Assurance maladie : remettons le patient au cœur du système

Le patient était au cœur du système d'assurance maladie mis en place en 1945. Il n'y est plus. L'argent l'a remplacé. D'autres causes sont intervenues pour creuser le déficit récurrent de l'assurance maladie : les progrès de la médecine, le vieillissement de la population, mais ce sont les acteurs du système qui, peu à peu, l'ont perverti, avec la complicité de l'Etat et ont creusé le déficit.

Emportés dans la vague des « années fric » (1980-2000), les médecins, comme les cadres dirigeants, et d'autres professions libérales, ont progressivement augmenté leur niveau d'aspiration financière. Les spécialistes ont pris l'habitude de dépassements d'honoraires, devenus insupportables ; les jeunes médecins ont donc abandonné la filière de la médecine générale, insuffisamment rentable, créant la pénurie de généralistes et ces derniers, payés trop peu à l'acte, ont eu une fâcheuse propension moyenne à les multiplier.

Les laboratoires pharmaceutiques ont su s'en faire, par une mercatique efficace, des alliés fidèles prescrivant deux à trois fois plus que leurs confrères étrangers, ce qui a habitué les patients à juger la qualité d'un médecin à la longueur de l'ordonnance.

L'activité des autres professionnels de santé, kiné et ambulanciers en tête, au lieu de se développer en fonction des besoins raisonnables de la santé publique, est devenue un véritable commerce, cherchant par tous moyens possibles, y compris délictueux, l'augmentation de son chiffre d'affaires. Qui ne connaît les transports ambulanciers de trois personnes en même temps pour le même lieu, payés trois fois, ou le transport assis, payé couché ? Les pharmaciens, qui défendent aujourd'hui un monopole de moins en moins justifié, se sont évidemment, eux aussi, enrichis sans effort grâce à la « sur-prescription ».

Aujourd'hui, quatre groupes de mesure seraient susceptibles de réduire ce déficit, et de ramener le coût de notre assurance maladie au niveau d'autres pays européens, où, que l'on sache, les cadavres ne jonchent pas les rues.

Pour les généralistes, passage à la capitation

S'agissant des revenus des médecins, le paiement à l'acte pour les généralistes, devrait laisser la place à la capitation : tant par malade par trimestre, que l'institution du « médecin référent » semblait impliquer, mais à laquelle le principal syndicat s'est opposé avec succès.

Cette capitation devrait être fixée à un niveau tel que pour un nombre moyen de visites, la revenu moyen du généraliste soit proche de l'actuel. Elle serait assortie d'un protocole fixant les « bonnes » relations médecin/malade, et la possibilité, pour le malade, de changer de référent, comme pour le médecin de demander à un malade d'en changer. Il en résulterait, à coup sûr, une meilleure prévention et les médecins seraient libérés des chantages à la prescription.

Afin de soulager les urgences, pédiatriques en particulier, le versement de la capitation serait assorti d'une obligation claire de garde de fins de semaine et de jours fériés. Pour les spécialistes qui continueraient à être payés à l'acte, les dépassements seraient interdits. Et interdiction devrait être faite aux assurances complémentaires de santé de les rembourser. Si des médecins estiment juste d'en facturer et trouvent des patients qui veulent bien payer, un seul vrai secteur libre, sans remboursement aucun, leur tend les bras.

Enfin le cycle obligatoire de l'enseignement devrait comporter un cours approfondi d'hygiène et de diététique, afin d'éradiquer, dès le plus jeune âge, les habitudes alimentaires et comportementales génératrices de pathologies aujourd'hui en croissance. Cet enseignement pourrait être délivré par des généralistes.

S'agissant des médicaments, créer un peu de concurrence dans le système, comme le préconisait le rapport Attali et comme l'a tenté le gouvernement, serait tout à fait justifié. C'est Leclerc qui a raison et pas les pharmaciens ! Ceux-ci ne peuvent vouloir les revenus de l'économie de marché et en refuser les règles.

S'agissant des professions paramédicales, la seule solution est malheureusement un renforcement draconien des contrôles. Ces professionnels, payés sur cotisations de l'assurance maladie, sont, comme les médecins, dans la situation économique de quasi-fonctionnaires. Ils ne sont pas, comme ils le prétendent régulièrement, des défenseurs de la santé des malades, mais des exécutants de prestations, qui doivent donc respecter strictement les règles. Une vague de lourdes sanctions suffirait sans doute à calmer leurs ardeurs dépensières.

L'hôpital doit redevenir le lieu d'excellence médicale

Restent les dépenses hospitalières, soit 45% des dépenses de santé. Dans ce domaine aussi, l'argent est devenu roi. Peu à peu, les cliniques ont été rachetées par des groupes financiers qui leur ont fixé des objectifs de rendement comme dans tous les autres secteurs.

Le partage inégal des tâches perdure avec l'hôpital : celui-ci hérite des cas compliqués et, surtout, des patients peu solvables, ou qui ressortissent de l'assistance. L'hôpital a une image dégradée ; il parait être la « clinique du pauvre » et la situation des urgences noircit le tableau. Les cliniques, qui sélectionnent de facto les patients moyen et haut de gamme, par les suppléments à verser dés l'entrée, ont rodé des séries d'interventions bien ciblées sur ce public, avec un personnel infirmier strictement ajusté.

