Baisser les hauts salaires pour créer des emplois

Il y a une dizaine de jours, on apprenait que le PDG d'Eiffage, Jean François Roverato, diminuait son salaire de 10% à 1 600 000 euros annuels, en raison des moindres performances de l'entreprise qu'il dirige. Ce salaire n'est pas parmi les plus élevés des dirigeants salariés. Il est loin des 4 millions d'euros du haut du tableau du CAC 40. Face à ces chiffres, l'économiste un peu iconoclaste fait un rêve. Baisser les hauts salaires pour créer ou maintenir des emplois.

Imaginons que Jean François Roverato ait baissé son salaire à 600 000 euros annuels, ce qui lui laisse encore 50 000 euros mensuels pour vivre, que faire du million ainsi économisé ? Admettons que le coût moyen d'un emploi de base soit de 20 000 euros par an ce qui est à peu près le smic avec charges sociales. Avec le million économisé sur la rémunération du président, Eiffage pourrait créer ou maintenir 30 emplois en CDI.

Imaginons maintenant qu'un sacrifice proportionnel soit imposé aux, ou plus idéalement décidé par, les 100 plus hauts salariés d'Eiffage.
Gageons qu'alors, ce sont 300 ou 400 emplois qui seraient en jeu, dans l'entreprise même, ou, indirectement, chez ses sous-traitants.

Et quel effet, croyez vous qu'aurait un tel « geste » sur le climat social au sein des quelques 50 000 salariés d'Eiffage ?
Il permettrait sans aucun doute de signer, avec les organisations syndicales, un accord temporaire de réduction, toujours inversement proportionnelle au niveau de rémunération, de tous les salaires supérieurs au salaire médian, ce qui permettrait peut être de sauver ou de créer 1000 ou 2000 emplois.

Généralisez cela aux cent plus grandes sociétés françaises et vous pouvez espérer un impact sur plusieurs dizaines de milliers d'emplois.

L'exemple des cadres de Renault

Utopie ? Renault, qui vient par ailleurs, fort opportunément, de ramener une partie de la fabrication de la Clio en France, nous montre le chemin. Afin de rendre plus juste l'indemnisation du chômage partiel (les ouvriers n'y touchent que 60% de leur rémunération, alors que les cadres, dépendant d'un accord de branche, perçoivent la totalité de leur salaire), les cadres ont accepté d'abandonner des jours de RTT, pour améliorer l'indemnisation des ouvriers.

Ce n'est pas un gros sacrifice. Mais cela prouve que le sens de la solidarité, si ténu « en haut », existe « juste en dessous ». Cela va , en tous cas, dans le bon sens, exactement à l'inverse des bénéfices sur stocks options que se concoctaient encore très tranquillement les dirigeants de la Société Générale.

Dans cette crise, qui est effectivement la plus profonde vécue par le monde développé depuis celle de 1929, plus profonde que celle de 1975 après le premier « choc » pétrolier, la réduction de l'éventail des revenus est la clé du maintien de la paix sociale, fortement menacée aujourd'hui.

Resserrer l'éventail des revenus, dès leur distribution primaire dans l'entreprise, afin de limiter au minimum les réductions d'effectifs, tel devrait être l'impératif catégorique de tous les chefs d'entreprise.

Et que l'on ne nous amuse pas avec le risque de fuite des cadres et des dirigeants. Dans quels pays iraient-ils aujourd'hui ? Le « marché mondial » des dirigeants est une invention pure et simple. Les sociétés d'origine française sont dirigées, dans leur immense majorité, par des Français, même si leur capital est aux mains de fonds de pensions, les allemandes par des Allemands et les américaines par des ressortissants des Etats-Unis.

Revenir sur toutes les baisses d'impôt

Mais les inégalités se mesurent aussi au niveau des revenus disponibles, après impôt. Et elles doivent donc aussi être corrigées par l'impôt. Entre 1999 et 2008, les salaires bruts ont augmenté de 42%, les bénéfices commerciaux et honoraires de 50% et l'impôt sur le revenu des personnes physiques de 16%.

Comme ce dernier n'est payé que par les 50% les plus favorisés, la conclusion est claire : hauts salariés , commerçants et professions libérales ont été les grands gagnants des baisses d'impôt.

