Réforme des institutions: le PS devrait plutôt retourner le piège

Nicolas Sarkozy applique la technique qui réussit si bien à Bill Clinton et Tony Blair : la triangulation. Elle consiste à reprendre un certain nombre d’idées et propositions du parti adverse, et, donc, à prendre celui-ci à contre-pied. Ce n’est d’ailleurs pas tant durant sa campagne qu’il a utilisé ce procédé -il lui fallait alors conquérir et fidéliser l’électorat du Front national- que depuis qu’il est à l’Elysée… et qu’il agit comme s’il était perpétuellement en campagne…

Le débauchage de Bernard Kouchner, de Fadela Amara, de Jean Marie Bockel, connus pour leur adhésion au PS, a été le premier acte de cette triangulation. Puis, après avoir d’un coup satisfait son électorat "fiscal" avec le "paquet" de juillet 2007, tout en le consolidant avec l’abandon des 35 heures, il s’est engagé à plusieurs reprises dans des réformes qui, effectivement, auraient pu être portées par la gauche. La suppression de la publicité à la télévision en est une. La réforme des institutions en élargissant les droits du Parlement en est une autre.

La gauche a-t-elle raison de voter contre la réforme ?

Personne n’est dupe ! Dans un cas comme dans l’autre, Nicolas Sarkozy n’oublie pas ses amis économiques et politiques. La suppression de la publicité à la télévision, va bénéficier, pour une bonne part, aux télévisions privées, et notamment au groupe de son ami Martin Bouygues, par un report partiel des annonceurs sur TF1. Il avoue d’ailleurs lui-même dans une interview au Monde : il veut aider à la constitution (sous entendu, à partir de Bouygues) d’un groupe français puissant de communication, comme le groupe d’origine australienne Murdoch.

Par ailleurs, la nomination directe, par lui-même, après avis de l’Assemblée aujourd’hui bien à droite, du président de France Télévision, lui assure aussi bien l’appui de ce même T1 -traditionnel- que de la télévision publique, pour la campagne de 2012. La gauche avait donc là de bons motifs pour que ses représentants quittent la commission qui devait réfléchir aux alternatives de financement.

Par contre, il n’est pas certain qu’elle ait raison de voter contre la réforme des institutions. Je pense, en tous cas, que la réponse qu’a faite cette semaine François Hollande aux dernières propositions de Nicolas Sarkozy dans Le Monde -même si Robert Badinter, juriste admirable, la confortait par sa présence- n’est pas judicieuse. Sur le fond, François Hollande n’a pas tort de souligner que le débat parlementaire étant clos, les propositions du chef de l’Etat viennent trop tard ; les faire maintenant accentue même la présidentialisation du régime. Je sais aussi que ces propositions "répondent" à un article dans le même journal que Jack Lang aurait mieux fait de laisser dans ses tiroirs ! Trop tard pour rattraper le coup ?

Mais, en premier lieu, je regrette la stratégie. La présidentialisation du régime est un fait acquis. Aucune inflexion constitutionnelle, même un "droit de réponse" aux interventions du Président, ne la réduira, d’autant que Nicolas Sarkozy sait se servir à merveille des médias et du 20 heures pour apparaître, sans "intervenir" au sens propre.

Quant à l’initiative de la moitié de l’ordre du jour laissée à l’Assemblée, on sait bien qu’elle concerne surtout les rapports au sein d’une majorité quelle qu’elle soit. Ce n’est pas la gauche qui fixera l’ordre du jour d’une assemblée de droite. Pas plus que n’y seront réunis les trois cinquième des voix pour s’opposer à une nomination d’un homme de droite . Enfin, dans son interview, Nicolas Sarkozy n’est pas clair sur la procédure qui sera suivie pour mettre en œuvre ses nouvelles propositions.