L'hôpital doit redevenir le lieu d'excellence médicale. Quitte à ce qu'y soient traitées effectivement les seules pathologies lourdes, la tarification à l'acte (T2A) qui est une bonne réforme, doit mieux en tenir compte, de manière différentielle, avec les cliniques, et les tâches spécifiques : enseignement, recherche et autres doivent être spécifiquement rémunérées. Mais les cliniques doivent être tenues, en contrepartie, d'accueillir tous les publics. On peut même imaginer que, pour leurs thérapies routinières, elles acquièrent une certaine compétence universitaire. Les salaires des hospitaliers, dès lors moins nombreux, doivent être revus à la hausse, mais les chefs de service doivent perdre le privilège des lits et consultations privés dans les locaux.

Telles sont les réformes qui seraient de nature, en remettant le patient au cœur du système d'où l'argent l'a délogé, à ramener à l'équilibre le budget de l'assurance maladie.

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De parousnik

15H54 | 15/06/2008 | Permalien

Vous vous dites économistes alors basez vos raisonnements sur des chiffres vrais, en commencant par le trou de la sécu qui a été creusé par des détournements de ses rentrées financières et par des magouilles d'écritures…car en 1999 ses comptes étaient en équilibre et en 2000 son bilan était même excédentaire.

Portrait de raleuse13

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idéaliste ? oui ! j'assume ! | 19H03 | 15/06/2008 | Permalien

En fait, il n'y a même pas de trou de la sécu ! ! !
Il est artificiel, et le « simple » remboursement de la dette de l'État, prévu et annoncé sur le site du premier ministre pour cette année, suffirait à le combler !
En y ajoutant les détournements de rentrées, alors, elle est bénéficiaire.

Je verrais bien d'autres mesures possibles, pour que ça fonctionne encore mieux :

- plus de médecins, et des « vrais », à la sécu : le médecin référent ferait les arrêts de travail initiaux, et le médecin de la sécu les confirmerait, voire les allongerait : les généralistes ne seraient plus soumis à la pression des malades, qui ont toujours le réflexe : « si vous ne me le faites pas, j'irais voir ailleurs » …

- de vrais contrôles des établissements :
- de rééducation,
- des kinés
- des médecins spécialistes
qui continuent à facturer à la sécu ce qu'ils veulent..

- davantage de « centres de santé », qui permettent une meilleure prévention, particulièrement pour les plus démunis.

- un examen minutieux des comptes des laboratoires :
que la recherche exige des fonds importants, c'est une réalité ; en revanche, est-il bien nécessaire d'offrir (pour tenter de les acheter) aux médecins force repas, cadeaux couteux, week-ends dépaysants et thalassothérapie, au travers de tant de visiteurs médicaux aux notes de frais impressionnantes ?

Remettre le patient au coeur du système de santé, c'est une évidence, le corolaire de l'article l'est moins : au fond : qui veut vraiment sauver la sécu ?

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19H29 | 15/06/2008 | Permalien

@ raleuse - qui veut sauver la secu ? ?
les malades tout bonnement, pour eux c'est un droit.
ceux qui gravitent autour. .. non je pense (pour eux c'est du pognon, un marché,une marchandise, une vache à lait etc etc)

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journaleux - blogueur | 21H28 | 15/06/2008 | Permalien

@ raleuse13 (maxi 14, avec la franchise),

je me tue à la dire et à renvoyer sur le rapport de la cour des comptes, et notamment 29 de ses 445 pages. Tu as raison.

Il y a par ailleurs, comme je l'ai expliqué voici deux mois, des transferts d'argents pas très catholiques :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/04/le-gouvernement.html
annoncés en toute discrétion par… La Croix, puis -comme personne ne réagissait- partiellement annoncés officiellement.

Enfin, il faut également voir que les « nouvelles franchises » (celles de 2008) sont, selon le site du Premier ministre, plafonnées à 4 €/mois.

Malade en ALD, j'aai déjà déboursé, le même jour, 13,50 € rien que de médicaments. Quant au plafonnement à 50 €/an, il est faux, du moins à Paris, où je l'ai déjà passé.

Par ailleurs, si tu te penches sur la page 7826 du JO du 3 mai 2007 (juste avant le 2e tour de la présidentielle), tu trouves l'arrêté du 2 mai sur l'avenant °23 à la convention médicale. Entre autres choses, il prévoyait une augmentation des généralistes à 22 € le 01/07 (elle a eu lieu) et une à 23 € SOUS CONDITIONS le 1er juin 2008. En mars 2008, Roselyne Bachelot a déclaré à l'AJIS que les conditions étaient réunies. Mais il n'y a pas d'augmentation.

Certains praticiens font payer 22, d'autres 23. Et les caisses réagissent différemment, en s'en prenant aux médecins, ou aux patients, selon les caisses !

Si tu es à Evreux, tu ne seras remboursée d'aucun euro en en payant 23, et sur la base de 21 en en payant 22. Donc il ne faut pas être malade.

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

Portrait de Naradamuni

De Naradamuni

sans | 16H19 | 15/06/2008 | Permalien

Sortez la Santé de l'économie de marché, c'est un Droit non une marchandise.

Je ne crois pas non plus que leclerc soit une belle évolution, nous allons glisser encore plus sous l'étendérd « démocratisation », notament pour commencer au niveau de la sémentaique : de patient le citoyen est devenu client et bientôt il ne sera plus qu'un consommateur.

Quand à la sécurité sociale et son déficit parousnik vous l'écrit, si des taxes dues par les tabagistes, les industries, l'État et autres, étaient versées, et si ceux qui en sont chargé fesaient rentrer les indus, fi de la dette !

Le transfert des profits du lobby des pharmaciens à celui des géants de l'alimentaire va-t-il changer le problème ? J'en doute !