Nicolas Sarkozy a raison de dire qu'il n'a pas été élu pour augmenter les impôts. Il a même été élu pour le contraire. Le cœur de son électorat, outre les personnes âgées, soucieuses de la sécurité, et le monde rural traditionnellement à droite, était constitué par les cadres, commerçants et professions libérales, et réclamait ces baisses. Il les a satisfaites avec la loi de juillet 2007.

Mais Nicolas Sarkozy s'est aussi fait élire comme « président du pouvoir d'achat » et en proposant de « travailler plus pour gagner plus ». Malheureusement la crise provoque et va provoquer exactement l'inverse. Moins de gens vont travailler. Ceux qui travaillent travailleront souvent moins. Et le pouvoir d'achat va stagner ou baisser.

Il serait donc à la fois légitime et prudent que le Président change aussi profondément sa politique et revienne sur les baisses d'impôt. Celles qu'il a fait voter et même celles de ses prédécesseurs. Certains membres de sa majorité le lui suggèrent ! Timidement. Pour les revenus au dessus de 300 000 euros annuels. On peut descendre plus fortement la barre, à la moitié, par exemple , et toujours à proportion du revenu, sans réduire à la pauvreté les contribuables ainsi atteints.

Que faire des fonds ainsi récupérés ? Disons entre 15 et 20 milliards. Pour une première part, faire un effort sur les subventions aux plus pauvres. Pour une seconde investir encore dans la recherche. Enfin réduire le déficit et la dette ! Ressouder une société que la crise va déliter plus encore et préparer son avenir, tels sont aujourd'hui les deux seuls devoirs de nos gouvernants.

59 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de mon petit doigt

De mon petit doigt

sans | 14H34 | 22/03/2009 | Permalien

Baisser les hauts revenus pour créer des emplois c'est tellement évident, mais nos dirigeants politiques et economiques sont passés maitre dans l'art denier l'évidence n'est ce pas.

Portrait de pablico

à mon petit doigt Portrait de mon petit doigt De pablico

17H48 | 22/03/2009 | Permalien

ils rétorquerons :
il faut des hauts salaires, pour stimuler les petits salaires. Leur donner envie d'en avoir un plus gros. Créer des exemples à suivre.

air connu.

Portrait de PauLo anarcho-patriote

à pablico Portrait de pablico De PauLo anarcho-patriote

18H02 | 22/03/2009 | Permalien

« Pouvoir d'achat » CONFISQUÉ par les FONCTIONNAIRES et les ÉLUS…

Le C-A-P recommande au Président comme « PATRON DES FONCTIONNAIRES & ÉLUS » de… BAISSER TOUT DE SUITE… de 20% leur traitement ou pension sur la tranche de 1000€ à 3000€ mensuels…

… et BAISSER de 50% la tranche au-delà de 3000€…

En contrepartie ça lui permet de BAISSER la T-V-A, les autres Taxes, Impôts, Contributions, Contraventions de 15% ! ..
ce qui RESTITUE ce vrai « pouvoir d'achat » aux travailleurs.

C'EST URGENT… c'est vertueux car ça lutte contre l'inflation !

Portrait de kawaayi

à PauLo anarcho-patriote Portrait de PauLo anarcho-patriote De kawaayi

"fatties will be eaten first" | 18H58 | 22/03/2009 | Permalien

Portrait de fogheard

à PauLo anarcho-patriote Portrait de PauLo anarcho-patriote De fogheard

10H13 | 23/03/2009 | Permalien

parce que les fonctionnaires ne sont pas des travailleurs peut-être ? ? ?

Portrait de touko_2

à PauLo anarcho-patriote Portrait de PauLo anarcho-patriote De touko_2

fonctionnaire minettelol.labrute.... | 10H46 | 23/03/2009 | Permalien

Ouaip,il faudrait aussi lutter contre la connerie, et à te lire chaque jour je pense que ça s'impose ..

Portrait de leo s

à pablico Portrait de pablico De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 19H43 | 22/03/2009 | Permalien

Leur donner envie d'en avoir une plus grosse…
paye.

