insisté. Puis, à la fête des BBR suivante, Le pen a attaqué l'ACP, et pas l'AFP, qui était restée plutôt silencieuse (Le Monde, 22/09/1987).
      Le « filtre de l'information », c'est la « qualité Maxwell » qui l'a instaurée sur le fil France, pour en fair une agence aussi fade que l'AFP, puis la faire taire en 1990, ne laissant que le fil financier et le fil télé, qui sont morts l'été 1993.

      Voilà, Augustin, ce qu'était l'ACP pour les « plus anciens ». Je n'ai bossé qu'à la télé, et que les six derniers mois avant que la clef ne soit mise sous le paillasson, mais j'ai connu des collaborateurs du fil France. Et il m'est arrivé de piger pour le fil Caraïbes, qui était basé à San Juan (Puerto Rico), lorsqu'il fallait remplacer le collègue de l'ACP, comme je remplaçais aussi celui de UPI.

  • Corsaire du Peuple et de la Raison
    • Posté à 10h55 le 11/09/2009

    Les gars soyez sérieux, ce n'est pas roger moore mais robert redford !

    • goofy_surf
      • Posté à 11h03 le 11/09/2009
      • Internaute
        étudiant

      Tu m'ôtes les mots de la bouche !
      Il est vrai que la même année que la sortie des « Hommes du Président » (1976), Roger Moore jouait dans « Sherlock Holmes in New York »...

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à Corsaire du Peuple et de la Raison
      Du nouveau bientôt Rue89
      • Posté à 13h00 le 11/09/2009
        éditeur
      • Journaliste
        Du nouveau bientôt

      On va dire que c'était pour voir si vous suiviez : -) Mais c'est corrigé, merci.

  • YoshiL7
    • Posté à 11h24 le 11/09/2009

    « Christian Ciganer-Albeniz », le frère de l'ex femme du roi de France... un certain Ciganer Christian qui est ou a été consultant privé en fusion-acquisitions pour de grands groupes français (Framatome, AXA, Lagardère, Crédit foncier, Accor, Aurel Conseil, etc.) et dont le nom est apparu lors de l'affaire de la vente de la Salle Pleyel où il était responsable de l'ingénierie financière (Le Monde, 30 mars 2007)... En attendant, est ce que ce genre d'agence ne va pas permettre à des directions de dégresser un max ? Espérons qu'elle proposera du contenu convenable avant de tout vouloir révolutionner et ce sera déjà pas mal... sinon, souvent les agences de presse se positionnent, à demi mot ou dans le silence, par rapport à un pouvoir en place ou au futur pouvoir en place, cet ACP va pencher plutot du quel coté ? l'ACP (l'originale) avait été fondée pour « contrer » les « gauchistes » et « tiers-mondistes » de l'AFP si je ne m'abuse... la, l'ACP ne sortirait elle pas tout simplement de terre pour dynamiter l'AFP tout court ?

    • spleenlancien
      spleenlancien répond à YoshiL7
      Que sont mes voisins devenus ?
      • Posté à 11h32 le 11/09/2009
      • Internaute
        Que sont mes voisins devenus ?

      Pas mal vu, quand on se souvient des sorties de Lefévre à l'encontre de l'AFP.
      Plus globalement ne serait ce pas, à terme, le moyen de rendre inutile les journalistes eux mêmes car si j'ai bien compris tout le monde ou presque pourrait devenir contributeur.

  • PaC_1250
    PaC_1250
    Sans emploi
    • Posté à 11h05 le 11/09/2009
    • Internaute
      Sans emploi

    Hors sujet : sympa les empreintes Allociné sur l'image : )

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à PaC_1250
      Du nouveau bientôt Rue89
      • Posté à 12h58 le 11/09/2009
        éditeur
      • Journaliste
        Du nouveau bientôt

      Ah oui tiens, j'avais jamais remarqué. C'est bizarre parce qu'ils proposent de « bloguer cette photo », ce qui sous-entend qu'on peut les réutiliser.

      • Manu de la bas
        • Posté à 13h08 le 11/09/2009

        en attendant, Georges Abitbol n'était pas pigiste ! ! ! C'etait juste l'homme le plus classe du monde ...

