Une fable: « Mon adjudant, s’il vous plaît, giflez plutôt mon fils! »
Autoroute A9, un matin de juin. Direction : la sortie vers les plages Grande-Motte et Grau du Roi. Le papa, la maman et le petit Lucien, tout à la joie de cette journée ensoleillée. Péage de Gallargues ! Un adjudant de gendarmerie et un autre militaire bloquent le couloir où passe la voiture et font signe au papa de se ranger sur le terre-plein latéral, bloquant pour cela les sorties des autres couloirs. D’autres véhicules se font déjà contrôler.
"Gendarmerie nationale, bonjour monsieur, madame, pouvez-vous me montrer carte grise, permis de conduire et attestation d’assurance ? "
Le père, bien sûr s’exécute. L’adjudant tourne autour du véhicule pour vérifier l’immatriculation. A son retour, le père questionne :
"Qu’est-ce que j’ai fait ? Excès de vitesse ? Je ne m’en suis vraiment pas rendu compte.
-Pas du tout, répond l’adjudant, comme vous le voyez, nous procédons à des vérifications dans le cadre d’une opération anti-drogue. Pouvez-vous ouvrir le coffre ? "
Le père sort donc de la voiture et ouvre le coffre que l’autre gendarme commence à fouiller minutieusement, ouvrant tous les sacs de plastique, soulevant la roue de secours. Il ne trouve évidemment rien.
"Madame, pouvez-vous descendre avec le petit, nous souhaitons fouiller aussi l’intérieur."
La mère descend avec son fils. Boite à gant, poches des portes avant et arrière, des dos de sièges, ne révèlent aucune poudre blanche. L’adjudant, constatant alors la totale innocence de la petite famille quant au trafic de stupéfiants, questionne :
"Avez-vous, Monsieur, la boite de lampe de remplacement des lampes de feux de stationnement ? "
Le papa rouvre le coffre et lui montre.
"Et les vestes fluorescentes obligatoires ? -Désolé, répond le père, nous sommes allés hier en acheter, mais les stocks sont épuisés."
A ce moment, le petit, impatient de repartir vers les plages, s’adresse au gradé :
"Pourquoi tu ennuies mon papa ? -Je ne l’ennuies pas, je fais mon métier, je contrôle."
L’insulte fuse : "Connard ! " L’adjudant s’adresse alors au père :
"Monsieur, votre fils vient de commettre un outrage, selon l’article 433-5 du code pénal. En vertu de l’article 227-17 , vous en êtes responsable. Suivez-moi à la gendarmerie de l’autre côté de l’autoroute pour contrôle d’identité."
D’abord complètement interloqué le père se reprend et rétorque :
"Mon adjudant, s’il vous plaît, giflez plutôt mon fils ! "
► A lire, à propos de cet article : La fable, un genre à manier avec précaution sur un site d’info
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« Et les vestes fluorescentes obligatoires?
-Désolé, répond le père, nous sommes allés hier en acheter, mais les stocks sont épuisés. »«
Il y a comme un hic ..les gilets fluo ne sont pas obligatoires !
Ils ne le seront que le premier juillet
« Le père sort donc de la voiture et ouvre le coffre que l’autre gendarme commence à fouiller minutieusement, ouvrant tous les sacs de plastique, soulevant la roue de secours. Il ne trouve évidemment rien. »
Il y a un second hic …les policiers ne peuvent pas controler un coffre et encore moins ouvrir les sacs !!!
Seuls les douaniers peuvent le faire et les policiers uniquement en cas de delits ou d’infraction constatés .
« L’insulte fuse: « Connard! » L’adjudant s’adresse alors au père:
« Monsieur, votre fils vient de commettre un outrage, selon l’article 433-5 du code pénal. En vertu de l’article 227-17 , vous en êtes responsable. Suivez-moi à la gendarmerie de l’autre côté de l’autoroute pour contrôle d’identité. »
Troisiéme hic , et surement le plus gros …on ne peut etre tenu pour pénalement responsable d’acte commis par un tiers meme si c’est son enfant. Et si en plus l’enfant a moins de 13 ans il ne peut tout simplement pas etre condamné a une peine , et donc ses parents pas plus
Conclusion : cette histoire est bidon !