Portrait de heleor

à mon petit doigt Portrait de mon petit doigt De heleor

artiste | 10H48 | 23/03/2009 | Permalien

Ce n'est pas à l'état de dire aux sociétés de baisser le revenu des grands dirigeants (que le gouvernement soit de droite ou de gauche). les politiques français pensent avant tout à leur portefeuille ce n'est pas par eu que l'exemple arrivera, eux aussi devraient baisser leur salaire.
C'est la mentalité de la population qui doit changer, et ça c'est pas demain que cela arrivera malheureusement.
le monde est devenu trés égoiste et individuel, il est là le problème.
revenons à des valeurs simples commençons par le respect, le reste suivra.

à lire et à faire suivre

Ce que gagne chaque parlementaire

- 80 à 90% des 1.001 parlementaires actuels, soit 577 députés nationaux, 78 députés européens et 346 sénateurs (ils étaient 321 jusqu'à l'année dernière…) sont des cumulards qui gagnent 25 à 30.000 euros par mois, voire davantage !

En tant que député, il perçoit 21.434 € par mois (140.609 francs) :

- à titre personnel, le député empoche au moins 12.881,39 € ( 84.501 francs)
- dont indemnités parlementaires brutes de 6.769,39 € (incluse une indemnité de fonction de 1.340,44 € non imposable)
- dont indemnités de frais de mandat de 6.112 € (non imposable)
- crédits collaborateurs (1) : 8.553 €

En tant que sénateur, il perçoit 21.420 € par mois (140.518 francs) :

- à titre personnel, le sénateur empoche au moins 13.219,65 € (86.720 francs)
- dont indemnités parlementaires brutes de 6.769,39 € (incluse une indemnité de fonction de 1.340,44 € non imposable)
- dont indemnités de frais de mandat de 6.450,26 € (non imposable)
- crédits collaborateurs (1) : 6.894,51 €
- subvention mensuelle groupe politique : 1.306,36 €

(1) Crédits « collaborateurs » : un parlementaire peut recruter y compris des membres de sa famille (épouse, enfants, proches parents, etc…). Une bonne partie d'entre eux ne s'en privent pas !
A ces montants s'ajoutent de nombreux autres avantages ou « facilités » :

- frais de transport gratuit,
- téléphone et courrier gratuits,
- internet gratuit,
- frais d'hôtel remboursés 100 € (656 francs) par jour, etc…

=> Le sénateur bénéficie d'emprunts immobiliers jusqu'à 152.000 € (1 million de francs) au taux ridiculement bas de 3% sur 18 ans.

=> Le député bénéficie de prêts immobiliers, jusqu'à 76.225 € (500.000 francs) à des taux dérisoires : 2% sur 10 ans.

=> Une allocation mensuelle d'aide au retour à l'emploi : 5.257,78 € ! ! !

A l'instar du système prévu pour les anciens ministres, les anciens députés non réélus aux élections générales peuvent prétendre jusqu'à l'expiration du sixième mois qui suit la fin de la législature à une allocation d'aide au retour à l'emploi qui leur assure, compte tenu des rémunérations d'activité ou de retraites qu'ils perçoivent par ailleurs, un revenu brut mensuel égal à l'indemnité parlementaire de base. Cette allocation est ensuite réduite progressivement.
=> Une retraite à taux plein après 20 ans de cotisations seulement. Un député peut prendre sa retraite à 55 ans. Cette pension est cumulable avec les autres retraites.

=> 50% des revenus des parlementaires échappent à l'impôt.

Les autres sources de revenus des parlementaires

- L'indemnité mensuelle de conseiller général ou régional, de 1.435 à 2.511 € (9.411 à 16.470 francs), suivant les régions ou départements. Un fauteuil de vice-président donne droit à une majoration de 40%…

- L'indemnité mensuelle de maire, ou adjoint (40% du montant) : 610 € (4.000 francs) pour une commune de moins de 500 habitants, 2.500 € (16.400 francs) pour une ville de 5.000 à 10.000 habitants, 3.228 € (21.176 francs) pour une ville de 20.000 habitants, 5.201 € (34.117 francs) pour une ville de 100.000 habitants ou plus…

- L'indemnité mensuelle de président de conseil régional ou général : 5.165 € (33.880 francs), avec, en plus, un appartement de fonction luxueux, une voiture de forte cylindrée et chauffeur de maître…

- L'indemnité mensuelle de président de communauté de communes : 75% de l'indemnité de maire ou adjoint…

Cumul des mandats, une affaire juteuse !