         
        • Tassin
          Tassin répond à Manu de la bas
          Inquiet
          • Posté à 14h36 le 11/09/2009
          • Internaute
            Inquiet

          Ah, voilà enfin le roi de la classe ! L'homme trop bien sapé, Abitbol ! Alors comme ça tu as été élu l'homme le plus classe du monde ! Laisse-moi rire !

          • Zu
            Zu répond à Tassin
            • Posté à 21h08 le 11/09/2009

            Tu baises les menageres, c'est bien, tu dois avoir le cul qui brille. Le train de tes injures roule sur le rail de mon indifference. Je prefere partir plutot qu'd'entendre ca plutot qu'd'etre sourd...

        • Lurker
          Lurker répond à Manu de la bas
          • Posté à 15h19 le 11/09/2009

          George, sans s. Un peu de classe, tout de même.

        3 autres commentaires
  • AC-89-
    • Posté à 11h05 le 11/09/2009

    Je sais bien que ce n'est pas la rubrique cinéma, mais confondre Robert Redford et Roger Moore mérite un gros NAZE.

    • vil2
      vil2 répond à AC-89-
      • Posté à 11h09 le 11/09/2009

      « Patron, patron !
      Ya steven qui a la mega chiasse il a bouché les WC
      -Ca doit être les burgers... »

      (Le grand détournement)

      Merci d'avoir rétabli Mr redford j'ai cru faire une syncope en lisant la légende !

      • Lagfactor
        Lagfactor répond à vil2
        Improbable
        • Posté à 11h48 le 11/09/2009
        • Internaute
          Improbable

        Monde de merde !

         
        • Tassin
          Tassin répond à Lagfactor
          Inquiet
          • Posté à 14h35 le 11/09/2009
          • Internaute
            Inquiet

          L'homme le plus classe du monde meurt et ses dernières paroles, c'est monde de merde. Pourquoi il a dit ça ? Je veux le savoir

           ; -)

        1 autres commentaires
  • A.V.
    • Posté à 11h15 le 11/09/2009

    « Nouveau modèle » pas si nouveau que ça. Il m'arrive de piger et de traduire pour une agence créée en 2007 sur le même genre de principe. C'est une évolution liée à la logique économique d'un nombre croissant de publications qui préfèrent se passer de rédac maison. La différence avec ACP, c'est la taille (1 500 contributeurs et 1 000 médias abonnés, wouaaaah ! )

  • pierrepierre
    pierrepierre
    journaliste
    • Posté à 11h31 le 11/09/2009
    • Journaliste
      journaliste

    Initiative intéressante.
    Juste une remarque : le beau blond sur la photo n'est pas Roger Moore, mais Robert Redford. Une petite erreur de légende...

  • zorbec
    zorbec
    retraité
    • Posté à 11h57 le 11/09/2009
    • Internaute
      retraité

    Mauvais débuts pour une agence de presse :
    -Confondre Redford et Moore,en plus en parlant de la presse,Nixon doit se tordre de rire dans sa tombe.
    -Eviter de signaler que Cécilia Attias est l'ex madame $arkozy,démontre dès le départ que les bonnes habitudes ne sont pas perdues,tant qu'à faire un article sur cette « nouvelle » agence de presse,un peu de sérieux n'aurait pas été inutile.

  • Geho
    Geho
    Photographe
    • Posté à 12h13 le 11/09/2009
    • Internaute
      Photographe

    Au départ très enthousiaste à cette idée, voilà ce qui m'a refroidi :

    « Une fois achetée, la contribution devient la propriété de l'acheteur. Il est libre de la diffuser ou pas. Il décide de son utilisation, dans les limites du respect du droit d'auteur et de la diffusion convenue lors de l'achat. »

    C'est clair. Il est possible de déposer un sujet déjà publié si on en possède les droits, tant que le sujet n'est pas vendu, pas de problème, mais une fois vendu, c'est mort. Pour le texte, je m'interroge quant à la possibilité de rewriting, pour la photo, quand y en a une de bonne... ben y en a pas deux...

