Sarkozy ne veut pas de hausses d'impôts, mais elles sont inéluctables

La France est en récession économique, comme tous les autres pays développés, mais supporte celle-ci plutôt mieux que ses homologues. La baisse du PIB de 2009 sur 2008 pourrait être de -2,5% à -3%, alors qu'on envisage plutôt -5% pour l'Allemagne, -4,5% pour la Grande Bretagne, -4% pour la zone euro.

Prudemment, le gouvernement, pourtant coutumier de l'optimisme méthode Coué, vient d'annoncer une prévision -3%, par la voix de Christine Lagarde.

Qu'est-ce qui ferait que nous nous en tirerions plutôt mieux ? Réponse savante : nos « stabilisateurs automatiques », notamment les indemnités de chômage, dont la masse augmente évidemment avec la crise, mais aussi, plus généralement, toutes les dépenses d'assistance, les allocations familiales et l'emploi public plus élevé que dans nombre d'autres pays.

Toutes ces dépenses continuent, les unes et les autres, à alimenter le revenu disponible des ménages donc la consommation, laquelle, de 2008 à 2009, progresserait sans doute encore de 0,6% en volume.

Le système de la « France d'avant » nous protège

Pour le dire autrement, notre système social plus protecteur que nombre d'autres apparaît, en cette période de crise, économiquement plus performant.

Soyons honnêtes : en période de forte croissance, la protection sociale nous « plombe » un peu. Nous payons, en quelque sorte, par un demi-point ou deux tiers de point de moins de croissance que les anglais, cette sorte de bouclier social pour les périodes de « vaches maigres ».

Pauvre Nicolas Sarkozy ! Rappelons-nous ses discours de campagne… Le voila obligé de reconnaître les avantages de ce système de la « France d'avant », celui qu'il voulait à tout prix modifier, pour nous rapprocher des Anglais et des Espagnols.

Mais, restons objectifs : ce bouclier social entraîne un fort déficit des comptes publics. Pas plus qu'ailleurs, mais guère moins non plus. De -3,4% du PIB en 2008, il plongera à -6,2% en 2009 ; celui de la Grande Bretagne passera de -5,4% à -9,8% et celui de l'Allemagne, malgré la réticence initiale à la relance de sa chancelière, d'un quasi équilibre à -4%.

Les dettes publiques vont donc fortement augmenter. Et il faudra bien en venir à réduire ces déficits pour, ensuite, réduire les dettes.

C'est la logique du système : il faudra augmenter les impôts

Pour ce faire, il faut évidemment rééquilibrer sainement les comptes de la Sécurité sociale, retraites et assurance maladie. Mais concernant le déficit du budget de l'Etat, je ne vois que deux solutions saines et deux seulement : réduire ses dépenses courantes ou augmenter les impôts.

Il est clair aujourd'hui que la première solution a ses limites.

Les effectifs et les dépenses de justice sont honteusement bas par rapport aux autres pays développés. Les dépenses de police ne peuvent qu'augmenter puisque Nicolas Sarkozy-président de la République ne fait pas mieux que Nicolas Sarkozy-ministre de l'Intérieur pour freiner la délinquance dite « petite » qui pourrit la vie de millions de Français, ne serait qu'en les contraignant à être en permanence sur leurs gardes.

Lles violences à l'école contre les profs se multiplient et les flambées sporadiques dans les « cités » sont toujours là.

Les dépenses de défense ne sont guère compressibles dans la mesure où la France veut tenir un certain rang dans la géopolitique.

Quant aux dépenses d'éducation, les tentatives de les réduire par diminution des effectifs se heurtent au fait que la seule vraie solution durable pour rétablir la « paix » dans les collèges sensibles, serait -sera ? - d'y porter le nombre d'élèves à 10 ou 12 par classe.

La Révision générale des politiques publiques (RGPP), qui n'est pas en soi critiquable, se heurte vite à ces contraintes.

Il vaudrait mieux revenir sur le « bouclier fiscal » de 2007

La seule issue sera donc la hausse des impôts. Quand ? Pour l'instant, Nicolas Sarkozy se refuse à l'évoquer. Il n'a pas été élu, dit-il, pour ce faire. Dommage !