Quant aux « réformes » du gouvernement, si ce n'est rendre miséreux les plus pauvres d'entre nous pour remplir celles des plus riches ?

Portrait de raleuse13

à Naradamuni Portrait de Naradamuni De raleuse13

idéaliste ? oui ! j'assume ! | 19H06 | 15/06/2008 | Permalien

Mais, Naradamuni, nous sommes déjà « clients » des pharmacies !
et nous le deviendrons encore plus : elles ne pratiquent pas le même prix pour les produits déremboursés, et nous avons déjà à comparer !

Portrait de Naradamuni

à raleuse13 Portrait de raleuse13 De Naradamuni

sans | 22H36 | 15/06/2008 | Permalien

@ raleuse13 | idéaliste ? oui ! j'assume !

Relis ma phrase, c'est ce qui est écrit mais si les médicaments se trouvent dans les supermarchés dans l'esprit le patient sera devenu totalement un consommateur et le malade/patient, oublié totalement, il restera le client du toubib quoique certain en sont déjà à faire de la consommation de médecins mais ils ont les moyens, un nez qui ne plait pas, un sein qui tombe trop bas….

Le langage « politiquement correct » (novlangue) est un outil de manipulation et de transformation des esprit beaucoup plus puissant et pervers qu'on ne veut le croire.
Les termes tel « votre capital santé » (accroche commerciale type ! ) ne son pas anodins ; ils lient la santé à l'argent, au marché qui lui, etant libérale décomplexé actuellement, transfére la santé dans le profit.

Les mots sont des armes !

Les groupes pharmaceutiques pratiquent une guerre économique ,votre santé et votre soucis de comparer le meilleurs des prix, il s'en foutent ! ! !

Portrait de survivant

De survivant

16H32 | 15/06/2008 | Permalien

Pour résorber le trou de la tranche maladie qui est la plus touchée il faudrait déjà commencer par mettre le nez dans les accidents de travail et les maladies professionnelles que les employeurs ne déclarent pas et le pire ce n'est pas que dans le privé que cette escroquerie a lieu l'état patron connaît bien le système.
La plupart des accidents de travail sont déclarés comme des maladies c'est donc la tranche maladie qui se charge de payer ce sur coût. Vient ensuite les impayés des patrons qui ne payent pas l'ursaff.

Prenons un exemple d'un fonctionnaire : Ce dernier est victime d'un accident de travail pendant trois mois quelque soit la situation de la victime le fonctionnaire sera payé à plein traitement. Ensuite si l'accident est consolidé mais que le fonctionnaire est déclaré inapte sur son poste de travail.

L'état a obligation de le reclasser imaginons que le reclassement pour x raison n'intervient pas dans l'immédiat que fait l'état il renvoi le fonctionnaire sur sa tranche maladie si ce dernier a le malheur de se déclarer en maladie ce qu'il ne sait pas c'est qu'il fait tout simplement une fraude à la sécurité sociale pour fausse déclaration et ce n'est pas l'état qui dira le contraire puisque nul n'est censé ignorer la loi.
Bien évidemment que l'état participe à ce hold-up de la grande dame qu'est la sécurité sociale.

Portrait de Jonas2

De Jonas2

Les mouches ne me trouveront pas as... | 17H03 | 15/06/2008 | Permalien

Je partage certaines de vos propositions, Jean Matouk, visant à encadrer les professions de praticiens et auxiliaires médicaux. Il serait effectivement temps d'en finir avec les paradoxes sous-tendant les pratiques de ces professions qui se réclament de la médecine libérale lorsque ceci les arrange et se réfugient sous la protection de l'État le reste du temps ; sans parler des largesses tout à fait injustifiées comme les lits privés dans les hôpitaux publics ou de l'effet pervers des numerus clausus.

Les défenseurs de ces règles : nous assènent pour la première, que sans cette faveur l'élite médicale abandonnerait l'hôpital public, et gardent pour la deuxième, un silence pudique sur une disposition qui va plus dans le sens de l'intérêt financier des professionnels de santé que dans celui de l'intérêt bien pris en charge du malade.

Idem pour les pharmaciens qui ne sont plus des potards mais de simples épiciers de la santé dans 90 % des cas. Epiciers qui justifient leur situation de monopole (et les prix qui vont avec) par le rôle de conseillers qu'ils sont sensés jouer.

L'interdiction des dépassements pour les spécialistes et l'interdiction de les rembourser faite aux complémentaires assainirait le « marché », car comme vous le soulignez : « si des médecins estiment juste d'en facturer et trouvent des patients qui veulent bien payer, un seul vrai secteur libre, sans remboursement aucun, leur tend les bras. » Je suis persuadé que peu s'y aventureront.

Mais, sans vouloir être discourtois, je pense que tout ceci ne constitue qu'un versant - et pas le plus rude - d'un plan de sauvetage de la Sécu de 1945 qui dispose paradoxalement de tout ce qu'il faut pour bien vivre si les baleiniers arrêtent de lui tailler dans le lard et de la priver de plancton. Et c'est Jonas qui vous parle.

La Sécu est parfaitement viable - et pour longtemps - si l'on parvient à la soustraire aux appétits de certains, à l'incompétence d'autres et au cynisme de ceux qui atomisent sans vergogne l'idéal ardent qui animait ses fondateurs ; des résistants qui savaient ce que solidarité et justice veulent dire pour l'avoir souvent payé de leur sang.