    Ce système dépossède les producteurs de contenu de leur production, donc à terme, de leur revenus. L'enjeu n'est pas de refuser l'innovation, mais la cession de propriété du produit par les producteurs au profit des diffuseurs dans les conditions du marché actuel. Ce qui peut s'appliquer - par exemple aux designer, aux graphistes ou aux webmasters - ne le peut pas pour les journalistes car le marché n'est pas assez vigoureux et ne génère pas assez de demandes pour assurer des revenus suffisamment constant.
    Copie à revoir.

    • Lapin Bleu
      Lapin Bleu répond à Geho
      • Posté à 15h05 le 11/09/2009

      Salut Geho,

      Ce que tu dis est intéressant et je précise que je te réponds sans n'avoir approfondi encore les conditions générales de l'ACV.

      Je comprends bien le risque que tu évoques, celui de la « dépossession une fois vendu » d'un contenu dont tu es auteur.

      Mais :
      - c'est sans doute un peu différent pour un photographe, mais personnellement, quand je vends une pige, je ne la vends qu'une fois (c'est un produit réalisé sur mesure pour un titre) ;
      - en cas de « grosse » info (un énorme scoop dont l'informateur ne voudrait parler qu'à moi pour le rédacteur que je suis ou que tu aurais été le seul à photographier pour toi), rien n'empêche de négocier plus cher pour vendre en exclusivité ;

      Reste dans la veine de ce que tu évoques, la question de l'acheteur qui serait une agence de presse (qui achèterait pour revendre le plus de fois possible le contenu acheté au pigiste, ce qui paraît déontologiquement douteux et renvoie directement à la notion de dépossession que tu évoques)... Là encore, le pigiste ne pourrait-il pas jauger au juste prix son scoop pour une cession en exclu. On peut s'interroger de savoir si la nouvelle ACP ne pourrait pas prévoir deux types de vente : en exclu, sans exclu.

      – lapinesquement,

  • green pupuce
    green pupuce
    insecte
    • Posté à 12h21 le 11/09/2009
    • Internaute
      insecte

    Sur la photo, ce n'est pas roger moore c'est sexy bob, robert redford

  • onapatouvu
    • Posté à 13h52 le 11/09/2009

    D'après ce que je comprends, cette ACP sera juste un intermédiaire entre les journalistes (et assimilés) et les organes de presse ; ils comptent donc s'engraisser avec le travail des autres, sans produire grand chose eux-mêmes. Je ne vois pas bien la contribution qu'ils apporteront à un journalisme de qualité.
    Petit détail mesquin : la dernière phrase de leur page d'accueil (« Une communauté éditoriale centrée sur la valeur ajoutée et l'exigence des journalistes qui la compose. ») se termine par une grossière faute d'orthographe ; c'est un échantillon de la qualité annoncée ?

    • jicebe
      jicebe répond à onapatouvu
      journaliste retraité
      • Posté à 14h34 le 11/09/2009
      • Journaliste
        journaliste retraité

      Encore un patron qui n'a jamais lu le code du travail, chapitre sur les journalistes ; Toute cette combine est illégale.

      • Lapin Bleu
        Lapin Bleu répond à jicebe
        • Posté à 14h55 le 11/09/2009

        Hello jicebe,

        Ce serait sympa à l'occasion de développer, même en une ou deux phrases. Ca m'intéresses ce que tu dis. Et je ne vois pas tellement en quoi ça peut être illégal, si la rémunération se fait selon les règles.

        Je ne me suis pas encore penché sur leurs conditions générales, mais je pense pas que ce soit l'ACV qui rémunère les pigistes, mais celui qui passe commande, en payant comme n'importe quelle autre pige...

        – lapinesquement,

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 14h32 le 11/09/2009
    • Internaute
      Inquiet

    Pétèr et Stéveune en une de Rue89 ! ! Excellent !

    A quand une recette de la Ouiche Lorraine ?

