
Le krach, une occasion de redorer la retraite par répartition
Depuis qu'a déferlé la vague libérale anglo-saxonne, dans les années 80, les systèmes de retraite par capitalisation ont eu le vent en poupe. Leurs avocats, en France et ailleurs, les posaient comme seule alternative possible à la retraite par répartition, condamnée du fait de l'évolution démographique.
Répartition : les cotisations des actifs d'aujourd'hui financent les pensions d'aujourd'hui
Une brève explication est nécessaire. Dans les systèmes par répartition, les actifs d'aujourd'hui financent les retraites des retraités d'aujourd'hui. Il faut donc maintenir égaux les montants des cotisations des premiers et des retraites des seconds.
Les cotisations dépendent évidemment du nombre d'actifs ayant un emploi, et du montant de leur salaire sur lequel est assis le prélèvement de la cotisation. Quant au montant des retraites, il dépend évidemment du nombre de retraités et du montant unitaire des retraites.
Or, plusieurs facteurs ont conduit au déséquilibre actuel entre les cotisations et les retraites. En premier lieu, la montée du chômage, depuis 1975, a réduit peu à peu sensiblement l'assiette des cotisations. Ensuite, la retraite à 60 ans pour tous, quel que soit son travail, décidée légitimement pour nombre de travailleurs en 1981, compte tenu de la pénibilité de leur vie de travail depuis 1945/50, mais maintenue sans modification depuis, a préparé le « gap » actuel entre cotisations et prestations.
Enfin -et c'est le principal facteur- le nombre de retraités augmentant sans cesse, du fait des nombreux départs en retraite des personnes nées en 1940-50 et de l'allongement de la durée de vie, a d'autant plus déséquilibré la balance que l'on ne se décidait pas à allonger la durée de cotisation.
Prendre le problème par le nombre d'années de cotisation
Ce qu'il faut fixer, en effet, sauf cas particuliers à traiter à part, ce n'est pas l'âge de départ en retraite, mais bien le nombre d'années de cotisation nécessaires pour partir avec la retraite à taux plein de 75% du dernier salaire.
En 1993, on a allongé ce nombre à quarante anuités pour le secteur privé. Il fallait alors aligner sur cette durée celle du secteur celle du secteur public. Cela fut fait, sauf pour les salariés de la SNCF, EDF, GDF, en 2003, et l'an dernier pour ces derniers. Non sans mal !
Car la présentation trop souvent faite aux salariés du secteur public était que chacun avait acquis un « droit » à la pleine retraite à 37,5 ans, quelles que soient la conjoncture économique et l'évolution démographique. Mais le passage général à quarante annuités est encore insuffisant. C'est plutôt 42/ 43 ans qui sera l'étiage. C'est pourquoi, d'ailleurs, donner la possibilité de travailler jusqu'à 65 ou 70 ans n'est pas choquant.
Capitalisation : chacun constitue sa propre retraite
Toutefois, une telle évolution se heurte évidemment à une résistance syndicale, car la base n'est guère enthousiaste pour travailler plus longtemps. Et c'est dans cette brèche que se sont engouffrés les tenants de la retraite par capitalisation. Leur doctrine :
« Laissons à chacun le soin de construire sa propre retraite, seul ou avec l'entreprise qui l'emploie, de travailler le temps qu'il souhaite pour la retraite qu'il souhaite. »
Mais la retraite par capitalisation exige évidemment le placement des sommes ainsi versées par chaque futur retraité, dans le ou les « fonds de pension » de son choix, ou dans celui géré par son entreprise. C'est ce qu'ont choisi de faire les Anglais et les Américains.
Les Anglais parce que le montant de la retraite « publique » par répartition a été volontairement fixé au même (bas) niveau pour tous. Les Américains parce que, hormis les fonctionnaires, ce sont les entreprises qui, dans les années 50/60, ont offert cette prestation, dans le cadre du « fordisme », à leurs salariés.
Un système gravement fragilisé
Deux systèmes par capitalisation sont possibles : à prestations définies, dans lequel la retraite est fixée d'avance et les cotisations correspondantes aussi ; ou à cotisations définies, dans lequel c'est la cotisation, payée par l'entreprise et le salarié, qui est fixée et le montant final de la retraite incertain. Incertain parce qu'il dépend de la gestion des fonds ainsi capitalisés !