Portrait de celestin

De celestin

17H02 | 15/06/2008 | Permalien

Le patient au coeur du système de soins est le fondement de l'éthique médicale. L'analyse est juste pour dénoncer la prééminence de l'argent dans la relation de soins, mais il y a un manichéisme entre l'hopital public et la clinique qui est une généralisation excessive : en tant que chirurgien vasculaire libéral, secteur I, en une semaine j'ai reçu trois patients de trois hopitaux publics différents dans un état pathologique très avancé. Je ne reçois aucune autre rénumération que mon acte au tarif sécu. Si sélection il y a eu, c'est par l'abandon des grands services de chirurgie vasculaire publics pour des pathologies lourdes au DMS (durée moyenne de séjour)prévisionnel trop long.

Portrait de Jonas2

à celestin Portrait de celestin De Jonas2

Les mouches ne me trouveront pas as... | 17H22 | 15/06/2008 | Permalien

Oui, Célestin. Vous donnez là un exemple parfait des dégâts occasionnés par cette dictature de la rationalisation des choix budgétaires qui contribue à déglinguer un système qui fonctionnait bien, quoi qu'en disent ceux qui ont intérêt à le faire disparaître.
Mais tant qu'il y aura des médecins prêts à ne toucher aucune « autre rémunération que [leur] acte au tarif sécu » tout n'est pas perdu.
.

Portrait de Jean Matouk

à celestin Portrait de celestin De Jean Matouk (auteur)

Economiste | 15H13 | 16/06/2008 | Permalien

à Célestin

 

Bien entendu il y a d'excellentes cliniques pour certaines spécialités J'en connais une dans ma ville pour la cardiologie ou la chirurgie viscérale. Et j'apprécie particulièrement le chirurgien Mais mon raisonnement est général. Il est quand même bien vrai , qu'en moyenne les cliniques privées se sont spécialisées dans certaines interventions et , surtout, opèrent une sélection implicite à travers les « suppléments » qu'elles demandent à l'entrée. Je pense effectivement qu'on peut créer dans une ville un partage judicieux des tâches en faveur du patient, à condition de modifier la rémunération des actes des hopitaux publics. Bravo à vous pour votre éthique

Portrait de raleuse13

à Jean Matouk Portrait de Jean Matouk De raleuse13

idéaliste ? oui ! j'assume ! | 16H16 | 16/06/2008 | Permalien

A Aubagne, une clinique a fermé…
Il en reste une autre, prospère, et qui n'a pas fini de prospérer : ses propriétaires ont même agrandi le parking qui existait avant, et l'ont rendu payant ! ! !
Allez voir un médecin et patientez, ou restez auprès d'un patient hospitalisé, et vous paierez le prix fort !

Portrait de einna

De einna

17H50 | 15/06/2008 | Permalien

Pour de nombreux professionnels de santé, le patient est au coeur du système et l'éthique passe avant les gains. Par contre depuis quelques temps, on voit poindre au niveau économique tout un discours autour du coût de la maladie. après la mise en place des franchises médicales cherchant à responsabiliser le patient - ou plutôt à le culpabiliser d'un « vous coûtez cher à la société“- voici que les professionnels de santé sont dans la ligne de mire. constatons simplement que quand les teneurs de ce discours économique sont souffrants, ils seraient très insatisfaits si le médecin ne les recevait pas avec célérité quitte à le faire après 20 heures.
Ou on considère que la sécurité sociale est solidaire et que c'est un choix sociétal -bien sûr en faisant attention aux abus mais celà est de la responsabilité de chacun- ou on met l'argent au coeur du système et dans ce cas, on ne tardera pas à s'interroger sur la pertinence de soigner certaines maladies au prétexte que l'issue est fatale et que les soins qui vont prolonger la vie du malade sont coûteux.
Cessons de prendre en modèle les pays anglo saxons ou l'argent prime sur la solidarité. Bien sûr la santé coûte cher à la société-tout comme l'éducation d'ailleurs- mais cette prise en charge par la société de la santé du sujet est aussi ce qui fait qu'une société est humaniste puisque chacun vient ainsi en aide à l'autre.

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 19H05 | 15/06/2008 | Permalien

Même si des clarifications de son argumentation sont souhaitables, je partage l'avis de Jean Matouk, tout en ne condamnant pas systématiquement l'apport des cliniques privées. Certaines complètent utilement le dispositif de l'hôpital, surtout lorsque ce dernier est sous-équipé et que les cliniques sont très fréquentées. C'est le cas dans ma ville de résidence et dans beaucoup de villes moyennes, où les médecins ne surfacturent pas les honoraires. En région parisienne et dans le sud-est méditerranéen, en revanche, il y a beaucoup d'abus.

J'insisterais plus que lui sur le coût représenté par l'acte « pharmaceutique », qui se résume aujourd'hui le plus souvent à un geste de simple distribution de médicaments pré-conditionnés quel que soit le nombre d'unités de médicaments effectivement prrescites par le médecin. Il n'est pas rare de voir distribuer des boîtes de 30 comprimés alors que l'ordonnance dit, par exemple : 2 par jour pendant 10 jours, soit 20 comprimés au total (résultat : gaspillage, voire danger pour le patient à cause du risque d'erreur de prise en période postérieure à la maladie ou à la date de péremption). La distribution de médicaments à l'unité est courante dans les pays anglo-saxons. En France, elle est exclusivement l'apanage des pharmacies hospitalières, tenues à une comptabilité très stricte des médicaments diffusés.

Je partage entièrement l'avis de Jean Matouk en ce qui concerne les transports en véhicule sanitaire léger. Le transport en position assise alors que le médecin a prescrit la position « en decubitus » est une infraction grave. Si le patient peut voyager assis, il n'y a pas de raison de ne pas le faire transporter par taxi, puisque les tarifs, au bout du compte, sont les mêmes (surtout lorsque l'ambulance privée transporte plusieurs patients à la fois) ! Le service est souvent meilleur par taxi, j'ai pu le constater.