    « Tu confonds un peu tout, tu fais un amalgame entre la coquetterie et la classe »

    « Le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence »

  • ben voillon
    • Posté à 14h39 le 11/09/2009

    Comme déjà mentionné par un précédent intervenant, j'ai lu ceci sur leur site : « Une fois achetée, la contribution devient la propriété de l'acheteur ».
    Sauf erreur de ma part ceci correspond au principe du copyright à la yankee, pas à celui des droits d'auteur à la française. J'ai un doute quant à la légalité de la chose. Et j'espère ne pas me tromper.

    Mon ressenti face à cette clause est que l » ACP semble profiter des difficultés actuelles du métier pour arnaquer un peu plus les journalistes dans un sens dont rêvent en permanence les patrons de presse. Rien de réjouissant donc.

    • Geho
      Geho répond à ben voillon
      Photographe
      • Posté à 17h58 le 11/09/2009
      • Internaute
        Photographe

      A noter que le copyright à la yankee ne diffère que très peu du droit d'auteur, à l'exception du droit moral (incessible en France). Le droit patrimonial en revanche est transférable partout, d'où là légalité du procédé puisque l'on peut céder à titre définitif les droits commerciaux et patrimoniaux à son employeur contre salaire.

      @Lapinbleu
      Mon inquiétude concerne plus cette revente déguisée par des groupes pouvant acquérir du « matériel ». Mr Hirel d'ailleurs a travaillé dans un groupe de presse ou la pratique du « vous me cédez les droits pour l'éternité contre une somme forfaitaire ridicule » est largement utilisée... de là à ce qu'il s'en soit inspiré...

      • Lapin Bleu
        Lapin Bleu répond à Geho
        • Posté à 12h16 le 12/09/2009

        Ok, vu. Espérons que non.
        Je me suis inscrit : ai reçu un mail m'informant que tout débutera en octobre et que je vais recevoir une proposition de contrat...
        Wait & see.

        – lapinesquement,

  • Lapin Bleu
    • Posté à 14h45 le 11/09/2009

    Hello,

    Très intéressant et me rappelle des souvenirs.

    En 2001 à Bordeaux, j'avais initié exactement le même principe avec des amis journalistes. Nous avions créé une association qui existe toujours dormante, « Pigesmachine » (en référence à la « Newsmachine », mon tout premier site web qui traitait du thème « Presse, journalistes et technologies numériques »).

    Nous avions poussé le concept dans tous les sens... Nous n'avions pas été jusqu'à imposer une grille tarifaire, préférant laisser chaque pigiste gérer sa relation commerciale en direct avec le media. Et c'est vrai qu'il est vite apparu qu'une telle plate-forme d'intermédiation risquait inévitablement de générer du dumping sur les prix, et une concurrence accrue entre journalistes pigistes, pas forcément saine. Une telle plate-forme lamine en effet le « mauvais » pigiste (qui n'a pas assez de sujets à proposer, qui n'est pas fiable sur les délais), avec un benchmarking national et automatisé entre nous tous. Moralité : une tendance à engraisser les « gros » et à ne plus permettre aux « petits » de tirer leur épingle du jeu (je pense à ceux qui ont plus l'âme salarié que pigiste, mais qui réussissent néanmoins à vendre quelques piges quand ils se retrouvent sans emploi, bref aux « pigistes subis » et non pas « choisis »).

    Par contre, nous n'avions jamais envisagé la possibilité de proposer des articles déjà réalisés, ne croyant absolument pas qu'un media puisse vouloir acheter des articles ainsi « réchauffés ». Dans la Pigesmachine, le pigiste proposait un synopsis des sujets qu'il pouvait traiter, sans griller ses sources. Si le responsable de rédaction était intéressé, alors mise en relation et approfondissement bilatéral ensemble, avec commande en fonction des desiderata spécifiques de la parution acheteuse (angle, longueur, etc.).

    Nous avions prévu un système de notation réciproque des prestations réalisées, façon eBay, afin d'éliminer les personnes non fiables du système naturellement (sans les mettre dehors sur des critères subjectifs mais en laissant le soin à la communauté de « ranker »).