Or les deux systèmes sont aujourd'hui gravement fragilisés, comme le montre l'exemple américain. Dans les plans à prestations définies, le risque est évidemment porté par l'entreprise ou l'institution qui gère le fonds. Elles ou ils sont de moins en moins nombreux à l'accepter. Ils ont perdu, aux Etats-Unis, 1900 milliards de dollars en quinze mois.
Quant aux plans à cotisations définies, leurs pertes vont les amener à réduire assez sensiblement, de 20% à 25%, les retraites qu'ils doivent verser dans les prochaines années. Sans être sûrs d'avoir récupéré suffisamment de fonds, pour verser des retraites décentes dans dix ou quinze ans aux nouveaux retraités. Bref, le système par capitalisation étale au grand jour sa faiblesse !
Un anthropologue expliquerait que la retraite est un des liens sociaux, un des échanges institués qui constitue une société. Une société n'est pas une juxtaposition d'individus, ce que matérialise la retraite par capitalisation. Elle est un réseau d'échanges et la retraite par répartition est un de ces échanges, entre actifs et inactifs, vieux et enfants d'une part, adultes actifs de l'autre.
C'est le seul système qui, pour peu qu'il soit géré, non pas avec habileté financière, mais avec courage politique, peut garantir absolument l'entretien décent des retraités.
Travailler plus longtemps, changer de travail en vieillissant, mais où travailler ?
Ce qui nous renvoie aux problèmes de la répartition. Peut-on demander à une personne de travailler 43 ans ? Non, dans la plupart des cas, si c'est dans le même travail ! Un tractoriste de la SNCF, un traminot, un professeur de collège, surtout en quartier difficile, ne peuvent pas travailler 43 ans dans le même poste.
Par contre, nos sociétés, capables d'envoyer des hommes dans l'espace, ou de travailler au nanomètre, ne sont-elles pas capables aussi d'imaginer des procédures pour que chaque femme, chaque homme, en se « trans-formant » plusieurs fois au cours de sa vie, puisse changer deux ou trois fois de métier, pratiquant, quand ils vieillissent, des métiers physiquement moins dur et moins stressants, mais impliquant plus réflexion et expérience.
Second problème, propre à la France et aux pays latins : comment peut-on imaginer d'allonger la durée de cotisation, alors que les entreprises cherchent tous les moyens pour se débarrasser des « seniors ». Notre taux d'activité des 55-64 ans est de 43,6% contre une moyenne de l'Europe des Quinze à 49,8%.
Travailler plus longtemps, peut-être, mais dans quelles entreprises ? Réponse : puisque l'objectif est d'assurer l'équilibre financier du système, supprimons toute cotisation retraite, des employeurs comme des employés, et aussi toutes cotisations chômage voire familiales, au-delà de 35 ou 37 annuités de travail.
On perdra des cotisations, mais on diminuera, d'un montant plus ample, les pensions à verser, car on incitera les employeurs à conserver ces salariés moins chers.
Sous ces hypothèses, qui paraissent quand même à portée d'intelligence humaine collective, travailler 43 annuités et sauver le seul système vraiment « social », le système de retraite par répartition, devient tout à fait possible. Ce qui n'empêchera pas chacun de se constituer, en plus, s'il le peut, une retraite par capitalisation, assimilable à de l'épargne ordinaire. Mais sur la base du seul volontariat et assuré d'une retraite déjà décente par la répartition !
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De dulconte
Mordu par un fachogarou | 15H13 | 16/11/2008 |
y a un ch'ti pb là, la pĥrase n'a pas de sens :
Notre taux d'activité des 55-64 ans est de 43,6% contre une moyenne de l'Europe des Quinze à 49,8 ans.
En Argentine le gouvernement vient de décider de mettre à mort le système de retraite privée (AFJP de son petit nom) pour revenir intégralement à un système par répartition. C'est plutôt une bonne nouvelle, sauf pour les banques espagnols très impliquées dans la gestion de ces fonds, mais aussi la très grande bourgeoisie argentine qui y voit une fois encore une atteinte à ses droits fondamentaux de contrôler le pays ey d'exploiter sa population. N'oublions pas que la dernière dictature avait comme but principale d'anéantir la classe moyenne.
à dulconte
De Arnaud Aubron
Rue89 | 16H07 | 16/11/2008 |
Merci beaucoup, c'est corrigé.
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 15H11 | 16/11/2008 |
Vous oubliez quelque chose : il y a eu, à la base, malhonnêteté, pour que les choses se dégradent ainsi.
