La relance selon le PS : se projette-t-on dans l'avenir ?
Le Parti socialiste s'exprime d'une voix plus claire. Espérons que cela va durer. Il vient de présenter son contre-projet de relance économique. Il se tient, mais on sent qu'il résulte d'un compromis entre deux tendances qui s'ils elles ne s'affrontent plus, ne sont pas totalement à l'unisson sur la doctrine économique. C'est ce qui est à l'origine de certaines faiblesses.
Le choix d'annuler la loi TEPA de juillet 2007, injuste et budgétairement désastreuse, est parfaitement légitime. La décision de consacrer une enveloppe de 50 milliards d'euros à la relance soit environ 2,5% du PIB est également fondée. Dans la situation ou est la France, mieux vaut taper assez fort. A condition que les sommes soient judicieusement dépensées. Et c'est là que deux critiques peuvent être apportées à ce qu'on sait du plan socialiste.
Etre les seuls en Europe à relancer la consommation n'aurait pas de sens
Qu'il faille, évidemment, augmenter les minima sociaux, la prime à l'emploi, majorer les allocations logement ou la prime de transport, pour réduire un peu les inégalités et, du même coup, donner un peu de pouvoir d'achat aux intéressés, nul ne peut le contester. Il en résultera évidemment un petit supplément de consommation qu'on ne peut négliger.
Mais une relance forte par la consommation, de 23 milliards d'euros sur un total de 50, n'aurait de pertinence que si tous les autres pays européens faisaient le même effort, puisque ils s'échangent entre eux plus des trois quart de leur commerce extérieur. Il en résulterait une vraie relance continentale dont l'Allemagne serait la première bénéficiaire par ses exportations, mais elle tiendrait ensuite son rôle de locomotive par ses importations.
Limitée à un seul pays, le nôtre en l'occurrence, une telle relance par la consommation, qui est une recette « classique » de la gauche, aurait comme résultat de faire augmenter nos importations et de creuser le déficit commercial de notre pays. Nous ne sommes plus dans la même situation qu'en 1930 ; les importations représentent aujourd'hui 25% du total du PIB et plus encore, si l'on raisonne en marginal, c'est-à-dire sur l'usage que feront les consommateurs, sauf les plus pauvres, du supplément de pouvoir d'achat ainsi récupéré.
Par ailleurs, croire que ce supplément de pouvoir d'achat et de consommation peut être provoqué par la baisse du taux de TVA de 19,6% à 18,6%, est illusoire. Le pourcentage de baisse disparaîtra dans les marges de commerçants, d'autant plus qu'ils font face à un net ralentissement voire une baisse de leurs ventes.
De plus, si le chômage augmente assez vite, le supplément de pouvoir d'achat sera épargné, par précaution, par les membres des classes moyennes qui en seraient bénéficiaires ; il ne viendra alors pas gonfler la consommation.
Investir pour verdir notre économie
L'autre moitié du contre-plan de relance du PS est consacré à l'investissement, dont 10 milliards d'euros en prises de participations. Cette partie du projet est judicieuse. Martine Aubry a eu raison de souligner qu'il fallait « marcher sur deux jambes », mais, peut-on ajouter, en fonction de l'analyse ci-dessus, en « boitant plus bas » du côté de la consommation, avec une jambe « investissement » nettement plus longue. Mais l'énumération des 26,8 milliards d'euros de cette « jambe » -4,8 pour les collectivités locales, 4 pour le logement, 4 pour l'Etat et 3 pour les entreprises publiques, s'ajoutant aux 10 en capital- nous laissent un peu sur notre faim en ce qui concerne la modernisation de notre appareil productif.
Car là est l'essentiel. Donner du travail au BTP est souhaitable. Mais comme le prouvent notre déficit du commerce extérieur et la faible part de nos exportations dans les importations des grands pays émergents, cet appareil productif français n'est pas compétitif dans la mondialisation. Chaque euro dépensé doit donc viser, directement ou indirectement, à « verdir » notre économie, pour la rendre moins dépendante du pétrole, et du même coup, à créer, en amont, des secteurs industriels nouveaux. Par ailleurs, une part importante de ces investissements doit être consacrée à la recherche-développement à débouchés rapides.
Nul doute que nombre d'experts socialistes sont de cet avis. Ces choix d'avenir sont probablement inclus, en partie, implicitement, dans le plan que le PS vient de présenter. Mais l'impression générale est que la relance visée est plutôt classique. Le PS gagnerait à se projeter plus clairement dans l'avenir. La France n'a ni le temps ni les moyens d'une relance classique.