Bien que la loi du 25 février 1992 limite le cumul des indemnités à une fois et demie le montant de l'indemnité parlementaire de base, ce qui porte le maximum perçu en cas de cumul à 7.886,67 € nets (51.736 francs), celle-ci ne représente qu'une partie des émoluments. Le cumulard reste largement gagnant en dépassant très souvent les 15.000 euros (100.000 francs) mensuels avec les indemnités complémentaires diverses (indemnité de résidence, de fonctions, de secrétariat, de collaborateurs, sans compter les multiples avantages en nature et autres facilités (courrier, téléphone, transports, etc…).
Utilisation scandaleuse des sommes excédant le plafond des cumulards

Contrairement à ce que la logique voudrait, au lieu de rester dans les fonds publics, le surplus, au delà du plafond de 7.886,67 €, est redistribué par le cumulard lui-même, à sa discrétion, à ses copains élus du même parti ou de la même assemblée.

Les parlementaires contournent ainsi, le plus « légalement » du monde, la limitation des revenus qu'est censée imposer la loi sur le cumul des mandats. Députés et sénateurs confondus auraient fait encaisser à leur parti, grâce à ce système de financement occulte, plus de 50 millions d'euros en 2004.

Il est loin, très, très loin, le temps où les parlementaires français, désintéressés, faisaient de la politique mûs par la seule passion de servir leur pays et leurs concitoyens.
Aujourd'hui, être élu député ou sénateur est une affaire juteuse. D'autant plus lucrative qu'elle n'empêche pas (ou presque) de cumuler d'autres revenus provenant de divers mandats locaux ou fonctions exécutives.
Une nouvelle caste de privilégiés ponctionne donc la République sans vergogne, pendant que 10 millions de Français tirent le diable par la queue et que des millions d'autres peinent à joindre les deux bouts.

300 millions d'euros (2,6 milliards de francs) : c'est l'économie annuelle que l'Etat pourrait réaliser en supprimant le Sénat. De Gaulle, en 1969, avait contesté son utilité…

4.000 conseillers généraux inutiles. 2.500 structures intercommunales qui font double-emploi avec les 31.424 communes regroupées (sur 36.600)

Au niveau local, il existe des structures inutiles qui font également double emploi. C'est le cas des Conseils généraux avec les Conseils régionaux. Un conseiller général coûte en moyenne plus de 3.000 euros par mois, sans compter les frais de fonctionnement du Conseil général. Pourquoi entretenir près de 4.000 conseillers généraux, très peu « accaparés » par la gestion de leur département, alors que les 1.880 conseillers régionaux (peu occupés par leur mandat) pourraient parfaitement se charger de cette tâche ?

Depuis 2000, 2.461 groupements de communes et autres EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) se sont superposés aux communes en s'attribuant certaines de leurs compétences. Les élus cumulards y ont trouvé une source de revenus supplémentaires. Les quelque 10.000 présidents et vice-présidents de ces EPCI étant désormais rémunérés à hauteur de 75% des indemnités de maire ou d'adjoint, ils se font une gratte de 2.000 à 3.000 euros par mois… sans aucun effort !

Les élus : une caste de profiteurs inefficaces

Les mêmes, qui prétendent imposer des sacrifices aux plus faibles, n'ont cessé au cours des dernières années d'augmenter leurs indemnités :
+ 70% pour les ministres en 2002
+ 60 % pour les députés et sénateurs depuis 1994
+ 40% pour les maires et maires adjoints depuis 2000

Autre aberration spécifiquement française : le cumul des mandats et des fonctions

80 à 90% des 1.001 parlementaires actuels (577 députés, 78 députés européens, 346 sénateurs) sont des cumulards qui gagnent 25 à 30.000 euros par mois !