Ce qui est important, pour la gauche, aujourd’hui, c’est qu’elle ne se fasse pas à nouveau flouer dans le charcutage électoral pour les élections législatives ; que le système électoral des élections régionales ne change pas ; et, surtout, que celui du Sénat soit modifié pour que la gauche puisse enfin espérer un jour pouvoir y être majoritaire.

Il fallait poser ces trois points comme conditions sine qua non dès la publication du texte. Les positions étaient alors claires et la gauche fondée, dans l’opinion, à défendre ses chances électorales, tout en apparaissant "ouverte", en acceptant les autres propositions. Elle évitait ainsi de tomber dans le piège tendu de refuser une réforme qu’elle aurait elle-même souhaitée ! Un second texte en échange de la modification du scrutin sénatorial ?

De plus, on aurait sans doute évité le petit supplément de dissension interne au PS qu’a amenée la publication d’un article d’acquiescement à la réforme par dix-sept députés, dont de notables comme Didier Migaud, Manuel Vals ou Jean-Christophe Cambadélis.

Aujourd’hui, le chef de l’Etat fait de nouvelles propositions par voie de presse et ajoute une petite ouverture sur le Sénat. Passant outre la critique constitutionnelle de sa méthode, ne serait-il pas plus judicieux de lui retourner le piège et de dire que les socialistes seraient prêts à voter les deux textes s’il concrétise dans un second texte, examiné en urgence, la modification du scrutin sénatorial et fait finalement voter le Congrès un peu plus tard sur les deux textes ou leur fusion. Une nouvelle lecture de la même loi modifiée est, en effet, impossible, puisque le Sénat l’a votée.

De plus, il faudrait que soit déposé, dores et déjà, le projet de loi ou de décret pour l’organisation de la Commission qui réalisera le nouveau découpage des circonscriptions législatives. Il est peu probable que le président de la République accepte cette procédure. Mais, par cette proposition, le PS cesserait d’être le sommet passif de sa "triangulation".


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Saint Nicolas
17H52 18/07/2008

Le PS peut faire pression en demandant le report du Congrès de Versailles. Il est donc inutile d’organiser un tel rassemblement coûteux pour un échec programmé : les Français apprécieraient que l’argent publique ne soit pas dilapidé.

 
Beryl
11H55 19/07/2008

Foutage de gueule :

Cette prétendue réforme (« réforme », le machmallow de Sarkozy et sa clique de clowns tristes) n’est RIEN.

Dès l’instant où Sarkozy ne touche pas au Sénat (réservoir-dog de lêche-bottes, parasites dorés, réactionnaires rancis, synécuriens jusqu’aux quelques zozos de gauche, à la retraite également dorée) sa réforme constitutionnelle est une manip de plus pour servir sa pomme en chloroformant le parlement (lisez, vous comprendrez) Et à laquelle se joint d’ailleurs le parangon des oligarques (« je suis de gauche » bégaye-t’il sans vergogne), Jacques Lang.

Quant aux carpettes centristes, boutique annexe de la droite marchandeuse, Baylet est le mouton bêlant qui cire les pompes à son boss. Seule, mais honnête, Christiane Taubira a dit NON.

Vive le Sénat, officine de l’oligarchie, et ses cacochymes bouffeurs, malgré leur dentier, du budget de la nation.

 
Blaise11 | 
18H54 18/07/2008

Et pendant ce temps-là, Edvige et Cristina gambadaient dans la joie de leur solitude. Elles parcouraient nos beaux champs de blé écrasés par la chaleur estivale et désertés par les vacanciers. Elles pénétraient consciencieusement dans chaque chaumière abandonnée et s’emparaient du peu de mémoire qu’elles y trouvaient.

Au mois de septembre, elles rentrèrent chez leur mère Mariane, ancienne gloire internationale et depuis peu remariée au père Ubu.