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De pablico
12H57 | 25/01/2009 |
il faut mettre la classe moyenne au pluriel. il y a trois classes moyennes.
une qui se pense riche
l'autre qui se pense pauvre.
la dernière dans l'expectative, elle se pose la question..
c'est ce que l'on ressent.. ces classes n'existent que par le ressenti…
c'est une très bonne cible électorale, car le ressenti fluctue…
De Martin32
Entrepreneur. | 12H58 | 25/01/2009 |
Vive la crise …
La crise va, peut-être, permettre de remettre les pendules à l'heure sur le plan politique pour que disparaissent des zozos à la Julien Dray qui confondent défense du travailleur et collectionner des montres de luxe dont le premier prix correspond à six ans de salaire d'un prof !
Entre celui qui négocie les toquantes de luxe et celle qui se balade aux antipodes ….. ce n'est plus un parti mais une agence de voyage ,et d'ailleurs qui lui paye tout ce luxe qu'elle n'hésite plus à étaler ?
Dommage pour Marie-Ségo, d'ici à ce qu'on la voit au Djamel Comedy Club…
La France s'enfonce dans le marasme le plus total et c'est très bien…
Les partis n'existent même plus : l'UMP est une simple façade et au PS les gonzesses s'étrillent sous l'œil goguenards des eunuques qui les entourent.
Je me marre !
Dès le mois de mars, ce seront les tunisiens qui fabriqueront les brodequins qu'utiliseront nos soldats en Afghanistan !
Bonjour l'image…
S'il fallait trouver un exemple de la duplicité totale de Nicolas Sarkozy, s'il fallait trouver une faille dans les belles paroles que prononcent continuellement le Chef de l'Etat en direction des entrepreneurs pour qu'ils ne délocalisent pas, cette dernière, c'est la bonne !
je me marre…
cqfd
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 13H54 | 25/01/2009 |
Entièrement d'accord avec cette analyse. La part importante du programme réservée à la relance de la consommation n'aurait pas les effets souhaités, pour les raisons indiquées dans l'article. Le PS doit rompre avec son approche clientéliste traditionnelle et faire vraiment du keynésianisme en mettant le paquet sur les investissements consacrés à la création de nouvelles infrastructures, surtout dans les domaines technologiques « verts ». Il n'y a guère moyen de satisfaire les revendications immédiates de la population laborieuse. En revanche, assurer l'avenir de ses enfants devrait être la première priorité.
NB : Dans le projet de programme de relance d'Obama, on retrouve la même ambiguïté. D'une part, il s'agit de répondre à des demandes immédiates en accordant des réductions d'impôts coûteuses dont l'impact sera sans doute dérisoire. D'autre part, la nécessité d'investissements de base à moyen et long terme est reconnue. Comme le PS, Obama va devoir choisir entre les deux termes de l'alternative plutôt que ménager la chèvre ET le chou. On ne peut répondre aux deux types de besoin sans risquer l'échec de l'ensemble du programme de relance.
De Kereven
14H33 | 25/01/2009 |
Il y a un plan très simple pour résoudre la crise et limiter les suivantes. C'est taxer fortement le capital et les échanges boursier et en contrepartie détaxer le travail.
Aujourd'hui, mis à part les PME, plus aucune entreprise ne vit du travail de ses salariés, mais des produits boursiers. La Loi Tobin n'est pas si bête.
De plus, en cas de licenciement boursier, on augmente encore plus les impôts sur les dividendes et on les baisse davantage en cas d'investissement boursier.
Non seulement la sécu ne serait plus en rouge, car outre que l'Etat ne paye pas, le fait que le salariat diminue trop souvent fait que les cotisations en rentrent pas, mais l'Etat aurait enfin les moyens de faire baisser la dette.
L'économie boursière écrase l'économie réelle et personne n'est réellement taxé dans ce domaine.
Vous me direz que les actionnaires partiront, pas sûr, car s'ils perdent beaucoup à partir, ils pourraient rester. Si cette idée était appliquée au niveau européen, aucun ne partirait, au risque de n'avoir plus beaucoup de possibilités d'investissements boursiers, l'Europe étant une zone particulièrement riche.
La bourse, à l'origine, n'avait pas pour objet d'écraser le monde, c'est la spéculation qui en a fait ce « monstre » de l'humanité.