Portrait de TARPON

De TARPON

14H44 | 22/03/2009 | Permalien

il suffirait tout simplement de reprendre l'argent du citoyen qui a été « donné » aux banques et de le reinjecter dans le circuit economique.Une nationalisation des banques,alors qu'elles etaient en virtuel depot de bilan comme la BNP ou la societe generale ,avant que le tresor americain ne vienne à leur secours via AIG ,aurait permis d'assainir les milieux financiers ,de maintenir le credit aux particuliers comme aux entreprises .
Ca sert à quoi de baisser son salaire si ceux qui controlent l'economie continuent à se sucrer comme les dirigeants de la societe generale par exemple ?

Portrait de luganys

De luganys

14H53 | 22/03/2009 | Permalien

L'économie ne se résume pas à : ajouter et retrancher des chiffres, avec quelques petites formules mathématiques. C'est plus complexe et d'ailleurs nos honorables doctors es/sciences-éco ont attrapé le tournis. Les formules qu'ils appliquaient avant ne fonctionnent plus. Quels sont les paramètres qui ont changé ? Ils n'en savent rien, enfin si mais ces paramètres ne sont pas quantifiables à loisirs. Parmi eux : le moral du consommateur, les mauvaises langues politique, absence de vision du long terme, partage des richesses, la fluidité des monnaies (monnaie est à 93% électronique), la classe oisive, les banques centrales aux mains du privé, les guerres inutiles (irak, palestine), les traders (jouent avec l'argent des autres), la morale sociale, la fin du néo-libéralisme économique….

Portrait de admirateur

De admirateur

15H07 | 22/03/2009 | Permalien

c'est beau, simple… un vrai rêve, euh ; z'ont baissé leur salaire de combien les dirigeants de la banque chaix ?

Portrait de michel 13

à admirateur Portrait de admirateur De michel 13

| 13H38 | 23/03/2009 | Permalien

Bien vu ! A la banque Chaix, comme ailleurs, je ne pense pas que les hauts salaires aient l'intention de voir leurs revenus diminuer pour faciliter les créations d'emplois. Matouk n'est plus concerné par ses propres propositions. Il aurait du le dire y'a 20 ans.

Portrait de pene-r

De pene-r

23H06 | 22/03/2009 | Permalien

20 000 euros par an ce qui est à peu près le smic avec charges sociales.
C'est des cotisations sociales, les charges c'est le pétrole pour faire tourner les voitures de fonction (par ex.)


L'exemple des cadres de Renault
Utopie ? Renault, qui vient par ailleurs, fort opportunément, de ramener une partie de la fabrication de la Clio en France, nous montre le chemin.

Avant cela Renault a inventer un séminaire à Maurice pour des cadres italiens. Ne tombez pas dans le panneau ; -)

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 17H24 | 22/03/2009 | Permalien

PARTAGE DES REVENUS ET TRAVAIL

Il est évident qu'une des mesures les plus urgentes à prendre en ces temps de crise et de transition douloureuse est la révision drastique de l'échelle des salaires. Pourquoi ne pas se calquer sur les proportions adoptées en 1942 par le président Roosevelt dans des circonstances quasi similaires, et évoquées tout récemment par le président Obama : une échelle de 1 à 20 ou de 1 à 25 (elle est actuellement de 1 à 300 et même beaucoup plus).

Certains diront que le rapport de 1 à 20 est encore énorme. Mais prenons en considération deux facteurs incontournables : le facteur humain et le facteur moral.

Le premier facteur lie le sort des hauts revenus à celui des salaires du bas de l'échelle. Vous voulez un salaire maximum plus élevé ? Compte-tenu de l'échelle des revenus adoptée (1 à 20 ou 25), vous devez augmenter les salaires d'en bas. Le rapport jusqu'à 20 ou 25, pour exorbitant qu'il paraisse à certains, sert juste à calmer la voracité des goulus, un os pour les amuser, pendant qu'on s'occupe du second facteur. Le but d'une bonne politique économique et sociale n'est pas de vouloir changer la nature humaine, mais d'en réguler les excès.

Le second facteur, moral, impose qu'on prenne le salaire minimum comme base de calcul. Le salaire minimum du travail (actuel SMIC) doit être est lui-même basé sur le revenu vital décent.