Le gros souci des experts, c'est qu'ils sont cantonnés à leur petit secteur, et n'arrivent pas à opérer une synthèse avec d'autres disciplines (l'antropologie, la sociologie, la « science politique », la psychologie, etc.)
Et là, en plus, vous parlez de quelque chose qui a plus ou moins fonctionné dans un système donné, qui est de fait, déjà mort.
Je remets ce que j'ai posté ailleurs :
Cosmétique (le G20)… possible, mais ce serait une grosse erreur et ils le savent, parce que là ils sont au taquet. Si ne n'est vraiment « que » cosmétique alors ça signifie la faillite totale de notre système économique sous quelques mois. Ils payent très cher leur complaisance.
L'effondrement du système était inscrit dans ses gênes, depuis tente ans qu'il « tourne » : en tuant l'emploi pour maximiser le profit, puis en poussant les gens à s'endetter pour surconsommer jusqu'à qu'ils ne puissent plus rembourser (c'est là où on arrive maintenant)… eh bien on a tout simplement détruit aussi la clientèle (tout en pillant la planète au passage).
Et en dérégulant, on a offert les entreprises aux spéculateurs et aux déliquants financiers… qui se sont empressés de ratisser tout ce qu'ils pouvaient. Et de le mettre à l'ombre.
Nos gouvernements (de gauche comme de droite) se sont littéralement couchés devant les margoulins (certains contre des remerciements très concrets) et ont trafiqué les chiffres pour masquer la gravité de la situation : exemple en France, il y a 3,5 millions de chômeurs inscrits, alors que les stats qu'ils donnent ne concernent que la classe 1 (sur 8). Sans compter tous les « chômeurs invisibles » qu'on a évacués, sous divers prétextes.
http://www.agoravox.fr/article.php3 ? id_article=35026
http://www.chomiste-land.com/lesvraischiffreschomage.htm
(un chômeur qui prend le temps de chercher les chiffres régulièrement et de publier ses calculs)
________________
http://eco.rue89.com/marseille/2008/11/16/de-washington-a-monaco-haro-su…
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 15H14 | 16/11/2008 |
Et si l'argent pour les retraités d'aujourd'hui ne dépendait plus exclusivement du montant des cotisations des travailleurs d'aujourd'hui ? Il y a plein d'autres rentrées d'argent, pour l'Etat ! Et le loto ? Et les taxes sur le tabac ? Et les taxes sur l'essence ? etc. etc…. il va où, tout ce fric ? Au même endroit où était supposé passer l'argent pour la vignette automobile ?
à Di
De Pierrrrre
13H13 | 18/11/2008 |
»…il va où, tout ce fric ? Au même endroit où était supposé passer l'argent pour la vignette automobile ? … »
► Oui, il va dans les caisses de l'Etat… Où est le problème ?
De Infovite
Plébéien. | 15H17 | 16/11/2008 |
Et si on faisait battre le capital en retraite en le répartissant entre tous ?
http://info-espress.over-blog.com/
à Infovite
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 15H25 | 16/11/2008 |
>>>Et si on faisait battre le capital en retraite en le répartissant entre tous ?
ciel ! un ultra-gauchiste ! me voilà terrorisée !
; )
à Lohiel
De Infovite
Plébéien. | 15H33 | 16/11/2008 |
Seule réponse possible : 5 points… rouges !
à Infovite
De Pierrrrre
13H17 | 18/11/2008 |
»….Et si on faisait battre le capital en retraite en le répartissant entre tous ? … »
► Coté sud, il y a les Pyrénées pour faire barrière,
Méditerranées aussi, océan à l'ouest et Manche au Nord…
et pour l'est, on reconstruit un mur de Berlin pour empêcher les fortunes de fuir de France ?
Faudrait relire la fable de la poule aux œufs d'or…
De pablico
15H21 | 16/11/2008 |
il faut avoir deux sortes de retraites, une par répartition (la ceinture) et une par capitalisation (les bretelles)
et en bonne nation paysanne, il ne faut jamais mettre tous les œufs dans le même panier.
à pablico
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 15H26 | 16/11/2008 |
>>>il faut avoir deux sortes de retraites, une par répartition (la ceinture) et une par capitalisation (les bretelles)
sauf votre respect, au train où ça va, ça nous empêchera pas de nous retrouver en slip !
De Max971
techniceien | 15H46 | 16/11/2008 |
comme cela est dit dans le début de l'article le volume de l'assiette dépend aussi du montant des salaires.