Car, pour la France, il vaudrait mieux qu'elle soit entreprise dés 2010, en commençant par revenir sur le « bouclier fiscal » de juillet 2007. Une telle hausse sera-t-elle seulement l'un des éléments du débat présidentiel de 2012 ? Ce n'est, hélas, même pas sûr. La démocratie a son coût… de démagogie.

Deux remarques à propos de l'impôt. Selon une litanie classique, nos impôts étaient parmi les plus élevés, avant les baisses récentes. Faux ! Ils étaient dans la moyenne de l'Europe de l'Ouest (Belgique 31% , Grande Bretagne 29,3%, Italie 28,7% France 27,3%, Espagne 22,7% Allemagne 20,6%, cf. les « Statistiques des recettes publiques OCDE » de 2005, soit avant nos deux vagues de baisses d'impôts).

Si nos « prélèvements obligatoires » sont parmi les plus élevés ( cinquième rang OCDE derrière Suède, Belgique, Danemark et Finlande) ils le doivent au poids des cotisations sociales. Pas des impôts ! Ce qui interdit toute hausse des cotisations pour équilibrer les dépenses de sécurité sociale. Mais pas qu'on s'interdise des hausses d'impôts.

Par ailleurs, du fait de la crise et des relances, nombre de nos partenaires ont augmenté ou augmentent les impôts directs sur les plus aisés. Une « contre-révolution » fiscale est en route par rapport à la période de baisses d'impôts sur les hauts revenus qui a débuté avec Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

Le taux d'imposition de la tranche la plus élevée de l'impôt sur le revenu est ainsi de 50% au Royaume Uni, 45% en Allemagne, 43% en Espagne, 40% au Japon, 40% en France, les Etats-Unis ayant augmenté de 35% 2010 à 39,6% pour 2010.

Un gouvernement vraiment soucieux de l'intérêt général, du freinage du déficit et de la dette publique, et d'une paix sociale que les inégalités actuelles rendent précaire, n'hésiterait donc pas à augmenter les taux marginaux les plus élevés.

48 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de pablico

De pablico

13H05 | 24/05/2009 | Permalien

on est déjà sous perfusion, il faudrait peut-être faire marcher la planche à billets, ou faire payer les riches..ou chiche, devenir un paradis fiscal : -)

Portrait de marie 75

De marie 75

13H12 | 24/05/2009 | Permalien

La hausse … On en discutera….

DIMANCHE 24 MAI (ca avance depuis ce matin)

Venez marcher avec nous ce dimanche ! ! ! Soyons nombreux ! ! !
Apportez vos banderoles, tracts, instruments de musique, votre énergie et votre obstination ! ! !

14h-16h Mairie de Neuilly.
Ligne 1 : Sablon

18h Louvre
Ligne 1 : Palais-royal - Musée du Louvre

à partir de 19h Beaubourg

Devant le musée : Au pied du pilier qui supporte un pot de fleur doré …
Ronde, rencontre, discussion interuniversitaire et interprofessionnelle sur des formes de continuation du mouvement

Tous les secteurs en lutte sont invités à participer à cette marche, pas uniquement les universitaires. Hôpitaux publics, EDF/GDF, …

C'est pourquoi la banderole de tête indique « Marche Obstinée » et ne met pas en évidence le mot « Universités ».

Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin

De désactivé à la demande du riverain 18 juin

Born again | 14H03 | 24/05/2009 | Permalien

Les socialistes ont l'habitude de considérer que les citoyens les plus méritants et les plus utiles socialement sont des vaches à lait que l'on peut traire jusqu'à la dernière goutte. Moi, je pense que prélever plus de 50% des revenus d'un citoyen, c'est du racket, c'est immoral et c'est inciter ledit citoyen à frauder, à haïr sa patrie et à s'installer à l'étranger… Toutes choses égales par ailleurs, c'est la Révocation de l'Edit de Nantes et la fuite en Prusse de nos compatriotes les plus industrieux, les plus productifs, les plus utiles socialement, les plus créateurs de richesses… J'ai lu que les protestants français émigrés en Prusse avaient interdit à leurs enfants d'utiliser la langue française et les avait élevés dans la haine de la France. Un historien allemand va jusqu'à écrire que la cause principale des guerres entre la France et l'Allemagne est cette révocation de l'Edit de Nantes. Pour en revenir aux prélèvements obligatoires, je dirai que ni la Charité chrétienne ni la Fraternité républicaine ne nous prescrivent un tel dépouillement.