Le revenu vital décent (minimum versé à chaque citoyen majeur pour lui permettre de vivre décemment, qu'il travaille ou non) repose sur le calcul de trois critères : il doit permettre à chaque citoyen, travaillant ou non, de pouvoir se loger (calcul de cette part en fonction des loyers basiques du moment) ; de se nourrir et de s'entretenir correctement (calcul de cette part en fonction d'un panier mensuel de produits alimentaires et d'entretiens basiques) ; de s'offrir un minimum de confort et de loisirs (suggestion pour le calcul de cette part : part confort = part loyer + part entretien divisée par deux). Aujourd'hui, un minimum vital décent devrait se situer aux alentours de 1000 à 1200 € net (3 parts à 400 €)

Le salaire minimum du travail peut alors se déterminer de la façon suivante : salaire minimum vital = revenu vital décent + part de rétribution minimum de l'effort-travail. Cette dernière part sera évidemment à négocier entre les différents partenaires sociaux. Gageons que la contrainte de l'échelle des salaires favorisera la bonne tenue de ces négociations [rires].

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La seconde tâche à laquelle s'atteler est le partage équitable des profits de l'entreprise privée.

Pourquoi ne pas reprendre à la lettre les suggestions de notre président ? Un tiers pour le travail, un tiers pour les dividendes, un tiers pour l'investissement. Bien évidemment, il s'agit d'une proportion de base susceptible d'évoluer en fonction de la conjoncture spécifique à chaque entreprise et à chaque époque (je pense notamment à l'investissement).

Mais il y a une garantie indispensable à apporter à l'édifice : la part du profit réservé au travail (primes, participation, stock-options) doit être strictement égale à celle réservée aux actionnaires.

Enfin la répartition des primes au sein des différentes catégories de personnel doit respecter les proportions établies par l'échelle des revenus. Le plus haut revenu global (salaire + part du profit) ne doit pas excéder de 20 ou de 25 fois le revenu global le plus bas.

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Enfin, une troisième mesure d'urgence à prendre n'est pas, comme le proclame certains de créer des emplois, mais plutôt de rationaliser le travail en rationalisant la production économique. Et si possible de profiter des progrès techniques et de l'amélioration de la productivité pour soulager l'individu de la pénibilité du travail.

Encore une fois le but de l'économie n'est pas la création d'emplois, mais la production des biens et des services destinés à satisfaire les besoins de la population.

Aujourd'hui une bonne partie du travail fourni dans les entreprises privées est totalement inutile, sinon nuisible. A-t-on besoin de dizaines de chargeurs différents pour les téléphones portables ? A-t-on besoin d'encager des salariés mal payés dans des guérites de péage sur les autoroutes ? A-t-on besoin de quatre fournisseurs de téléphonie mobile (avec multiplication par quatre du nombre des antennes, des « hotline “…) ? Combien de postes inutiles sur les chaînes de constructions automobiles ? Etc. etc.

La création d'un revenu vital décent , étroitement lié au revenu minimum de travail et au revenu maximum par une nouvelle échelle des revenus, adoucirait grandement cette transition vers ce nouveau monde de l'économie raisonnée auquel, de toute façon, nous sommes contraints.

Portrait de Dominique52

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Dominique52

(technicien salarié) | 18H15 | 22/03/2009 | Permalien

« Il est évident qu'une des mesures les plus urgentes à prendre en ces temps de crise et de transition douloureuse est la révision drastique de l'échelle des salaires. “
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Pour moi il est évident que même ‘hors la crise’ c'est un problème permanent ; rien ne justifie les écarts auxquels nous sommes arrivés.
D'autre part, je ne me fais pas de soucis sur la possible ‘démotivation’ des ‘hauts dirigeants’ : ils se trouvera toujours des gens compétents qui accepteront leurs jobs même moins payés !

Portrait de DBL8

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De DBL8

Retraité | 19H27 | 22/03/2009 | Permalien

Bien sûr qu'il faut « IMPOSER » une échelle des salaires d'environ1/25 maxi (comme vous le suggérez) !
Actuellement, des entreprises « importantes » fonctionnent de cette manière, pourquoi pas plus ? !