On n'intègre jamais cette variable dans les solutions possibles a au moins un maintien du niveau des retraites
à Max971
De tooms4444
p'tit con | 10H39 | 18/11/2008 |
Tout à fait. Les promoteurs de la retraite par capitalisation tentent simplement de retirer les aspects solidaires de la retraite par répartition. Voulons-nous du chacun pour soi ?
S'il n'y a pas de travailleurs (ou trop mal payés) pour racheter vos « titres » (comme par hasard) lorsque vous prendrez votre retraite : ils perdront autant de leur valeur !
cf. « Petit bréviaire des idées reçues en économie »
http://www.autisme-economie.org/
Au lieu d'allonger la durée de cotisation, accentuant la pauvreté des seniors que les entreprises ne VEULENT PAS embaucher de toute façon et le chômage des jeunes ; travaillons à mieux répartir les richesses (en gonflant du même coût les prélèvements sociaux).
Il faut prendre conscience, à un moment donné, de ce qu'est un salaire (faire le rapprochement entre le net et le brut) ; chaque exonération de charges pour l'entreprise est un saignée du revenu des salariés par le biais de sa part sociale ; chaque blocage des salaires (presque 10% des profits sont passés du salariat aux poches de l'actionnariat en 20 ans) appauvri l'ensemble de ceux qui sont ou ont été salariés.
à tooms4444
De Pierrrrre
13H22 | 18/11/2008 |
»…chaque exonération de charges pour l'entreprise est un saignée du revenu des salariés… »
► C'est du n'importe quoi… et quand on pense que des idées aussi infantiles sont répandues en France.. on est mal barrés…
à Pierrrrre
De tooms4444
p'tit con | 13H59 | 18/11/2008 |
Je persiste. Le MEDEF joue avec les mots en accusant les « charges » en permanence. Les charges sociales sont la partie du SALAIRE qui est redistribuée aux SALARIES sous forme de prestations dites sociales.
Si cela n'était pas le cas, je ne vois pas ce qui obligerait les entreprises à les payer (quand elles le font).
En remplaçant le mot « charge » par le mot « salaire » (pas vous, quelqu''un de plus puéril) dans les discours du patronnat, on voit apparaître ce qu'il en est de la lutte des classes dans le monde.
à tooms4444
De Pierrrrre
17H43 | 18/11/2008 |
»….la lutte des classes dans le monde…. »
hein qu'elle vous manque cette lutte des classes !
hein que vous aimeriez bien la faire revivre, avec ses manifs, ses barricades et ses drapeaux rouges du sang de quelques victimes de la police patronale…
Il faut savoir qu'en France, lorsqu'un employé paye net 100 euros à son employé,
il doit verser 87 euros à l'URSSAF.
Soit 87% du net à payé en charges.
Ces 87% se décomposent en charges salariales, charges patronales (dont on ne voit pas trop la différence, les unes et les autres étant payées par l'employeur.. en CSG déductible, CSG non déductible ! .. ! .. ! en cotisation SS….. etc..etc… tout ça, pour ne pas avoir à afficher simplement ce que doit payer l'employeur : 87% du net à payer en plus du salaire.
à Pierrrrre
De tooms4444
p'tit con | 22H39 | 18/11/2008 |
« Ces 87% se décomposent en charges salariales, charges patronales »
Tout à fait. Et c'est bien la moindre des choses pour être dépositaire de la vie des gens, les harceler et les précariser tout en les, c'est un comble, culpabilisant.
Je suis heureux que vous ayez enfin compris ce qu'est un salaire. Bienvenue dans le monde de la lutte des classes.
« quelques victimes de la police patronale »
Je croyais que vous détestiez les fonctionnaires, vous aussi.
à tooms4444
De Pierrrrre
10H30 | 19/11/2008 |
»….être dépositaire de la vie des gens, les harceler et les précariser …. »
► une vision positive sur la vie des entrepreneurs qui font avancernotre pays et procuren tdu travail aux salariés
----------
»…Je croyais que vous détestiez les fonctionnaires… »
► Mais non, je m'aime bien vous savez.. ce que je reproche, ce n'est pas la travail des fonctionnaires : ils profitent de leur statut protecteur et ils ont raison.