Portrait de dan46

à désactivé à la demande du riverain 18 juin Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin De dan46

gardé a vue | 14H05 | 24/05/2009 | Permalien

Ce qui est immoral dans un pays qui a pour devise : Liberté-Egalité-Fraternité c'est que certains aient des revenus plus de 100 fois supérieur aux travailleurs de base qui triment pour le SMIC.
Prendre plus de 50% des revenus des gens qui gagnent des centaines de milliers d'euros par mois me parait tout à fait justifié.
Surtout qu'on à pu voir dans le cas des dirigeants des grandes banques que gros salaire n'allait pas de pair avec compétences professionnelle.

Portrait de Di

à désactivé à la demande du riverain 18 juin Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin De Di

mère déchlorurée (papotable) | 14H45 | 24/05/2009 | Permalien

Eh ben ceux qui partiront ne manqueront à personne ! Qu'ils aillent donc voir ailleurs, si ça leur chante ! Ici, ça fera le ménage.

Portrait de Sixpatte

à désactivé à la demande du riverain 18 juin Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin De Sixpatte

77583 | 15H21 | 24/05/2009 | Permalien

Frère Tagada, votre contribution est intéressante à plus d'un titre :
- Socialement, parce que les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées de la réalité des riches :
Les riches, au fond, ne sont jamais qu'une minorité de pauvres qui ont réussi.
- Politiquement, parce que ce sont des « socialistes » qui auraient émigré en Prusse sous la pression du fisc de l'époque, qui manquait bien de charité chrétienne :
Les Huguenots ne sont jamais qu'une minorité de banquiers qui se sont appauvris.
Pourtant il existe une solution simple, rapide à mettre en oeuvre et qui conviendra à tout le monde, y compris aux hémiplégiques (Qu'on soit de droite où de gauche…cf Raymond Aron)
Il suffit de prendre aux riches pour donner aux pauvres.
Et vice et versa.
Et de déclarer la guerre à la Prusse.
En temps de paix, les riches auront le droit de prendre la sueur au front des pauvres.
En temps de guerre, les pauvres auront le droit de prendre la place des riches, au front également.
Fastoche. (avec la complicité de Pierre Desproges)

Portrait de Gotch

à Sixpatte Portrait de Sixpatte De Gotch 15306

ancien ouvrier de la banque | 17H28 | 24/05/2009 | Permalien

Dés plorables (du terme pleurs) . Quand la « chance » sourit à quelques-uns, en grattant bien on découvre toujours, oui, toujours) la magouille qui a permis que….

Pour que le niveau de tous devienne satisfaisant, il ne faut pas que certains accaparent la manne à laquelle tous ont droit, de par leur situation d'humains. Le gâteau est extensible, mais très lentement, et en respectant des règles. Ceux qui outrepassent cet aphorisme deviennent très riches, mais si leur pensée n'est pas troublée par la disparité entre eux et ceux qu'ils oppriment, c'est que ce sont des sociopathes, des fous dangereux. Au même titre qu'un Dutroux ou un Forniret, mais au niveau financier. Ce sont les pires, mais leur entregent leur interdit toute contrainte judiciaire, fiscale, sociale. Les monstres sont dans la ville, et la ville sort le tapis rouge pour eux. Cherchez l'erreur.

Portrait de nanouD

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citoyenne | 17H46 | 24/05/2009 | Permalien

Vous avez obtenu 11 votes :
Y a-t-il ici tant de « vaches à lait » ? ? ?
Quant à dire que les nantis sont les plus méritants des citoyens, c'est pousser le bouchon un peu loin.

Il faut bien plus de mérite pour arriver à survivre avec le minimum vieillesse ou le Smic, quand on est encore actif.

Portrait de 101.7

à désactivé à la demande du riverain 18 juin Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin De 101.7

Promeneur | 18H20 | 24/05/2009 | Permalien

« Moi, je pense que prélever plus de 50% des revenus d'un citoyen, c'est du racket, »

Tiens ça alors tagada tsoin tsoin boum-boum pipi-caca !

