
Banques : fausse route des députés et du gouvernement !
Après avoir voté, la semaine dernière en formation très réduite, une surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des banques, la majorité a faite revoter ses députés dés le lundi suivant en sens inverse. Beau témoignage, par parenthèse, du respect du gouvernement pour la représentation nationale.
Cette proposition faisait écho à d'autres identiques faites en Belgique ou en Allemagne. Certains y voient une sorte de « punition » infligée à ces organismes qui ont été à l'origine de la crise actuelle. D'autres n'y voient qu'une source supplémentaire de recettes pour des Etats déficitaires et endettés.
En France, la ministre s'y est opposé au prétexte de ne pas handicaper nos banques dans la concurrence ! Ces jours-ci, plusieurs commentateurs, dont notre éminent confrère Le Monde, se demandent : « Faut-il interdire aux banques de spéculer ? Faut-il rétablir la “ spécialisation ” bancaire entre banques commerciales (banques de dépôts en France) et banques d'investissement ou d'affaires ?
Les banques retournent à leurs démons !
Comme on l'a dit et répété à l'occasion des deux G20, l'important est d'empêcher les banques de repartir dans le même fonctionnement dément qui les a conduit là où elles en étaient à l'automne 2008, d'où tous les gouvernements les ont sorties par des garanties et des apports en capitaux.
Elles affichent aujourd'hui des bénéfices quelquefois supérieurs à ceux d'avant la crise, au point d'ailleurs de rembourser, les unes après les autres, par anticipation, les capitaux prêtés par les Etats. Et elles réalisent ces bénéfices par les activités de marché, et non par les prêts.
Sur ce dernier point, le procès fait aux banques, de ne pas prêter aux PME, n'est pas juste. En période de ralentissement, les entreprises empruntent peu pour investir, et celles qui cherchent à emprunter sont souvent en très mauvaise situation économique proches du dépôt de bilan, et n'expriment que des besoins de trésorerie.
Prêter aux plus malades dans ces conditions relèverait d'une imprudence bancaire condamnable, et d'ailleurs régulièrement condamnée par la justice dans les périodes normales. Les banques doivent se montrer un peu plus larges qu'à l'accoutumée, mais ne peuvent prêter quand elles savent qu'elles auront à provisionner une créance douteuse quelques mois plus tard.
Ce qu'on peut, par contre, reprocher aux banques, c'est de repartir à nouveau vers la gestion déséquilibrée consistant à rechercher leurs profits presque exclusivement par les opérations de marché. Celles-ci, c'est vrai, sont largement plus rentables.
Gagner 4% ou 5% sur la différence entre le prix de l'argent sur le marché monétaire, ou la rémunération des dépôts, d'une part, et le taux des prêts, auxquels il faut ajouter 2% ou 3% de plus gagnés sur les “ commissions ” souvent dolosives qu'elles prélèvent (de la “ tenue de compte ” aux virements et traitement des chèques en bois) est, tous comptes faits, moins attrayant qu'obtenir des rendements de 10% ou 15% sur les marchés.
Mais si elles offrent des rendements plus élevés, les opérations de marchés sont aussi beaucoup plus risquées. C'est la loi d'airain de la finance : plus de rendement = plus de risque. C'est bien ce qui a conduit à la catastrophe de 2008. C'est ce qu'il faut les empêcher de faire et, pour cela, 10% de taxation en plus ne serviront à rien.
Augmenter fortement les fonds propres requis pour aller sur les marchés
Rétablir la spécialisation bancaire est une fausse solution. On a constaté, en effet, au plus fort de la crise, que les banques universelles, sans être insubmersibles, avaient plus d'atout pour résister que les banques purement tournées vers la Bourse.
La vraie mesure à prendre, aussi bien au G20 que dans chaque pays, est un freinage fort dans leur tropisme de marché. Comment ? Par le biais du ratio de solvabilité. Toute banque doit avoir un montant de fonds propres (capitaux et réserves) proportionnel aux risques qu'elle prend. Ce ratio de solvabilité est donc une fraction avec au numérateur les fonds propres et au dénominateur les risques.
Au minimum ce ratio doit être, selon les normes actuelles, de 8%. Toutes les banques étaient au dessus. Et, malgré cela, de très grandes banques n'ont pu faire face à la réalisation des risques qu'elles avaient pris. La solution s'impose donc d'elle-même.