Je veux bien, certes il y a actuellement des plaintes pour outrage disproportionnes.
Mais là je m’interroge. D’abord le décret concernant le kit gilet et triangle n’est pas paru donc ce n’est pas verbalisable (pour le moment)ni obligatoire. Ca ne va pas durer.
Tant qu’à la boite d’ampoule, elle n’est pas obligatoire ? du moment que toutes les feux marchent, rien a dire.
Tiens le gendarme n’a pas demandé l’extincteur aussi?
Rue89 raconte des histoires comme ça? n’importe quoi
Juste pour le fun le petit lucien a quel age?
J’ai pas vu ça comme un « article », mais comme une historiette…
Un peu de légèreté, ça ne fait pas de mal !
maia
A Nicolas, Monal, Parousnik, jjhb, Toots et tous les autres amis de Rue 89
Cette historiette, c’est bien sur une fable ! Mais elle reflète quand même ma pensée. J’ai été effaré par la plainte du père gendarme du gamin qui a traité son prof de menteur, et par les plaidoieries de la partie civile lors du procès.
Je sais que , malgré le grand prix du Festival de Cannes « Entre les murs ", la mode, instillée d’en haut est plutôt contre les enseignants. Mais pour en avoir dans mes proches, je sais , moi la difficulté , croissante et mal évaluée, de ce métier, notamment en collège. Et j’estime qu’aucun prof ne peut accepter de se faire traiter de " connard » sans réagir vivement.
Qu’aurait-on dit si, puisqu’il est fonctionnaire, le prof, au lieu d’une gifle , avait lui porté plainte pour outrage en vertu du 433-5 ??
Amicalement
Jean Matouk
Jeudi 26 juin, le mot le plus entendu à la radio fut ce mot connard, répété sur radio france matin, midi et soir à chaque journal.

A croire que les journalistes se sont fait un doux plaisir à prononcer ce mot d’habitude absent sinon des ondes, au moins des infos.
http://kprodukt.blogspot.com
Franchement, je ne trouve pas ça très malin de raconter ce genre de fable, de balancer ce genre de « légende urbaine » sur le Web. Ou alors il aurait fallu carrément annoncer la couleur, et le dire à la fin de votre article! Nos amis de la police et tous les obsédés de l’Ordre pétaino-hortefiste vont maintenant avoir beau jeu de dire que les violences policières, décidément, c’est beaucoup exagéré, qu’on raconte n’importe quoi à ce sujet…
Je m’explique.
Nous sommes quelques-uns à dénoncer les abus des policiers, avec Romain Dunand, nous avons même écrit un petit livre (Lettre au garde des Sceaux pour une dépénalisation du délit d’outrage), nous avons écrit aux parlementaires, à Mme Dati et ses principaux conseillers, à Jean-Louis Debré, etc, nous nous apprêtons même à lancer, avec Maria Vuillet (jugée le 10 juillet pour outrage au sous-préfet d’Ile-de-France), Romain Dunand, Maurice Rajsfus et quelques autres, un Collectif pour une dépénalisation du délit d’outrage (CODEDO)… Bref, on essaie de faire les choses un peu sérieusement, de se battre avec les armes qui sont les nôtres (des mots, une petite maison d’édition mal diffusée, qui s’étonne chaque jour de ne pas encore avoir fait faillite…), et vous, vous balancez vos historiettes débiles pour faire le malin… je ne comprends vraiment pas l’intérêt de ce genre de truc, totalement contreproductif, et qui jette le discrédit sur ceux qui se battent VRAIMENT pour défendre les libertés dans ce pays de m… (Oups, j’ai failli outrager le drapeau!!)
J’en profite pour dire aux riverains qui ont suivi mes mésaventures d’outrageur de poulets que mon procès s’est plutôt bien passé. Procureur irrité, jetant les conclusions de mon avocat… à la poubelle! Avec à la clé un incident assez pittoresque avec mon avocat… Mais juge bienveillante. Délibéré le 11 juillet, le lendemain du procès de Maria.