Et que pensez vous quand dans le même espace temps on diminue les impôts des plus fortunés et on supprime pas mal de remboursements de médicaments et autres pansements pour des malades gravement atteints et on leur prélève une franchise fiscale sur le peu qui reste remboursable ? Plus un euro par ci par là pour les ambulances, les actes médicaux ou infirmiers ou de kiné, un ou deux euros par ci par là pour les analyses médicales ?

Vous parlez en outre de Prusse, d'Edit de Nantes… vous êtes sûrs d'être en phase avec votre époque ?
Pourquoi ne pas parler de Matusalem ou du Crétin des Alpes ? Vous semblez à l'évidence plus doué sur ces sujets introspectifs.

Cracher sur les pauvres est la priorité de la droite et ce n'est pas d'aujourd'hui.
Votre référence récurrente à la chrétienneté est une imposture, une usurpation de moralité.

Portrait de Michel-Petit

à désactivé à la demande du riverain 18 juin Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin De Michel-Petit

Retraité | 08H32 | 25/05/2009 | Permalien

Je ne suis pas socialiste, et je ne suis donc pas touché au cœur par de telles certitudes, mais je pense que la crise devrait mettre un bémol aux affirmations d'une telle crétinerie !
C'est quoi un « citoyen le plus méritant qui part à l'étranger “… ?
Concrètement, monsieur Michelangelo ?
Quelqu'un qui un beau jour s'écrie :
Zut, ras-le-bol de la France, je m'en vais mettre mon super talent au service d'un autre pays, je vends tout ce que j'ai, et je ne reviendrai qu'en touriste !
Ou bien quelqu'un qui va s'installer à Bruxelles, où en Suisse, et qui continue de gagner son fric en France en étant domicilié en banlieue de son Pays ?
Soyons sérieux, et n'imaginons pas notre Johnny ex-national, nous faisant un concert en Suisse-Allemand le 14 juillet, pour une somme dérisoire heureusement nette d'impôt.
Çà nous ferait une telle peine !

Portrait de thorkil76

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Le viking vert | 12H07 | 25/05/2009 | Permalien

Bonjour,

tres drole vos affirmations
parce que ceux qui vont en Belgique, envoient leurs enfants en France ou viennent s y faire soigner ( parasites ? )
parce que nos elites du trading partis en Angleterre, une fois vires, reviennent en France pour y toucher les allocations chomages (de quelques 6000 euros), apres avoir travailler une journee en France…
bref quand il faut « cracher au bassinet », on en profite pour cracher dans la soupe. en revanche quand ca va mal on est bien content de retrouver le bon vieux systeme francais

« les citoyens les plus meritants », est ce a dire que les citoyens qui ne sont pas chefs d entreprise et qui participent honnetement a la creation de richesse ne sont pas meritant ? drole de conception du merite ! ! !

l histoire « des fuites » d un pays est plutot celle de la misere que des riches oppresses par l impot cf la creation des USA, et plus recemment les refugies de tout poil Irak, Afganistan etc…

bref le racket est a mon avis plus le fait de ces incompetents surpayes qui ont failli detruire le capitalisme

le prix de nos impots c est aussi le prix des services que delivre l etat…et pour avoir bcp voyage, le rapport est excellent meme s il peut s ameliorer (voir la corruption en France et le classement de transparency international…). Notre classe politique fume et dilapide notre argent !

meme si a mon avis tout le monde devrait payer des impots, il est normal de taper ceux qui en ont le plus (et souvent sans travailler ! )

Comme disent les anglais « small is beautiful », ie, vive les TPE, PME et PMI ou les desequilibres de revenu n ont rien avoir avec ceux des grandes entreprises geree par des mecs qui n ont rien invente (et qui ne prennent aucun risque personnel) !

Des gens comme Ford (que l on peut difficilement traiter de communiste convaincu) pensait que le rapport entre le plus bas salaire et le plus haut devait etre de 30. l imposition peut aider a reguler cela…

Concernant les vache a lait, je ne crois pas que l IRPP soit la principale ressource de l etat francais, par contre la TVA …

Votre discours ne tiens pas.