Cela dit, quand on parle de la Sécu, il faut quand même citer les causes principales du déficit : les longs, voire très longs séjours. Les personnes en fin de vie posent à ce sujet des problèmes sérieux, qu'il faut traiter d'urgence. L'hôpital n'est pas nécessairement le meilleur endroit où les soigner.

Beaucoup de gens ont réfléchi et réfléchissent encore à ces questions. Des propositions utiles ont été mises sur le tapis. Mais on s'est tellement habitué à ce que le système de santé serve de vache à lait qu'il est très difficile de les mettre en oeuvre.

Je n'omets pas de considérer l'attitude de certains patients qui perçoivent la santé comme un « droit ». Le droit à l'accès aux soins existe, certes, mais ça ne veut pas dire que ce qui est dû soit univoque. La solidarité qu'implique la Sécu exige un comportement responsable de tous les acteurs, patients compris. Ex. consultations multiples pour une seule et même affection, recours excessif aux VSL « parce que c'est remboursé », abus de certains médicaments trop librement prescrits par des médecins craignant par dessus tout de perdre leur clientèle, etc.

On en reparlera, j'espère.

Portrait de iseroise

à Jaycib Portrait de Jaycib De iseroise

étudiante | 20H17 | 15/06/2008 | Permalien

petite précision : l'acte pharmaceutique ne se résume pas à une distribution de boites !
cette remarque est très réductrice et insultante pour les pharmaciens
l'acte pharmaceutique c'est :
-l'analyse d'une ordonnance :
en cernant la situation du patient,
en analysant toutes les molécules prescrites,
en s'assurant de l'absence d » éventuelles contre-indications au regard de la situation d'un patient particulier,
en vérifiant les interactions médicamenteuses, les posologies et la surveillance biologique !
- c'est également les conseils de bon usage : plan de prise, précaution d'emploi
- et les conseils hygiènodiététiques
En somme, le pharmacien est là pour sécuriser la délivrance du médicament. Par ailleurs ce même pharmacien qui délivre engage sa responsabilité au même titre que le médecin qui prescrit.
Le pharmacien a un doctorat, il a fait minimum 6ans d'étude !

Portrait de Jaycib

à iseroise Portrait de iseroise De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 07H59 | 16/06/2008 | Permalien

Je reçois en moyenne douze boîtes de médicaments par mois de mon pharmacien d'officine. Je n'ai jamais assisté à la moindre analyse d'ordonnance ou de ma situation. Le médecin prescripteur étant un prof de fac, je ne crois pas que la personne dispensant les produits se risquerait à contester ses choix. Cette personne est dans la grande majorité des cas, non pas un pharmacien diplômé, mais un(e) simple employé(e). Son rôle se résume à fournir les produits prescrits et à vérifier leur couverture par la Sécu, point à la ligne.

Si j'évite de prendre simultanément un anticoagulant (Préviscan) et de l'aspirine, dont l'effet potentiateur potentiellement désastreux est connu, ce n'est pas parce que le pharmacien me l'a dit, mais parce que je connais les dangers d'une telle interaction de longue date (un médecin a dû m'en parler il y a 35 ans). Je glisse sur les questions soulevées par d'autres produits pas si courants, que les employés de pharmacie ne connaisssent généralement pas très bien.

Je n'insulte nullement les pharmaciens. Force est de constater que dans leur pratique quotidienne, leurs « conseils » se résument le plus souvent à essayer de promouvoir la vente de produits parapharmaceutiques. Dans mon cas, on n'essaye même plus, mais j'observe ce comportement à intervalles réguliers à propos d'autres clients.

Je ne critique pas la profession de pharmacien, au contraire, je voudrais bien pouvoir la promouvoir ! Quand je préconise une distribution des produits à l'unité, dans des gobelets étiquetés spécifiquement par le pharmacien, je mets en exergue ses capacités de choix, de manipulation des produits, etc. Mais c'est un travail de tri, de comptage, etc., auquel beaucoup de pharmaciens rechigneraient aujourd'hui.

Mon souci est celui de la minimisation des coûts : la dispense de médicaments à l'unité dans les gobelets précités économiserait le prix de conditionnements coûteux ne répondant qu'aux soucis de distribution facile des fabricants.

Je glisse sur le reste : il y aurait beaucoup à dire.

Portrait de iseroise

à Jaycib Portrait de Jaycib De iseroise

étudiante | 12H37 | 16/06/2008 | Permalien

Monsieur, vos propos restent très réducteurs… heureusement il y a des pharmaciens qui font bien leur travail
si vous n'êtes pas content, changer de pharmacie au lieu de dénigrer toute une profession
ceux que vous appelez employé de la pharmacie c qui exactement ?
les seules personnes autorisées à délivrer les médicaments sont les docteurs en pharmacie ainsi que, toujours sous le contrôle du pharmacien, les étudiants en pharmacie et les préparateurs en pharmacie… si vous vous faites servir par quelqu'un d'autre ce n'est pas normal ! par ailleurs les études de pharmacie permettent d'acquérir de très solides connaissances en pharmacologie, les pharmaciens sont par définition les professionnels du médicament !
quant à contester l'ordonnance d'un professeur, il a beau être professeur… l'erreur est humaine ! excusez moi mais c le rôle du pharmacien de vérifier ces ordonnances et croyez moi que ce n'est jamais inutile ! ! !
Je suis d'accord avec vous sur une chose : la dispensation de médicaments à l'unité. Ce serait une grande avancée effectivement (pas que d'un point de vue économique d'ailleurs), comme cela se fait déjà dans d'autres pays (Canada)…