Il est anormal que les gouvernement successifs ne l'ai pas fait.
Pourquoi ce réveiller maintenant ? La crise ?
Elle a bon dos, c'est surtout que les politiques ont des copains qui vont être touchés, c'est tout simple.

Et qui nous dit que si ça vient en discussion à la chambre des députés cela soit voté avec une « très large » majorité ?
Vous pensez que les copains/coquins ce laisseront faire sans intervenir auprès d'eux ? Je doute fort que cela passe facilement !

Portrait de michel 13

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De michel 13

| 08H53 | 23/03/2009 | Permalien

Vos propositions semblent évidentes et nécessaires à mettre en place rapidement. Il faut aller encore plus loin, notamment dans la répartition du travail : suppression des heures sup., interdiction des cumuls d'emplois, surtout ceux à revenus élevés (ex. prof de fac et consultant dans une grande entreprise), suppression du pantouflage des militaires et fonctionnaires de rang élevé qui encaissent plusieurs revenus par mois (en plus de leur retraite conséquente, évidemment ! ), etc. etc. Les mesures pour une plus grande répartition des revenus et de l'emplois ne manquent pas. Il suffit juste de décider leur application, et là, c'est une autre histoire, un joli rêve …

Portrait de Lairderien

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Lairderien

11H13 | 23/03/2009 | Permalien

Excellent programme.

Je serais même d'accord pour une échelle de 1 à 30 pour ne pas perturber les plus goinfres de nos dirigeants !

Évidemment ce calcul devrait s'appliquer également aux dirigeants politiques avec interdiction du cumul des mandats, ou mieux encore interdiction de cumuler les indemnités, de chaque mandat, seul le plus important étant payé, les autres mandat devant être bénévoles.

La deuxième partie du programme sur la rationalisation des productions inutiles (l'exemple de la téléphonie est particulièrement flagrant) est à mes yeux aussi importante que la première. Pourtant elle est peu abordée.

En résumé je vote pour le programme du Yéti. (mais sans aucune illusion sur son application, hélas ! ! ! )

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean

alpha-béta | 16H53 | 22/03/2009 | Permalien

Toutes ces recettes destinées à moraliser notre société sont simplement des recettes de bon sens et leur unique tord est de remettre en question l'économie capitaliste en proposant une économie socialiste plus égalitaire où l'individu est pris en compte dans toutes sa diversité.
A chaque proposition les économistes ou autres sociologues se voient opposer des arguments fallacieux voire mensongers destinés à faussement prouver qu'il n'y a pas d'autres voies possibles pour continuer à vivre dans une démocratie apaisée.
La dernière intervention de Laurent Wauquiez le chouchou de sarco est l'exemple type de ce discours que l'on retrouve chez tous les tenants de ce gouvernement..

(Lire l'article de Gérard Filoche)

http://www.filoche.net/2009/03/15/wauquiez-est-une-salete-de-menteur/

Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars

De supprimé à la demande du riverain24mars

Sarkozyste de gauche | 17H01 | 22/03/2009 | Permalien

Un fossé énorme s'est creusé entre les agents du public et les salariés du privé. Pour restaurer la justice, il faudrait baisser les salaires du public et augmenter d'autant ceux du privé, ainsi que les petites retraites, les allocations pour femmes seules avec enfants et surtout les allocations pour les jeunes ! Qui osera entreprendre cette réforme de justice ?

pourquoi baisser les salaires du public ? il suffit de ne plus remplacer aucun fonctionnaire et attendre que la race s'eteigne.

Portrait de Disciple ressucité

à supprimé à la demande du riverain24mars Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars De Disciple ressucité

Sur un banc. | 17H38 | 22/03/2009 | Permalien

Avec toi capitaine, l'économie c'est limpide.

Portrait de viva zebda

à supprimé à la demande du riverain24mars Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars De viva zebda

rameur | 17H45 | 22/03/2009 | Permalien

« Un fossé énorme s'est creusé entre les agents du public et les salariés du privé »
ca s'appelle mentir

Portrait de Brédala

à supprimé à la demande du riverain24mars Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars De Brédala

Out of order ! | 17H50 | 22/03/2009 | Permalien

Vous datez un peu Moneygasque…
Ce fut peut-être le cas, il y a quelques décennies, aujourd'hui c'est plutôt le privé qui paie mieux que le public !
Voyez dans les milieux hospitaliers, l'éducation, la recherche…pour ne citer qu'eux.