L'anomalie, ce ne sont pas les gens qui se casent en général au plus confortable pour eux,
ce sont les règles de gestion, et les fonctionnaires ne sont pas managés.. pas d'objectif défini..pas de bilan… pas d'évaluation… il y a les vaillants qui bossent, les cossards qui brassent du vent, les bras cassés qui font ce qu'ils peuvent, et les opportunistes qui préparent leur concours futur plutot que de faire leur travail… C'est comme ça que se gère une bonne carrière dans la fonction publique.. préparer ses concours en se fichant de ce que dit son responsable.
à Pierrrrre
De tooms4444
p'tit con | 10H39 | 21/11/2008 |
« les opportunistes qui préparent leur concours futur plutot que de faire leur travail »
Je ne crois pas, pourtant, que le temps que vous consacrez à ces forums permette vraiment de vous classer dans le camp des stakhanovistes.
Par ailleurs, ce ne sont pas les entrepreneurs qui fournissent du travail aux salariés (sont-ce des philanthropes ? ), c'est la conjoncture (pas de croissance, pas d'emplois, selon le MEDEF).
Vous êtes un PUR produit du paternalisme.
à tooms4444
De tooms4444
p'tit con | 17H17 | 20/11/2008 |
La meilleure de la semaine : le MEDEF vente les mérites français à l'étranger : une terre d'accueil pour la délocalisation ?
http://www.marianne2.fr/Faibles-couts-salariaux,-productivite-exceptionnelle-La-Chine-Non,-la-France ! _a92947.html ? PHPSESSID=1c13698cd71abeda41d7bf62441d848a
De Albufera
Observateur. | 17H35 | 16/11/2008 |
Au delà du choix retraite par répartition/retraite par capitalisation, la principale leçon du krack est que -quel que soit le système- on n » échappe pas à titre individuel à un marasme économique général : pour faire court, de la même façon que les fonds de pension peuvent perdre de l » argent avec une économie déprimée , les cotisations retraites du système par répartition peuvent ne plus rentrer suffisamment puisque -grosso modo- elles sont assises sur le travail avec un effet de ciseau en cas de déprime : la différence réside dans le fait de savoir qui paie l » addition selon les moyens choisis et surtout de savoir ce qui est socialement acceptable en matière de solidarité d » une génération à l » autre et quel sera le niveau des pensions pour qui. Il me semble que seule l » opacité du système permet des transferts de revenus acceptables car non conscients pour les acteurs (voir la réforme des régimes spéciaux en les montrant du doigt) parce que la nouveauté est l » interrogation qui pèse sur un système et ses contributeurs dont on ne cherchait pas trop à savoir comment il marchait puisqu » il marchait et qui paie pour qui (idem pour la sécurité sociale et le problème des hôpitaux) : ce n » est pas un hasard si les rapports sur les revenus de transferts sortent ici et là -celui publié à la documentation française conclut que les plus de 65 ans sont les bénéficiaire du système… - le danger étant que la génération des trentenaires-quarantenaires qui sont les dindons de la farce du système établi après 45 vont devoir passer deux fois à la caisse : pour leurs ascendants (avec la répartition) et pour eux mêmes (la démographie est ce qu » elle est, 1+1 faisant 2 qui est moins que 3 , le niveau de pension va inéluctablement baisser : il faudra bien compenser par un moyen ou un autre à moins de finir cloche). Pour forcer le trait, je doute qu » une génération qui a la conscience de contribuer fortement pour ses aînés supporte longtemps de s » appauvrir (plus exactement de ne pas s'enrichir comme ils se sont enrichis), bref de les voir se promener en camping-car, de faires des croisières au club machin pendant que leurs salaires se réduisent comme peau de chagrin. L » égoïsme étant la valeur la mieux partagée, je parie sur le succès des assurances privées -qui sont une illusion- chacun ne voulant payer que pour lui-même (il n » y a qu » à voir ce qui se fait en matière de mutuelles santés qui sabordent progressivement notre système de sécu dans l » indifférence la plus générale en permettant à certains d » avoir une bonne mutuelle, c » est à dire aux autres d » avoir une mauvaise couverture. C » est l » inégalité en terme de protection sociale qui est au bout de cette logique).
à Albufera
De tooms4444
p'tit con | 10H44 | 18/11/2008 |
« je parie sur le succès des assurances privées »
Comme je vous entends…
http://www.challenges.fr/actualites/business/20080118.CHA6257/le_monde__…
De simontrois
chercheur | 17H45 | 16/11/2008 |
L'idée de Jean Matouk me parait aller dans la bonne direction, sans être une solution complète.