    Notre projet a capoté en beauté : pas assez de compétences techniques (la Pigesmachine était un Spip hacké), bénévolat uniquement (yakafokon) et surtout, surtout, énorme difficulté à « amorcer la pompe » de façon équilibrée, ce qui nous a vite semblé être un des gros enejuex pour pérenniser le service (si l'offre et la demande sont trop déséquilibrées, il y a forcément un côté qui n'y trouvera pas son compte et qui désertera la plate-forme). Nous n'avions aucun mal à trouver des pigistes intéressés (appelés « producteurs » par la Pigesmachine), mais étions plus pauvres en chefs de rédaction capables de nous faire travailler (les « acheteurs »).

    Je pense que sociologiquement, ces derniers n'étaient absolument pas prêts à utiliser ce genre de plates-formes. Pour qui connaît la relation pigiste/employeur, il paraît évident que ceux qui passent commande de piges préfèrent aujourd'hui « diviser pour mieux régner » en organisant la concurrence au sein de leurs différents pigistes. De même, je crains qu'ils n'aient pas forcément l'envie de se fournir auprès d'inconnus extérieurs à leur petit cercle de fournisseurs habituels. De plus, auront-ils le réflexe de passer par une plate-forme web ? Entre 2001 et aujourd'hui, je ne sais pas si les habitudes ont changé sur ces points. L'enjeu de la nouvelle ACP réside sans doute là aussi. La question est de savoir si un processus de pige peut se désincarner. Ce n'est pas évident du tout, vu qu'il s'agit avant tout d'une relation de confiance entre deux humains.

    Quelques courts mois plus tard, j'ai rencontré celui qui deviendra mon employeur actuel. Quelle surprise de découvrir qu'il avait aussi mis en place une « Pigesmachine ». Il lui avait donné un autre nom, en référence au nom de sa société, mais le concept était en tous points similaire ! Il avait développé le site ex nihilo en lasso et l'avait finalisé comme nous. Nous étions associatifs, il attaquait ça directement sous l'angle business. Il m'informa alors de ce que fût l'ACP (la première, l'historique), que je ne pouvais guère connaître vu mon âge. M'expliquant que son idée venait directement de là, il me fit comprendre comment l'ACP fût une véritable agence de presse, renommée et efficace. Je sentais dans sa voix un certain « âge d'or » de la presse.

    Deuxième sourire quand expliqua qu'il avait suspendu le projet parce qu'il pensait ne pas pouvoir « amorcer la pompe » de façon équilibrée. Exactement comme nous, mais dans l'autre sens ! En tant que patron, il connaissait suffisamment d'employeurs, de chefs de rédaction et de responsables de rubriques pour tester le système mais craignait n'avoir pas assez d'offre (les propositions de piges). Evidemment, il aurait pu vite recruter des tonnes de jeunes journalistes précaires prêts à utiliser le système, mais comme un des autres gros enjeux de ce genre de plate-forme est effectivement la qualité des piges proposées, il ne se fiait guère à n'importe qui, et avait prévu même au début de payer des pigistes qualifiés pour qu'ils proposent un matelas minimum de propositions de piges. Il avait chiffré ça et avait dû renoncer suite à ce chiffrage (il faut dire qu'il était ambitieux et visait un correspondant par département).

    Tous ces souvenirs viennent d'être réveillés par cette histoire de nouvelle ACP que tu nous livres Augustin. Et que personnellement a priori, je suis tenté d'essayer.

    – lapinesquement,

    • ben voillon
      ben voillon répond à Lapin Bleu
      • Posté à 15h47 le 11/09/2009

      La revente d'articles « réchauffés » - pour reprendre votre expression - existe couramment dans la presse technique. Les journalistes peuvent revendre un article plusieurs fois (charge à eux d'avoir un minimum de déontologie pour qu'il n'y ait pas effet de concurrence entre supports), et les éditeurs eux mêmes revendent ; par exemple un magazine de cuisine peut revendre des recettes à des quotidiens régionaux. Vu les tarifs de piges, la revente est même souvent la seule façon d'amortir un travail. Je ne sais pas si ce type d'articles spécialisés peut avoir sa place dans une telle agence de presse, mais si c'est le cas, la revente doit être envisagée ; il est donc exclus pour le plumitif (ou le photographe) d'être dépossédé de ses droits.