Pour freiner les ardeurs des banques sur les marchés, et les inciter, au moins en ce moment, à un peu plus de largesses en crédit, il suffirait de mettre un ratio de solvabilité beaucoup plus élevé sur les opérations de marché : 12% voir 15% ou 20%. Peut-être progressif en fonction du niveau global des risques ! Comme leurs fonds propres ne sont pas extensibles sans limites, elles seraient bien obligées de réduire leurs risques de marché.
Sans elle, et sans l'harmonisation des normes comptables, qui va de pair, toutes les autres mesures resteront de nul effet. Les banques paieront en rechignant, mais aisément, toute surtaxe, et le “ business as usual ” reparti de plus belle, conduira , dans cinq ou dix ans, aux mêmes effets.
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De ON M RSA2012
Bientôt au RSA Enfin le bonheur ! | 13H29 | 01/11/2009 |
Revotons les présidentielles de 2007
http://www.facebook.com/group.php?gid=32344728336&ref=ts&v=wall
à ON M RSA2012
De ysengrimus
14H01 | 01/11/2009 |
Ouais, bon. Le RENFLOUAGE DE L’ÉCONOMIE, on a compris allez...
http://www.centpapiers.com/renflouer-l%E2%80%99%C2%ABeconomie%C2%BB-ou-s...
2009, miroir aux alouettes...
De WarrantMarrant
Trader Blogueur | 13H45 | 01/11/2009 |
Ne vous inquiétez pas ! Tout va s'arranger ! Christine Lagarde vient de nommer Pierre Fleuriot, président de Credit Suisse France pour remettre un rapport pour assainir les marchés financiers !
Objectif : la révision de la directive européenne MIF en 2010
Credit Suisse... régulation...C'est sûr, on est sur la bonne voie!
Bonne blague...
WM
http://warrantmarrant.blog.capital.fr
De TienTien
Navigateur et rêveur | 13H47 | 01/11/2009 |
Très bonne analyse.
Notre gouvernement veille avant tout à ne PAS instaurer de si sages mesures ni modifier en rien les folies spéculatoires !
De nemo3637
Déchoukeur | 14H26 | 01/11/2009 |
Les autorités américaines ont fermé vendredi 30 octobre neuf banques, un record pour une seule journée depuis le début de la crise financière.
Cette opération porte à 115 le nombre de banques mises en faillite depuis le 1er janvier, soit le plus haut niveau annuel depuis 1992.
Les analystes s’attendent à ce que d’autres surviennent encore d’ici la fin de l’année.
Parmi les neuf établissements fermés vendredi se trouve la California National Bank, qui devient donc la quatrième plus grosse faillite du secteur cette année.
D'autre part les investisseurs ont été pris de court par les dernières informations sur le groupe de services financiers CIT, un acteur important du financement des PME américaines.
En lutte pour sa survie, le groupe pourrait déposer son bilan ce week-end.
Le titre CIT, suspendu pendant un moment, s’est écroulé de 24,21 %, à 72 cents ce vendredi.
Je ne pense pas que l'idée de surtaxe des banques dans un pays - une esbrouffe un moment agitée - change la situation.
à nemo3637
De alangaja
L´axe du bien est de retour ! | 19H22 | 01/11/2009 |
et personne n´en parle en France !!! c´est plutôt mauvais signe...
à alangaja
De nemo3637
Déchoukeur | 05H10 | 02/11/2009 |
« Au lieu d’entretenir l’espoir d’une reprise rapide de la croissance et de l’emploi, les gouvernements feraient mieux de dire aux Européens qu’ils vont être confrontés :
• à une perte irréversible d’emplois dans les secteurs qui se contractent après la crise (construction, finance, biens durables…), d’où un chômage durablement très élevé ;
• à l’absence d’idées pour créer des emplois nouveaux en quantité suffisante pour compenser les pertes d’emplois ;
• à l’inefficacité des politiques de soutien de la croissance par l’exportation, avec la contraction du commerce mondial et, pour la zone euro, le risque d’appréciation de la devise ;
• à la disparition du modèle de soutien de l’activité par la hausse de l’endettement ;
• au besoin de rééquilibrer les finances publiques par des politiques budgétaires restrictives ;
• à l’accélération des délocalisations avec l’écart de croissance et de coûts de production entre les pays émergents et les pays de l’OCDE ;
• à la déformation du partage des revenus au détriment des salariés, avec le chômage élevé, les délocalisations…
« la seule solution constructive à cette masse de problèmes n’est pas d’amplifier les politiques contracycliques mais :
• d’accepter la perte inévitable de pouvoir d’achat et de capacité de dépense de l’Etat ;
• de construire les entreprises et les secteurs qui créeront de nouveaux emplois durables. »
Note 470 du 21 octobre 2009 rédigée par Patrick Artus, directeur de la recherche et des études économiques du groupe Natixis (Banque populaire-Caisse d’épargne)
Il ajoute ne pas croire « qu’il puisse y avoir une véritable reprise cyclique en Europe, que la perspective est celle d’une croissance durablement dépréciée et d’un chômage durablement élevé. "
Bref si l'on croit encore au système capitaliste, c'est clairement le constat d'un état d'esprit pervers et irraisonné.