Encourager les entreprises à conserver - ou embaucher- les seniors est tout à fait nécessaire. Mais sa solution risque d'avoir un effet négatif sur l'emploi des jeunes.
En réalité on ne peut isoler la question du financement des retraites par répartition de celle du partage de la valeur ajoutée entre profits et salaires. Il me paraît clair que le transfert progressif de 12 à 15 % de la valeur ajoutée globale des salaires vers les profits opérée dans nos pays européens depuis la fin des années 70 explique largement les difficultés du financement de notre système de retraite par répartition, en raison de la réduction d'assiette de cotisation qui en résulte de fait. Dans ces conditions la réponse ne peut être que politique : agir d'abord pour que les effets pervers de la mondialisation soient compensés ou corrigés.
Dans le contexte actuel, de concurrence fiscale effrénée, qui finiront par remettre en cause la construction de l'Europe si on n'y porte remède il faut garantir qu'une part stable adéquate de la valeur ajoutée soit consacrée au revenu des retraités, comme d'ailleurs aux dépenses de la sécurité sociale.
Si le fonctionnement du marché ne la permet pas, il faut opérer la compensation par l'impôt. Dans le contexte actuel, sauf réforme fiscale commune en Europe aujourd'hui improbable, seule une TVA complémentaire, s'appliquant aussi bien aux productions hexagonales qu'aux importations est susceptible de garantir la pérennité de notre modèle social.
Dans cette perspective, je suggère d'élargir la mesure proposée par Jean MATOUK au 18 - 30 ans et de mettre en place (remplaçant par conséquent RMI et ASS…) un revenu garanti à toute personne ayant travaillé au moins 35 à 37 ans,et ce, qu'elle soit ou non à la retraite, qui pourait aller d'une fraction du smic dès 60ans à 80 ou 100% du sic au delà de 65 ans. Le tout financé par l'impôt, sachant qu'un impôt progressif sur les revenus serait le mieux mais qu'à défaut l'utilisation de la TVA serait UN MOINDRE MAL.
De ginkoland
Ginkologue | 17H53 | 16/11/2008 |
Pourquoi s'évertuer à défendre un système qui est voué à l'échec ? l'argent existe, prenons le ! Y'a trop de retraités ? , faisons les bosser jusqu'à 70 ans….soyons sérieux ! Si on est pas foutus de donner un retraite décente à un age décent c'est pas le système de retraite qui a un problème , c'est la société qui en a un. On fout la retraite en l'air, la secu, l'école, la santé, etc, sous le doux nom de « réforme ». Bosser, consommer, crever, c'est tout ce que tu as à proposer ? Pour moi non merci ! ! !
De Pierrrrre
20H06 | 16/11/2008 |
Précisons qu'en France,
il n'existe que deux fonds de pension, l'un s'appelant la PREFON, et l'autre s'appellant anciennement LE CREF
mais..mais.. ces fonds de pension, gérés par les syndicats sont exclusivement réservés aux fonctionnaires (cotisations entièrement déduites du salaire imposable)
La PREFON est un fond entièrement par capitalisation (tres sécurisé, puisque beaucoup investi en obligations et emprunts d'Etat)… capitalisation ne signifiant pas prise de risque.
LE CREF, était un fond à forte dose de répartition… était en cessation de paiement.. en raison du nombre de cotisants diminuant, et du fait que l'argent des retraités n'avait pas été capitalisé, et avait été dépensé (principe de la répartition…)
LE CREF, en cessation de paiement a du être dissout en catastrophe, les cotisations des retraités ont été amputés, le CREF remplacé par une nouvelle caisse à capitalisation l'UMR.
De nombreux cotisants du CREF ont porté plainte, mais l'affaire a été occultée par les médias.
à Pierrrrre
De tooms4444
p'tit con | 10H46 | 18/11/2008 |
« cotisations entièrement déduites du salaire imposable »
T'inquiète, l'allitération, on imposera leur retraite plus tard !
De fernando
21H11 | 16/11/2008 |
La retraite par répartition est attaquée de toutes parts, et de tout temps malgré la bérézina actuelle et prévisible de la retraite par capitalisation à l'anglo-saxonne, avec des arguments peu crédibles et qui ne tiennent pas devant une analyse sérieuse, exempte de toute approche mercantile ou de tout lobbying financier. Pourquoi cet acharnement à vouloir dénigrer et ringuardiser ce système solidaire et tous ceux qui osent, timidement,trop timidement, le défendre ? !