Portrait de raleuse13

à iseroise Portrait de iseroise De raleuse13

idéaliste ? oui ! j'assume ! | 16H48 | 16/06/2008 | Permalien

Iseroise,
Il est bien évident qu'il existe des pharmaciens tels que vous les décrivez, et d'autres, tels que nous les décrivons.
Changer de pharmacie… oui…
Quand je suis arrivée dans ma ville, il n'y avait qu'une pharmacie : les deux pharmaciennes ne disaient jamais bonjour ni merci ni au revoir, jetaient les médicaments sur le comptoir… au point qu'une de mes amies a commenté sur le pas de la porte : « hé bien dis donc, ils sont aimables comme des portes de prisons »…
J'ai cessé d'y aller lorsque je me suis retrouvée « entre » la pharmacie et la sécurité sociale, à cause d'une rupture de stocks de cartes « vitale »… Ça fait 16 ans que je les ai prévenus que je ne mettrais plus les pieds dans leur officine, n'ayant d'autres moyens de régler mon souci que par mon carnet de chèques.
Une autre pharmacie s'est ouverte ensuite, qui n'arrête pas de changer de propriétaires : les seconds faisaient des erreurs, parfois dramatiques, au point d'envoyer un bébé aux urgences, pour avoir donné aux parents un médicament dosage adulte, au lieu du dosage nourrisson.
Pour ma part, j'ai cessé d'y aller lorsque j'ai constaté que sur chaque (chaque ! ! ! ) ordonnance, il y avait une erreur, soit de produit, soit de nombre de boites !
Dans la pharmacie où je vais actuellement, dans une grande surface, où il y a pléthore de personnel, je suis « reconnue » par les anciens, qui effectivement peuvent me conseiller.
Et jamais, jamais aucun étudiant ni aucun préparateur n'a été « contrôlé » par un pharmacien. Quant aux « conseils », si j'en avais besoin, j'imagine que je demanderais à parler à un des pharmaciens (de mère en fils et fille).
Le plus gros souci de cette pharmacie, à l'heure actuelle, semble bien de ne pas voir ses dossiers refusés par la sécurité sociale (ce que je comprends du reste, ils ne sont pas philanthropes non plus ! ).

Il n'en reste pas moins que les pharmaciens sont devenus des commerçants, et je le vérifie chaque fois que je dois acheter un produit déremboursé, dont le prix est parfois passé du simple au quintuple à l'occasion du déremboursement.
Lorsque je râlais à ce propos auprès de mon amie toubib, pensant que cette culbute venait des laboratoires, elle m'a détrompée, en m'assurant que pour ce type de produit dont je parlais précisément, les labos n'y étaient pour rien, que souvent ils donnaient ces « petits » médicaments aux pharmacies, en accompagnement des spécialités beaucoup plus chères.

Mais je suis bien certaine que, de même que mon amie ne fait payer qu'une consultation par famille, lorsque la même pathologie se retrouve sur plusieurs membres, de même ce chirurgien plus haut qui ne prend pas de supplément, il existe encore des pharmaciens par vocation, et non par esprit de lucre, ou parce qu'il faut reprendre le magasin (notez : je ne dis pas l'officine) familial.

Plus près de nous, les pharmacies du Royaume Uni distribue aussi les médicaments à l'unité : du moins le faisaient-ils il y a 30 ans ? ça aurait changé ?

Portrait de iseroise

à raleuse13 Portrait de raleuse13 De iseroise

étudiante | 19H31 | 16/06/2008 | Permalien

ce sujet m'intéresse beaucoup même si ce n'est pas directement le sujet : -)
ça mériterait à mon sens un article sur le beau métier de pharmacien… si méconnu !

petites remarques :
-le déremboursement conduit automatiquement à une hausse des prix pour différentes raisons :
1-changement de la TVA obligatoire (5,5% contre 2,1% avant)
2-la sécurité sociale n'étant plus concernée, les laboratoires peuvent également faire flamber leur prix ; tout cela concorde à une augmentation des prix. A cela s'ajoute une plus ou moins grande efficacité de négociation d'une pharmacie à l'autre avec les grossistes.
- les laboratoires ne donnent pas de médicaments aux pharmacies : c'est interdit il me semble

Les étudiants en pharmacie et les préparateurs se doivent d'être vérifiés par un pharmacien pour la délivrance d'ordonnance (c'est réglementaire).

Les officines ( et non pas les magasins ) sont des lieux de santé, tenus par des professionnels de santé avant tout. Il est vrai qu'il existe un aspect commercial ( ce n'est pas honteux) mais la santé et le côté humain passent avant. Les pharmaciens ont un code de déontologie, une conscience professionnelle et une éthique.

Effectivement au Royaume-Unis c'est bien possible que la délivrance se fasse à l'unité, les pharmaciens y ont le droit de prescription par ailleurs.

Cordialement

Portrait de Naradamuni

à Jaycib Portrait de Jaycib De Naradamuni

sans | 23H12 | 15/06/2008 | Permalien

Une responsabilité équitablement raisonnable alors !

Faudra-t-il le répéter la cour des compte l'a dit le déficit représente les taxes en retard, volontaire ou pas, de versement. !

Et quand à votre diatribe sur les usagers qui abusent, cela me rapelle létrangement lees chomeurs glandeurs.
La pression des « clients » sur leur medecin, à ce taper le cul par terre de rire.