Le nouveau ménage ne manquait pas d’attention pour leurs filles et, afin de mieux les protéger, ils leur garantissaient le secret de l’existence, ne pouvant compter sur l’affreux et dangeureux monde extérieur…

(…)

… pardon, je suis confus, j’ai du me tromper de forum. Je m’en vais poster sur celui de l’Élysée…

 
ovny1984 | futur-ex-retraité ! rempilez qu'ils dise...
19H23 18/07/2008

Bon article, mais rien d’utile sur le fond qu’on ne sache déjà. Car la présidentialisation du régime souhaitée va déséquilibrer encore un peu plus la conduite de l’état, vers un pouvoir sans garde-fou.
De garde-fou, il n’y aura plus dans l’hypothèse d’un vote positif, tout le monde le sait.
La démocratie ne sera plus qu’une vieille chimère dépassée et les français n’auront plus qu’à pleurer ou sortir dans la rue, comme en 36, pour réclamer du pain, du travail, des moyens de vivre décemment.
Comme le rappelle Matouk, les pouvoirs présidentiels sont déjà immenses. Pour preuve l’incapacité de l’opposition à infléchir quoique ce soit. Mais cela semble encore insuffisant à l’appétit du président qui veut pouvoir régner en maitre absolu, notamment sur la com, en s’assurant d’une réélection dans un fauteuil en 2012. Facile s’il s’aliène les médias, ce qui sera fait quand France Télévisions tombera sous sa coupe. Facile si la commission du découpage électoral redistribue les bonnes cartes à l’UMP.
Pourquoi tout cela ? Parce notre président, qui est loin d’être un idiot, sait pertinemment qu’il ne pourra tenir aucune des promesses importantes de sa campagne. La croissance en berne durablement, la baisse probable du PIB, le déficit indomptable (par les mauvais choix) ne lui permettront pas de financer les miettes de pouvoir d’achat qu’il comptait donner aux français après ses cadeaux somptueux aux copains. Mais il y a plus grave.
Car les ambitions de notre président dépassent largement ce qui est ou sera supportable par les ménages français. Lui donner les pleins pouvoirs sur notre destin et celui de nos enfants est totalement irresponsable. Il devient, si ce n’est pas déjà fait, le parrain d’une mafia de voyous de haut vol qui ont mis la main sur les richesses de la France, uniquement pour leurs intérêts privés bien compris, avec, comme le dit l’article, la complicité arrangée ou achetée des Kouchner, Lang (en cours), Hirsch, Amara, Tapie (pour bientôt - voir Médiapart- http://www.mediapart.fr/journal/economie/170708/l-affaire-bernard-tapie-…) et j’en passe.
C’est une partie d’échec engagée par le pouvoir contre la démocratie avec toutes les armes possibles, dans toutes les directions à la fois (armée, travail, santé, chômage, fonctionnaires,… ) pour affaiblir les résistances des gens qui prennent peur. Oui, qui prennent peur ! C’est une partie d’échec que nous sommes en train de perdre.
Il faut que les français réagissent, qu’ils disent haut et fort qu’ils veulent une vraie réforme constitutionnelle, mais surtout une réforme qui respecte leurs droits d’expression et surtout qui garde un sens à leur droit de vote.
Si celui-ci est bafoué, piétiné, le peuple s’exprimera autrement !

 
aissachris | techelec
20H11 18/07/2008

dac avé vous, rien de nouveau quant a la main mise de Nico, et aussi a propos du PS, dont le dilemne se fait piege, j avais estime pour Hollande, trouvant ses propos posés et clairs, mais là… Je lis mais ne vois pas grand holdup par cette reforme, le pire etant déja en cours.
Vous qui savez ce que cela donnera encore a Nico, vous qui pensez que le péril sera encore plus grand en donnant a Nico des pouvoirs, expliquez vous.

 
gaebus
21H19 18/07/2008

N’en avez vous pas encore assez ?

Ce n’est quand même que depuis la « présidence » sarkozy que

! un président traite des généraux 5 étoiles de l’armée d’amateurs

! se croit plus intelligent que la direction de France télévision dans le domaine de la télévision

! traite un quidam (moi ou vous) de pauvre c..