Tout d'abord il ne faut pas oublier que ce régime de retraite, paritaire, obligatoire des salariés constitue une manne importante que les assureurs et banquiers de tous poils voudraient bien recupérer ( 53 milliards de cotisations Arrco-Agirc en 2007). On se demande bien pourquoi ? ? Peut-être pour en faire des « subprimes » à la française dont nos enfants découvriraient la déconfiture le moment de la retraite venu ? ? ! ! Comme le font les Américains, les Anglais et bien d'autres actuellement..
Ensuite, dans un système par capitalisation, en dehors du risque très important que feraient courir à nos économies ces organismes, comme on vient de le voir, vous n'obtenez du capital-épargne qu'en contrepartie et proportionnellement à vos versements, donc à votre capacité personnelle d'épargner pour vos vieux jours tout au long de votre vie. Aucune solidarité de qui que ce soit en cas de défaillance ( chomâge, maladie, …) : ce système n'est pas fait pour les faibles, à l'image de notre société libérale et du monde du travail tel que nous le connaissons aujourd'hui ! Il est conforme à l'image que nous renvoie la soi-disante et omniprésente « droite décomplexée » au pouvoir : « MOI JE » suis plus fort que tout le monde ! Ne vous poser pas de questions : travaillez plus pour gagner plus et, surtout, donner moi votre argent pour que je puisse jouer en bourse ! et si vous n'en avez pas assez : empruntez ! !
Enfin il serait utile de rappeler que, depuis des années, le patronat ne paie pas l'intégralité des cotisations qu'il doit aux organismes de retraite, sous prétexte qu'il est accablé de prélèvements obligatoires nuisibles à la création d'emplois et de richesses. Il ne faut pas oublier que 2/3 environ de vos cotisations sont versées par votre employeur. Si on leur rappelle ces obligations il dégainent aussitôt la menace des licenciements, oubliant les bénéfices, sans cesse croissants ( même en 2008 pour ceux du CAC ! ), généreusement distribués à des actionnaires toujours plus gourmands. En outre des parts de plus en plus importantes de la rémunération des salariés échappent aux cotisations ( intéressement, heures sup., perp, perco ..).
Certes il y a la fameuse pyramide des âges, le pappy-boom et le viellissement de la population…mais pourquoi ne pas parler aussi de la précarité des emplois, des faibles salaires ou de la non-indexation de ceux-ci sur l'augmentation réelle du coût de la vie du chômage, des emplois « aidés »…qui privent le régime par repartition d'un financement important ? ? Pourquoi vouloir toujours nous culpabiliser comme si cette situation nous était entiérement imputable ? ? Comme si le démantelement de ce sytème était inéluctable ? ?
Ceci dit comme ceux qui font ces prévisions, sont les mêmes que ceux que nous voyions il a encore peut nous chanter les louanges du capitalisme anglo-saxon, du libéralisme à outrance, de l'économie de marché …vous voyez bien qu'ils ne detiennent pas la vérité et qu'il y d'autres solutions ! ! Il suffit de le vouloir, en commençant par :
- récuperer la dette des entreprises ;
- asseoir les cotisations sur tous les revenus y compris, ceux de plus en plus nombreux, qui ne proviennent d'une activité salariée ;
- abonder le Fonds de Réserve pour les retraites crée il y a quelques années et qui, au lieu de se voir affecter des sommes prévues, diminue du fait de placements hasardeux..
Et cette liste n'est pas exaustive, il y a d'autres pistes qui méritent d'être étudiées pour pérenniser ce système de solidarité. Encore faut-il le vouloir..Gouverner c'est prévoir : encore faut-il savoir pour qui gouvernent nos gouvernants…
Et, pour les salariés, c'est « pouvoir » aussi. Rappellons d'abord, beaucoup ne le savent pas, que les périodes de maladie et de chomâge indemnisées, sont validées dans le système actuel ce qui est une sécurité et une solidarité importantes de nos jours. Ensuite prenons le cas d'un jeune homme né en 1976. Il commence à travailler en 1996 et gagne à l'époque environ 1500 € bruts par mois. Aujourd'hui, en 2008, il gagne 2500 € bruts par mois ( ce qui est déjà enviable). Quelle sera le montant de sa retraite avec le système actuel ( Selon le simulateur M@rel de l'ARRCO-AGIRC ), tous régimes confondus et une évolution des salaires plutôt basse ? ? :
- à 60 ans : 1 980 €
- à 65 ans : 2 320 €
Aujourd'hui cet homme se constitue une retraite, sans trop le savoir souvent, hélas, et ce même en cas de chômage ou de maladie indemnisé ce qui lui fait un revenu mensuel net d'environ 1800 €
Maintenant combien devrait-il épargner, chaque mois, pour avoir un revenu de substitution équivalent en capitalisant uniquement ( d'après le simulateur de ma banque) :
- pour percevoir une rente d'environ 1 980 € à 60 ans : il doit verser environ 1 000 € par mois.