      A+

      • Lapin Bleu
        Lapin Bleu répond à ben voillon
        • Posté à 12h18 le 12/09/2009

        Vu, merci.
        Je méconnaissais cette pratique.
        Effectivement, problème.

        – lapinesquement,

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Lapin Bleu
      journaleux - blogueur
      • Posté à 02h41 le 13/09/2009
      • Internaute
        journaleux - blogueur

      J'ai pour ma part connu la deuxième mort de l'ACP. Pas en 1990 comme indiqué par l'Huma, mais à l'été 1993, lorsque le fil Eco (fusionné avec Reuters) et le fil Télé (où j'étais SR) ont failli.

      Il y avait en fait deux histoires de l'ACP… et pas seulement le fil d'infos génés. mais nous n'avons pas réussi à faire reprendre par un petit repreneur marseillais le fil télé, qui est parti chez un homme d'affaires parisien, à vil prix. Il y avait beaucoup de valeur ajoutée à l'ACP-Tel, comparé aux programmes TV de nos jours, c'est incroyable !

  • cunégonde
    • Posté à 18h28 le 11/09/2009

    ça me fait un peu penser à Youpress, même si c'est différent.

  • Chris.A
    Chris.A
    Ni pour,ni contre,bien au (...)
    • Posté à 00h57 le 12/09/2009
    • Internaute
      Ni pour,ni contre,bien au (...)

    Agence centrale de presse ?
    Hum...La pravda et la novlangue feront bon ménage !
    Enfin, c'est plus ou moins déjà le cas.

  • Judikael Hirel
    Judikael Hirel
    rédacteur en chef de l'Agence (...)
    • Posté à 22h27 le 14/09/2009
    • Internaute
      rédacteur en chef de l'Agence (...)

    Merci pour cet article, en tout cas, que j'apprécie de lire au second degré, tout simplement en tant que lecteur de rue89 : -)

    @geho, Lapin bleu et onapatouvu, jicebe, ben voillon : merci pour les commentaires, entre autres. Le diable est dans les détails, je sais, et j'ai bien noté vos réflexions sur des tournures peu explicites ou maheureuses (et je vais re-chasser les fautes restantes, également). L'ACP est en train de se construire, et il n'est pas toujours simple de mettre les mots précis, parfaitement précis, sur tel ou tel aspect d'un fonctionnement encore en gestation.

    @Geho « Mr Hirel d'ailleurs a travaillé dans un groupe de presse ou la pratique du “ vous me cédez les droits pour l'éternité contre une somme forfaitaire ridicule ” est largement utilisée… Tss, c'est pas gentil de médire ainsi. Il faut me demander, c'est plus simple ! “ Si c'est bien celui auquel je pense, c'est même pour cela que je n'y suis pas resté bien longtemps ! Au contraire, l'idée de l'ACP, aux côtés d'agences de presse photo reconnues, est de permettre à des journalistes de continuer à gagner leur vie dans un contexte de forte crise, pas de confisquer leurs droits (de toutes façons inaliénables) à la façon du droit anglo-saxon, ni d'en abuser. Mais ça va mieux en le disant : il faut quand même que le support puisse corriger l'article sans pour autant le dénaturer, et ce sera aussi à l'ACP de défendre en la matière les droits de l'auteur, justement.

    @lapin bleu, merci pour les souvenirs sur newsmachine, instructif, et bien vu, le système de notation réciproque. Mais il est vrai que la bonne idée doit aussi éclore à un moment où elle rencontre en quelque sorte l'air du temps. Je crains que la crise actuelle ne change en profondeur le rapport au support pour les journalistes. En revanche, oui, laisser une totale liberté de tarifs, c'est risquer le dumping, donc l'ACP fonctionnera avec des tarifs imposés, mais aussi un tafif d'exclusivité, avec du sur mesure pour les sujets exceptionnels. Et si un même article peut être vendu plusieurs fois, il sera payé plusieurs fois, et ce sera tant mieux pour son auteur, qui pourra se faire connaître au-delà de son cercle de relations professionnelles habituels.
    bref, au-delà de l'annonce, la réflexion n'est pas close, et des échanges comme les vôtres m'aident aussi à faire mieux et à gommer les éventuels péchés de jeunesse !