! promet 25% d’augmentation sur les petites pensions pour se faire élire et une fois élus ne donne qu’aux riches

! sa femme pose n.. dans les magazines du monde entier.

Il y en a encore beaucoup et je ne les connais pas tous…

 
Blaise11 | 
00H44 19/07/2008

Vous venez de prendre le TGV. C’est le moment des grandes vacances.

Bien à vous. Pertinent sur tout.

Blaise, pétain, encore 4 ans.

 
Viviane
08H35 19/07/2008

Si cette réforme est si importante (la plus importante dit-on depuis sa création), elle devrait être acceptée ou refusée par le peuple ….REFERENDUM
C’est bien ainsi que DE GAULLE nous l’a présentée….
Mais, puisqu’elle va à VERSAILLES, en cas de refus, rien n’empêchera le Président de présenter un projet plus consensuel dans les 6 mois… DEMOCRATIE….

 
marie 75
09H36 19/07/2008

REFERENDUM….
 Oui!!!

Article pro changt de la constituion sous langue de bois méli-mélo!
Sans intérêt!

 
el Chiquito | en promenade
16H54 19/07/2008

Je n’ai pas bien compris ce que le PS aurait à gagner en votant pour la réforme

 
kkadim | service public rhone alpes
10H24 20/07/2008

cette réforme n’apporte rien de bien extraordinaire, en fait. par contre c’est une occasion de casser un jouet de notre cher NS, sans trop de risque, ni de courage. simplement pour lui montrer qu’il ne peut pas tout. le PS pourrait saisir ce petit plaisir.
 mais……………..

 
Servais-Jean
17H40 20/07/2008

En disant que cette réforme faisait plus appel à l’intelligence qu’aux clivages politiques Copé vient de saborder son propre parti.
Il leur demande de réfléchir et ça c’est une nouveauté car jusqu’à présent il demandait aux élus de suivre strictement à la lettre les oukazes du Parti sous peine de punition.
Attendons donc lundi pour savoir si Copé a été entendu.
Pour une foi que l’UMP parle d’intelligence les élus devraient se lâcher ou s’ils ne savent pas ce que cela signifie ouvrir un dictionnaire.

 
NUL DE CHEZ NULS 1° | retraité
10H34 21/07/2008

D’UNEPUBLIQUE À L’AUTRE.

La III° République est morte
Le 10 Juillet 1940
lorsque l’Assemblée nationale a voté les pleins pouvoirs à PÉTAIN.

La IV° République est morte de la politique Coloniale,
c’est par un RÉFÉRENDUM
que le peuple a créé la V° République.

La longue agonie de la V° République,
transformée, par petites touches,
en MONOCRATIE,
(nouveau terme pour désigner une Monarchie Élective,
risque de subir, ce soir, une fatale aggravation,
la RÉPUBLIQUE SE MEURT.

Si la « Réforme Constitutionnelle » est « votée »,
(seuls les suffrages exprimés sont comptés … !!!)
le chef de la Majorité
fait main basse sur la «Représentation Nationale »
élimine de facto le Gouvernement et le Premier Ministre,
et concentre en ses mains tous les pouvoirs.

LE CHEF DE L’ÉTAT SERA CONSACRÉ MONARQUE.

Le 23 Juillet 2008 sera-t-il notre 10 Juillet 1940 ?

UN COUP D’ÉTAT RAMPANT ?

 
NUL DE CHEZ NULS 1° | retraité
11H16 21/07/2008

Voici le texte corrigé :

je voulais inscrire
le 21.07.2008 comme date historique
(et non le 23)

« LE CHEF DE L’ÉTAT SERA CONSACRÉ MONARQUE.
Le 21 Juillet 2008 sera-t-il notre 10 Juillet 1940 ?
UN COUP D’ÉTAT RAMPANT ? »