- 2 320 € à 65 ans : il doit verser environ 800 € par mois.
Ceci sans « garde-fous » , sans aucune garantie. Son salaire net se situerait entre 1500 et 1700 € mais bien entendu sans aucune prestation du régime de solidarité ( sécurité sociale, assedic ..) : dans ce système, si j'ai bien compris, c'est du chacun pour soi. Il devra donc avoir sa propre garantie d'assurance maladie, d'assurance chômage etc …bienvenu dans le monde des assureurs et des banquiers !
C'est un choix de société mais il faut avoir toutes les données en main pour choisir et je ne suis pas certain qu'on nous les donnes, ou que, plutôt,qu'on nous donne les bonnes.
à fernando
De tooms4444
p'tit con | 10H56 | 18/11/2008 |
« asseoir les cotisations sur tous les revenus »
Je vais même plus loin en proposant que l'intégralité des bons du trésor émis soit réservée aux fonds de pension, dans l'hypothèse où l'on serait « forcé » d'en arriver là. Afin de sécuriser ces portefeuilles. Tiens, ça jette un froid tout à coup…
De caro
délinquante avérée | 00H14 | 17/11/2008 |
Je crois qu'il est complètement aberrant à l'heure actuelle d'exiger de travailler 42, 43 ans ou plus pour toucher une retraite complète ! C'est IMPOSSIBLE, même pour un fonctionnaire, sauf s'il a commencé très jeune comme petit grouillot.
D'une part, les jeunes commencent à travailler plus âgés qu'avant, du fait d'études plus longues, de la difficulté de trouver un premier emploi. Les jeunes moins diplômés commencent souvent en interim, un coup je travaille, un coup je ne travaille pas. Tous connaitront des périodes de chômage, bienheureux s'ils sont indemnisés pour continuer à cotiser.
Mettons qu'un jeune diplômé commence entre 27-29 ans, rajoutez 40 ans, il devrait s'arrêter déjà à 67-69 ans, exigez 42, 43 et pourquoi pas 45 ans et il dépasse allègrement les 70 ans.
Les salariés vont s'arrêter avant, dès qu'ils auront atteint un niveau de retraite qui leur permet de vivre. C'est tant d'épargner pour les caisses. Ce n'est pas ce vers quoi le gouvernement veut inexorablement nous pousser ?
Je n'ai pas de solution, je laisse ça aux économistes, mais il doit bien y en avoir, si on ne veut pas que la population s'étiole et arrive à la retraite tellement fatiguée, qu'elle ne pourra même plus faire travailler les salariés du tourisme et autres activités.
De Pierrrrre
08H55 | 17/11/2008 |
C'est mathématique,
le système par répartition va à la catastrophe :
Il oblige à ce que des générations avec peu d'individus, se saignent au profit de générations nombreuses, dont les cotisations étaient réparties entre plus grand nombre, afin de payer la retraite d'un petit nombre.
Dans un système à capitalisation, il y a solidarité au sein d'une même génération, dont la retraite se calcule au prorata de ses cotisations.
Si un jour, plus de cotisants, les retraites à répartition s'écroulent (c'est ce qui est arrivé pour tous les pays anciennement à économie socialiste).
S'ils avaient eu un système à capitalisation, ils profiteraient aujourd'hui de la retraite générée par leurs cotisation.
Dire qu'un système à capitalisation est risqué est faux, il suffit d'obliger les fonds de pension de retraite à placer leur argent de manière diversifiée et sécurisée (immobilier, obligations, emprunts d'états, et parts diversifiée et minoritaire en actions.
Les cotisants par répartition d'aujourd'hui savent que leur argent est dépensé, mais sans aucune garantie que dans 20 ans, ils bénéficieront de l'argent des autres.
Dans un système à capitalisation, même si dans 20 ans, les cotisations cessaient, ils pourraient toucher leur retraite.
Il y a dans la défense du système à répartition une malhonnèteté intellectuelle qui occulte le grave déséquilibre financier qu'il génère.