Vous ferait bien d'omettre de parler de certaines choses surtout si ce n'est qu'à fin de suppurer vos suputations et vos considérations sur certains patients.

Le malade en fin de vie, cette charge, ce surcoût sur le budget qu'il va falloir traiter en urgence.
A quand l'euthanasie Doc ?

Portrait de Jaycib

à Naradamuni Portrait de Naradamuni De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 08H44 | 16/06/2008 | Permalien

Procès d'intention sur procès d'intention ! Vous n'avez pas lu mon message, sans doute.

Il est insultant de prétendre que je préconiserais l'euthanasie des patients en fin de vie, j'indique simplement que ce problème est particulier et coûteux. Les structures hospitalières ne sont dans la plupart des cas pas adaptées à ce genre de long séjour. L'association des usagers des hôpitaux est la première à le dire.

La solidarité exige la réciprocité et la responsabilité de chacun. Je n'ai pas parlé de chômeurs glandeurs ! Je me suis contenté de parler des cas où il y a usage abusif de certaines pratiques avérées ou des VSL par des patients ayant d'autres moyens de déplacement à leur disposition. La perception de la Sécu comme une vache à lait ne se limite pas aux médecins et aux pharmaciens.

Parlant de solidarité : êtes-vous porteur d'une carte de donneur d'organe en cas de décès accidentel (mort encépphalique) ? Ce simple geste, qui ne coûte rien, s'il était systématisé en France, permettrait de sauver bien des vies et d'économiser des frais de soins hospitaliers considérables.

J'en veux enfin énormément à Rue89 d'avoir « décerné » cinq cercles rouges à un commentaire par ailleurs mal intentionné et ne répondant pas à mon message.

Portrait de Naradamuni

à Jaycib Portrait de Jaycib De Naradamuni

sans | 12H08 | 16/06/2008 | Permalien

Mr le Psychiatre

Je n'ai jamais prétendu que vous « Préconisez » l'euthanasie, et vu que certains le suggèrent actuellement je me suis permis, vous en déplaise !

Quand vous écrivez : « Cela dit, quand on parle de la Sécu, il faut quand même citer les causes principales du déficit : », vous n'indiquez-pas Monsieur un problème uniquement particulier et coûteux , mais vous l'incluez dans les causes principales d'un déficit, qui comme tout le monde le sait ne concerne pas l'abus de certains usagers et professionnels de santé mais les pouvoirs publique qui ne font pas leur travail de faire rentrer dans les caisses les taxes non versées !
Vous même n'avez pas lu sans doute mon message, y ressentant peut-être qu'une « insulte », votre ressenti vous appartient.

 ».Et quand à votre diatribe sur les usagers qui abusent, cela me rappelle étrangement les chômeurs glandeurs »
Où est-il dit que VOUS avez « parlé » de chômeur glandeur ? De pompeurs de vaches à lait, OUI !

Quant à ma solidarité elle ne se limite pas au « don d'organe » mais a ne pas stigmatiser les malades ou les professionnels même si il y a des abus, en le disant vous n'apprenez rien à personne et vous ne faites que répéter et amplifier les armes de division, ce qui est bien utile à ceux qui veulent détruire l'assurance santé sociale pour la livrer aux assureurs privés à l'affût ; Eux ne savent pas ce qu'est la solidarité et si vous avez un procès d'intention à faire c'est à eux qu'il faut le faire !

« un commentaire par ailleurs mal intentionné et ne répondant pas à mon message. »

Votre message/diatribe n'appelait pas à une réponse puis que l'on y voit aucune interrogation mais que du péremptoire répétitif sur vos cibles que sont les usagers de VSL, les abuseurs de vache à lait, etc… ;
Il appelait à une volée de bois vert, peut-être est-ce ce que vous appelez « mal intentionné » ?

Mon grand-père m'a toujours appris à faire attention au personne qui commence leur phrase et les finissent de votre façon ;

Je n'insulte nullement les pharmaciens. Force à constater que dans leur pratique quotidienne, leurs « conseils » se résument le plus souvent à essayer de promouvoir la vente de produits parapharmaceutiques.

Je ne critique pas la profession de pharmacien, au contraire, je voudrais bien pouvoir la promouvoir ! Alors que vous venez de la stigmatiser une phrase plus haut ?

Apparemment vous n'en voulait pas qu'à Rue 89 !

Comme vous le dites vous même « Je glisse sur le reste …

Portrait de Naradamuni

à Jaycib Portrait de Jaycib De Naradamuni

sans | 23H17 | 15/06/2008 | Permalien

@ Jaycib | Psychiatre pour chiens bilingues

Une responsabilité équitablement raisonnable alors !
Pas comme ce que je viens de voir en vous lisant…

Faudra-t-il le répéter la cour des compte l'a montrer le déficit représente les taxes en retard, volontaire ou pas, de versement des tabagistes, des industriels, de l'État, … !

Et quand à votre diatribe sur les usagers qui abusent, cela me rapelle étrangement les chomeurs glandeurs.
La pression des « clients » sur leur medecin, à ce taper le cul par terre, de rire.

Vous ferait bien d'omettre de parler de certaines choses surtout si ce n'est qu'à fin de suppurer vos suputations et vos considérations sur certains patients.

Le malade en fin de vie, cette charge, ce surcoût sur le budget qu'il va falloir traiter en urgence.
A quand l'euthanasie Doc ?