C est sur payer payer la secu quand on est jamais malade … un accident est si vite arrive … (les assurances aussi)

Aujourd hui tous nos politiques se rejouissent de l amortisseur qu est « le vieux systeme francais ». Et si nous ne l avions pas eu, dans une situation comme celle de l angleterre, l islande, l irland, et meme les US, et , avec la tradition revolutionnaire qui nous caracterise, je n aurais pas donne cher de la stabilite de la france et de la tete de ses riches…

On pourrait aussi parler du racket des fabricants de medocs (qui profitent bien de la secu), ou des medecins qui passent de actes jamais effectues…Ou des mecs qui negocient leurs impots Ou des corses qui pour moitie ne paient pas l impot sur les societes …
que dire aussi de nos fabricants auto qui depuis des annees vont dans le mur (renault et son 4*4) et que l on soutient … On aurait mieux fait d aider Bollore qui au moins essaie d innover…

En bref, si un jour il vous arrive un accident de la vie (longue maladie, chomage, ou autres) vous serez bien content de vivre en France et de ne pas etre laisse pour compte… Et si vos economies sont en France vous serez bien content que l etat renfloue les banques pour sauver vos deniers

votre analyse est ideologique et ne tient pas, d autant que la situation actuelle vous donne tord, et que certains pays parmis les plus liberaux lorgnent vers le modele francais.

Bon vent

le viking vert

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 13H58 | 24/05/2009 | Permalien

Tenir l'impôt en suspicion préalable, comme le font aussi bien le discours de l'UMP que celui du PS, est à mon sens extrêmement préjudiciable à la qualité du débat politique. Ce n'est pas l'impôt qui doit poser problème, c'est sa justice ou son injustice, son efficacité ou son inefficacité, sa bonne ou sa mauvaise utilisation.

De ce point de vue, lorsqu'en 1984 Fabius a endossé plus ou moins la vulgate du Trop d'impôt tue l'impôt, il a porté un coup sévère à ce que devrait être le débat entre deux (ou plus de deux) orientations. C'est bien dans la qualité de l'impôt que se situe le clivage droite-gauche. Comment l'asseoir, quel doit être son niveau, à quelles fins l'utiliser, voilà qui devrait constituer de réels sujets d'étripages politiques, un peu plus consistants (il me semble) que l'identité nationale ou le drapeau à sa fenêtre (oui, je sais : je caricature).

Autrement dit, je me réjouis par principe de la prochaine et inévitable réhabilitation de l'impôt, parce qu'elle signifie le retour indispensable à un véritable débat sur les enjeux politiques qui s'offrent à notre société.

Néanmoins, il existe un autre lieu de débat dans cette discussion sur les prélèvements obligatoires et le niveau des déficits, c'est celui des charges salariales.

Or, à strictement parler, toutes les charges salariales sont à la charge du salarié. Les charges patronales, ça n'existe tout simplement pas.

Attention, proposition YAKAFOKON : pourquoi ne pas envisager de transférer ce qui actuellement constitue les charges improprement nommées patronales dans le salaire brut, et d'en faire des charges salariales tout court ?

J'y vois plusieurs avantages : le niveau des charges salariales cesserait d'être à la charge des employeurs, qui donc perdraient toute légitimité à les gérer. Adieu au MEDEF dans les instances paritaires de gestion, bonjour une gestion strictement syndicale. Dans cette optique, les salariés auraient un véritable intérêt à se syndiquer et à voter pour leurs mandataires sociaux. Dans cette optique toujours, l'augmentation du montant des charges sociales passerait nécessairement par de solides négociations salariales au niveau des entreprises, ce qui renforcerait encore le rôle es syndicats.

Evidemment, je ne suis pas économiste, et j'attends avec intérêt les critiques d'une telle proposition mal dégrossie. Mais il me semble qu'il y a là une piste de réflexion intéressante. Non ?

Portrait de Servais-Jean

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 15H18 | 24/05/2009 | Permalien

Bien sûr que les charges salariales sont à la charge du salarié et si la notion de charges patronales existent c'est uniquement dans le but de garder un pouvoir sur les affectations des sommes énormes disponibles, il suffit pour s'en convaincre de voir la lutte au sein des industries électriques et gazières qui a permis aux syndicats de prendre en main, contre la volonté de la direction et avec bonheur, la gestion de leurs activités sociales.