Portrait de Banana ex de juanitoto

à supprimé à la demande du riverain24mars Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars De Banana ex de juanitoto

Je déteste rue89, tous les riverain... | 19H37 | 22/03/2009 | Permalien

chéri, revendique haut et fort,
relevez le salaire de nestor !

Portrait de leo s

à supprimé à la demande du riverain24mars Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 20H03 | 22/03/2009 | Permalien

………Ils ont finalement craqué sous la pression. Les dirigeants de la Société générale ont renoncé complètement à recevoir leur stock-options, face à la polémique qui fait rage et aux demandes pressantes du gouvernement, a annoncé la banque dimanche, dans un courrier aux salariés dont l'AFP a eu une copie.

Ils commencent à avoir honte.
Ou peur.

En effet

Portrait de touko_2

à supprimé à la demande du riverain24mars Portrait de supprimé à la demande du riverain24mars De touko_2

fonctionnaire minettelol.labrute.... | 11H15 | 23/03/2009 | Permalien

Ah bon, vas te renseigner avant de dire des bétises plus grosses que toi ..

La majorité des fonctionnaires touche 1100 euros net /moi,où sont les hauts salaires que tu prétends voir chez les fonctionnaires ? ? ? ?

Eux n'ont pas droit aux heures sups rémunérées promises par sarko.
Ca commence à me gonfler cet anti-fonctionnaires primaire.
En attendant ce sont nos journées de salaires que nous perdons pour sauver vos culs de salariées du privé, et faire en sorte que tout les salariés ne perdent pas leur acquis, ou leurs droits du travail.

Portrait de luganys

De luganys

17H34 | 22/03/2009 | Permalien

Ne vous faites plus d'illusion nous sommes déjà dans le futur, le néo-libéralisme économique, philosophique, social nous a entraîné là on l'on ne peut plus faire marche arrière. Il faut dévier vers une autre forme d'organisation économique et sociale.

Portrait de Brédala

De Brédala

Out of order ! | 17H42 | 22/03/2009 | Permalien

Baisser les hauts salaires pour créer des emplois, c'est un très bon début !
Mais ne soyons pas trop simplistes…
Il serait bien utile de mener une réflexion de fond :

Calmer :

- la voracité galopante des actionnaires
- des objectifs de plus en plus irréalistes à atteindre
- une compétition mortifère pour tous et pour l'écologie

Repenser :

- la notion de travail : à mon avis nous tenions le bon bout avec les 35h. Mais trop souvent mal appliquées et mal perçues.
- les emplois de demain :
Par exemple en agriculture : si nous voulons continuer à faire front aux OGM et à l'agriculture intensive, en consommant bio, il faudra peut-être retourner dans les champs pour désherber ! ça nous fera bizarre…Les AMAP poposent déjà ce genre d'activité solidaire.
- la notion de consommation pour une consommation responsable. Le système équitable est à surveiller, il est déjà en cours de sabordage : de grandes coopératives employant du personnel au rabais.

Redéfinir l'objectif de notre société mondialisée et mondialiste, de nos besoins, mais en incluant, le respect de l'existence d'autres personnes :
Nous sommes trop souvent contradictoires en achetant des broutilles plus ou moins bon marché, qui ont été fabriquées en Chine, en Inde…tout en déplorant leur faible niveau de vie, leur manque de démocratie…entre autres.

Portrait de survivant

De survivant

17H46 | 22/03/2009 | Permalien

Foutre le feu aux bourses mondiales, repartir sur l'autosuffisance , agricole, énergétique, industrielle gérée par le peuple pour le peuple. Ouvrir des banques municipales gérée par le peuple pour le peuple exploser les banques privées ensuite on y verra plus clair. Ce n'est pas en baissant les revenus des hauts salaires que la croissance repartira si aucune commande ne se fait de la part des autres pays un peu de bon sens la crise est mondiale elle ne s'arrête pas à la gaule.

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