Portrait de raleuse13

à Naradamuni Portrait de Naradamuni De raleuse13

idéaliste ? oui ! j'assume ! | 00H28 | 17/06/2008 | Permalien

Il y a, en effet, des « clients » qui abusent :
pour avoir travaillé au contact d'une population dite « défavorisée », j'ai vu :
- ceux qui ne se soignent pas du tout…
- et ceux qui considèrent que la CMU leur ouvre des « droits » dont ils ont à « profiter » (je cite). Ce qui peut aller jusqu'à exiger des visites à domicile non justifiées (« il y a trop de monde au cabinet, et puis après tout, j'y ai droit »), des demandes d'examens couteux (scanner, IRM…) avant de se rendre chez le spécialiste que leur indique le généraliste (alors que le spécialiste n'en a pas besoin pour son diagnostic).
Le pire a peut-être été une demande de visite de nuit à un généraliste, parce que la patiente -impatiente ! ! ! - perdait ses cheveux ! ! ! (le toubib est parti sans dire un mot).

Bien sûr, ces abus là ne constituent qu'une goutte dans une mare, parce que ce n'est pas la majorité de la population qui en use…
Et il est évident qu'il y a toutes sortes d'« abuseurs », dans toutes les « couches » sociales, mais que seuls les « pauvres » sont montrés du doigt, en évitant de parler des aisés.
(de même pour les « chômeurs glandeurs », qui sont une infime minorité qu'on nous montre du doigt, afin d'éviter qu'on voit trop le reste ! c'est à dire une situation de l'emploi catastrophique, y compris pour ceux qui en ont un, d'emploi, et qui n'arrivent pas à en vivre décemment ! )

Le riverain qui parle des personnes en fin de vie a raison : l'hôpital n'a pas cette vocation là. Il ne s'agit nullement d'euthanasie, mais de créer des lieux adaptés, lorsque la personne ne peut plus être maintenue chez elle ; et ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit : je ne parle pas de « mouroirs » infâmes, mais d'établissements spécialisés, tels ceux de soins palliatifs !

Portrait de zénon denon 84

De zénon denon 84

Bonne | 19H54 | 15/06/2008 | Permalien

Par un dimanche soir ,pluvieux,
Apres un vendredi 13 juin IRLANDAIS et heureux,
Il est sain de lire ceci dans cette rue …

« La sécu de 1945 qui dispose paradoxalement de
tout ce qu'il faut pour bien vivre si les
baleiniers arretent de lui tailler dans le lard
et de la priver de plancton … »

De cela ,j'en suis aussi persuadé ,mais encore
faut il que chaque citoyen passe dans la rue
pour commencer à lire cela !

Portrait de deecurl

De deecurl

| 12H21 | 16/06/2008 | Permalien

les propositions de Jean Matouk sont saines.

en particulier, trois fois oui à l'interdiction pour les mutuelles de rembourser les dépassements !

pour info, les seuls médecins autorisés à dépasser sont les médecins du secteur 2. Le médecin qui inscrit sur sa plaque « conventionné secteur I » pratique les tarifs de la Sécu. Il en reste très peu en région parisienne mais c'est relativement la norme dans toute la France (peut-être pas dans le Sud-Est…).

pour trouver un médecin en secteur 1 dans sa ville, on peut consulter l'annuaire des professionnels de santé sur le site de la Sécu www.ameli.fr

Portrait de Jean Matouk

De Jean Matouk (auteur)

Economiste | 15H04 | 16/06/2008 | Permalien

à Parousnik

Voici les déficits succesifs de l'assurance maladie
Elle n'était pas en équilibre en 1999 ni en 2000

Maladie
1999 - 0,7
2000 - 1,6
2001 - 2,1
2002 - 6,1
2003 - 9,7

Jean Matouk

Portrait de raleuse13

De raleuse13

idéaliste ? oui ! j'assume ! | 16H57 | 16/06/2008 | Permalien

@ Jean Matouk :
Pourquoi ne répondez vous pas à ceci :
« Une des grandes ambitions du PLFSS est de clarifier les relations financières entre l'Etat et la Sécurité sociale. Le paiement de la dette de l'Etat envers cette dernière sera effectif courant 2008. »
que l'on trouve ici :
-http://www.premier-ministre.gouv.fr/chantiers/securite_sociale_850/

Le détail de la dette se trouve sur le site de la Cour des Comptes, et s'élevait, fin 2006, à plus de 9 milliards d'euros !

Portrait de hallucine

De hallucine

dans le flou | 20H54 | 16/06/2008 | Permalien

Je ne suis pas médecin mais malade assez souvent. Certains spécialistes ont purement et simplement fermé boutique par chez moi (à Paris) faute de pouvoir équilibrer leur budget (loyer, matériel…).

La gynécologue d'une amie est même passée en secteur 3 à la demande de ses patientes (elle envisageait une reconversion pour vivre et ses patientes préféraient payer plus, ne pas être remboursées et avoir un service de qualité… il faut dire que les rendez-vous en gynéco sur Paris sont à 3 mois, à 6 mois en ophtalmo)

Quand je vous lis, j'hallucine… j'ai peur d'un système à l'anglaise. Les médecins en secteur 2 sont les seuls qui sont à la fois viables pour eux, pour leur qualité de vie, et pour nous, car nous sommes remboursés.

Le secteur 2 n'est accessible qu'aux ex-chefs de clinique… S'ils n'ont plus cet accès, combien continueront à se dévouer ? Combien de médecins qui ont passé 10 ans de leur vie à étudier, à faire des gardes indemnisées 20 euros la nuit pour ensuite ne pas gagner leur vie ?

Un jeune médecin s'est récemment vu proposer 10 euros de l'heure pour un poste… Il a préféré s'occuper de ses mômes…

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