Cet exemple peut être étendu aux organismes de sécurité sociale et de retraites où le patronat n'a rien à faire sinon d'y peser en fonction de son nombre d'adhérents ce qui est insignifiant.
Le choix entre la privatisation et la socialisation est dans les mains des politiques et les politiques sont entre nos mains.
Servons nous de l'outil des élections pour nous faire entendre avant que ce soit la rue qui donne de la voix avec les conséquences qui en découleraient immanquablement

Portrait de 101.7

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De 101.7

Promeneur | 18H09 | 24/05/2009 | Permalien

« Les charges patronales, ça n'existe tout simplement pas. »

évidemment !

Tout ce qui résulte de la force de travail produite par un salarié et qui est soit disant une charge pour l'employeur n'est qu'un salaire différé.
Parler de charges patronales est une escroquerie morale.

Une chose qu'il faut toujours avoir en mémoire lorsqu'on parle de ce sujet c'est que sans employés qui donnent leur force de travail, leur sueur etc il n'y aurait pas d'entreprises.
Sans actionnaires pour se sucrer sur cette force de travail il y aurait un peu plus pour chaque salarié et on pourrait même en donner à l'état pour faire fonctionner de manière plus performante les services publics.

En gros il y a des parasites dans le système et ces parasites ne sont pas les gens qui travaillent, qui sacrifient leur vie et leur santé.

C'est un peu con de répéter ça car c'est tellement évident, mais il y a encore pas mal de gens qui disent que si les patrons n'existaient pas ce serait la ruine du pays. Ils existent et c'est ça la ruine.

Portrait de Xavier Denamur

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Xavier Denamur

Restaurateur | 21H03 | 24/05/2009 | Permalien

Voilà une approche qui demande reflexion. Transferer les charges patronales sûr les salaries posent un problème de qui paye a la sortie. Virer le Medef l'idée est séduisante mais une société sans contre pouvoir nous amene a l'avènement de la politique actuelle. Reste le poids sur le travail qui empêche une véritable croissance et aujourd'hui relance sans oublier la stagnation des salaires. Je parle dans un commentaire ci-dessous de la solution par une hausse de la tva dite tva sociale qui permettrait la baisse du coût du travail et une meilleure redistribution des richesse sur les plus demunis.

Portrait de pete_bondurant

De pete_bondurant

Consultant | 13H57 | 24/05/2009 | Permalien

Dans le paradis socialiste bien connu qu'étaient les USa d'avant 1980, le taux marginal d'imposition atteignait presque 80%. c'était une survivance du new deal de Roosevelt.
Rendre l'impôt sur le revenu vraiment progressif et rétablir les droits de succession à un niveau décent, cela sembl deux voies nécessaire pour rétablir les finances publiques et assumer un minimum de redistribution… et d'équité social.

Portrait de Naradamuni

à pete_bondurant Portrait de pete_bondurant De Naradamuni

sans | 14H45 | 24/05/2009 | Permalien

Et les niches fiscales qui permettent au plus nanti de passer en grande partie à côté de l'impôt.

Il s'agit bien, comme l'écrit plus haut Thierry Reboud d'un problème de qualité d'imposition, d'équité social !

Portrait de leo s

De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 13H59 | 24/05/2009 | Permalien

chouchou
des sous
chouchou
des sous

Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin

à leo s Portrait de leo s De désactivé à la demande du riverain 18 juin

Born again | 14H15 | 24/05/2009 | Permalien

Je croyais que la mendicité était interdite sur une voie publique comme Rue89…

Portrait de leo s

à désactivé à la demande du riverain 18 juin Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 14H19 | 24/05/2009 | Permalien

faut pas confondre mendicité et revendication

« les plus beaux chants sont les chants de revendication »
chante Ferré le grand

Portrait de GastonLagaffe

à désactivé à la demande du riverain 18 juin Portrait de désactivé à la demande du riverain 18 juin De GastonLagaffe

flâneur | 15H53 | 24/05/2009 | Permalien

Ce n'est pas de la mendicité mais une demande pour une autre gestions de l'argent publique et des impôts. Aux dernières nouvelles la république n'appartient pas à Naboléon mais aux citoyens de la république. Donc ce citoyen ne mendie pas, il participe à la démocratie : D