Good luck for your country !
à alangaja
De nemo3637
Déchoukeur | 05H17 | 02/11/2009 |
Oups...J'ai oublié le dernier faire-part:
Dépot de bilan de CIT ce dimanche , sixième faillite bancaire depuis vendredi et quatrième plus grosse faillite de l’histoire américaine .
Ce groupe centenaire compte environ un million de clients aux Etats-Unis et sa mise en faillite, si elle était attendue depuis des mois et ne devrait avoir qu’un impact limité sur les marchés, risque d’aggraver la contraction du crédit et de peser sur l’économie réelle.
Le groupe avait 71 milliards d’actifs. Il s’agit ainsi de la quatrième plus grosse faillite de l’histoire américaine après celle de Lehman Brothers l’année dernière (639 milliards d’actifs), World Com en 2002 (104 mds) et General Motors (91 mds).
"C’est une nouvelle source de capitaux pour les petites entreprises qui se tarit", a souligné Blake Howells, analyste chez Becker Capital Management à Portland. (D’après l’agence Reuter)
De smurf
Toulousain | 14H43 | 01/11/2009 |
Taxons plus les transactions et les bénéfices non utiles à la société voire dangereux par le risque qu'ils font courir à l'économie.
Ainsi, les banques seront moins incitées à ce type de placement. Et accessoirement, les états, qui en ont bien besoin, récupéreront de l'argent.
Je sais que le plus difficile serait de distinguer les "bons" placements des "mauvais". Mais il faut s'y atteler. La finance ne doit plus être un monde à part mais un outil au service de la société.
De michel 13
| 20H26 | 01/11/2009 |
Il est clair qu'en faisant revoter par l'Assemblée un texte qui a le mérite de ne pas plaire à LUMP est un signe évident de démocratie, cela va dans le même sens que le non respect du référendum sur le TCE en 2005. Mais, diantre où étaient donc passés nos députés de l'opposition ?
Vous écrivez que le ratio de solvabilité des banques doit être, selon les normes actuelles, de 8%, mais que, lors de la crise, toutes les banques étaient au-dessus. Pour éviter que les banques prennent trop de risques vous préconisez un ratio de solvabilité beaucoup plus élevé sur les opérations de marché : 12% voire 15% ou 20%.
Est-ce que cela suffirait à réduire cette envie de profits chez les banquiers car la seule raison de vivre chez ces gens-là est de faire du profit maximum, et ce, en prenant tous les risques avec l'argent de leurs clients? Ce ratio augmentant, les banques chercheraient certainement un moyen de compenser ces augmentations, soit en prenant encore plus de risques, soit en taxant encore un peu plus leurs clients.
Moraliser le secteur bancaire, cela ressemble à vouloir remplir le tonneau des Danaïdes.
N'est-ce pas le moment de reparler de la taxe Tobin ?
De Mohamed.K
Magasinier | 20H37 | 01/11/2009 |
Donner c'est donner reprendre c'est voler !
à Mohamed.K
De Mohamed.K
Magasinier | 21H37 | 02/11/2009 |
N'es ce pas un vol que de donner sa voix puis la reprendre ;-)
De Servais-Jean 4591
HS | 00H14 | 02/11/2009 |
Cette solution de bon sens a été imposée aux banquiers suisses par leur gouvernement. Autant que je m'en souvienne il s'agit de 15% de fonds propres.
De Marat l'ami du peulple
citoyen juriste | 14H54 | 02/11/2009 |
le propos n'est pas tres objectif veanant d'un banquier.....
De zorbek
06H47 | 03/11/2009 |
Bine d'accord avec cet article, c'est une evidence. Mais pourquoi pas aussi une separation nette entre banque d'investissement et banque de depot, comme apres 29 ?