Portrait de Bebert Cassandre

à leo s Portrait de leo s De Bebert Cassandre

15H38 | 24/05/2009 | Permalien

Pauvre Chouchou… On lui demande maintenant de se tirer une balle dans le pied… C'est à croire que tout le monde lui en veut… Pauvre Chouchou, lui qui se donne tant de mal pour nous consterner…

Portrait de leo s

De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 14H01 | 24/05/2009 | Permalien

C'est la logique du système : il faudra augmenter les impôts ..

donc annuler le bouclier fiscal

ok

Portrait de mauser

à leo s Portrait de leo s De mauser

14H18 | 24/05/2009 | Permalien

Comment dépouiller la bande du Fouquet's mais qui va m'inviter cet été faire des ronds dans l'eau ?
Non l'on va trafiquer les quotients familiaux ou les abattements fiscaux pour moyens pauvres qu'ils deviennent plus pauvres ils n'avaient qu'à ne pas m'écouter

Portrait de GastonLagaffe

De GastonLagaffe

flâneur | 15H48 | 24/05/2009 | Permalien

Bonjour,

vous parlez de stabilisateurs automatiques pour les dépenses sociales et leur rôle en temps de crise, c'est très bien car on n'en parle pas assez.

Mais vous oubliez le rôle de ces mêmes stabilisateurs automatiques en temps de reprise. Qui dit reprises dit hausse des revenus et donc hausse des recettes fiscales… sans qu'on n'augmente les impôts. À cela s'ajoute un autre effet : la reprise entraine une baisse des dépenses sociales (moins de chômeurs etc.).

Donc au final sans augmenter les impôts, sans les modifier, il y a un retour à l'équilibre qui se fait mécaniquement.
Ainsi je trouve que c'est une erreur que de dire que les seules alternatives sont d'augmenter les impôts ou/et diminuer les dépenses publiques (une troisième solution est de cibler les dépenses publique vers des utilisations qui augmenterons la croissance et donc réduirons les déficits).

Par contre il est vrai que le bouclier fiscal (sous sa forme actuelle et sous sa forme d'avant 2007) ruine les dépenses publique. En effet il empêche les stabilisateurs automatiques de jouer pleinement leur rôle sur les hauts revenus puisque qu'il tue la progressivité des impôts.

Portrait de Gotch

De Gotch 15306

ancien ouvrier de la banque | 16H37 | 24/05/2009 | Permalien

Revenir sur le bouclier fiscal, rétablir la progression de l'impôt sur le revenu jusqu'à 90% des tranches les plus élevées, garder l'impôt sur la fortune en relevant quelques tranches supérieures…

Rétablir la taxe professionnelle, soutien essentiel des collectivités locales.

Malgré l'évasion de quelques malotrus qui de toute façon seraient partis, la fiscalité française retrouvera une nouvelle jeunesse !

Portrait de jmax

à Gotch Portrait de Gotch De jmax

17H55 | 24/05/2009 | Permalien

la taxe profesionnelle est vraiment une taxe crétine !
il y a d'autres moyens pour financer les collectivités locales.

Portrait de jfko

à jmax Portrait de jmax De jfko

Infosophe | 18H38 | 24/05/2009 | Permalien

Lesquels par exemple ? En tant qu'élu, cela m'intéresse !

Portrait de virginie78

De virginie78

Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 16H44 | 24/05/2009 | Permalien

merci pour votre article

Portrait de leo s

De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 17H41 | 24/05/2009 | Permalien

L'obligation de payer ses impôts a été établie par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 :

« Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés » (art. 13).

En effet, la participation à l'effort commun est nécessaire, sinon aucun service publicService publicActivité d'intérêt général prise en charge par une personne publique ou par une personne privée mais sous le contrôle d'une personne publique.

On distingue les services publics d'ordre et de régulation (défense, justice…), ceux ayant pour but la protection sociale et sanitaire, ceux à vocation éducative et culturelle et ceux à caractère économique. Le régime juridique du service public est défini autour de trois principes : continuité du service public, égalité devant le service public et mutabilité (adaptabilité). (police, justice, éducation, hôpitaux, ramassage des ordures…) ne pourrait être financé.

Une société sans impôt impliquerait d'accepter une société dans laquelle tout service serait privé, éventuellement fort coûteux et inégalitaire en fonction des revenus ou de la localisation géographique de chacun.

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